Where the world comes to study the Bible

La Revue Internet Des Pasteurs, Fre Ed 7, Edition du printemps 2013

Edition du printemps 2013

Sous la direction du

Dr Roger Pascoe,

Président de l’Institut pour la Prédication Biblique

Cambridge, Ontario, Canada

www.tibp.ca

C:\Users\Roger\Documents\My Documents\Institute for Biblical Preaching\Forms, Binder Cover Page, Logo\IBP Logos\IBP Logo.jpg

Renforcer les capacités de l’Eglise dans la prédication biblique et le leadership

1ère Partie : La Preparation Du Predicateur

“Le prédicateur et l’œuvre de Dieu”

Par: Dr. Roger Pascoe, Président,

L’Institut pour la prédication biblique,

Cambridge, Ontario, Canada

Pour avoir de la crédibilité et de l’autorité, les responsables d’église doivent être des hommes et des femmes qui ont la crainte de Dieu. Les prédicateurs en particulier doivent être des hommes de Dieu afin d’être bibliquement qualifiés pour prêcher. Que signifie être «un homme de Dieu» ou « une femme de Dieu» ? Comment se préparer pour être un « homme de Dieu »?

Je me sens redevable à mon mentor, collègue dans le ministère, et ami, le Dr Stephen Olford grâce à qui le sujet d’aujourd’hui est si tangible, si vital, si pertinent et si puissant pour moi personnellement. C’est un domaine dans lequel il a profondément influencé ma vie. Je lui suis redevable pour les idées et les outils que j’ai glanées dans ses écrits, ses conférences, ses sermons, ses conversations personnelles ainsi que dans son propre exemple. J’ai essayé d’intégrer bon nombre de ces idées dans mes propres réflexions et dans ma pratique, et j’ai aussi incorporé beaucoup de ces idées dans le présent article.

Le terme «homme de Dieu» nous rappelle notre vocation, notre responsabilité et notre identité - nous appartenons à Dieu et nous le servons. L’homme de Dieu est préparé et équipé par et à travers les saintes écritures (2 Tim. 3:16-17), lesquelles Écritures nous sommes appelés et équipés pour proclamer. Alors, quelles sont les qualités ou les caractéristiques d’un homme de Dieu et comment un homme de Dieu peut-il se préparer en vue de l’œuvre de Dieu?  C’est ce à quoi nous essayerons d’apporter une réponse dans cet article.

Dans 1 Timothée 4.16, l’apôtre Paul écrit: «Veille sur toi-même et sur ton enseignement». Remarquez que Paul met l’accent d’abord sur la personne («Veille sur toi-même») et ensuite sur le messageet sur ton enseignement»). Il répète cette instruction à nouveau dans 2 Timothée 2:15, d’abord la personne («Efforce-toi de te présenter devant Dieu»), puis le message ensuite («dispense droitement la parole de la vérité»).

Ainsi, pour Paul, la préparation doit se faire selon l’ordre suivant : d’abord la préparation du prédicateur ou du responsable d’église, et ensuite la préparation du message. Paul met la préparation de la personne en premier avant la préparation du message, parce que comme le dit le Dr Stephen Olford, «la rectitude morale et spirituelle est un préalable indispensable à lorthodoxie doctrinale» (Stephen F. Olford, («La Prédication par Exposition sous l’Onction», 53-54). Ainsi donc, avant que vous ne puissiez prêcher une saine doctrine, vous devez d’abord être saint vous-même.

«Efforce-toi» signifie «fais tout ce qui est en ton pouvoir» - autrement dit «fais tout ce qui est en ton pouvoir pour te présenter devant Dieu comme un homme qui a été testé et qui s’est avéré authentique» (2 Tim. 2:15). Paul exhortait Timothée, un jeune prédicateur et responsable d’église, à mettre tous ses efforts (à faire preuve de diligence, à mettre tout en œuvre) pour se présenter devant Dieu tel un métal qui a été testé et qui été marqué du sceau «approuvé».

La diligence et l’effort requis dans cette exhortation sont d’autant plus d’actualité que ce ne sont pas des choses qui viennent facilement ou naturellement. Ces choses ne sont pas à prendre à la légère (voir aussi 1 Pierre 1:7 où la même expression est utilisée en rapport avec l’authenticité de la foi - «éprouvé par le feu»). Autrement dit, sois diligent, tout comme un soldat, un athlète, et un fermier (2 Tim. 2:3-6), en te présentant devant Dieu, «comme quelquun qui est éprouvé et authentique» (William D. Mounce, «Epîtres pastorales» dans Commentaire Biblique de la Parole, 521).

Le prédicateur et responsable d’église doit être d’abord et avant tout un «homme de Dieu» (1 Tim. 6.11). Dans l’Ancien Testament, ce terme était utilisé pour ceux qui avaient des offices religieux ou des fonctions conférées par Dieu. Par exemple Moïse (Deut. 33:1), David (2 Chron. 8:14), Elie (2 Rois 1:9) et les prophètes (1 Sam. 2:27) étaient des «hommes de Dieu».

La préparation personnelle doit être une discipline quotidienne dans la vie de toute personne qui veut être un homme ou une femme de Dieu, en particulier les prédicateurs et les responsables d’église, afin d’être prêts, équipés et qualifiés en vue de l’œuvre de Dieu.

La préparation personnelle commence par un temps de méditation quotidienne avec Dieu. Vous ne pouvez pas maintenir la pureté et les capacités morales nécessaires sans une rencontre quotidienne avec Dieu - un temps de dévotion quotidien est indispensable pour préparer votre âme (voir Esai 50:4-9). Votre vie de méditation est le véritable baromètre de votre santé spirituelle et de votre sanctification. Votre vie de dévotion doit être disciplinée et quotidienne. Si nous sommes disciplinés et diligents dans notre vie spirituelle, Dieu nous approuvera comme des personnes «éprouvées et authentiques», testées et approuvées.

