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Les Principes du Pardon (Genèse 45:1-28)

Introduction

Près d’une ville dans l’Etat de Washington, des millions de litres de déchets radioactifs sont enterrés dans de vastes citernes sous-terraines. Les citernes ont une durée de vie de 20 à 30 ans. Les déchets à l’intérieur resteront meurtriers pendant à peu près 600 ans.80

Nous vivons dans une société qui, comme ces citernes dans l’Etat de Washington, essaye d’emmagasiner la colère qui, tôt ou tard, va exploser, causant douleur et misère pour beaucoup. Dans notre monde, il y a beaucoup trop de gens hostiles qui essayent de trouver un moyen de décharger leur colère. La colère coutent très cher à beaucoup autour de nous :

Quatre-vingt pourcent de tous les meurtres sont commis par de gens qui ont quelque sorte de relation avec la victime. Quelqu’un s’énerve, il y a une arme ou un couteau à portée de main, et il en résulte une tragédie. Selon les dossiers hospitaliers, un nombre incroyable de parent ont infligé des blessures sérieuses à leurs enfants en bas âges dues à des coups de colère. Il est estimé que 60 000 enfants par an en Amérique sont battus à mort, et que plus d’enfants de moins de cinq ans sont tués par leurs parents que par des maladies.81

A part blesser les autres, la colère nous tue aussi. La répression de la colère et de l’amertume détruit notre santé et notre paix intérieure :

Une recherche indique que la colère non traitée peut produire toutes sortes de problèmes physiques. Dr Léo Madow dans son livre, Anger, suggère que ces problèmes physiques s’étendent de l'arthrite à l'asthme, de désordres urinaires au coryza. Et nous savons depuis très longtemps que la colère peut causer de sérieux problèmes émotionnels quand elle n’est pas traitée correctement.82

Tout cela devrait nous forcer à conclure que la colère est un des plus grands problèmes de notre temps.

Dr Léon Saul, Psychiatre et auteur, écrit,

« Je crois que l’hostilité de l’homme pour l’homme est le problème central des affaires humaines… que c’est une maladie à guérir et à prévenir tout comme le cancer, la tuberculose ou la variole, et que sa cure résultera d’un mode de vie meilleur, plus sain – pas seulement pour la société en général mais pour chaque individu en particulier. »83

Bien que cela ne soit pas la solution à chaque instance de colère,84 le pardon est la réponse à beaucoup, sinon pas presque toutes les colères dont nous faisons l’expérience dans la vie. La colère non résolue conduit à l’amertume, l’hostilité, et la revanche. Le pardon conduit à la liberté et à la réconciliation. Aucun caractère dans le drame du Livre de Genèse n’illustre mieux les rudiments du pardon que Joseph, et aucun chapitre ne définit et ne décrit plus clairement l’essentiel du pardon que le chapitre 45.

Ces années que Joseph a passé en esclavage et en prison auraient pu être l’occasion pour une étincelle de déclencher une explosion de colère à la vue de ses frères. Joseph aurait pu être tellement en colère avec Dieu pour l’avoir mis dans cette situation. Mais Joseph reconnut que Dieu était avec lui dans ses souffrances et que celles-ci venaient de la main tendre d’un Dieu souverain. Plus que tout, Joseph aurait pu être en colère avec ses frères, qui l’avait insensiblement vendu en esclavage.

L’apogée de la relation de Joseph avec ses frères vient dans le 45ème chapitre, car c’est ici qu’une réconciliation arrive entre eux. Ce fut rendu possible de la part des frères par leur repentance sincère, regrettant leur péché en ce qui concernait Joseph, et en faisant le contraire de ce qu’ils avaient fait quand une situation similaire se présenta regardant Benjamin. Mais de la part de Joseph, la réconciliation fut achevée par un pardon total et sincère de ses frères pour le mal qu’ils lui avaient fait.

« En effet, si vous pardonnez aux autres leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi.

   Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos fautes. » (Matthieu 6:14-15)

Pardonner est aussi une part essentielle de notre responsabilité envers les autres, amis et ennemis :

« Amertume, irritation, colère, éclats de voix, insultes: faites disparaître tout cela du milieu de vous, ainsi que toute forme de méchanceté.

   Soyez bons et compréhensifs les uns envers les autres. Pardonnez-vous réciproquement comme Dieu vous a pardonné en Christ. » (Éphésiens 4:31-32)

« ---Vous avez appris qu'il a été dit: «Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi[n]

   Eh bien, moi je vous dis: Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent.

   Ainsi vous vous comporterez vraiment comme des enfants de votre Père céleste, car lui, il fait luire son soleil sur les méchants aussi bien que sur les bons, et il accorde sa pluie à ceux qui sont justes comme aux injustes. » (Matthieu 5:43-45)

Cherchons donc à apprendre les leçons sur le pardon que ce chapitre nous offre.

Un Discours aux Muets (45:1-15)

« Alors Joseph, ne pouvant plus dominer son émotion devant tous ceux qui étaient présents, s'écria:
   ---Faites sortir tout le monde!
   Ainsi personne de son entourage n'était en sa présence lorsqu'il fit connaître son identité à ses frères.

   Mais il sanglotait si fort en parlant que les Egyptiens l'entendirent, et la nouvelle parvint jusqu'au palais du pharaon. » (Genèse 45:1-2)

Il peut apparaître à première vue que Joseph fut simplement submergé par ses émotions et fut obligé de dévoiler son identité. J’ai déjà suggéré que ce n’était pas le cas.85 Même si ses émotions ont fait surface involontairement, Joseph quitta simplement la présence de ses frères, pleura, et revint (43:30-31). Il révéla son identité à ses frères car ils avaient prouvé leur repentance sincère qui rendu possible la réconciliation.

Maintenant qu’il était temps de révéler son identité, Joseph voulait le faire dans l’intimité. Je vois plusieurs raisons pour lesquelles Joseph fit sortir les Egyptiens de la salle avant de révéler son secret à ses frères. Premièrement, c’était une question de famille. Cela devait être un moment entre eux, et des étrangers n’y auraient rien ajouté. Peut-être Joseph a-t-il pensé que relâcher toutes ses émotions, contrôlées pendant des années, lui coûterait le respect de ses serviteurs ? Cependant, principalement, je crois qu’il y avait une autre raison pour laquelle Joseph ait ordonné à tout le monde de quitter la salle, excepté ses frères : c’était pour traiter la question du péché de ses frères dans la plus grande intimité. Si Joseph avait eu l’intention que personne n’observe l’épanchement de ses émotions, excepté ses frères, ça n’a pas marché, car « les Egyptiens l’entendirent » (verset 2), et ce rapport arriva même jusqu'aux oreilles de Pharaon (versets 2,16).

Avant, j’avais tendance à lire les versets 3-15 du point de vue de Joseph sans faire beaucoup attention à comment ses frères avaient du répondre, mais Moïse décrit en détails le choc émotionnel qu’ils subirent :

« Il dit à ses frères:
   ---Je suis Joseph! Mon père est-il encore en vie?
   Mais ses frères étaient incapables de lui répondre tant ils avaient peur de lui.

