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12. L’Appel d’Abram (Genèse 11:31–19:9)

Introduction

Le chapitre 12 commence une nouvelle division dans le Live de Genèse. Les 11 premiers chapitres ont souvent été appelés « l’histoire primordiale ». Les derniers chapitres sont connus sous le nom de « l’histoire patriarcale ». Pendant que l’effet des péchés de l’homme était devenu de plus en plus répandu, l’accomplissement de la promesse de Dieu dans Genèse 3:15 est devenu plus sélectif. Le Rédempteur devait venir de la semence de la femme (Genèse 3:15), puis des descendants de Seth, puis de Noé, et maintenant d’Abraham (Genèse 12:2-3).

Théologiquement, le chapitre 12 de Genèse est un des passages clefs du Vieux Testament, car il contient ce qui a été appelé l’Alliance avec Abraham. Cette alliance est le fil qui tient ensemble le reste du Vieux Testament. Il est très important pour une compréhension correcte de la prophétie de la Bible.

Dans le chapitre 12 de Genèse, nous ne venons pas seulement à une nouvelle division et à une nouvelle Alliance théologique, mais en plus, nous rencontrons un grand homme vertueux – Abraham. Presque un quart du Livre de Genèse est dévoué à la vie de cet homme. Plus de 40 références dans le Vieux Testament sont faites d’Abraham. Il est intéressant de remarquer que l’Islam ne tient Abraham que second en importance juste après Mohammed, avec le Koran référant 188 fois à Abraham.128

Le Nouveau Testament ne diminue pas du tout l’importance de la vie et du caractère d’Abraham. Il y a presque 75 références à lui dans le Nouveau Testament. Paul a choisi Abraham comme le meilleur exemple d’un homme qui est justifié devant Dieu par sa foi séparément de ses actions (Romains 4). Jacques fait allusion à Abraham comme un homme qui démontre sa foi aux hommes par ses actions (Jacques 2:21-23). L’auteur d’Hébreux indique qu’il était l’illustration d’un homme qui vivait par sa foi, lui dévouant plus de place qu’à n’importe quel autre individu dans le chapitre 11 (Hébreux 11:8-19). Dans le chapitre 3 de Galates, Abraham écrivit que les chrétiens sont les « fils d’Abraham » par la foi, et donc, héritiers légitimes des bénédictions qui lui ont été promises (Galates 3 :7,9).

Les Circonstances Environnant l’Appel d’Abram (Josué 24:2-3 ; Actes 7:2-5)

Moïse ne nous a pas donné tout l’arrière plan nécessaire pour comprendre correctement la signification de l’appel d’Abraham, mais cela a été enregistré pour nous dans la Bible. Etienne nous dit clairement quand Abram a été appelé pour la première fois. Ce n’était pas à Harân, comme une lecture désinvolte de Genèse 12 pourrait nous le faire croire, mais à Ur. Quand Etienne se tenait devant ces frères juifs incrédules, il raconta l’histoire du peuple choisi de Dieu, commençant avec l’appel d’Abraham :

« Etienne dit alors:
   ---Chers frères et pères de cette nation, écoutez-moi: le Dieu glorieux apparut jadis à notre ancêtre Abraham, quand il vivait encore en Mésopotamie, avant de s'établir à Harân,

    et il lui dit: Quitte ton pays et ta parenté, et va dans le pays que je te montrerai. » (Actes 7:2-3)

Pendant que pas tous les étudiants de la Bible sont d’accord sur la location d’Ur129, la plupart agrée que c’est l’Ur du Sud de la Mésopotamie, sur ce qui était la côte du Golfe Persique. Le site de la grande ville a été découvert pour la première fois en 1854, et a été excavée depuis ce temps là, révélant beaucoup de choses à propos de la vie du temps d’Abram.130 Bien que la période à laquelle Abram vécut à Ur puisse être un sujet de discussion, nous pouvons dire avec certitude qu’Ur pouvait se vanter d’être une civilisation hautement développée. Il y a plein d’évidence de richesse élaborée, d’ouvriers qualifiés et de science et technologie avancée.131 Tout cela nous dit quelque chose de la ville qu’Abram avait reçu l’ordre de quitter. Dans les mots de Vos,