Ce processus qui consiste à vous «présenter devant Dieu» comme des personnes «éprouvées et authentiques» requiert une discipline quotidienne de “préparation personnelle » pour le développement de votre propre spiritualité. Cette préparation personnelle couvre quatre principaux domaines:

1.      la protection de votre vie morale,

2.      la gestion de votre vie de famille,

3.      le développement de votre vie intérieure (ou de votre spiritualité),

4.      la discipline dans votre vie de ministère.

Nous commençons dans cette parution de la Revue de Pasteurs à analyser ce que cela signifie.

I. Proteger Votre Vie Morale

La responsabilité morale d’un homme ou d’une femme de Dieu est clairement définie par l’apôtre Paul ...

1.    Nous devons fuir les pièges du péché. «Fuis (évite) les passions (convoitises) de la jeunesse, et recherche (aspire à) la justice...» (2 Tim. 2.22)

2.    Nous devons rechercher les vertus spirituelles. «Fuis ces choses (par exemple le libéralisme [1 Tim. 6:3-5] et le matérialisme [1 Tim. 6:6-10]) et recherche (aspire à) la justice, la piété, la foi, lamour, la patience, la douceur(1 Tim. 6.11)

3.     Nous devons livrer des batailles spirituelles. «Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle» (1 Tim. 6.12)

UN LEADER SPIRITUEL DOIT FUIR LES PIEGES DU PÉCHÉ – Ces pièges peuvent détruire votre ministère. Fuyez signifie «courir pour sauver votre vie, ne plus regarder en arrière; s’échapper à tout prix» - tout comme la femme de Lot en a reçu l’ordre afin d’échapper à la destruction de Sodome. Quels sont ces pièges de péchés que nous sommes appelés à fuir?

Premièrement, nous devons fuir le piège des mauvaises passions (par exemple le sexe hors mariage, la sensualité, le péché de la luxure). 1 Cor. 6:18 déclare: «Fuyez limpudicité» et notre verset dans 2 Tim. 2:22 dit: «Fuis les passions de la jeunesse ».

L’immoralité sexuelle est l’un des pièges du péché que nous devons fuir. Le sexe hors mariage semble séduire tant d’hommes dans le ministère aujourd’hui. Même si ici Paul ne parle pas spécifiquement de la convoitise sexuelle, c’est néanmoins l’une des tentations et pièges qui s’insinue dans la vie de tant de serviteurs de Dieu de nos jours.

Quelqu’un pourrait se dire: «Bien dit, mais ceci a été écrit à un jeune pasteur. Je comprends à quel point les jeunes pasteurs ont besoin de suivre le conseil de Paul. Mais moi je suis plus âgé. Jai plus dexpérience. Mes pulsions sont sous contrôle. Les jeunes femmes ne courent pas après moi». Si c’est ce que vous pensez, vous feriez mieux de commencer à fuir le piège des mauvaises passions dès maintenant, parce que vous êtes en danger.

Malgré que cela ait été écrit à un jeune pasteur, il ny a pas dâge où nous sommes dispensés de fuir la tentation sexuelle. Ainsi, «fuyez sans cesse» et «nayez pas soin de la chair pour en satisfaire les convoitises» (Rom. 13:14; voir aussi 1 Jean. 2:15-17, Gal. 1.4). Dans toute l’histoire, la convoitise sexuelle n’a jamais été autant répandue parmi les pasteurs et responsables d’églises. Le piège des mauvaises passions est plus susceptible de faire dérailler votre ministère aujourd’hui qu’à aucun autre moment dans l’histoire. Jamais la perversion sexuelle n’a été si répandue et si facilement accessible que maintenant - en particulier sur Internet. C’est si insidieux, si discret, si accessible et si addictif.

Comment pouvons-nous donc éviter ce piège des mauvaises passions? Nous ne pouvons faire face à la tentation que par la puissance du Saint Esprit, en faisant « mourir les actions du corps» (Rom. 8.13), en nous dépouillant «du vieil homme qui se corrompt par les convoitises trompeuses» (Eph. 4.22), en crucifiant «la chair avec ses passions et ses désirs», et marchant selon l’Esprit (voir Gal. 5.24).

Ainsi donc, nous devons tout d’abord fuir le piège des mauvaises passions. Deuxièmement, nous devons fuir le piège des faux enseignements (par exemple les vérités partielles, le libéralisme, le péché d’orgueil). L’apôtre Paul nous avertit qu’il «viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine» (2 Tim. 4:3-4). Les faux enseignants ont toujours existé dans l’église. Leur approche pour influencer les fidèles c’est généralement par des jeux de mots, par la propagation d’un message faux et trompeur - plutôt que par la saine doctrine et le vrai évangile. Si vous abandonnez «les saines paroles» (la saine doctrine; le vrai évangile), vous vous ouvrez au piège des fausses doctrines et du libéralisme théologique. Lorsque la léthargie spirituelle s’installe, le libéralisme subversif prend le relais. Les faux enseignants se manifestent de quatre façons:

1). Les faux enseignants prêchent «un autre évangile», un message corrompu.

C’est ce que le théisme ouvert est (à mon avis)- «un autre évangile - un évangile dun genre différent» (Gal.1:6, 9). C’est ce que «l’évangile de la santé et de la prospérité» est - «un autre évangile», un message corrompu. Nous devons nous méfier du libéralisme, qui se glisse si discrètement et qui semble si anodin et si inoffensif. Faisons en sorte que le message que nous prêchons soit pur, sain, clair, précis, complet.

2). Les faux enseignants affichent une attitude arrogante, une mentalité prétentieuse.

«Si quelquun enseigne de fausses doctrines, et ne sattache pas aux saines paroles de notre Seigneur Jésus-Christ et à la doctrine qui est selon la piété, il est enflé dorgueil, il ne sait rien» (1 Tim. 6:3-4).