   Alors Joseph leur dit:
   ---Venez près de moi!
    Ils s'approchèrent.
    ---Je suis Joseph, leur dit-il, votre frère, que vous avez vendu pour être emmené en Egypte.

   Et maintenant, ne vous tourmentez pas et ne vous accablez pas de remords de m'avoir vendu comme esclave. C'est pour vous sauver la vie que Dieu m'a envoyé devant vous.

   Car voici deux ans que la famine sévit dans ce pays et pendant cinq ans encore, il n'y aura ni labour ni moisson.

   Dieu m'a envoyé devant vous pour vous faire subsister sur la terre et vous garder la vie, par une très grande délivrance.

   C'est pourquoi ce n'est pas vous qui m'avez envoyé ici, c'est Dieu. Et il m'a élevé au rang de «Père pour le pharaon[b]», faisant de moi le maître de toute sa cour et le dirigeant de toute l'Egypte.

   Retournez donc au plus vite auprès de mon père et dites-lui: «Ton fils Joseph te fait dire ceci: Dieu m'a établi maître de toute l'Egypte; viens auprès de moi sans tarder.

   Tu habiteras dans la région de Gochên[c], pour être proche de moi, toi, tes enfants et tes petits-enfants, tes moutons, tes chèvres et tes bœufs et tout ce qui t'appartient.

   Et là, je pourvoirai à tes besoins pour que tu ne restes pas sans ressources, toi, ta famille et tout ce qui t'appartient. En effet, il y aura encore cinq ans de famine[d]

   Et voici: vous voyez de vos yeux, et mon frère Benjamin également, que c'est bien moi qui vous parle.

   Informez mon père des honneurs dont je suis comblé en Egypte, racontez-lui tout ce que vous avez vu et dépêchez-vous de le faire venir ici.

   Puis il se jeta au cou de Benjamin, son frère, et tous deux pleurèrent de joie sur les épaules l'un de l'autre.

   Ensuite, il embrassa tous ses frères en pleurant. Après quoi, ses frères s'entretinrent avec lui. » (Genèse 45:3-15)

Mettez-vous dans les chaussures de ces frères pour un moment. Ils avaient été traités gracieusement par Joseph, offerts l’hospitalité de sa maison et de sa table et donnés de généreuses provisions pour leurs familles là-bas au pays de Canaan (43:32-44). Puis ils furent arrêtés et fouillés, chacun d’entre eux étant trouvé avec leur argent dans leur sac et Benjamin en possession de la coupe de Joseph (44:6-13). Leur culpabilité fut reconnue et ils furent tous d’accord pour rester esclaves de Joseph, mais Joseph refusa de les détenir excepté Benjamin, le « coupable » (44:14-17). Ensuite, Juda fit un appel passionné de clémence pour son vieux père, s’offrant lui-même à la place de Benjamin (44:18-34).

C’est maintenant que le chapitre 45 commence. Juda et ses frères attendent anxieusement le verdict de Joseph, un qui affectera le cours de leurs vies. Sans savoir qui Joseph est ou ce qu’il allait faire, les frères observèrent le potentat renvoyer tout le monde de la salle. Ils ont pu peut-être voir les larmes coulées sur ses joues et sa poitrine se soulever avec émotion. Mais, qu’était la source de cette grande émotion ? Etait-ce colère, qui amènerait plus de troubles ? Comment pourrait-il en être autrement ?

S’ils pensaient que le pire était passé, ils avaient tort, du moins dans leurs esprits, car maintenant l’Egyptien laissa échapper dans leur langue native, « Je suis Joseph ! » C’était la pire nouvelle qu’ils auraient pu espérer entendre. Cela ne les soulagea pas, mais ne leurs ouvrit que de nouvelles avenues d’anxiété. C’était déjà pas mal d’être devant un puissant gouverneur égyptien qui était en colère à propos du vol d’une coupe, mais de réaliser qu’il était leur frère qu’ils avaient vendu en esclavage – ça, c’était trop ! Avant, ils avaient eu au moins un espoir que ce juge serait impartial et que la pitié pourrait le motiver à accepter leur appel. Mais maintenant, leur juge était certainement devenu leur ennemi, qu’ils avaient injustement condamné. Comment pouvaient-ils espérer un meilleur traitement de sa part ? Pas étonnant qu’ils étaient pétrifiés (verset 3).

La peur et la culpabilité étaient écrites sur leurs visages livides, et leur silence le confirma à Joseph. Ils n’avaient plus rien à dire, plus d’appels, plus d’espoir pour de la clémence. Chaque mot enregistré dans les 15 premiers versets du chapitre 45 est prononcé par Joseph car ses frères étaient muets (verset 3). Ils n’ont pas parlé avant que Joseph leur ait démontré qu’il les avait pardonnés (verset 15).

Les premiers mots de Joseph déclarèrent son identité, suivie rapidement par une indication d’inquiétude pour son père (verset 3). Lui, comme Juda et les autres, s’inquiétait beaucoup pour leur père âgé. La pensée de la douleur de Jacob était insupportable à Joseph autant qu’aux autres. Mais il s’inquiétait aussi pour ses frères. Ils ont dû se rabougrir en horreur, mais Joseph leur demanda de s’approcher de lui (verset 4).

Nulle part dans ce chapitre n’est le péché de ses frères minimisé. Depuis le début, Joseph leur dit que le traitement qu’ils lui avaient infligé avait été honteux. Vous voyez, le pardon n’a pas besoin de minimiser le péché, mais de le neutraliser. Nous devons pourtant nous rappeler qu’ils étaient déjà arrivés au point de la reconnaissance de leurs actions comme étant honteuses (42:21) et au point de repentance (chapitre 44). Puisqu’ils avaient reconnu la magnitude de leur péché, Joseph n’avait pas besoin de mettre de l’huile sur le feu à ce propos. Au lieu de ça, l’accent est sur la totalité du pardon qu’il leur a accordé ou, comme l’auteur de la chanson l’a décrit, « la grâce est plus grande que tous mes péchés. »

Les paroles de Joseph sont remplies d’espoir et d’encouragement. Les versets 5-8 assurent ces hommes que leur péché n’a pas fait échouer les desseins de Dieu. « Vous m’avez vendu » Joseph a dit, « mais Dieu m’a envoyé » (verset 5). Leur but était de détruire, mais celui de Dieu était de sauver. Les hommes peuvent pécher en essayant de faire ce qui est inacceptable à Dieu, pendant qu’au même moment ils accomplissent ce que Dieu veut faire.

« cet homme a été livré entre vos mains conformément à la décision que Dieu avait prise et au projet qu'il avait établi d'avance. Et vous, vous l'avez tué en le faisant crucifier par des hommes qui ne connaissent pas Dieu. » (Actes 2 :23)

La doctrine de la souveraineté de Dieu nous assure que pendant que les hommes peuvent faire de mauvaises choses pour de mauvaises raisons, Dieu peut causer « le mal » pour accomplir SES bons et parfaits buts.

