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38. Le Squelette dans le Placard de Juda (Genèse 38:1-30)

Introduction

Les interruptions dérangent souvent, mais sont quelque fois vitales. Il y a quelques années, un couple que ma femme et moi connaissions nous raconta une des ces occasions. La femme savait que son mari détestait être interrompu quand il était au milieu d’un projet. En conséquence, elle alla au garage dans lequel son mari travaillait joyeusement, s’installa dans un coin silencieusement, attendant le moment propice pour lui parler. Quand il eut finit ce qu’il faisait, il leva ses yeux et lui fit signe qu’il était maintenant permit d’engager la conversation. Ce que la femme dit le prit totalement par surprise. Calmement, elle déclara, « La maison est en feu ». Et c’était vrai, la maison était vraiment en feu !

Le chapitre 38 de Genèse est aussi une interruption, mais une qui est très importante. Dans le chapitre 37, notre attention était concentrée sur Joseph, qui fut cruellement vendu à l’esclavage, une chose un petit peu plus attrayante que d’être tuer. Le chapitre 38, donc, semble interrompre brusquement le cours de l’histoire. A cause de ça, certains intellectuels, d’une persuasion plus libérale, ont fait une grande injustice à ce chapitre. C’est comme si le livre que Moïse écrivait était devenu intolérablement ennuyeux, et ce chapitre est un genre de « double page » littéraire, épiçant l'immatériel avec l’immoral.

Rien ne pourrait être plus loin de la vérité. Ce chapitre est absolument essentiel au développement de l’histoire de ce Livre. Il arrive exprès, s’intégrant parfaitement dans le contexte. Pendant que le chapitre 37 expliqua comment Joseph (et la nation entière d’Israël) atterrit en Egypte plutôt qu’à Canaan, le chapitre 38 nous raconte pourquoi ce séjour en Egypte fut nécessaire. Il nous fournit une toile de fond contre laquelle la pureté de Joseph dans le chapitre 39 ressort encore plus clairement. Le chapitre 39 ainsi que les suivants décrivent le prix que Joseph a dû payer pour les péchés de ses frères. Le chapitre 38 suggère quelques conséquences du péché de la vente de Joseph dont Juda souffrit.

Il est vrai que ce chapitre pourrait être « Interdit au moins de 13 ans » à cause de l’immoralité qui est décrite.34 Et pourtant, quand vous lisez l’histoire attentivement, il y a beaucoup de chose qui ne soit pas dit qui aurait pu ajouter du « piment » au récit. Hollywood aurait beaucoup de retouches à faire avant qu’un film puisse être réalisé avec ce récit. Et bien que quelques actes immoraux soient relatés, il n’y a rien ici qui pourrait nous conduire à ressentir ces péchés personnellement.

Je suis spécialement impressionné avec le message de ce chapitre à cause de son applicabilité aux gens de Dieu d’aujourd’hui. Les mêmes forces qui étaient actives dans les jours de Juda, travaillent aujourd’hui. Les dangers décrits dans le chapitre 38 qui menaçaient l’accomplissement des desseins de Dieu pour Israël sont ceux-là même qui menacent d’entraver le programme de Dieu à travers SON église de nos jours. Et le même Dieu Qui alors, providentiellement, effacait les péchés des hommes pour amener la réalisation de SES desseins, est vivant et bien portant, et immuable aujourd’hui.

La Famille de Juda (38:1-11)

« A la même époque, Juda se sépara de ses frères et alla vivre chez un habitant d'Adoullam nommé Hira.

Il y fit la connaissance de la fille d'un Cananéen nommé Choua, il l'épousa et s'unit à elle.

Elle devint enceinte et lui donna un fils: il l'appela Er.

Elle devint encore enceinte et mit au monde un fils qu'elle appela Onân.

Elle eut encore un troisième fils qu'elle appela Chéla. Quand sa femme accoucha du troisième, Juda se trouvait à Kzib.

Juda prit pour Er, son premier-né, une femme nommée Tamar.

Jugeant Er mauvais, l'Eternel le fit mourir.

Alors Juda dit à Onân:
---Tu connais ton devoir de proche parent du défunt: épouse ta belle-sœur pour donner une descendance à ton frère.