L’esprit du siècle dans lequel nous vivons veut toujours quelque chose de nouveau.  De nouvelles doctrines. De nouvelles pratiques. De nouvelles interprétations. Chaque fois que nous rencontrons de «nouvelles choses » (Ac 17:21), soyons sur nos gardes! Il n’y a rien de nouveau sous le soleil, surtout en matière de théologie. Ces nouvelles choses sont souvent ancrées dans un esprit d’orgueil, un ​​d’esprit de vanité, et une attitude égoïste - «il est enflé dorgueil, il ne sait rien ». Méfiez-vous de la fierté liée à une position - qu’il s’agisse d’une position doctrinale ou d’une pratique.

3). Les faux enseignants adoptent une approche antagoniste, ils ont des méthodes qui divisent.

«Il a la maladie des questions oiseuses et des disputes de mots, doù naissent lenvie, les querelles, les calomnies, les mauvais soupçons» (1 Tim. 6:4-5).

Remarquez que la source de leur comportement c’est une moralité douteuse - l’envie et la discorde; les calomnies et les querelles; les injures et les insultes, les médisances et les mauvais soupçons, les disputes et les arguments inutiles, les confrontations interminables, etc. En outre, ils ont une spiritualité corrompue - «des hommes (ou des femmes) à lesprit corrompu, privés de la vérité, et qui considèrent la piété comme une source de gain.» (5). Une moralité douteuse va toujours de pair avec une spiritualité corrompue.

4). Les faux enseignants recherchent un gain matériel, ils ont une motivation commerciale.

Ce sont des «hommes (ou femmes) qui considèrent la piété comme une source de gain» (1 Tim. 6.5). Le gain matériel (l’avidité financière, la cupidité -. v10) est la caractéristique des faux enseignants qui enseignent que la piété est « une source de gain.» Ils utilisent la religion comme un manteau à des fins personnelles (comme Balaam et Judas). Ils ne font que « falsificier la parole de Dieu» (2 Cor. 2:17) pour se faire de l’argent. Ils considèrent le ministère comme un business. L’avidité financière est l’un de ces pièges subtils qui saisit le cœur de beaucoup de serviteurs de Dieu. Ils voient la vie d’autres personnes nanties et ils se mettent à les envier.

Si vous êtes dans le ministère pour un gain financier personnel, vous n’êtes pas un homme de Dieu! Lorsque l’on dévie de la vérité (1 Tim. 6:3-5), il s’en suit une poursuite effrénée du matérialisme (1 Tim. 6:9-10) et l’on conçoit que les possessions matérielles sont une preuve de piété, ou que la piété est récompensée par des possessions matérielles, ou que la piété est un moyen pour acquérir des biens matériels. Ce qui est un message frauduleux - «un autre évangile» qui est étranger à la vérité de l’Ecriture.

L’amour du gain matériel est un vice mortel que les prédicateurs doivent éviter à tout prix. Cela peut pervertir vos pensées, vos priorités et vos motivations. Ne laissez pas cela devenir votre but ou devenir une idole pour vous. Fuyez la poursuite des richesses. Ayez du contentement pour ce que vous avez. Vous avez besoin de vivre et de payer vos factures, mais ne faites pas de l’argent un objet d’adoration. Comptez sur Dieu pour pourvoir à vos besoins - Il pourvoit toujours, et par des voies que nous ne saurions imaginer.

Ainsi donc, fuyez le piège des mauvaises passions et des faux enseignements. Ce qui nous amène au troisième piège. Nous devons fuir le piège des mauvaises valeurs (par exemple la cupidité; le matérialisme). Les faux enseignements vont souvent de pair avec les mauvaises valeurs, car les uns conduisent inéluctablement aux autres. Paul, comme nous venons l’avons vu dans 1 Tim. 6:3-5 attire notre attention sur les faux enseignants, et maintenant voici ce qu’il dit au sujet des mauvaises valeurs - notamment le désir d’être riche et l’amour de l’argent qui pousse certains hommes à tomber «dans la tentation, dans le piège et dans une foule de désirs insensés et pernicieux, qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Car lamour de largent est la racine de tous les maux, et quelques-uns, pour sy être adonnés, se sont égarés loin de la foi et se sont infligé à eux-mêmes bien des tourments» (1 Tim. 6:9-10). Et de ce fait, l’apôtre Paul dit: «Pour toi, homme de Dieu, fuis ces choses» (1 Tim. 6.11). Dans ce contexte spécifique, Paul parle de fuir le piège de la cupidité, en particulier, le gain matériel, mais il existe d’autres formes de cupidité. Jésus a dit, «Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon (les richesses terrestres)» (Matt. 6.24).

La cupidité est inhérente à la nature humaine. Après tout, la chute a été causée par la cupidité, n’est-ce pas? - La cupidité pour quelque chose qu’Adam et Eve avaient perçu comme pouvant leur apporter ce qu’ils ont cru ne pas avoir. C’est ce que la cupidité est- le désir d’avoir quelque chose de plus, parce qu’on n’est pas satisfait de ce qu’on a maintenant.

Le danger n’est pas la possession de l’argent en tant que tel - c’est «l’amour de l’argent». L’amour de l’argent:  (1) a empêché le jeune homme riche de suivre Jésus - il «sen alla tout triste, car il avait de grands biens» (Mc 10:17-22),  (2) a amené le riche fermier a s’auto-séduire en pensant que tout allait bien alors qu’il était en fait au bord de l’éternité (Luc 16:16-21), et  (3) a motivé Ananias et Saphira à mentir à l’Esprit Saint et à causer une grande détresse dans l’église (Actes 5:1-11 ).