Nous savons que le Dieu juste déteste tous les péchés avec une haine parfaite irréconciliable ; mais c’est sa prérogative d’amener le bien à travers le mal, et aucun mal ne peut être commit sans SA connaissance ou en opposition à SES conseils sacrés. Les pécheurs sont autant des ministres de SA providence que les saints, et IL SE glorifie LUI-MEME autant par les faiblesses qu’IL déteste et punit, que par SA sainteté qu’IL aime et récompense.86

En ces mots des Ecritures sacrées,

« Car même la fureur des hommes tournera à ta gloire » (Psaumes 76:11)

Le salût, pas la destruction, était le dessein de Dieu en ce qui arriva. Alors, comment Joseph aurait-il pu considérer faire à ses frères ce dont ils avaient peur ? La famine, longue de deux ans, devait continuer cinq ans de plus avant d’avoir fini sa course. Jacob et ses fils devaient venir en Egypte où Joseph pourrait leur fournir tout ce dont ils auraient besoin, et par-là, épargner la nation. Pendant que Dieu n’ait pas sanctionné leurs moyens ou leurs motifs, Joseph fut destiné à aller en Egypte où il deviendrait l’instrument par lequel Israël serait épargné et qui serait plus tard garder en vie par une « grande délivrance » (verset 7).

Cette prophétie va bien plus loin que la révélation précédente donnée à Abram concernant le séjour d’Israël en Egypte :

« Le Seigneur lui dit:
   ---Sache bien que tes descendants vivront en étrangers dans un pays qui ne leur appartiendra pas, on en fera des esclaves et on les opprimera pendant quatre cents ans.

    Mais je punirai la nation qui les aura réduits en esclavage et ils quitteront le pays chargés de grandes richesses. » (Genèse 15:13-14)

Abram ne fut pas dit que le « pays qui ne leur appartiendra pas » serait l’Egypte, ni comment Israël atterrirait là-bas. Il n’est pas non-plus mentionné que leur « exode » serait une sorte d’évasion. Le point de tout ça est que même si Joseph connaissait les paroles de Dieu à Abram, il n’aurait pas pu savoir tout ce qu’il dit à ses frères. Il y aurait très bien pu avoir un élément de prophétie. Dieu aurait pu révéler à Joseph à un certain moment (quand il était en prison ?) SES desseins en permettant ses souffrances de reject et persécution.

En fin de compte, ce ne fut pas ses frères qui furent responsables pour envoyer Joseph en Egypte, mais Dieu, dans le but d’amener leur salût. Et en route, Joseph fut élevé à une position d’autorité et de proéminence, le conseiller de Pharaon87 et dirigeant de toute l’Egypte. Nous avons un dicton, « tout est bien qui finit bien » qui est vrai dans un sens pour Joseph. L’explication de Joseph de tout ce qui était arrivé et la raison de Dieu pour ça est suivie par une exhortation à retourner rapidement au pays de Canaan, rassembler leur père, leurs familles, et leurs troupeaux et revenir en Egypte (versets 9-13).

Approximativement une année avait passé depuis que les frères de Joseph étaient arrivés en Egypte, mais ce délai n’était pas dû à l’indifférence ou à la réserve de Joseph – il a simplement dû attendre patiemment jusqu'à ce que ses frères démontrèrent un changement de cœur et d’esprit (repentance). Maintenant, Joseph poussa ses frères à ramener leur père rapidement en Egypte (verset 9) où ils vivraient près de lui dans le pays de Gochên. Il semble que là, sa famille aurait toute la pâture dont ils auraient besoin pour leurs troupeaux, serait relativement prés de lui, et pourtant resterait un peu à l’écart des citadins égyptiens, qui n’aimaient pas les Hébreux (46:34).88

Dans ces versets, il y a un accent notable sur la gloire et la splendeur que Joseph atteignit en Egypte. Pour certains, cela semble ne pas être dans le caractère de Joseph, qui auparavant était rempli de modestie et d’humilité. Pourquoi ferait-il maintenant étalage de sa position devant ses frères ? Il y a plusieurs explications, parmi lesquelles une ou plus pourraient nous intéresser.

Premièrement, la gloire que Joseph possédait maintenant servirait à encourager ses frères, qui étaient remplis de culpabilité pour la mauvaise action qu’ils avaient commise contre lui en le vendant comme esclave. Joseph leur rappellerait donc que son humiliation et ses souffrances furent les raisons de sa promotion et son exaltation. Regardez ce que leur péché avait accomplit dans la vie de Joseph ! Deuxièmement, ça réconforterait Jacob et l’assurerait du fait que Joseph pouvait fournir tout ce qu’aurait besoin toute sa famille pendant la famine. Finalement, c’était une gloire que Joseph désirait partager généreusement avec ses frères. Ses motifs seraient donc comme ceux de Christ :

« Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel et dit:
   ---Mon Père, l'heure est venue: fais éclater la gloire de ton Fils, pour qu'à son tour, le Fils fasse éclater ta gloire.

   En effet, tu lui as donné autorité sur l'humanité entière afin qu'il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.

   Or, la vie éternelle consiste à te connaître, toi le Dieu unique et véritable, et celui que tu as envoyé: Jésus-Christ.

   J'ai fait connaître ta gloire sur la terre en accomplissant l'œuvre que tu m'avais confiée.

   Et maintenant, Père, revêts-moi de gloire en ta présence, donne-moi cette gloire que j'avais déjà auprès de toi avant les origines du monde... 

Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, afin qu'ils soient un, comme toi et moi nous sommes un… » (Jean 17:1-5,22)

Avec cela, Joseph sauta au coup de son frère le plus près, Benjamin, et pleura. Benjamin lui aussi pleura dans les bras de son frère. Finalement, Joseph pleura avec tous ses frères qui, à la fin, furent assez soulagés pour commencer à parler avec lui. Il faudra longtemps avant que ces hommes puissent comprendre complètement la grâce du pardon qui leur fut accordée par Joseph.

Pharaon Est Content (45:16-20)

C’est incroyable que le désir de Joseph fut de sauver sa famille plutôt que de chercher à se venger. Il insista virtuellement à ce que ses frères partent rapidement et ramènent leurs familles entières aussitôt que possible. Mais le mieux de tout fut la confirmation de l’hospitalité de Joseph par personne d’autre que Pharaon lui-même.

« La nouvelle de l'arrivée des frères de Joseph se répandit aussitôt au palais du pharaon. Elle fit plaisir au pharaon et à ses hauts fonctionnaires.

   Le pharaon dit à Joseph:
   ---Tu diras à tes frères: «Voilà ce que vous allez faire: Chargez vos bêtes et retournez au pays de Canaan,

   pour aller y chercher votre père ainsi que vos familles. Puis vous reviendrez chez moi et je vous donnerai les bonnes terres d'Egypte et vous mangerez les meilleurs produits du pays.»