Onân savait que les enfants qui naîtraient ne seraient pas pour lui. Chaque fois qu'il avait des rapports avec sa belle-sœur, il laissait tomber sa semence à terre pour éviter de donner une descendance à son frère.

Son comportement déplut à l'Eternel qui le fit aussi mourir.

Alors Juda dit à Tamar, sa belle-fille:
---Reste veuve dans la maison de ton père jusqu'à ce que mon fils Chéla soit devenu adulte.
Car il se disait:
---Il ne faut pas que celui-ci meure aussi comme ses frères.
Tamar retourna donc dans la maison de son père et y resta. » (Genèse 38:1-11)

La vente de Joseph ne fut que le « commencement des malheurs » pour son père, Israël. Directement sur les talons de ce péché découlent les évènements du chapitre 38. L’unité parmi les fils d’Israël ne fut jamais une force importante. La vente de Joseph n’était qu’une seule indication de ce fait, et même là, les frères ne marchaient pas à l’unisson. Mais maintenant Juda choisit de quitter ses frères et son père pour aller chercher ailleurs « de l’herbe plus verte », à savoir association et union avec les Cananéens.

Les problèmes de Juda commencèrent avec son association avec Hira, un Adoullamite. Les évènements de ce chapitre nous informe qu’Hira était un ami proche qui avait une mauvaise influence sur Juda. Là où Hira est mentionné, il y a des problèmes pour Juda. Pendant qu’il est à Adoullam avec Hira, Juda sort avec une certaine femme cananéenne dont le nom n’est jamais donné. Elle n’est référée que comme « la fille de Choua » (versets 2, 12). Je comprends d’après le stress mis sur le fait que Juda sort avec cette femme (« Il y fit la connaissance de la fille d'un Cananéen », verset 2) que son apparence physique a dû être la seule considération dans sa décision de l’épouser. Puisqu’il semble que ça a été influent dans la sélection d’une femme pour Jacob, nous ne devrions pas être surpris pas ça. C’était donc un choix purement physique. Aucunes considérations spirituelles n’ont été prises en compte.

Je ne pouvais pas m’empêcher de revoir le chapitre 34 où on nous dit que Sichem prit Dina. Il est dit de lui qu’il « la remarqua », il « l’enleva et coucha avec elle » (34:2). Il y a peu de différence entre ces mots et la description que nous avons dans le verset 2 du chapitre 38. Juda « fit la connaissance de cette femme », « l’épousa », et « s’unit à elle ». Seule la dernière expression est différente, mais toutes les deux décrivent une union physique. L’action qui rendit furieux les fils d’Israël au point de massacrer tous les hommes de la ville ressemble de très près à celle de Juda prenant une épouse.

Trois fils naquirent de l’union de Juda à une femme cananéenne : Er, Onân, et Chéla. Pour le premier fils, Tamar fut acquise pour épouse. Cependant, Er était si mauvais que Dieu le fit mourir. Ses péchés ne sont pas détaillés, car ils n’ont pas d’importance à ce point. Onân fut alors obligé de marier Tamar, d’avoir et d’élever des enfants pour son frère. Puisque la position de chef de famille (le droit d’aînesse) allait normalement au premier-né, c’était une action nécessaire.

Nous pouvons être un peu surpris par cette référence à ce qui est connu plus tard comme « le lévirat ». Des siècles plus tard, Moïse ordonna qu’il soit enregistré dans le Livre de Deutéronome :

« ---Si deux frères demeurent ensemble et que l'un d'eux vienne à mourir sans laisser d'enfant, sa veuve ne se remariera pas en dehors de la famille; son beau-frère l'épousera pour accomplir son devoir de beau-frère envers elle.

Le premier fils qu'elle mettra au monde perpétuera le nom du frère défunt pour que ce nom ne s'éteigne pas en Israël.

Si cet homme n'a pas envie d'épouser sa belle-sœur, elle se rendra à la porte de la ville vers les responsables et leur dira: «Mon beau-frère refuse de perpétuer le nom de son frère en Israël, il ne veut pas remplir son devoir de beau-frère.»

Alors les responsables de la ville le convoqueront et lui parleront. S'il persiste dans son refus d'épouser sa belle-sœur,

celle-ci s'approchera de lui en présence des responsables, elle lui ôtera sa sandale et lui crachera au visage; puis elle déclarera à haute voix: «Voilà comment doit être traité l'homme qui ne veut pas constituer une famille pour son frère!»