Le piège des mauvaises valeurs commence par des désirs malsains («Ceux qui veulent ...» [9a]), qui se transforment en de mauvaises actions («... tombent dans la tentation, dans le piège[9b]), et qui finissent à la mauvaise destination («...tombent ... dans une foule de désirs insensés et pernicieux, qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition» [9b]). La richesse peut être un piège, car elle nourrit les désirs de la chair, elle apporte la puissance, elle augmente le statut.

Conclusion: Les pièges les plus attrayants et les plus subtiles que Satan place à l’intention des prédicateurs et des responsables d’églises sont les suivants:

1.   Le piège moral - la sexualité hors mariage, les mauvaises passions, la sensualité, l’insouciance morale

2.   Le piège théologique - la demi-vérité, les faux enseignements, le libéralisme, le manque d’orthodoxie

3.      Le piège du matérialisme - la cupidité, les mauvaises valeurs, le matérialisme

Un leader qui a la crainte de Dieu doit fuir ces pièges – ils peuvent détruire votre ministère. Deuxièmement, un leader qui a la crainte de Dieu doit rechercher les vertus spirituelles - celles-ci renforceront votre ministère. Nous examinerons ce deuxième aspect de la préparation personnelle dans le prochain numéro de la Revue Internet des Pasteurs qui sera publié à l’été 2013.

J’espère que cette courte discussion sur ce que cela signifie d’être un homme ou une femme de Dieu, surtout en tant que prédicateur ou responsable d’église, a été utile pour vous. En occurrence j’espère que cela a mis à nue certains des pièges à éviter afin de bien se préparer au plan personnel en vue de l’œuvre de Dieu.

Dans la prochaine parution de la Revue Internet des Pasteurs, nous poursuivrons cette étude portant sur la préparation personnelle du prédicateur, et cela en réfléchissant sur les vertus divines à développer et les batailles spirituelles à livrer.

2ème Partie : Le Leadership : Etre Un Modele Selon Le Cœur De Dieu

«Votre Sanctification Personnelle» (suite)

Par: Dr. Roger Pascoe, Président,

L’Institut pour la prédication biblique,

Cambridge, Ontario, Canada

Dans le dernier numéro de la Revue Internet des Pasteurs, nous nous sommes penchés sur un aspect de la sanctification personnelle - la pureté dans la conduite sexuelle. Dans le présent numéro, nous nous pencherons sur un autre aspect de la sanctification personnelle - LA PURETE DANS LA CONDUITE MORALE.

Ceux d’entre nous qui sommes responsables d’église devons maintenir le plus haut niveau dintégrité dans notre «éthique de la gestion». Cela signifie déclarer vos revenus de façon précise et complète dans votre déclaration d’impôt sur le revenu. Cela signifie être équitable et honnête envers ceux avec qui vous traitez. En d’autres termes, agir avec droiture devant Dieu dans toutes vos entreprises.

La pureté dans la gestion signifie être un sage intendant de toutes les ressources que Dieu vous a données, que ce soit le temps, l’argent ou les biens matériels. Ce sur quoi vous dépensez votre argent en dit long sur qui vous êtes. Si vous le dépensez de façon frivole, vous êtes certainement irresponsable. Si vous vivez dans les limites de ce que vous pouvez vous permettre, vous êtes certainement discipliné et responsable. Une façon de contrôler vos dépenses c’est d’établir un budget. Nul ne construit une tour sans en avoir au préalable évalué le coût (Luc.14:28). Un budget permet de comparer vos revenus par rapport à vos dépenses. Détaillez soigneusement votre budget pour chaque mois de l’année. Faites des provisions pour les dépenses imprévues. Incluez des épargnes dans votre budget. Et analysez périodiquement vos dépenses - leurs montants ainsi que vos habitudes de consommation. 

Quand vous savez combien vous dépensez et ce sur quoi vous dépensez votre argent, cela vous soulage des soucis financiers - vous savez si vous en avez assez pour tenir jusqu’au prochain salaire. Ceci ne vous dispensera pas des dépenses imprévues qui surviennent de temps en temps. Ce type de dépenses sont le plus souvent difficiles à gérer, surtout lorsque vous êtes sur un budget serré. Mais cela vous donne un cadre pour mieux les gérer. Développez de bonnes habitudes de dépenses - cela vous préservera de bien de chagrins financiers.

Et méfiez-vous des dettes. Vous ne pouvez pas éviter les factures d’électricité et autres dépenses du ménage, mais vous pouvez contrôler votre carte de crédit et vos prêts bancaires. Si vous utilisez une carte de crédit, assurez-vous que vous payez le solde chaque mois quand il est dû. N’empruntez pas ce que vous ne pouvez pas rembourser.

Planifiez l’avenir en mettant de coté un certain montant chaque jour de paie. La parabole des talents est instructive à ce sujet (Matthieu 25:15-28). Ne pas s’inquiéter du lendemain signifie ne pas manquer de confiance en Dieu (Matthieu 6:25), mais cela n’exclut pas de planifier nos finances. La planification financière est biblique et responsable. Ayez un plan à long terme pour votre argent. Si vous le pouvez, commencez à épargner pour la retraite pendant que vous êtes jeune. Un peu d’argent économisé chaque jour de paie va s’accumuler pour faire un grand montant à l’âge de la retraite. C’est ca la bonne gestion.

Pour l’épargne-retraite, trouvez un bon conseiller financier, de préférence un chrétien qui s’identifie à vos principes éthiques et à vos objectifs, et qui vous encouragera à intégrer des dons de bienfaisance. N’essayez jamais les plans d’ « enrichissement rapide ». Si cela semble trop beau pour être vrai, c’est que c’est probablement faux. Investir ne signifie pas thésauriser. Ne soyez pas avare. Soyez généreux et sensible aux autres qui sont dans le besoin. Il ya un juste milieu à trouver entre la thésaurisation et les dépenses sauvages, entre l’épargne pour l’avenir et les dépenses folles.