   Quant à toi, transmets-leur l'ordre suivant: «Emmenez avec vous d'Egypte des chariots pour vos enfants et vos femmes, faites-y monter aussi votre père et revenez.

   N'ayez pas de regret pour ce que vous laisserez, car ce qu'il y a de meilleur dans toute l'Egypte sera à votre disposition.» » (Genèse 45:16-20)

Pharaon avait reçu le rapport (s’il n’avait pas entendu Joseph pleurer lui-même, verset 22) qu’il y avait une réunion entre Joseph et ses frères. Nous espérons presque que Pharaon était content, mais une telle réponse devait être très inhabituelle. Nous savons que les Hébreux n’étaient pas aimés des Egyptiens (43:32 ; 46:34). Si Pharaon savait comment Joseph était arrivé en Egypte, il n’aurait certainement pas beaucoup aimé ses frères.

Je ne peux penser qu’à deux raisons pour lesquelles Pharaon ait été content d’apprendre l’arrivée des frères de Joseph. La première est évidente : Pharaon avait le plus grand respect pour Joseph. Joseph avait virtuellement sauvé son royaume et améliorerait énormément sa position en Egypte (17:13-26). Tout ce qui ferait plaisir à Joseph faisait plaisir à Pharaon.

Il y a pourtant une autre explication pour la joie de Pharaon qui, je crois, est très instructive. Elle nous aide aussi à mieux comprendre pourquoi Joseph renvoya ses serviteurs de la salle quand il révéla son identité à ses frères. Il semblerait que Joseph n’ait jamais informé Pharaon de l’injustice qui lui avait été faite par ses frères. Joseph avait insisté à l’échanson et au panetier de Pharaon qu’il était innocent, pourtant, il n’a jamais révélé la culpabilité de ses frères :

« Mais, s'il te plaît, pense à moi quand tout ira de nouveau bien pour toi et aie la bonté de parler en ma faveur au pharaon pour me faire sortir de cette prison.

    En effet, j'ai été amené de force du pays des Hébreux, et ici même je n'ai rien fait qui mérite le cachot. » (Genèse 40:14-15)

Pendant que Joseph maintenait sa propre innocence, il n’a jamais exposé la culpabilité de ses frères ou de la femme de Potiphar. Le résultat fut que Pharaon n’a pas dû supprimer des sentiments de colère envers les frères de Joseph et pouvait donc les recevoir chaleureusement comme étant de la famille lointaine qui avait finalement retrouvé leur frère. Le silence à propos des péchés des autres facilite beaucoup le processus de la restauration.

Joseph était un administrateur très compétent, comme nous avons déjà vu (chapitre 41). Bien que cela ne soit pas dit, Joseph avait surement parlé à Pharaon de ses frères avant de leur demander de venir en Egypte et de leur avoir promis le pays de Gochên (verset 10). Ce ne fut pas une coïncidence alors, que Pharaon confirma l’offre de Joseph, étendant l’offre à tout ce que l’Egypte avait de meilleur et leur ordonnant de prendre des chariots sur lesquels ils pourront faire voyager Jacob, les femmes et les enfants (versets 17-20). Sa générosité fut encore plus large que celle que Joseph avait indiqué. La bonne volonté d’à la fois Joseph et Pharaon furent confirmée. Le plus tôt ils retourneraient au pays de Canaan pour leurs familles et leurs troupeaux, le plus tôt ils reviendraient.

Les Instructions de Voyage de Joseph (45:21-24)

Avant leur départ pour le pays de Canaan, Joseph donna à ses frères des provisions pour leur voyage, ordonnées par Pharaon, ainsi que quelques instructions de dernières minutes.

« Les fils d'Israël firent ce qu'on leur avait dit. Joseph leur procura des chariots, selon ce qu'avait déclaré le pharaon, et il leur donna des provisions pour le voyage.

    Il offrit un habit de rechange à chacun de ses frères; quant à Benjamin, il lui donna trois cents pièces d'argent et cinq habits de rechange.

    Il envoya à son père dix ânes chargés des meilleurs produits de l'Egypte, et dix ânesses chargées de blé, de pain et de vivres pour son voyage.

    Il prit congé de ses frères en leur recommandant de ne pas se disputer en chemin. Et ils s'en allèrent.» (Genèse 45:21-24)

Les provisions pour le voyage auraient été tout comme celles qu’ils avaient reçu la première fois (42:25), incluant du grain, du pain à manger, quelque chose à boire, et du fourrage pour leurs animaux. Chacun des frères reçurent aussi un habit de rechange. Ce ne devrait pas être une surprise puisque quand la coupe d’argent fut découverte dans le sac de Benjamin, tous les frères déchirèrent leurs vêtements en signe de chagrin (44:13).

Cinq habits de rechange furent donnés à Benjamin ainsi que 300 pièces d’agent. Nous avons vu préférence avant. Isaac préfèrait Esaü à Jacob. Jacob préfèrait Rachel à Léa. A chaque fois, la préférence a eu des effets désastreux. Pourquoi alors, Joseph a-t-il montré de la préférence à Benjamin ? Bien sur, Benjamin était le seul autre fils de sa mère. Et Benjamin n’avait rien eu à voir avec la vente de Joseph non plus. Mais est-ce que cette préférence envers lui était sage ?

Je crois que les actions de Joseph étaient délibérées et avec de bonnes intentions. La préférence était un des facteurs dans le rejet de Joseph par ses frères (37:3-4). Joseph avait montré de la préférence envers Benjamin tout comme son père l’avait continuellement fait, mais maintenant ses frères avaient choisi de ne pas le sacrifier pour leurs propres intérêts. Joseph, je crois, n’a pas évité de montrer de la préférence pour Benjamin parce que c’est comme ça que la vie est. Certaines personnes sont plus belles que d’autres. Certaines sont athlétiques, alors que d’autre ne le sont pas. Certaines sont plus intelligentes que d’autres. La vie est pleine de différences. Joseph n’a pas arrêté de faire de différences parce qu’elles existeraient toujours, et ses frères devront apprendre à vivre avec elles. Notre Seigneur sembla placer Pierre, Jacques et Jean dans une position privilégiée, et Jean était appelé « celui que Jésus aimait. » La repentance et la conversion ne font pas disparaître nos problèmes, mais elles nous donnent la force de nous en occuper.

Joseph a envoyé à son père dix ânes chargés avec le meilleur qu’Egypte pouvait offrir, les « premiers fruits » de ce qui l’attendait (verset 18). J’imagine que ce cadeau dépassait de loin le « meilleur du pays » que Jacob avait envoyé avec ses fils (43:11). Au moment du départ, Joseph donna à ses frères une dernière instruction, « ne vous querellez pas en chemin » (verset 24). Lisant cette Ecriture avant de s’épancher sur ce texte, pas mal de gens dans l’audience rient. Je ne leur en veux pas, car je souris chaque fois que je la lis. Joseph connaissait bien ses frères. J’imagine que se quereller était une partie du mauvais rapport qu’il avait donné à son père plusieurs années auparavant (37:2). Etant fils de quatre mères, une telle rivalité n’était pas inhabituelle. Probablement, la seule chose sur laquelle ils furent tous d’accord fut de se débarrasser de Joseph. Ils, comme beaucoup de groupes rivaux dans les temps de Jésus, pouvaient s’unir quand il en venait à rejeter celui qui les menaçait tous.