Dès lors, on surnommera la famille de cet homme en Israël «la famille du Déchaussé». »

Un tel mariage n’a pas son origine avec la Loi de Dieu donnée par Moïse. C’était une pratique commune au Proche-Orient depuis des siècles. Cela sert pour un coté pratique, pour assurer la continuation du nom de famille. Pour cette raison, ça a été ordonné dans la Loi de Moïse. De plus en plus, je réalise le fait que la Loi de Moïse n’a pas nécessairement initié des principes et préceptes entièrement nouveaux, mais a simplement ratifié beaucoup de ceux qui existaient déjà (35:2 ; 14:20 ; 28:22).

Onân savait que les enfants de son union avec Tamar favoriserait la cause de son frère défunt plutôt que la sienne. En conséquence, il ne voulait pas d’enfants avec elle. Pour empêcher Tamar de concevoir, Onân « laissa tomber sa semence à terre » (verset 9). Un tel acte était pratiqué régulièrement, mais Dieu le fit aussi mourir pour sa perversité.

Beaucoup de gens ont essayé d’utiliser ce passage pour interdire toutes méthodes de contraception. A cause des fortes implications émotionnelles et morales impliquées ici, nous devons faire attention à ce qui est appelé mauvais. Je crois qu’Onân fut condamné pour trois raisons. Premièrement, la conduite sexuelle d’Onân était « contraire à la nature ». Pendant que Paul parlait d’homosexualité et peut-être d’autres perversions dans Romains 1:26-27, ce qui était pratiqué par Onân était aussi contre nature. Il serait difficile, à mon avis, de parler des actions d’Onân comme “naturelles”.

Deuxièmement, Onân était désobéissant dans ses actions. Sa société au moins ordonnait d’avoir des enfants avec la veuve d’un frère au nom du frère, et son père le lui avait directement ordonné (verset 8). Cela nous conduit à déduire de cette histoire, que Juda n’a jamais su pourquoi des enfants n’avaient pas été conçus, car seule Tamar connaissait la cause. De la perspective préconçue de Juda, ça devait être Tamar la responsable, et c’est cette raison qui le poussa à retenir son dernier fils.

Troisièmement, Onân a péché car sa motivation était mauvaise. Non seulement il pécha contre son père et Tamar, mais il pécha primordialement contre son frère défunt. Onân mit son intérêt personnel au-dessus du fait que son frère ne pouvait pas continuer la lignée de la famille. En gros, l’action d’Onân était le résultat d’intérêt personnel aux dépends des autres. Tout comme les frères de Joseph n’avaient aucun « amour fraternel », ce fils de Juda n’en avait pas du tout.35 Dans ce sens, il était sûrement un « fils de son père ».

Personnellement, je pense que nous faisons injustice au texte si nous concluons, basé sur ce passage, que toutes formes of contraception sont des péchés. N’importe quelle forme de contraception aurait été mauvaise pour Onân, mais cela ne veut pas dire que toutes sont mauvaises pour nous, car nous n’avons pas été ordonnés de faire ce qu’il devait faire. La contraception (ou n’importe quelles actions) est mauvaise si elle est motivée par un intérêt personnel et si c’est clairement un acte de désobéissance. « Tout ce qui ne découle pas de la foi est péché. » (Romains 14:23) doit être un standard par lequel nous mesurons toutes nos actions. Beaucoup, j’ai bien peur, empêche la conception d’enfants pour de simples raisons égoïstes. Certains pratiquent la contraception à cause d’un manque de foi, doutant que Dieu fournira le nécessaire matériel et émotionnel. Puisque « oui, des enfants sont une récompense. » (Psaume 127:3), je crois que chacun devrait considérer avec attention les vraies raisons pour la contraception, mais je ne peux pas aller plus loin, disant que c’est toujours mauvais. Il pourrait y avoir des raisons de santé, par exemple, qui demanderaient que des mesures devraient être prises pour empêcher la conception. L’avortement, bien sûr, est un sujet complètement différent.