Calculez le montant de l’assurance-vie dont vous avez besoin. Parlez-en à votre conseiller financier ou à un assureur de confiance. L’assurance-vie est une planification financière responsable pour votre famille. Subvenez aux besoins de votre famille (1 Tim. 5.8). Ils viennent en premier dans les priorités de dépenses. Et donnez au Seigneur avec joie et aussi régulièrement que vous pouvez (voir 1 Cor. 16:2; 2 Cor. 9:5, 7). Il peut y avoir des moments où vous êtes dans l’incapacité de donner (par exemple lorsque vous êtes au chômage), mais dans la mesure du possible, donnez toujours pour l’œuvre du Seigneur, même si c’est seulement un petit montant.

Par dessus tout, faites confiance à Dieu. Il pourvoira à vos besoins comme il le fait pour les oiseaux et les fleurs des champs. Mais il est de votre responsabilité de gérer ce qu’il vous a déjà donné et de l’utiliser à bon escient.

Maintenez le plus haut degré dintégrité dans votre «éthique de travail». L’éthique de travail de l’apôtre Paul était un exemple à suivre pour les Thessaloniciens: «Vous savez vous-mêmes comment il faut nous imiter, car nous navons pas vécu parmi vous dans le désordre. Nous navons mangé gratuitement le pain de personne ; mais, dans le travail et dans la peine, nous avons été nuit et jour à lœuvre, pour nêtre à charge à aucun de vous. Ce nest pas que nous nen eussions le droit, mais nous avons voulu vous donner en nous-mêmes un modèle à imiter.» (2 Thess 3:7-9).

Ne soyez donc pas paresseux; faites preuve de diligence dans votre travail. Faites ce que vous dites que vous allez faire quand vous promettez de le faire. Ne prenez pas des engagements désinvoltes que vous ne pourrez pas tenir - c’est une question de crédibilité. Et assurez-vous de travailler dur, donnez une journée complète de travail pour le salaire d’une journée - c’est une question dintégrité.

Dans votre éthique de travail, montrez une attitude biblique, une attitude digne de Christ: «Serviteurs, obéissez à vos maîtres selon la chair, avec crainte et tremblement, dans la simplicité de votre cœur, comme à Christ, non pas seulement sous leurs yeux, comme pour plaire aux hommes, mais comme des serviteurs de Christ, qui font de bon cœur la volonté de Dieu. Servez-les avec empressement, comme servant le Seigneur et non des hommes, sachant que chacun, soit esclave, soit libre, recevra du Seigneur selon ce quil aura fait de bien. Et vous, maîtres, agissez de même à leur égard, et abstenez-vous de menaces, sachant que leur maître et le vôtre est dans les cieux, et que devant lui il ny a point dacception de personnes.(Eph. 6:5-9).

Une attitude biblique, une attitude digne de Christ est une attitude de respect - «avec crainte et tremblement» (5b). Cela ne signifie pas de vous recroqueviller littéralement en présence de votre employeur comme un chiot rempli d’effroi. Cela signifie que vous l’honorez et le respectez, que vous avez de la révérence pour lui, vous reconnaissez que la source de son autorité c’est Dieu.

Cest une attitude de sincérité - «dans la simplicité de cœur» (5c). Soyez sans partage dans votre loyauté, soyez fidèle à votre employeur. Laissez l’intégrité découler de vous - la droiture, la pureté dans vos intentions.

Cest aussi une attitude de service chrétien - «comme des serviteurs de Christ,» (5d). C’est cette perspective qui rend possible une telle obéissance. Votre obéissance à votre maître terrestre est en réalité de l’obéissance au Christ. Votre travail devient une occasion de travailler pour le Christ. C’est la motivation de fond dans l’obéissance au sens chrétien - obéir comme au Christ.  Cela n’est pas conditionné par la personnalité de votre patron, ou sa façon de vous traiter. Cela découle du Christ.  Les chrétiens doivent être les employés les plus obéissants, les plus honnêtes, les plus respectueux, les plus loyaux et les plus dévoués, parce qu’ils travaillent comme pour le Christ.

Cela rendra votre témoignage très crédible et très puissant. Si votre éthique du travail est différent des autres - si vous parlez, pensez et agissez différemment - vous aurez un témoignage puissant. Mais si vous arrivez toujours au travail en retard pour partir plus tôt, si vous faites un travail de mauvaise qualité, si vous prenez des pauses-déjeuner trop longues, alors votre témoignage ne sera pas crédible.

Si votre employeur est un chrétien, ne pensez pas que vous avez droit à un traitement spécial. Les employeurs chrétiens ont droit à encore plus de respect et d’obéissance parce qu’ils sont des frères dans le Seigneur. Donnez le meilleur de vous même, peu importe qui est votre employeur et, en le faisant, Dieu sera glorifié. Si vous ne supportez pas votre travail, trouver autre chose à faire, mais ne vous relâchez pas au travail. Tant que vous travaillez où vous êtes, continuer à travailler comme pour le Seigneur, soyez ponctuel, fiable, coopératif.

Une éthique chrétienne du travail signifie aussi, ne pas remettre à demain ce que vous devez faire maintenant (procrastination) - faites les choses que vous n’aimez pas au moment où elles doivent d’être faites. Faites votre travail avec plaisir, faites le volontiers - et non comme une contrainte; ni à contrecœur (1 Pierre 5.2). Faites votre travail avec efficacité - faites le meilleur usage de votre temps, définissez vos priorités, et dites «non» aux choses qui ne reflètent pas un bon usage de votre temps.