Joseph avait une bonne raison pour supposer que ses frères allaient se quereller pendant le voyage de retour. Pas longtemps avant ça, il avait entendu une conversation qu’ils ne pensaient pas qu’il puisse comprendre :

« Ils se dirent l'un à l'autre:
   ---Certainement, nous sommes punis à cause de ce que nous avons fait à notre frère; car nous avons vu sa détresse quand il nous suppliait, et nous ne l'avons pas écouté. Voilà pourquoi nous nous trouvons nous-mêmes à présent dans la détresse.

    Ruben leur rappela:
   ---Ne vous avais-je pas dit: Ne vous rendez pas coupables d'un tel péché envers cet enfant! Mais vous ne m'avez pas écouté. Voilà pourquoi nous devons maintenant payer pour sa mort. » (Genèse 42:21-22)

Bien qu’ils étaient pardonnés, ils allaient faire face à la grande tentation d’essayer d’évaluer la mesure précise de responsabilité de chacun. Elle allait passer de l’un à l’autre, et une conversation chaude ne manquerait pas d’exploser. Tout cela ne servirait à rien puisqu’ils avaient été pardonnés. Leur voyage serait plus agréable s’ils se concentraient sur la grâce et non pas la culpabilité.

Jacob Rajeuni (45:25-28)

Je peux voir comment le retour des fils de Jacob a dû être. Jacob, comme le père du fils prodige, a dû attendre anxieusement pour tous signes du retour de ses fils. Puisque Benjamin était parmi eux, son intérêt était intense. Chaque passant était attentivement examiné pour voir s’il était l’un de ses fils. Les peurs de Jacob ont probablement intensifié avec les jours qui passaient. Chaque mésaventure concevable avait été considérée. Finalement, la silhouette de ses fils apparut à l’horizon. Méticuleusement, toutes les têtes furent comptées, et à son grand soulagement, tous étaient présents, spécialement Benjamin. Mais qui étaient toutes ces personnes en plus et ces chariots qui accompagnaient ses fils ? Qu’est-ce que cela voulait dire ?

« Ils retournèrent donc d'Egypte au pays de Canaan auprès de Jacob, leur père.

   Ils lui annoncèrent la nouvelle: «Joseph vit encore, et c'est même lui qui gouverne toute l'Egypte.» Mais il ne réagit pas parce qu'il ne les croyait pas.

   Ils lui répétèrent tout ce que Joseph avait dit. Puis Jacob vit les chariots que Joseph avait envoyés pour le transporter. Alors ce fut comme s'il reprit vie.

   Et Israël déclara:
   ---Oui, je suis convaincu: Joseph mon fils est encore en vie, j'irai le voir avant de mourir. » (Genèse 45:25-28)

Les mots « Joseph est en vie » était impossible à croire. Comment était-ce possible ? Ses fils ne lui avaient-ils pas assurés qu’il était mort ? Les évidences n’avaient-elles pas été convaincantes ? Bon, Jacob pouvait être vieux, mais il était loin d’être sénile. Quelque chose ne tournait pas rond. Ses fils allaient devoir lui donner quelques bonnes explications. Aussi douloureux que cela allait être, je crois que toute l’histoire allait être mise sur la table. Je suis persuadé que la confession fut faite parce qu’elle était nécessaire pour convaincre Jacob que Joseph était vivant. Cela semble aussi être à la base de la prophétie que Jacob avait faite concernant Joseph :

« Joseph est un rameau fertile
      d'un arbre plein de fruits planté près d'une source.
      Ses branches grimpent et s'élancent par-dessus la muraille.

    Des archers le provoquent, le prennent à partie,
      et le harcèlent de leurs flèches.

    Mais son arc reste ferme
      car ses bras pleins de force conservent leur souplesse
      grâce au secours du Puissant de Jacob,
      qui est le berger et le Roc sur lequel Israël se fonde. » (Genèse 49:22-24)

N’est-il pas intéressant qu’on ne nous dise pas que Joseph ait ordonné à ses frères de confesser à leur père, ni n’est leur confession racontée par Moïse. Mais pourquoi devrait-elle être rendue publique ? C’était une histoire de famille qui était traitée en privé. Tout comme Joseph avait demandé à ses serviteurs égyptiens de quitter la salle quand il avait traité les choses entre lui-même et ses frères, nous ne sommes pas présents lors de la confession à Jacob. Moïse écrivit ces choses pour notre information (1 Corinthiens 10:11), pas pour satisfaire notre curiosité.

Toutes les évidences nous conduisent à la conclusion que Joseph était bien vivant. La vie brisée de Jacob fut immédiatement ravivée. Maintenant, il languissait de voir son fils avant sa mort. Et par peur que nous ne pensions que Jacob était au pied de la mort, rappelons-nous qu’il avait encore dix-sept ans à passer avec son fils en Egypte (47:28). Tout ce dont Jacob avait peur allait contre lui, apparaîtrait soudainement dans sa vraie lumière. C’était la main de Dieu dans sa vie, l’épargnant de la mort physique et spirituelle de Canaan en préparant une place pour lui en Egypte.

Conclusion

Si le mot clé du chapitre 44 est repentance, alors le mot clé du chapitre 45 est pardon. Ces deux éléments sont essentiels pour une longue et sincère réconciliation : repentance et pardon. Prêtons une grande attention à ce sujet de pardon comme il est illustré dans la vie de Joseph.

Une Définition de Pardon

Si nous devons être une communauté de grâce, nous devons en premier savoir ce que le pardon est. Pendant que plusieurs mots grecs et hébreux sont employés pour transmettre le pardon, essentiellement, le pardon veut dire relâcher ou libérer. C’est utilisé pour l’annulation d’une dette, la libération d'une obligation juridique, et la résiliation d'un mariage par le divorce (qui permet aux parties divorcées de se remarier, Deutéronome 24:1-4). En général, nous pouvons dire que le pardon est une décision consciente de la partie offensée de libérer l’offenseur de la pénalité et culpabilité de l’offense commise. Cette libération non seulement libère de la culpabilité et de la punition, mais elle libère aussi la personne qui pardonne de colère et d’amertume.

Pardon n’est pas clémence ou ignorance du péché. Une seule fois dans le Nouveau Testament trouvons-nous une référence de péchés étant « laisser impunis » :

« Tous ont péché, en effet, et sont privés de la glorieuse présence de Dieu,

    et ils sont déclarés justes par sa grâce; c'est un don que Dieu leur fait par le moyen de la délivrance apportée par Jésus-Christ.