Une fois qu’Onân fut mort, Juda devint très réticent à donner son fils cadet (et le dernier) à Tamar. Il ne lui est jamais venu à l’idée que c’étaient ses fils qui étaient le problème, pas Tamar. Chéla était probablement trop jeune au début pour assumer le rôle de mari et père, mais plus qu'assez de temps s'est écoulé pour résoudre le problème. Finalement, Tamar fut convaincu que Juda n’avait aucune intention de lui donner Chéla. Si elle allait devoir avoir des enfants pour continuer la lignée de famille, elle allait devoir forcer la chose, elle conclut.

La Fornication de Juda (38:12-19)

« Bien longtemps après cela, la fille de Choua, femme de Juda, mourut. Quand les jours de deuil furent passés pour Juda, il monta avec son ami Hira l'Adoullamite à Timna, pour la tonte de ses moutons.

Quelqu'un en informa Tamar en lui disant:
---Voici, ton beau-père monte à Timna pour la tonte de ses moutons.

Alors elle ôta ses habits de veuve, se couvrit le visage d'un voile et, ainsi déguisée, s'assit au carrefour d'Enaïm, sur la route de Timna; car elle voyait bien que Chéla était devenu adulte sans qu'on le lui ait donné pour mari.

Juda aperçut cette femme et la prit pour une *prostituée, car elle avait le visage voilé.

Il s'approcha d'elle au bord du chemin et lui dit:
---Permets-moi d'aller avec toi!
Car il n'avait pas reconnu sa belle-fille. Elle répondit:
---Que me donneras-tu pour venir avec moi?

---Je te ferai apporter un chevreau du troupeau, lui dit-il.
---D'accord, répondit-elle, à condition que tu me donnes un gage jusqu'à ce que tu l'envoies.

---Quel gage veux-tu que je te donne?
---Ton *cachet, le cordon qui le tient et le bâton que tu as en main.
Il les lui remit et s'unit à elle, et elle devint enceinte.

Elle se leva et partit; elle ôta son voile et remit ses habits de veuve. » (Genèse 38:12-19)

Après une considérable période, deux évènements survinrent qui établirent la scène pour que Juda s’éloigne encore plus de la foi de ses pères. Juda avait déjà quitté ses frères et formé une alliance avec Hira. Il avait marié une Cananéenne et eut trois enfants, deux si mauvais que Dieu avait dû les enlever. Quand son heure arriva, la femme cananéenne de Juda, dont le nom ne fut jamais mentionné, mourut. Dans une société orientée vers la sensualité et sexuellement pervertie,36 cela mit Juda dans une position vulnérable. Mais bien que Tamar était officiellement regardée comme la femme de Chéla, le mariage ne fut jamais consommé, car Juda n’avait jamais donné Chéla à Tamar.

Juda, avec son compagnon peu recommandable Hira, alla à Timna pour tondre les moutons. Cette nouvelle atteignit Tamar et lui signala qu’il était temps pour elle d’entrer en jeu pour fournir un fils et assurer la continuation du nom de son premier mari. Dans sa société, non seulement les jeunes frères pouvaient continuer la lignée familiale, mais le beau-père, Juda, pouvait aussi.37 Puisque Juda ne voulait risquer de perdre son dernier fils vivant, Tamar décida de forcer les choses, en devenant enceinte par Juda. Juda était dans le tort en retenant Chéla, mais de même était Tamar en prenant les choses en main.

A mon avis, Tamar n’avait pas beaucoup de chances d’échouer en faisant ce qu’elle essayait de faire à la porte d’Enaïm.38 L’atmosphère morale de la tonte annuelle des moutons pourrait être mieux comprise, comparée à une pub de télévision d’aujourd’hui. Visualisez un groupe de bergers assoiffés finissant une semaine épuisante, très chaude parmi les moutons, quittant les champs après avoir fini la besogne annuelle. Soudainement, un appela un autre, « C’est l’heure d’une bière ! » Avec une fille accrochée à un bras et une bonne bouteille sous l’autre, la célébration commença. Tamar savait parfaitement bien que c’était ce genre de chose qui se passait pendant la saison de la tonte.39

Non seulement connaissait-elle les hommes en général, mais elle connaissait très bien Juda. La pureté morale ne semblait pas être une de ses vertus. Il n’y a aucun doute que cela n’était pas la première rencontre de Juda avec une prostituée. Il ne démontrait pas la naïveté de quelqu’un qui est nouveau à ce genre de chose. Il s’occupa des arrangements comme un pro qui connaît les règles du jeu. Tamar était convaincue que si elle pouvait seulement ressembler à une prostituée, Juda s’occuperait du reste et le but de Tamar serait réalisé.