« Sans se soucier de quand Abraham a quitté Ur, il a tourné son dos à une grande ville, partant par la foi pour un pays dont il savait peu ou rien et qui ne pourrait lui offrir que peu de choses en ce qui concerne le point de vue matériel.132 »

Si la ville dont Abram a été ordonné de quitter était magnifique, la maison qu’il a laissée semble avoir été moins que pieuse. J’aurai supposé que Térah était un homme respectant Dieu, qui a élevé son fils, Abram, à croire en un seul Dieu, contrairement aux gens de son temps, mais cela n’était pas le cas. Josué nous donne des détails utiles sur le caractère de Térah dans sa déclaration d’adieu à la fin de sa vie:

« Alors Josué dit à tout le peuple:
   ---Voici ce que déclare l'Eternel, le Dieu d'Israël: Il y a bien longtemps, vos ancêtres, en particulier Térah, le père d'Abraham et de Nahor, ont habité de l'autre côté de l'Euphrate et ils rendaient un culte à d'autres dieux. » (Josué 24:2)

Alors, nous pouvons dire que Térah était un idolâtre, comme le reste des gens de ce temps. Ce n’est pas surprenant que Dieu ait commandé à Abram de quitter la maison de son père. (Genèse 12:1)

L’âge d’Abram n’est pas non plus un facteur en faveur de quitter Ur pour un pays quelconque. Moïse nous dit qu’Abram avait 75 ans quand il est entré dans le pays de Canaan. Pensez ! Abram aurait du être à la retraite depuis plus de 10 ans. Le moment de la « crise de la cinquantaine » était déjà passé pour lui. Plutôt que de penser à un nouveau pays et une vie nouvelle, la plupart d’entre nous auraient pensés en termes de rocking chair et d’une maison de retraite.

Nous ne sommes pas enclins à être impressionnés par l’âge d’Abram à cause de la longévité de la vie des hommes de l’ancien temps, mais le chapitre 11 de Genèse nous informe que la longévité de l’homme était bien plus longue dans les temps d’avant, que celle des jours d’Abram. Abram est mort à l’âge de 175 ans (25:7-8), bien plus court que Sem (11:10-11) ou Arpakchad (11:12-13). Un des buts de la généalogie du chapitre 11 est de nous informer que les hommes vivaient des vies plus courtes, et étaient plus jeunes quand ils avaient des enfants. Abram, dans notre dialecte, « n’était pas un poulet de l’année » quand il est parti d’Harân pour Canaan.

Tout cela devrait nous rappeler les objections et les obstacles qui ont du être dans l’esprit d’Abram quand l’appel de Dieu est venu. Il a quitté Harân, pas parce que c’était la chose la plus facile à faire, mais parce que Dieu avait l’intention de lui faire faire ça. Cela étant dit, je ne tiens pas non plus à glorifier la foi d’Abram, car comme nous verrons, elle était initialement très faible. Les obstacles étaient largement surmonter par l’initiative de Dieu au début de la vie d’Abram. Cela reste à être prouvé.

L’ordre de Dieu

L’appel d’Abram est enregistré pour nous dans Genèse 12:1 :

« L'Eternel dit à Abram:
   ---Va, quitte ton pays, ta famille et la maison de ton père pour te rendre dans le pays que je t'indiquerai. »

Une meilleure interprétation de la première phrase de cet appel est trouvée dans la version King James et dans la Nouvelle Version Internationale, dans lesquelles on peut lire, « le Seigneur eût dit à Abram, … »

La différence est importante. Sans elle, nous sommes enclins à penser que l’appel d’Abram est venu à Harân, plutôt qu’à Ur. Mais nous savons par les paroles d’Etienne que l’appel est venu à Abram à Ur (Actes 7:2). Le temps plus-que-parfait (eût dit) est à la fois grammaticalement légitime et exégétiquement nécessaire. Il nous dit que les versets 27-32 du chapitre 11 sont entre parenthèses133 et pas forcément dans l’ordre chronologique.