3ème Partie : Meditation

«L’assurance dans le ministère» (2 Cor. 2:14-3:6)

Par: Dr Roger Pascoe, Président

L’Institut pour la prédication biblique

Cambridge, Ontario, Canada

Ce passage décrit l’essence même du ministère - d’une part, notre insuffisance et notre faiblesse extrême, et d’autre part, notre confiance en Dieu. L’idée principale de ce passage c’est que «Dieu agit au travers de ceux qui placent leur confiance en lui.» Jusqu’ici dans sa lettre, Paul a parlé des nombreuses difficultés dans son ministère – ses épreuves en Asie, les critiques portant sur son intégrité, ses peines, etc. Cela pourrait être perçu comme une description déprimante de son ministère - mais ce n’est pas le cas. Pour rassurer ses lecteurs que ce n’était pas le cas, Paul commence par un long détour (2:14-7:3) afin de (1) décrire comment Dieu a toujours exercé un ministère efficace, malgré les difficultés (la section 2:14-3:6 fait bien le lien avec 4:1-7 sur ce sujet), et (2) louer Dieu pour sa bonté sans faille.

Le stress de l’époque ne l’a pas empêché de proclamer triomphalement l’Évangile. D’où cette explosion de louange à Dieu qui seul peut rendre possible une telle victoire et en tous lieux. Le thème de cette épître, c’est la victoire de la grâce de Dieu sur et à travers la faiblesse humaine, en particulier notre incapacité dans le ministère. Malgré les difficultés, Dieu garantit l’efficacité de ses serviteurs et leur donne du succès dans leurs tâches spirituelles. 

Le premier principe pour le ministère que nous remarquons dans ce passage, c’est que NOUS POUVONS ETRE RASSURES DANS LE MINISTÈRE QUAND NOUS SUIVONS LA DIRECTION DE DIEU (02:14-16a). Nous pouvons être confiants dans le ministère quand nous suivons la direction de Dieu parce que son leadership a toujours du succès - «Grâces soient rendues à Dieu, qui nous fait toujours triompher en Christ» (14a). L’image ici est celui de la splendeur d’un défilé militaire romain victorieux rentrant du combat.

L’efficacité du ministère implique de suivre le chef. Christ est notre chef et c’est lui qui nous conduit dans la victoire. Nous sommes ses guerriers et nous profitons du fruit de son triomphe. Ceux qui suivent Christ triomphent des ennemis et des obstacles. Jésus-Christ a livré la plus grande des batailles à la croix et son triomphe rend possible notre triomphe - nous partageons son triomphe.

La procession de la victoire est réservée seulement à ceux qui suivent le leadership de Christ. Paul se souvient de la manière dont il a été conduit de façon infaillible dans ses victoires et comment l’odeur de la connaissance du Christ s’est répandue à travers lui en tout lieu.

Ceux qui suivent Christ triomphent de leurs ennemis et leurs obstacles. Ils triomphent parce qu’ils sont «en Christ» (14a). Le croyant n’a pas aucune autre position devant Dieu. Par la foi en l’œuvre parfaite d’expiation de Christ, le chrétien est justifié et incorporé en Lui – il est fait un avec Lui. C’est seulement «en Christ» que Dieu triomphe en nous et au travers de nous. Par cette union vitale avec Lui, nous participons à son leadership victorieux dans le ministère. « En Christ,» Dieu nous présente au monde comme ses captifs à Lui, subjugués par la puissance de sa miséricorde et de sa grâce.

Ainsi donc, nous pouvons être confiants dans le ministère quand nous suivons la direction de Dieu parce que son leadership a toujours du succès. Et, nous pouvons être confiants dans le ministère quand nous suivons la direction de Dieu parce que sa parole est toujours puissante (14b-16c). Et elle est puissante en «tout lieu». Dieu agit au travers de nous pour répandre la bonne odeur de Christ en «tout lieu» (14b). Lors de la procession triomphale romaine à l’époque de Paul, de doux parfums étaient distillés en brulant de l’encens dans les rues. De même, Dieu au travers de nous diffuse l’Evangile «en tout lieu», comme un parfum qui imprègne tout. Partout où ses serviteurs prêchent Sa Parole, la «connaissance» du Christ est répandue. Que le Christ soit connu, n’est-ce pas là le but principal de la prédication?

Remarquez que ce ministère est totalement de Dieu. Son leadership est toujours un succès parce qu’il nous conduit dans le triomphe. Et sa parole est toujours puissante pendant qu’il libère le doux parfum de la connaissance du Christ «par nous.»

La parole de Dieu est puissante en tout lieu et elle est puissante en chaque personne. Remarquez d’abord la direction de cette odeur - c’est «pour Dieu/envers Dieu(15a). Un serviteur efficace c’est quelqu’un qui émet un parfum agréable d’abord envers et pour Dieu. Remarquez ensuite la description de ce parfum - c’est «la bonne odeur du Christ» (15a). Tout comme le parfum sur notre corps remplit l’environnement autour de nous (voir Jean. 12:3), notre ministère doit répandre l’odeur de Christ. Ce ne sont pas les résultats du ministère qui comptent d’abord, mais l’authenticité du serviteur lui-même comme nous l’avons vu dans la première partie de ce numéro. Si nous émettons l’odeur de Christ, cela est agréable à Dieu, quel que soit le résultat que nous obtenons. Notre tâche est de manifester Christ à tout le monde - à la fois à «ceux qui sont sauvés» et à «ceux qui périssent» (15b).

La réponse de ceux qui écoutent, c’est l’affaire de Dieu. Notre tache consiste à être «le parfum du Christ» pour chaque personne. Tout comme le parfum de l’ancienne procession militaire se répandait ​​à la fois sur les conquérants (pour qui c’était un doux parfum de victoire) et sur les captifs (pour qui c’était un présage de mort imminente), l’évangile est prêché par les serviteurs de Dieu (ceux qui portent l’odeur de Christ) à la fois à ceux qui vont le recevoir et à ceux qui vont le rejeter.