Avec tout le savoir-faire d’un pro de la bagatelle, Juda négociât des termes acceptables pour les deux camps. C’était probablement pratiques communes de demander un genre de gage, puisque peu pouvait être fait pour forcer le « client » à payer après la chose. Juda ne fut donc pas surpris par l’insistance de Tamar que quelques garanties lui soient données. Tamar n’était pas intéressée par un paiement. Elle voulait seulement devenir enceinte par Juda. Mais le gage qui lui fut donné servira plus tard à prouver que Juda était le père du bébé qui avait été conçu de cette union.

Un sceau, un cordon et un bâton n’étaient pas des choses achetées au bazar. Chacun d’entre eux avait des caractéristiques distinctives qui étaient particulière à leurs propriétaires. Le sceau était l’ancien cylindre utilisé pour faire des contrats. C’était la contrepartie de notre carte Mastercard d’aujourd’hui. Le sceau cylindrique avait un dessin unique que son propriétaire avait carvé. Quand un contrat était fait, de la cire chaude était placée sur le document et le sceau était roulé dessus, laissant une impression du propriétaire du sceau. Le sceau de Juda était unique, comme l’étaient ceux d’autres personnes.40 Il reconnaîtrait donc immédiatement le sien. C’était la même chose pour le bâton. La possession de ces choses donna Tamar la preuve de l’identité du père de son enfant quand il naîtrait.

La Stupidité de Juda (38:20-26)

Quand l’affaire fut faite, Juda et Tamar s’en allèrent de leurs chemins. Juda ne connut jamais l’identité de cette « prostituée », et Tamar retourna à sa routine habituelle, vivant comme une veuve dans la maison de son père. Normalement une telle affaire aurait été rapidement oubliée, mais plusieurs évènements arrivèrent qui firent de cet interlude immoral un cauchemar que Juda n’arrivera jamais à sortir de sa tête.

« Juda chargea son ami l'Adoullamite d'apporter le chevreau à cette femme et de retirer les gages qu'il lui avait donnés. Mais celle-ci resta introuvable.

Hira interrogea les hommes de l'endroit:
---Où est cette *prostituée sacrée[c] qui se tenait sur le chemin à Enaïm?
Ils lui répondirent:
---Il n'y a jamais eu de prostituée sacrée à cet endroit.

Il revint dire à Juda:
---Je ne l'ai pas trouvée, et les gens de là-bas ont même affirmé qu'il n'y a jamais eu de prostituée sacrée à cet endroit.

Alors Juda s'écria:
---Qu'elle garde ce qu'elle a! Ne nous rendons pas ridicules. Quoi qu'il arrive, moi j'ai envoyé ce chevreau, et toi, tu n'as pas retrouvé cette femme.

Environ trois mois après cela, on vint dire à Juda:
---Tamar, ta belle-fille, s'est prostituée, et même: la voilà enceinte suite à cela.
---Qu'on la fasse sortir et qu'elle soit brûlée vive!

Comme on la jetait dehors, elle envoya un message à son beau-père:
---C'est de l'homme à qui appartiennent ces objets que je suis enceinte. Reconnais, je te prie, à qui sont ce cachet, ces cordons et ce bâton.

Juda les reconnut et s'écria:
---Elle est plus juste que moi; elle a fait cela parce que je ne l'ai pas donnée pour femme à mon fils Chéla.
Il ne s'unit plus jamais à elle. » (Genèse 38:20-26)

Hira fut envoyé pour payer la prostituée et ramener le gage que Juda lui avait donné. Un changement de mots, subtil et important a lieu ici, qui est indicatif d’un défaut sérieux de caractère de Juda. Juda pensait que la femme à la porte d’Enaïm était une simple prostituée (verset 15). Mais quand Hira la chercha, ils questionna les gens à propos d’où il pourrait trouver les « prostituée sacrée » (verset 21,22).41 La religion des Cananéens était si corrompue que la prostitution faisait partie du culte de la déesse de la fertilité. Juda, dans sa stagnation morale et spirituelle, était ignorant de telles différences. Pour lui, c’était simplement une affaire, mais pour les Cananéens c’était un acte d’adoration. L’immoralité conduit inévitablement à l’idolâtrie. Pourtant Juda n’avait aucune idée de ces dangers.