L’ordre de Dieu à Abram était en conjonction avec une apparition de Dieu.134 Bien que Moïse n’ait mentionné qu’une seule apparition de Dieu après qu’Abram fut dans le pays (12:7), Etienne nous informe que Dieu est apparu à Abram pendant qu’il était à Ur (Actes 7:2). Malgré toutes les objections qui pourraient être soulevées par Abram, une telle apparition n’était pas insolite. Dieu est aussi apparut à Moïse quand il a reçu l’appel (Exode 3:2).

Dans un sens, l’ordre de Dieu à Abram était très spécifique. Dieu a dit précisément à Abram ce qu’il devait laisser derrière lui. Il doit laisser son pays, sa famille et la maison de son père. Dieu allait construire une nation nouvelle, pas simplement modifier une qui existait déjà. Peu de la culture, religion ou philosophie du peuple d’Ur devrait faire partie du plan que Dieu avait pour Son peuple, Israël.

D’un autre coté, l’ordre de Dieu était délibérement vague. Pendant que ce qui devait être laisse derrière était clair comme du cristal, ce qui était devant lui était douloureusement dépourvu de détails : « … pour te rendre dans le pays que je t'indiquerai. »

Abram ne savait même pas où il devait s’installer. Comme l’auteur d’Hébreux nous dit,

« Il est parti sans savoir où il allait. » (Hébreux 11:8)

La foi à laquelle nous sommes appelés n’est pas une foi en un plan, mais une foi en une personne. Bien plus important qu’ il était, Dieu était intéressé par à qui IL faisait confiance. Dieu n’est pas autant intéressé par la géographie que par la dévotion.

La relation entre l’ordre de Dieu à Abram dans le verset 1 et l’incident à Babel dans le chapitre 11 ne devrait pas être négligé. A Babel les hommes ont choisi d’ignorer l’ordre de Dieu de se disperser et de peupler la terre. Ils se sont efforcés à trouver la sécurité et le renom en se liguant ensemble et en construisant une grande ville (11:3-4). Ils ont recherché les bienfaits dans le produit de leurs travaux, plutôt que dans la promesse de Dieu.

Le commandement de Dieu à Abram est, en fait, le contraire de ce que l’homme a essayé de faire à Babel. Abram était tranquille et confortable à Ur, une grande ville. Dieu l’a appelé à quitter cette ville et à échanger son pavillon pour une tente. Dieu lui a promis un nom fameux (ce que le peuple de Babel recherchait, 11:4) comme résultat pour quitter Ur, laissant la sécurité de sa famille et en Lui faisant confiance. Les chemins de l’homme sont si différents de ceux de Dieu !

L’Alliance Avec Abram

Techniquement l’alliance avec Abram n’est pas trouvée dans le chapitre 12, mais dans le chapitre 15 (verset 18) et 17 (versets 2,4,7,9,10,11,13,14,19,21) où le mot « alliance » apparaît. C’est là que les détails particuliers sont épelés. Ici, dans le chapitre 12, les grandes lignes sont introduites.

3 promesses majeures sont comprises dans les versets 2 et 3 : un pays ; une semence ; et une bénédiction. Le pays, comme nous l’avons déjà dit, est impliqué dans le verset 1. A l’époque de l’appel, Abram ne savait pas où ce pays était. A Sichem, Dieu a promit de donner « ce pays » à Abram (12:7). Cela n’a pas été avant le chapitre 15 qu’une complète description du pays a été donnée :

« Ce jour-là, l'Eternel fit alliance avec Abram et lui dit:
   ---Je promets de donner à ta descendance tout ce pays, depuis le fleuve d'Egypte jusqu'au grand fleuve, l'Euphrate, » (Genèse 15:18)

Le pays n’a jamais appartenu à Abram durant sa vie, même si Dieu a dit (15:13-16). Quand Sara mourut, Abram a du acheter une portion de terre pour ses funérailles (23:3). Ceux qui ont lu en premier le Livre de Genèse allaient prendre possession du pays qui avait été promit à Abram. Quel frisson cela a dû être pour le peuple du temps de Moïse de lire la promesse et de réaliser que le temps de la possession était arrivé !