    C'est lui que Dieu a offert comme une victime destinée à expier les péchés, pour ceux qui croient en son sacrifice. Ce sacrifice montre la justice de Dieu qui a pu laisser impunis les péchés commis autrefois, » (Romains 3:23-25)

Ici, Dieu a « laissé impunis » les péchés de l’homme non pas parce qu’IL les a prit à la légère, mais parce qu’IL les a prit si sérieusement qu’IL a versé le sang de SON seul FILS. IL a « laissé impunis » les péchés du passé, sachant que le prix serait payé quand Christ apparaitrait et serait rejeté par les hommes et mis à mort sur la croix du Calvaire. Quand nous laissons impunis des péchés, c’est parce que nous ne voulons pas nous en occuper – jamais, maintenant ou plus tard.

Le pardon n’est pas gratuit. Le péché doit toujours avoir un prix à payer. Mais le pardon est une décision de l’offensé de souffrir la pénalité due à l’offenseur. Si un banquier pardonne un emprunt, cela veut dire que l’emprunteur n’a pas besoin de repayer sa dette, mais cela aussi veut dire que le prêteur souffre la perte d’argent prêté et pas repayé. Si la société pardonne un criminel, cela veut dire que la société souffre les conséquences de l’action du criminel, pas le criminel. Si je vais dans votre maison et casse un vase et vous me pardonnez mon erreur, vous souffrez la perte du vase, pas moi.

La définition du pardon décrit parfaitement le pardon que Dieu offre aux hommes par la croix de Jésus Christ. Tous les hommes ont péché contre Dieu et méritent la pénalité de destruction éternelle (Romains 3:23 ; 6:23).

« Mais Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils, son unique, pour que tous ceux qui placent leur confiance en lui échappent à la perdition et qu'ils aient la vie éternelle. » (Jean 3:16)

Dieu n’a pas ignoré nos péchés, mais IL supporta la peine pour eux. C’est le pardon sincère. Et tous ceux qui mettent leur foi en Jésus Christ, LE reconnaissant comme étant CELUI QUI mourut pour leurs péchés, feront l’expérience de ce pardon. C’est ce pardon que tous les hommes doivent soit accepter (résultant en le salût), soit refuser (résultant en la damnation) :

« Celui qui met sa confiance en lui n'est pas condamné, mais celui qui n'a pas foi en lui est déjà condamné, car il n'a pas mis sa confiance en la personne du Fils unique de Dieu. » (Jean 3:18)

Finalement, notre définition de la grâce doit inclure le fait que le pardon sincère n’est pas gagné. Si un homme commet un crime et il fait son temps en prison, il n’est pas gracié ; il a simplement payé sa dette à la société. Si un homme ne peut pas rembourser un emprunt dans les temps accordés mais est forcé de le payer sur plus longtemps, sa dette n’a pas été pardonnée. Si notre grâce est le genre demandant que la personne « paye » avant que nous la pardonnions, alors nous ne la graçions pas. Cela peut être de la justice, mais ce n’est pas de la pitié. Cela peut être la loi, mais ce n’est pas de la grâce. Tout comme nous ne pouvons pas contribuer à la grâce et au salût que Christ a accomplit sur la croix du Calvaire, personne que nous gracions ne peut être gracié et être obligé de payer pour leur offense contre nous.

Principes de Pardon

Ayant défini le pardon biblique, cherchons à exposer quelques principes de pardon que nous apprenons de l’exemple de Joseph dans le chapitre 45 de Genèse.

(1) Le pardon biblique doit être accordé rapidement. Joseph aurait pu difficilement pardonner ses frères ici dans le chapitre 45. Le pardon qui fut exprimé pour la première fois ici par Joseph fut tout d’abord connu par ses frères ; mais bien avant celui-là, Joseph avait pardonné ces hommes dans son cœur. Autrement, comment aurait-il pu marcher si près du Seigneur et Le servir si joyeusement et fidèlement, en dépit des circonstances ? Joseph a connu la liberté de la grâce bien avant ses frères.

Dans le Nouveau Testament, la colère doit toujours être traitée vite :

« Mettez-vous en colère, mais ne commettez pas de péché; que votre colère s'apaise avant le coucher du soleil.

    Ne donnez aucune prise au diable.» (Ephésiens 4:26-27)

Le plus tôt le pardon est accordé et la réconciliation achevée, le mieux c’est pour tous impliqués :

« Si quelqu'un porte des accusations contre toi, dépêche-toi de t'entendre avec ton adversaire pendant que tu es encore en chemin avec lui. Sinon, ton adversaire remettra l'affaire entre les mains du juge, qui fera appel aux huissiers de justice, et tu seras mis en prison.» (Matthieu 5:25)

(2) La grâce biblique devrait être accordée en privé. Je vois beaucoup de sagesse en Joseph quand il a ordonné à ses serviteurs de quitter la salle pendant qu’il traitait avec le péché de ses frères. Ça a rendu les choses bien plus faciles pour Pharaon et les Egyptiens d’être ignorants de toutes les injustices que ces frères avaient commit contre Joseph. Cela aussi selon l’instruction biblique :

« La haine allume des querelles,
      mais l'amour couvre toutes les fautes. » (Proverbes 10:12)

« L'insensé manifeste immédiatement son irritation,
      mais l'homme avisé sait ravaler un affront.» (Proverbes 12:16)

« Qui veut se faire aimer, pardonne les torts qu'il a subis:
      les rappeler éloigne son ami. » (Proverbes 17:9)

« ---Si ton frère s'est rendu coupable [à ton égard], va le trouver, et convaincs-le de sa faute: mais que cela se passe en tête-à-tête. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. » (Matthieu 18:15)

Nous devrions toujours rechercher la restauration et la réconciliation au niveau le plus privé car quand le moins de monde possible connaît le péché, le plus facile il est pour l’offenseur d’être pardonné et oublié.

(3) La grâce biblique doit être accordée librement et inconditionnellement. Le pardon est gratuit, en ça que celui qui pardonne accepte volontairement la perte ou la douleur personnellement. En bref, le pardon est un sujet de grâce, pas de travaux, et la grâce ne demande rien de celui qui la reçoit. Joseph a du pardonner ses frères bien avant qu’ils ne soient arrivés au point de la repentance. Il n’a pas attendu de voir l’agonie de leurs âmes avant de les pardonner, mais il l’a fait librement et sans exigences. Cela suggère aussi que le pardon puisse être refusé. Mourant sur la croix, notre Seigneur dit, «---Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font. » (Luc 23:34)

Ce pardon accomplit par SA mort sur la croix est rejeté par beaucoup. Ceux qui périssent ne périssent pas car il n’y a pas de pardon, mais parce qu’ils ont rejeté la grâce de Dieu.