Pour «ceux qui périssent», nous sommes une «odeur de mort, donnant la mort» (16a). Tout comme l’encens lors de la procession était un rappel amer de mort imminente pour les captifs, la proclamation de l’Évangile est un avertissement de la mort éternelle pour ceux qui le rejettent. Il devient l’occasion de leur condamnation par leur propre choix. Ainsi, l’Évangile est pour eux une source de mort, un arôme qui condamne, une fumée nocive, une sentence de mort (voir 4:10-12). Mais, pour ceux qui «sont sauvés» nous sommes une «odeur de vie, donnant la vie» (16b). Tout comme l’odeur de l’encens lors de la procession est un rappel de triomphe pour les vainqueurs, pour ceux qui croient en l’évangile c’est la bonne nouvelle de la vie éternelle (Jean 3:36). Pour ceux qui sont sauvés, l’Évangile est source de vie - un parfum qui donne la vie, un parfum qui devient réalité dans le cœur et la conscience de ceux qui écoutent, et qui par lui, reçoivent une nouvelle vie. Pour eux, le prédicateur apporte l’essence de la vie en Christ.

Notre ministère consiste à prêcher l’évangile du Christ. Soit Christ est accepté, auquel cas il est source de vie ; soit il est rejeté, et auquel cas il est source de mort.

Rappelez-vous que Dieu agit au travers de ceux qui placent leur confiance en lui. Le défi du ministère est de taille, n’est-ce pas? C’est pourquoi Paul demande: «Qui est suffisant pour ces choses» (16c). Qui est équipé et compétent? Comment puis-je être un tel messager? D’où viennent mes capacités et mon assurance? Voici la réponse: Nous pouvons être confiants dans le ministère quand nous suivons la direction de Dieu (2:14-16), et NOUS POUVONS ETRE RASSURES DANS LE MINISTÈRE QUAND NOUS CROYONS EN LA PROVIDENCE DE DIEU (2:17-3:6). Nous pouvons être rassurés dans le ministère quand nous avons confiance en la providence de Dieu, parce quil donne du résultat à ceux qui sont authentiques (2:17-3:04). Les faux serviteurs ont confiance en leur propre capacité. Ils pensent que leur capacité est en eux-mêmes, mais ce sont faussaires, des séducteurs, qui ne font que «falsifier la parole de Dieu» (17a). Ils dévaluent et dégradent le message en le diluant, comme un marchand malhonnête qui multiplie ses profits en vendant de la pacotille. Ils ne cherchent que leur propre profit en vendant leurs pacotilles religieuses, colportant le ministère pour des gains personnelles. Ils se déguisent sous le nom et le prétexte du christianisme, mais leurs intentions sont autres. Ils sont sans scrupules, ayant aucun égard pour quoi que ce soit. Ils exploitent les faibles, les pauvres et les crédules. Ils sont seulement intéressés à faire des «ventes». Ils sont tout à fait inconscients de leur inadéquation pour la tâche. Le ministère pour eux est un business.

Les faux serviteurs font confiance en leur propre capacité, mais les serviteurs authentiques font confiance en la suffisance de Dieu. Ils servent «avec sincérité» en dépit de leurs propres faiblesses et de leurs insuffisances. Ils servent avec des motifs purs, sans compromission avec de fausses philosophies. On peut se fier à leurs paroles. Ils sont des modèles de vérité. Ils ne corrompent pas la vérité tout en paraissant honnêtes et authentiques. Ils sont «de Dieu» - c’est à dire qu’ils parlent «de la part de Dieu» (17b). Ils parlent comme ceux dont l’autorité vient «de Dieu», et ils exercent leur ministère «de la part de Dieu» - c’est à dire étant conscients que Dieu a les yeux sur eux. Ils servent avec transparence, avec humilité, avec esprit de sacrifice et non à des fins personnelles, mais pour des conversions spirituelles. Leur ministère résiste lorsqu’il est passé à l’examen. Leurs motivations sont pures, ils sont conscients qu’ils doivent à la fin rendre compte d’eux-mêmes à Dieu. Leur ministère est «en Christ» - dans la communion avec le Christ en tant que membre de Son corps, revêtu par Son Esprit, car c’est Lui qui est «suffisant pour ces choses Ils ont des motifs purs, ils sont fidèles, qualifiés pour la tache. Ils ne corrompent pas la parole, ni ne l’utilisent pour des gains personnels.

Pour les serviteurs authentiques de l’Evangile, Dieu produit des résultats authentiques dans leur ministère (3:1-4) - pas des gains matériels, mais des conversions spirituelles; non pas convertis religieux selon la loi (3b), mais des «lettres de Christ» (3a) - c’est à dire ceux dont les vies témoignent de la sincérité du ministre et de l’œuvre de Dieu par son Esprit.

Nous pouvons être rassurés dans le ministère quand nous avons confiance en la provision de Dieu, car il donne des résultats à ceux qui sont authentiques. Et nous pouvons aussi avoir confiance en la provision de Dieu parce quil fournit des ressources à ceux qui se sentent incapables (3:4-6). Paul avait toutes les raisons d’avoir confiance en lui-même (1-3). Les croyants de Corinthe étaient ses lettres de créance. Ils étaient une lettre de Christ, écrite avec l’Esprit du Dieu vivant. Mais en fait, sa confiance n’était pas placée en lui-même. Sa confiance était plutôt en «Christ auprès de Dieu» (4). Son assurance était que Dieu l’avait appelé à être un serviteur compétent  et efficace de l’évangile. Son assurance était dirigée non vers lui-même, mais envers et «auprès de Dieu», il avait une assurance qui pouvait résister au test de Dieu.