La deuxième promesse de l’Alliance avec Abraham était celle d’une grande nation provenant d’Abram. Nous avons déjà mentionné la signification de Psaume 127 en relation des efforts de l’homme à Babel. Les bienfaits véritables ne proviennent pas de la peine et des heures angoissantes de travail, mais du fruit de l’intimité, à savoir des enfants. La bénédiction d’Abraham était largement vue dans ses descendants. Ici était la fondation pour le « grand nom » que Dieu donnerait à Abram.

La promesse demandait de la foi de la part d’Abram, car il était évident qu’il était déjà agé, et que Sarai, sa femme, était incapable d’avoir des enfants (11:30). Beaucoup d’années passeraient avant qu’Abram comprenne totalement que son héritier, que Dieu lui avait promit, viendrait de son union avec Sarai.

La promesse finale était celle d’une bénédiction – bénédiction pour lui, et bénédiction par lui. Une grande partie de la bénédiction d’Abram devait venir sous la forme de ses descendants, mais il y avait aussi la bénédiction qui viendrait sous la forme du Messie, qui apporterait le salût au peuple de Dieu. C’est de cet espoir que notre Seigneur a parlé,

« Abraham votre père a exulté de joie, rien qu'à la pensée de voir mon jour. Il l'a vu et en a été transporté de joie. » (Jean 8:56)

Au-delà de ceci, Abram était destiné à devenir une bénédiction à tous les hommes de tous les pays. Le bienfait viendrait par Abraham de façons différentes. Ceux qui reconnaissent la main de Dieu en Abram et ses descendants seraient bénis par contact avec eux. Le Pharaon par exemple, a été bénit en élevant Joseph. Les hommes de tous les pays seront bénis par les Ecritures Saintes qui, dans une large mesure, sont venues par le moyen du peuple du peuple juif. Et finalement, le monde entier a été bénit par la venue du Messie, qui est venu pour sauver les hommes de toutes les nations, pas seulement les Juifs :

« Comprenez-le donc: seuls ceux qui placent leur confiance en Dieu sont les fils d'Abraham.

   De plus, l'Ecriture prévoyait que Dieu déclarerait les non-Juifs justes s'ils avaient la foi. C'est pourquoi elle a annoncé par avance cette bonne nouvelle à Abraham: Tu seras une source de bénédictions pour toutes les nations.

  Ainsi, tous ceux qui font confiance à Dieu, comme Abraham lui a fait confiance, ont part à la bénédiction avec lui.  » (Galates 3:7-9)

La Soumission d’Abraham (11:31-32, 12:4-9)

Je suis beaucoup disturbé par l’embellissement des héros, spécialement par les Chrétiens. Les géants de la foi semblent être des caractères de bon aloi, parfaits, avec une discipline de robot, et une foi à toute épreuve. Je ne trouve aucune personne comme ça dans la Bible. Les héros de la Bible sont des hommes « tous semblables à nous », (Jacques 5:17) avec des pieds d’argile. C’est le genre de héros que j’aime. Je peux m’identifier avec des hommes et femmes comme ceux là. Et, encore plus important, je peux trouver de l’espoir pour une personne comme moi. C’est avec peu de surprises que les hommes comme Pierre et Paul soient nos héros, car nous pouvons nous voir en eux.