(4) Le pardon qui est biblique doit être accordé sacrificiellement. Le prix du pardon de Joseph fut plus de vingt ans de séparation de son père, esclavage, et même un séjour en prison. Pas un petit prix à payer, mais le pardon ne vient pas sans sacrifice. A cause de cela, le pardon est mieux demontré que dit. Joseph n’a jamais vraiment utilisé le mot « pardonner », mais ses paroles et ses actions l’ont transmis. Tout comme il est facile de dire, « Je suis désolé », il est aussi facile de dire d’une façon désinvolte, « Je vous pardonne ». Le pardon sincère à un prix, et peu de gens sont prêt à le payer.

(5) Le pardon biblique n’est pas provisionnel, mais permanent. Tout comme des conditions ne peuvent être exigées avant que le pardon soit accordé, non plus peuvent-elles être exigées pour que le pardon reste en vigueur. Dix-sept ans après que Joseph assura ses frères qu’ils avaient été pardonnés, il eurent peur que cette grâce fut terminée à la mort de leur père (50:15-21). Bien que nous puissions difficilement « oublier » les offenses des autres contre nous, nous pouvons certainement refuser de les rappeler ou de les emmener avec nous dans l’avenir.

« … car je pardonnerai leurs fautes,
      je ne tiendrai plus compte de leur péché. » (Jérémie 31:34)

(6) Le pardon biblique cherche à corriger et à restaurer l’offenseur. J’ai peur que tout ce qu’il vient d’être dit va conduire à la conclusion qu’une fois que le pardon est accordé, tous besoins pour la correction sont inutiles. Pas vrai ! Je crois que Joseph pardonna ses frères des années avant qu’il ne les voit, mais souvenez-vous qu’il se passa environ une année avant qu’il ne leur révéla son identité. C’était parce qu’il avait besoin d’être assuré qu’ils avaient changé leur attitude envers leur péché (qu’ils se repentaient).

Quand nos enfants pèchent, nous pouvons très bien avoir besoin de leur donner la fessée, autant que de les pardonner. Nous pouvons pardonner le voleur pour avoir voler notre argent, que nous ne pourrons bien ne jamais revoir, mais la loi demande quand même une punition pour le vol. Un esprit gracieux dissout notre colère et notre animosité envers l’offenseur, et il remet notre vengeance entre les mains de Dieu, puisque LUI seul connaît l’étendue du péché (Romain 12:11-21 ; 1 Pierre 2:21-25).

Pardonner, comme je le comprends, traite en premier avec notre animosité personnelle ainsi que nos droits violés de telle manière que nous pouvons traiter le péché impartialement et dans l’amour ou nous pourrions donner le problème complet à Dieu où nous ne pouvons pas prendre les choses entre nos propres mains. Le pardon, comme une facette de l’amour, recherche le meilleur intérêt de l’autre, même à nos dépends. Mais puisque nous recherchons le bien de l’autre, la correction peut être requise (Matthieu 18:15 ; Galate 6:1).

La meilleure analogie pourrait peut-être venir de la relation de Dieu dans la vie de saints désobéissants. Puisque tous les péchés des Chrétiens, passés, présents, et futurs, sont pardonnés au Calvaire, Dieu ne punira pas le saint qui est pardonné une fois pour toutes. Mais il y a quand même un besoin de discipline et de correction. Le pardon de nos péchés nous assure que Dieu nous est justement apparenté, mais la discipline nous cause de nous rapprocher de LUI.

« et vous avez oublié cette parole d'encouragement que Dieu vous adresse comme à des fils:
      Mon fils, ne prends pas à la légère la correction du Seigneur
      et ne te décourage pas lorsqu'il te reprend.

    Car le Seigneur corrige celui qu'il aime:
      il châtie tous ceux qu'il reconnaît pour ses fils.

    Supportez vos souffrances: elles servent à vous corriger. C'est en fils que Dieu vous traite. Quel est le fils que son père ne corrige pas?

    Si vous êtes dispensés de la correction qui est le lot de tous les fils, alors vous êtes des enfants illégitimes, et non des fils.

    D'ailleurs, nous avions nos parents terrestres pour nous corriger, et nous les respections. N'allons-nous pas, à plus forte raison, nous soumettre à notre Père céleste pour avoir la vie?

    Nos parents nous corrigeaient pour un temps limité, selon leurs idées, mais Dieu, c'est pour notre bien qu'il nous corrige, afin de nous faire participer à sa sainteté.

    Certes, sur le moment, une correction ne semble pas être un sujet de joie mais plutôt une cause de tristesse. Mais par la suite, elle a pour fruit, chez ceux qui ont ainsi été formés, une vie juste, vécue dans la paix. » (Hébreux 12:5-11)

La Base du Pardon

Nous devrions tous réaliser que pardonner est la marque d’un caractère et d’une conduite pieuse. Notre problème est ne pas connaître que nous devrions le faire, mais le faire quand même. Comment peut-on pardonner ceux qui nous ont tant blessé ? Permettez-moi de faire quelques suggestions.

(1) Sérieusement considérez les Ecritures qui nous commandent de pardonner (Ephésiens 4:25-32 ; Colossiens 3:12-17, etc). Reconnaissez que pardonner n’est pas une option, mais un commandement.

(2) Considérez votre propre caractère coupable et le pardon que Dieu vous a librement accordé.

« Jésus lui répondit à haute voix:
   ---Simon, j'ai quelque chose à te dire.
   ---Oui, Maître, parle, répondit le pharisien.

    ---Il était une fois un prêteur à qui deux hommes devaient de l'argent. Le premier devait cinq cents pièces d'argent; le second cinquante.

    Comme ni l'un ni l'autre n'avaient de quoi rembourser leur dette, il fit cadeau à tous deux de ce qu'ils lui devaient. A ton avis, lequel des deux l'aimera le plus?

    Simon répondit:
   ---Celui, je suppose, auquel il aura remis la plus grosse dette.
   ---Voilà qui est bien jugé, lui dit Jésus.

    Puis, se tournant vers la femme, il reprit:
   ---Tu vois cette femme? Eh bien, quand je suis entré dans ta maison, tu ne m'as pas apporté d'eau pour me laver les pieds; mais elle, elle me les a arrosés de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux.

    Tu ne m'as pas accueilli en m'embrassant, mais elle, depuis que je suis entré, elle n'a cessé de couvrir mes pieds de baisers.

    Tu n'as pas versé d'huile parfumée sur ma tête, mais elle, elle a versé du parfum sur mes pieds.

    C'est pourquoi je te le dis: ses nombreux péchés lui ont été pardonnés, c'est pour cela qu'elle m'a témoigné tant d'amour. Mais celui qui a eu peu de choses à se faire pardonner ne manifeste que peu d'amour!

    Puis il dit à la femme:
   ---Tes péchés te sont pardonnés. » (Luc 7:40-448)

Le plus nous reconnaissons notre propre caractère pécheur et le pardon que nous avons reçu, le plus facile il nous est de pardonner les autres.