Ceux qui sont suffisants pour le ministère se sentent tout à fait incapables. Ils savent que nous ne sommes pas «par nous-mêmes capables de concevoir quelque chose» (5a). La confiance en soi est caractérisée par l’orgueil, l’arrogance, l’indifférence, le mépris, mais la confiance en Dieu est caractérisée par la douceur, la persévérance, l’humilité. Paul ne trouvait pas en lui-même la source de sa propre suffisance, de sa capacité, ou de sa compétence. Il n’avait pas une opinion exagérée de lui-même. En fait, il se sentait vide et impuissant - pleinement conscient de sa propre fragilité et de sa finitude. C’est pourquoi il pose la question: «Qui est suffisant pour ces choses?» Et voici sa réponse. Ceux qui sont qualifiés pour le ministère savent que leur «capacité vient de Dieu» (5b). Dieu seul rend ses serviteurs compétents pour mener à bien les tâches qui leur sont assignées. Notre aptitude pour le ministère vient de Dieu (que ce soit la connaissance, la piété, ou nos talents). Cela n’est ni acquis, ni entretenu par nous-mêmes. Seul Dieu est auto-suffisant, et nous dépendons de Dieu. Je ne suis rien, mais «la grâce de Dieu qui est avec moi» fait tout au travers de moi (voir 1 Cor. 15:10)

Dieu nous rend suffisant pour le ministère. Il nous appelle et nous équipe comme «ministres» (6a), un poste pour lequel il nous rend capables et qualifiés. Voici la source de notre suffisance - Dieu lui-même. Lui qui nous appelle être les «ministres dune nouvelle alliance» (6b), non pas une sorte de judaïsme rénové, mais un nouveau chapitre dans la relation de Dieu avec l’humanité. Il nous a appelés à être ministres de « Esprit » (6c), pas des ministres de la «lettre» (ou de la Loi). «Car la lettre tue» (la loi n’a jamais été destinée à donner la vie, mais à nous montrer notre péché et notre culpabilité devant Dieu, afin de nous conduire à la sécurité en Christ) «mais lEsprit de Dieu vivifie» ceux qui sont lavés et régénérés, ceux qui sont sauvés par Son sang précieux (6c).

Rappelez-vous: Dieu agit au travers de ceux qui placent leur confiance en lui. Notre assurance dans le ministère vient de Dieu, parce que son leadership est toujours couronné de succès, et sa parole est toujours puissante. Tant que nous le suivons, sa parole, son Esprit, ses dons, sa direction, nous pouvons avoir une pleine  assurance dans le ministère parce qu’il donne du résultat à ceux qui sont authentiques, et il donne la capacité à ceux qui se sentent incapables. En moi-même je ne suis rien, mais en Christ «Je puis tout par celui qui me fortifie» (Phil. 4:13). Les formules fantaisistes ne sont pas la réponse, les produits fastueux ne fonctionnent pas, les présentations innovantes n’impressionnent personne. Le seul ministère efficace est celui qui est fait par la puissance du Saint-Esprit - «Ce nest ni par force, ni par puissance, mais par mon Esprit dit le Seigneur» (Zacharie 4.6)

Où est votre assurance pour le ministère? Est-il en vous-même? En vos capacités? Dans votre programme? Dans vos ressources financières? Dans votre bâtiment d’église impressionnant? Ou est-ce en Dieu seul qu’elle se trouve?

Depuis le temps où Dieu a arrêté Paul sur le chemin de Damas, l’a sauvé, lui a communiqué le Saint-Esprit, l’a appelé à être apôtre, et l’a mis à part pour le ministère comme «un vase dhonneur», Paul n’a plus jamais eu aucun doute sur la source de sa confiance, de sa force et de son succès dans le ministère. Le fait que Dieu ait mis sa main sur lui et l’ai envoyé de cette manière unique n’a jamais cessé d’être une source d’émerveillement et de gratitude pour l’Apôtre (1 Tim. 1.12).

Êtes-vous en train de répandre la douce odeur du Christ? Dans votre ministère, êtes vous en train de toucher tout le monde autour de vous avec l’Évangile, ce qui pour certains sera une odeur de vie et pour d’autres une odeur de mort? Est-ce que la douceur du Christ imprègne votre personne, vos attitudes, vos relations, vos décisions, vos actions et vos paroles?

4ème Partie : Plans De Predication

Par: Dr Roger Pascoe, Président

L’Institut pour la prédication biblique

Cambridge, Ontario, Canada

Dans la dernière parution de la Revue Internet des Pasteurs, j’ai commencé à publier une nouvelle série dans l’évangile de Jean titrée, «Les Sept Dialogues significatifs de Jésus». La dernière fois j’ai publié une ébauche de sermon sur Jean 3:1-8. C’était la première partie du dialogue significatif de Jésus avec Nicodème. Dans le présent numéro, je vais présenter la deuxième partie du dialogue de Jésus avec Nicodème.

Plan de prédication
Jean 3:9-21, le dialogue de Jésus avec Nicodème (2ème Partie)

Pour la version audio anglaise de ces prédications, cliquez sur ces liens: Jean 3:9-14; Jean 3:14-16; Jean 3:17-21

Thème: Comment entrer dans le royaume de Dieu

Point n°1: D’où vient cette idée de nouvelle naissance? (9)

1. Le concept de la nouvelle naissance est une révélation divine(10)

2. La révélation divine a été rejetée (11-12)

3. La révélation ne peut venir que de Dieu (13)

Point n°2: Comment la nouvelle naissance est-elle possible? (14 à 21)

1. La nouvelle naissance est possible parce que Christ a été élevé pour être mis à mort (14-15)

a). Il a été élevé pour mourir comme un sacrifice pour les péchés (14)

b). Il a été élevé pour mourir comme l’objet même de la foi (15)

2. La nouvelle naissance est possible parce que Dieu a aimé le monde (16)

3. La nouvelle naissance est possible parce que Dieu a envoyé son Fils (17-21)

c). Il a envoyé son Fils pour nous sauver de la condamnation (17-18)

d). Il a envoyé son Fils pour apporter la lumière dans nos ténèbres (19-21)