Abram était un homme comme vous et moi. Le récit de Moïse des premiers pas de foi d’Abram rend évident que beaucoup laissait à désirer, et à être développé en lui. Dieu l’a appelé à Ur, mais Abram n’a pas quitté la maison de son père ou sa famille. Maintenant Abram a quitté Ur et est allé à Harân, mais il me semble que ce n’est arrivé que parce ce que son païen de père a décidé de quitter Ur. Il y aurait très bien pu y avoir des facteurs politiques ou économiques qui auraient précipité ce déménagement, à part des considerations spirituelles.

Beaucoup des premiers mouvements d’Abram n’étaient ni résolus, ni pieux, mais plutôt étaient une réponse plus passive à des évènements extérieurs. Dieu, providentiellement, a guidé Térah à boucler ses valises à Ur et à aller vers Canaan (11:31). Pour quelques raisons que se soient, Térah et sa famille se sont arrêtés avant Canaan, et sont restés à Harân. Puisque Abram n’avait pas la volonté de quitter la maison de son père, Dieu a prit le père d’Abram par la mort (11:32). Maintenant Abram a obéit Dieu par la foi et est entré dans le pays de Canaan, mais seulement qu’après que Dieu ait prit des pas de préparation considérable.

Je dis qu’Abram a obéit Dieu par la foi, mais c’était un très petite foi, très tardive. Mais cela étant dit, cela contredit-il les paroles de l’Ecriture Sainte ? Est-ce inconsistent avec les paroles de l’auteur d’Hébreux ?

« Par la foi, *Abraham a obéi à l'appel de Dieu qui lui ordonnait de partir pour un pays qu'il devait recevoir plus tard en héritage. Il est parti sans savoir où il allait.  » (Hebreux 11:8)

Au moins deux choses doivent être dites en réponse à cette question. Premièrement, Hébreux 11 souligne la foi. L’auteur veut amplifier ici l’aspect positif de la christianité, pas ses échecs. Donc, les échecs ne sont pas mentionnés. Deuxièmement, consistant avec cette approche, l’auteur ne souligne pas le moment et la durée de son obéissance. Il écrit simplement, « …Abraham, quand il fut appelé, obéit en partant. » Rappelons-nous qu’Abram n’est pas allé à Canaan, comme Moïse est allé en Egypte, sans des pressions considérables de Dieu.

Nous ne devrions pas trouver ça décourageant, mais consistant avec notre propre répugnance à mettre notre futur en première ligne avec une foi active, agressive, et incontestable. Abraham était un homme de foi immense – après des années de mise à l’épreuve par Dieu. Mais quand Abram a été appelé, il était un homme de foi maigre ; Vraie mais maigre. Et si nous étions honnêtes avec nous-mêmes, c’est exactement là où la plupart d’entre nous sommes. Dans nos meilleurs moments, notre foi est vibrante et vitale, mais dans les moments d’épreuves, elle est faible et nous manque.

Une fois dans le pays de Canaan, le chemin prit par Abram est remarquable. Il devrait être tout d’abord dit que c’était la route qu’il aurait du prendre s’il allait dans cette direction. Un coup d’œil sur la carte de l’ancien monde des patriarches indiquerait qu’Abram a voyagé sur des routes battues de ces jours.135 Cette route était communément utilisée par ceux qui faisaient du commerce à cette époque.

Cela est, je crois, une observation pertinente, car beaucoup de Chrétiens semblent penser que le chemin de Dieu est un chemin bizarre et insolite. Ils n’attendent pas que Dieu les guide d’une façon normale. La leçon que nous avons peut-être besoin d’apprendre ici est cela : très souvent le chemin, que Dieu voudrait que l’on prenne, est celui que nous aurions choisi de toute façon. C’est seulement quand Dieu veut que nous quittions le chemin normal que nous devrions chercher des panneaux indicateurs spectaculaires et insolites.