Ne trouvant pas la « prostituée sacrée » et, pire encore, étant dit qu’une telle personne n’existait pas, mit Juda dans une position très bizarre et éventuellement embrassante. Il semblerait qu’il se soit fait avoir, mais il était totalement impuissant. Qui reporterait un vol aux autorités dans des circonstances si délicates ? Le plus il chercha à trouver cette femme, le plus sa stupidité deviendrait évidente et publique. C’était le genre d’histoires qui seraient passées en plaisanterie. Juda n’avait aucun désir de devenir l’objet de moquerie de la ville. Il avait essayé de trouver la femme et de la payer, il avait autant prendre ses pertes et espérer que c’était la fin de l’histoire.

Un mois, puis deux, et presque trois mois passèrent sans incident, Juda commença à respirer un peu plus aisément. Il semblait qu’il s’en était sorti sans trop de dégâts. Ni La femme, ni son gage personnel n’avaient réapparu. Jamais il n’avait pensé que ça se terminerait comme ça.

Un jour Juda fut informé que Tamar était enceinte. Ce n’était pas un simple péché de chair, c’était de l’adultère car Tamar avait été promise au troisième fils de Juda, Chéla.42 L’indignation justifiée de Juda a dû être quelque chose à voir. Elle devait etre mise au bûcher ! C’était une sentence inhabituelle, plus même que ce que la Loi exigeait. La sentence habituelle selon la Loi de Moïse était la lapidation (Deutéronome 22:20-24). En cas de perversité inaccoutumée, il y avait une sentence de mort par le feu (Lévitique 20:14 ; 21:9). Alors pourquoi Juda demandait-il une telle sentence pour sa belle-fille ? Il y a du avoir une surcompensation de son subconscient pour sa propre immoralité. Souvent nous essayons de cacher notre propre culpabilité par une sévérité dans notre réponse aux péchés des autres.

D’un autre coté, ça a pu être encore plus sournois. Il est possible, son état spirituel étant si dépravé, que Juda vit cela comme la solution d’un problème sur lequel il avait si longtemps agonisé. Tôt ou tard, il devrait faire face au fait que Chéla, son seul fils vivant, avait été promis à Tamar. Il n’y avait aucun doute que, maintenant, il était en âge d’assumer le rôle de mari et père, mais Juda avait peur de perdre aussi ce fils (38:11). Si Tamar était exécutée, son problème était résolu. Pas de Tamar, pas de menace. C’était presque trop beau pour être vrai.43 Puisqu’on ne puisse que supposer à ce point, il n’est pas difficile de croire que ça pourrait être vrai à ce moment. La sentence de Juda fut le début d’une série d’évènements qu’il n’aurait jamais cru arriveraient.

La réponse de Tamar à la situation fut incroyablement soumise. Franchement, j’aurai crié du haut des toits que Juda était le père de cet enfant. J’aurai cherché à l’embarrasser encore plus. Quelle opportunité de s’enrichir sur la situation et de trouver de la satisfaction pour les années de délai et déception en gardant Chéla loin d’elle. Mais elle, il semblerait, présenta en privé les évidences à Juda et poliment le poussa à les étudier attentivement. Elle ne fit aucunes accusations le condamnant, mais présenta seulement le sceau, les cordons et le bâton à Juda.

Quel choc ça a dû être pour Juda ! Il n’aurait jamais pensé qu’il était le coupable qui devrait subir la sentence qu’il avait prononcée de sa propre bouche. Juda, l’ancêtre du Messie et l’arrière-petit-fils d’Abraham, dût dire de cette femme, « ---Elle est plus juste que moi » (verset 26). Ça vaut le coup de remarquer qu’il ne dit pas qu’elle était plus vertueuse que lui sur le sujet de l’immoralité commise, mais dans ce qu’elle avait agi pour se procurer un fils qui était légalement le sien, pendant que Juda lui refusait Chéla qu’il lui avait promi. Quant à son acte d’immoralité, Juda ne fit aucun commentaire. Quel contraste comparé à sa réponse au rapport de l’adultère de Tamar !