(3) Méditez sur la souveraineté de Dieu dans l’offense commise contre vous. Pouvez-vous dire comme Joseph, « Vous aviez projeté de me faire du mal, mais par ce que vous avez fait, Dieu a projeté de faire du bien... » (Genèse 50:20) ? La doctrine de la souveraineté de Dieu veut dire que tout le mal qui est commit contre nous a été décidé par Dieu à venir dans nos vies dans un but qui est bon (Romains 8:28). Les souffrances de Job aux mains de Satan (avec la permission de Dieu – Job 1,2) ont eu pour résultat des louanges pour Dieu, des instructions pour Satan, et une leçon pour Job (Job 42:10-17). Quand un messager de Satan frappa Paul, ce fut pour produire de l’humilité et pour lui apprendre que la force de Dieu est démontrée dans nos faiblesses (2 Corinthiens 12:7-9). Derrière nos ennemis se tient un tendre Dieu, Qui apporte peines et souffrances dans nos vies pour notre bien et SA gloire.

(4) Considérez attentivement le sujet de soumission. Normalement, nous trouvons que quand les autres nous maltraitent, nous nous battons avec notre honneur offensé, et nous sommes blessés car nos droits ont été violés. Le pardon trouve son origine dans une attitude de serviteur.

« Ne faites donc rien par esprit de rivalité, ou par un vain désir de vous mettre en avant; au contraire, par humilité, considérez les autres comme plus importants que vous-mêmes;

    et que chacun regarde, non ses propres qualités[c], mais celles des autres.

    Tendez à vivre ainsi entre vous, car c'est ce qui convient quand on est uni à Jésus-Christ.

    Lui qui, dès l'origine,
      était de condition divine,
      ne chercha pas à profiter
      de l'égalité avec Dieu,

    mais il s'est dépouillé lui-même,
      et il a pris
      la condition du serviteur.
      Il se rendit semblable
      aux hommes en tous points,
      et tout en lui montrait
      qu'il était bien un homme.

    Il s'abaissa lui-même
      en devenant obéissant,
      jusqu'à subir la mort,
      oui, la mort sur la croix. » (Philippiens 2:3-8)

L’exemple suprême d’humilité est notre Seigneur LUI-MEME. IL a mis de coté SES droits et prérogatives pour être rejeté par les hommes et pendu (bien qu’innocent) sur une croix cruelle. Soumission pour notre Seigneur était synonyme de souffrance et déshonneur pour le bien des autres. Pardonner n’est pas aussi difficile pour les humbles qu’il ne l’est pour les arrogants. Si notre Sauveur, pur et innocent, fut d’accord pour mourir sur la croix pour les pécheurs, est-il trop exigeant de SA part de nous demander de sacrifier nos propres intérêts pour ceux des autres ?

« Serviteurs, soumettez-vous à votre maître avec tout le respect qui lui est dû, non seulement s'il est bon et bienveillant, mais aussi s'il est dur.

   En effet, c'est un privilège que de supporter des souffrances imméritées, par motif de conscience envers Dieu.

   Quelle gloire y a-t-il, en effet, à endurer un châtiment pour avoir commis une faute? Mais si vous endurez la souffrance tout en ayant fait le bien, c'est là un privilège devant Dieu.

   C'est à cela que Dieu vous a appelés, car le Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, pour que vous suiviez ses traces.

   Il n'a commis aucun péché, ses lèvres n'ont jamais prononcé de mensonge.

   Injurié, il ne ripostait pas par l'injure. Quand on le faisait souffrir, il ne formulait aucune menace, mais remettait sa cause entre les mains du juste Juge.

   Il a pris nos péchés sur lui et les a portés dans son corps, sur la croix, afin qu'étant morts pour le péché, nous menions une vie juste. Oui, c'est par ses blessures que vous avez été guéris.

   Car vous étiez comme des brebis errantes mais, à présent, vous êtes retournés vers le berger qui veille sur vous. » (1 Pierre 2:18-25)

(5) Méditez sur les caractéristiques de l’amour biblique. Ce n’est pas un sentiment émotionnel, mais une décision de volonté. Ses signes distinctifs sont décrits par Paul pour que nous puissions les contempler :

« L'amour est patient, il est plein de bonté, l'amour. Il n'est pas envieux, il ne cherche pas à se faire valoir, il ne s'enfle pas d'orgueil.

    Il ne fait rien d'inconvenant. Il ne cherche pas son propre intérêt, il ne s'aigrit pas contre les autres, il ne trame pas le mal.

    L'injustice l'attriste, la vérité le réjouit.

    En toute occasion, il pardonne, il fait confiance, il espère, il persévère. » (1 Corinthiens 13:4-7)

Avez-vous trouvé le pardon de vos péchés dans le travail de Jésus Christ sur la croix au Calvaire ? Jésus Christ, le Fils pur de Dieu, est venu sur la terre et a prit sur LUI les péchés des hommes et le rejet de Dieu. IL est devenu un pécheur pour nous (2 Corinthiens 5:21) et en souffrit ses conséquences douloureuses. Vous pouvez trouver le pardon de vos péchés en croyant que Jésus Christ mourut à votre place et en portant vos péchés sur la croix.

Mes amis Chrétiens, ressentez-vous de la colère et de l’amertume à cause de péchés que les autres ont commit contre vous ? Je prie que vous trouviez la liberté de pardonner que Joseph a connu et qui lui permit de se réconcilier avec ses frères et de leur prêcher pour son propre bien, le bien de ses frères, et la gloire de Dieu.


80 Margaret Johnston Hess, “What To Do With Your Anger,” Eternity, April, 1972, p. 15.

81 Ibid., p. 14.

82 Robert C. Larson with Neil C. Warren, “You Can Be Angry and Still Be Good,” Moody Monthly, December, 1974, p. 51.

83 Leon J. Saul, The Hostile Mind (New York: Random, 1956), p. 14, as quoted by David W. Augsburger, The Freedom of Forgiveness: 70 X 7 (Chicago: Moody Press, 1970), p. 59.

84 Sometimes anger is called for, as is expressed by this passage from The Temptation to be Good by A. Powell Davies (p. 119):

85 See Lesson 44.

86 George Bush, Notes on Genesis (reprint ea.; Minneapolis: James Family Christian Publishers, 1979), II, p. 335. Bush goes on to add, “Yet for our humiliation let us remember that the nature of sin is not altered by the use that God makes of it. Poison does not cease to be poison, because it may enter into the composition of healing medicines.” Ibid.

87 “The phrase a father to Pharaoh, a recognized title of viziers and high officials, J. Vergote interprets as virtually ‘king’s adviser’ (p. 114f.).” Derek Kidner, Genesis: An Introduction and Commentary (Chicago: Inter-Varsity Press, 1967), p. 207.

88 “It is believed that in these days the Egyptian court was held in Zoan or Tanis, perhaps twenty or twenty-five miles directly north of Goshen.” H. C. Leupold, Exposition of Genesis (Grand Rapids: Baker Book House, 1942), II, p. 1095.

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