Cassuto a suggéré que les endroits mentionnés (Sichem, Béthel  et le Néguev) sont importants. Il croit que le pays est divisé en trois régions : Une qui s’étend de la frontière Nord à Sichem, la deuxième de Sichem jusqu'à Béthel, et la troisième de Béthel à la frontière sud.136

Jacob, après son retour de Paddân-Aram, est arrivé en premier à Sichem (33:18). Plus tard, il a été ordonné d’aller à Béthel (35:1 ; verset 6). Aux deux endroits, Sichem et Béthel, il construisit des autels, comme Abram, son grand-père (33:20 ; 35:7).

Quand Israël est entré dans le pays de Canaan, pour s’en emparer sous Josué, ces même villes ont été capturées :

« Là-dessus, Josué les fit partir et ils allèrent se poster en embuscade entre Béthel et Aï, à l'ouest d'Aï... » (Josué 8:9)

« Alors Josué bâtit un autel à l'Eternel, le Dieu d'Israël, sur le mont Ebal. » (Josué 8:30)

Cassuto conclut que le voyage d’Abram sans le savoir esquissait le territoire qui un jour appartiendra à Israël, et dont les places où il s’arrêta, symboliquement, prévoit la future conquête du pays.137 Dans un autre commentaire, Cassuto ajoute le fait que ces endroits sont aussi des centres religieux de célébrations cananéennes.138 En effet les actions d’Abram de construire des autels et de proclamer le nom du Seigneur ont annoncé que le temps arriverait quand un vrai service religieux d’adoration remplacera la religion païenne des Cananéens. Bien que le sens exact de l’expression, « a fait appel au nom du Seigneur » n’est pas été connu, le service d’adoration est précisément décrit. Il est difficile de croire que l’action publique d’adoration d’Abram n’est pas été remarquée et étudiée avec un intérêt particulier par les Cananéens. Personnellement, je crois qu’il y a une sorte de fonction missionnaire qui doit être exécutée par Abram. Comme tel, cela aurait été une action résultant de la foi.

Conclusion : Caractéristiques de la Vie de Foi

De ces évènements arrivant à des périodes différentes du grandissement de la grâce d’Abram, plusieurs principes émergent qui décrit le chemin de la foi tout au long de nos vies personnelles.

(1) La foi d’Abram a commence à l’instigation de Dieu.

La souveraineté de Dieu dans le salût est illustrée magnifiquement dans l’appel d’Abram. Abram venait d’une famille païenne. A notre connaissance, il n’avait aucunes qualités spirituelles particulières qui auraient attiré Dieu à lui. Dieu, dans son élection gracieuse, a choisi Abram pour qu’il le suive, bien qu’il vivait sa propre vie. Abram, tout comme Paul et les vrais croyants de tous les âges, reconnaîtrait que c’était Dieu Qui l’a cherché et l’a sauvé, par la grâce divine.

(2) La vie spirituelle d’Abram continue à travers le travail souverain de Dieu.

Dieu n’est pas souverain que seulement dans le salût, mais souverain dans le processus de sanctification. Si la vie spirituelle d’Abram ne s’était reposée seulement que sur sa fidélité, l’histoire d’Abram aurait été très vite terminée. Ayant appelé Abram, ce fut Dieu Qui providentiellement l’a amené à quitter sa famille et son pays et à aller au pays de Dieu. Dieu merci, nos vies spirituelles ne dépendent finalement que de Sa fidélité, pas la nôtre.

(3) Le parcours du Chrétien est un pèlerinage.

Abraham a vecut comme un pelerin, cherchant la ville de Dieu :

« Par la foi, il a séjourné en étranger dans le pays qui lui avait été promis, vivant sous des tentes, de même que *Isaac et *Jacob qui sont héritiers avec lui de la même promesse.

   Car il attendait la cité aux fondements inébranlables dont Dieu lui-même est l'architecte et le constructeur. » (Hebreux 11:9-10)

Notre demeure permanente n’est pas trouvée dans ce monde, mais dans celui qui doit venir, dans la présence de notre Seigneur (Jean 14:1-3). C’est le message du Nouveau Testament (Ephésiens 2:19 ; 1 Pierre 1:17, 2:11).