Juda a dû avoir un changement de cœur ici, car il n’eut pas d’autres rapports sexuels avec Tamar. Et la prochaine fois qu’on lit à son propos, il est de nouveau avec ses frères et son père. Un genre de renouveau spirituel a dû avoir lieu.

La Famille de Jésus (38:27-30)

« Quand vint le moment de la naissance, il s'avéra qu'elle portait des jumeaux.

Pendant l'accouchement l'un d'eux présenta une main; la sage-femme la saisit et y noua un fil rouge en disant:
---C'est celui-ci qui sort le premier.

Mais il retira sa main, et c'est son frère qui vint au monde. La sage-femme s'écria:
---Quelle brèche ne t'es-tu pas ouverte! La brèche soit sur toi! Et on le nomma Pérets (Brèche).

Ensuite son frère naquit, celui dont la main portait le fil rouge, et il fut appelé Zérah (Lever du soleil). » (Genèse 38:27-30)

Le dernier paragraphe du chapitre décrit la naissance des jumeaux qui résulta de l’union de Juda et Tamar. Puisque le jumeau qui émerge le premier du ventre de la mère possède traditionnellement les droits d’aînesse, un genre de marque pour l’identifier était placé sur le premier à sortir du ventre de la mère. Quand un des garçons sortit une main, un fil rouge fut noué à son poignet, assumant qu’il sortirait rapidement. Cependant, la main se retira et l’autre jumeau fut le premier-né. Celui-ci fut nommé Pérets, et le suivant, celui avec le fil rouge, fut nommé Zérah. Comme les généalogies plus tard le prouveront, l’enfant premier-né, Perets, sera le fils de Juda qui portera la lignée messianique jusqu’aux temps de David, et ultimement de Jésus (Ruth 4:12; Matthieu 1:3).

Conclusion

Historiquement, ce chapitre avait beaucoup à apprendre aux anciens Israélites. Pour commencer, cet évènement souligne la nécessité d’un séjour en Egypte. La pureté spirituelle était essentielle aux desseins de Dieu pour leurs réalisations. Juda, le fils par lequel le Messie allait venir (Genèse 49:8-12), était si charnel qu’il a marié une femme cananéenne, pour avoir un païen pour son meilleur ami, et il aurait eu une relation illicite avec une prostituée sacrée. Quelque chose de rigoureux devait être fait, et l’exile en Egypte fut la solution de Dieu. Là, vivant parmi un peuple qui détestait les Hébreux (43:32 ; 46:34), même si les Hébreux voulaient bien s’entremêler et se marier avec ces gens, les Egyptiens ne voulaient même pas considérer une telle chose. La bigoterie raciale, sinon pas la piété religieuse, garderait le peuple de Dieu un peuple séparé. Pendant que le séjour en Egypte était dans beaucoup de sens une expérience amère, c’était un acte gracieux de la part de Dieu. Ces Israélites, qui avaient vécut l’exode, pouvaient commencer à sentir cela quand ils lisaient ce récit.

Aucun Israélite ne pourrait prendre ce rapport sérieusement sans un sens profond d’humilité. Les « racines » d’Israël, si vous me pardonnez pour dire cela, étaient pourries. Ils ne pouvaient pas se retourner et regarder à leurs ancêtres avec des sentiments de se sentir privilégiés ou de fierté. Il y avait trop de squelettes dans leurs placards pour cela. Au lieu de ça, ils devaient reconnaître que tout le bien qui était arrivé à Israël n’était que le résultat de la grâce de Dieu.

« Si l'Eternel s'est attaché à vous et vous a choisis, ce n'est nullement parce que vous êtes plus nombreux que les autres peuples. En fait, vous êtes le moindre de tous.