La tente est donc le symbole du pelerin. Il n’investit pas beaucoup dans ce qui ne durera pas longtemps. Il n’ose pas devenir trop attache à ce qu’il ne pourra pas emmener avec lui. Dans cette vie, nous ne pouvons pas esperer de posseder ce qui repose dans le futur, mais seulement de le contempler.

La vie chretienne n’est pas savoir exactement ce que le futur apportera, mais savoir Celui a Qui le futur appartient.

(4) Le parcours du Chrétien est encré dans la crédibilité de la Parole de Dieu.

Quand vous réfléchissez à ça, Abram n’avait aucune preuves concrètes, tangibles qu’une vie remplie de bénédictions l’attendait, après Ur, loin de sa famille. Tout ce qu’il pouvait compter dessus était Dieu, Qui s’était révélé à lui.

A la fin, c’est tout ce que tout le monde peut avoir. Il y a, bien sur, des évidences pour la raison de la foi, mais le point est que nous devons simplement croire ce que Dieu nous a dit dans Sa Parole. Si Sa « Parole n’est pas vraie et sûre, alors nous, parmi tous les hommes, sommes les plus misérables. »

Mais n’est-ce pas assez ? Quoi de plus pouvons nous demander que la Parole de Dieu ? L’autre jour, j’ai entendu un prêtre le tourner sèchement. Il cita l’expression, « Dieu l’a dit. Je le crois. C’est comme ça. » Le prêtre dit que ça pouvait être dit d’une façon encore plus courte. « Dieu l’a dit, et c’est comme ça, que vous le croyez ou pas. » J’aime ça. La Parole de Dieu est assez pour la foi de l’homme.

Dieu a dit que tous les hommes sont des pécheurs, méritant de, et destinés à la punition éternelle. Dieu a envoyé Son Fils, Jésus Christ, Celui qu’Abram cherchait dans le futur, pour qu’Il meure sur la croix souffrant la pénalité du péché de l’homme. Lui seul, offrit la vertu nécessaire pour que l’homme accède à la vie éternelle. Dieu l’a dit. Le croyez-vous ?

(5) Le parcours du Chretien est simplement faire ce que Dieu nous a dit de faire et croire qu’IL nous guide quand nous le faisons.

Dieu a dit à Abram de partir sans savoir où le chemin de l’obéissance l’emmènerait, mais croyant que Dieu le guidait constamment. Ne croyez pas que Dieu vous montrera chaque tournant de la route avec un panneau. Faites ce que Dieu vous dit de faire de la façon la plus raisonnable. La foi n’est pas développée en vivant la vie comme en suivant une carte routière, mais en utilisant la Parole de Dieu, comme un compas, qui nous dirige dans la bonne direction, mais aussi qui nous défie d’avancer par foi et non pas vue.

Comme Abram est allé d’endroit à endroit, la volonté de Dieu a du sembler être une charade. Mais comme nous jetons un regard rétrospectif à ce voyage, nous pouvons voir que Dieu le guidait à chaque pas. Aucun arrêt le long de la route n’était sans importance ou sans raison. Tel sera le cas quand nous pourrons regarder en arrière sur nos vies avec l’avantage du temps.

(6) Le parcours du Chrétien est un procédé de grandir dans la grâce.

Nous lisons souvent l’histoire d’Abraham, l’homme de foi, supposant qu’il a toujours été ce genre d’homme. J’espère que notre étude de cette première période de sa vie indique autrement. Cela fait combien de temps que vous être Chrétiens, mes amis ? Un an ? Cinq ans ? Vingt ans ? Réalisez-vous que des années ont passé entre le temps où Abram a été appelé à Ur, jusqu'à ce qu’il soit entré dans le pays de Canaan ? Savez –vous qu’après qu’Abram entra dans le pays de Canaan, il s’est passé encore 25 ans avant qu’il ait eu son fils, Isaac ? Pouvez-vous réaliser le fait qu’après avoir quitté Harân pour Canaan, Dieu a influencé la vie d’Abram pendant cent ans ? La foi chrétienne grandit. Elle grandit avec le temps et avec les épreuves. Telle a été la vérité avec la vie d’Abram.139 Et tel est le cas de chaque croyant.

Que Dieu nous permette de grandir dans la grâce en parcourant le chemin qu’IL nous a ordonné, et comme nous continuons d’étudier la croissance de la foi d’Abram au cours des années.


128 S. Schultz, “Abraham,” The Zondervan Pictorial Encyclopedia of the Bible (Grand Rapids: Zondervan, 1975, 1976), I, p. 26.

129 Cyrus Gordon has suggested that the true Ur of Genesis 11:31 is to be found in northern Mesopotamia, probably northeast of Haran. Gordon’s view is discussed, but rejected by Howard F. Vos, Genesis and Archaeology (Chicago: Moody Press, 1963), pp. 63-64. Gordon’s view is held by Harold G. Stiflers, A Commentary on Genesis (Grand Rapids: Zondervan, 1976), pp. 133-134.

130 Cf. Vos, Genesis and Archaeology, pp. 58-64.

131 “The city of Ur on the lower Euphrates River was a large population center, and has yielded extensive information in the royal tombs which were excavated under the direction of Sir Leonard Wooley and the sponsorship of the British Museum and the museum of Pennsylvania University. Although no direct evidence of Abraham’s residence is available, it is significant that the city of Ur reflects a long history preceding Abraham’s time, possessing an elaborate system of writing, educational facilities, mathematical calculations, business and religious records, and art. This points to the fact that Ur may have been one of the largest and wealthiest cities in the Tigris-Euphrates area when Abraham emigrated northward to Haran.” Schultz, “Abraham,” ZPEB, I, p. 22.

132 Vos, p. 63.

133 “Although it may appear from a superficial reading of the account in Genesis (11:31-12:1) that God called Abraham while in Haran, thereby contradicting Stephen’s account that God called Abraham in Mesopotamia, before he lived in Haran, the two accounts can be harmonized by noting that Genesis 11:27-32 is a parenthetical account of Terah introduced by a waw disjunctive, and that Genesis 12:1, introduced by a waw consecutive, carries on the main narrative which was discontinued in Gen. 11:26.” Bruce Waltke, Unpublished Class Notes, Dallas Theological Seminary, pp. 14-15.

134 Cassuto, the great Jewish scholar disagrees. He said in his comments on Genesis 12:7,

135 Haran, for example, in Assyrian (harranu) meant ‘main road.’ Waltke, class notes, p. 14.

136 Cassuto, Genesis, II, p. 304.

137 “Now we can understand why the Torah stressed, in all their detail, Abram’s journeys on entering the land of Canaan, at first as far as Schechem, and subsequently up to Ai-Bethel. Scripture intended to present us here, through the symbolic conquest of Abram, with a kind of forecast of what would happen to his descendants later.” Cassuto, Genesis, II, pp. 305-306.

138 Ibid, p. 306.

139 “. . . Abram’s early history is partly that of his gradual disentanglement from country, kindred and father’s house, a process not completed until the end of chapter 13.” Derek Kidner, Genesis (Chicago: InterVarsity Press, 1967), p. 113.

“Abram’s life is a growth in faith developed under delayed fulfillment of divine promises. He is promised a seed and when that seed is delayed, he must somehow see meaning in that delay and learn faith in God. When he is promised a land, and when that land is not given, he must look beyond the promise to its Maker so that he may understand. When he is commanded to sacrifice Isaac, he must obey with a willing heart of love, yet somehow see through to balance the command with the promise of the seed of a nation and leave the outcome to God and to find in God all sufficiency. Through all of his experiences he must come to see God as the origin of all that will endure.” Stagers, Genesis, p . 135.