Mais c'est parce que l'Eternel vous aime et parce qu'il veut accomplir ce qu'il a promis par serment à vos ancêtres, c'est pour cela qu'il vous a arrachés avec puissance au pouvoir du pharaon, roi d'Egypte, et qu'il vous a libérés de l'esclavage. » (Deutéronome 7:7-8)

C’était une leçon trop vite oubliée, car les Israélites des jours de Jésus étaient très fiers de leurs ancêtres et comptaient sur leurs « racines » pour leur vertu :

« Ne vous imaginez pas qu'il vous suffit de répéter en vous-mêmes: «Nous sommes les descendants d'Abraham.» Car, regardez ces pierres: je vous déclare que Dieu peut en faire des enfants d'Abraham. » (Matthieu 3:9)

« ---Nous, lui répondirent-ils, nous sommes la postérité d'*Abraham[e], nous n'avons jamais été esclaves de personne. Comment peux-tu dire: «Vous serez des hommes libres?»» (Jean 8:33)

La vertu ne vient que de Dieu par la foi. Notre premier ancêtre, Adam, a échoué à vivre par les standards de Dieu et a péché. Tous ses descendants, comme Adam, sont des pécheurs (Romains 5:12) et donc ont besoin d’une vertu pas d’eux memes. Jésus Christ, le Fils de Dieu, est venu dans ce monde pour prendre le péché sur LUI-MEME, pour souffrir la pénalité de nos péchés, pour que nous puissions avoir SA vertu et passer l’éternité avec Dieu.

« Celui qui était innocent de tout péché, Dieu l'a condamné comme un pécheur à notre place pour que, dans l'union avec le Christ, nous soyons justes aux yeux de Dieu. » (2 Corinthiens 5:21)

« Si vous lui appartenez, vous êtes la descendance d'Abraham et donc, aussi, les héritiers des biens que Dieu a promis à Abraham. » (Galates 3:29)

Le thème principal de ce chapitre est la providence divine, qui tient ensemble la section entière ; Dieu travaille à la réalisation de SES desseins par les hommes qui poursuivent le péché. Dans les chapitres 37, 39 et les suivants, Dieu travaille providentiellement à accomplir SA promesse de faire des descendants de Jacob une grande et puissante nation (35:11), en même temps que la seule intention de ces frères est de diminuer leurs nombres. Dans le chapitre 38 Dieu est au travail, assurant providentiellement la réalisation de SA promesse de fournir un Messie par les descendants de Juda (49:8-12).

Dans un monde idéal, le pouvoir souverain et les desseins sages et tendres de Dieu seraient accomplis par des serviteurs obéissants. Mais quand SES enfants suivent leurs propres chemins, le pouvoir infini de Dieu est conduit par des hommes et des femmes involontaires, désobéissants qui, en dépit d’eux-mêmes, achèvent les plans de Dieu. Ils font cela sans le savoir et d’une manière désagréable.

Qui aurait pu penser qu’il y avait une chance que la lignée messianique continue par Juda en regardant les évènements initiaux de ce chapitre ? Voilà Juda, l’ancêtre du Messie, prenant une Cananéenne pour femme, manquant de tenir une promesse faite à sa belle-fille, et proposant une prostituée, qui aurait pu faire partie d’un culte religieux païen ? En dépit de tous les péchés de Juda et en dépit de l’impatience de Tamar, Pérets, l’aïeul de David et du Sauveur, naquit. Qui autre que Dieu aurait pu faire arriver une telle chose ?

Il a été dit à beaucoup de Chrétiens que les desseins de Dieu ne peuvent être accomplis que si l’on est fidèle et obéissant. Que peuvent-ils dire à propos de ce chapitre sur ce sujet ? Et qui d’entre nous voudrait croire que les desseins de Dieu dépendent de notre engagement et notre soumission ? Rien ne pourrait être plus loin de la vérité que de penser que Dieu puisse être limité par la nature pécheresse de l’homme.

La théorie de la providence de Dieu est une des vérités les plus encourageantes de toute la Bible, car elle m’assure que ce que Dieu dit, IL le fera, même si je me trouve en train de LUI résister activement. Si la promesse du salût éternel ne dépendait pas du caractère et du pouvoir de Dieu, Qui peut amener à réaliser sa volonté en dépit de l’homme, quel genre de promesse serait-elle ? J’aurai autant à abandonner dès maintenant et éviter la foule. Mais si les promesses de Dieu sont certaines (comme elles le sont, Philippiens 1:6), je peux alors travailler avec zèle pour ces desseins, réalisant que je ne peux pas perdre, même quand j’ai le cœur faible ou je me trompe de chemin par la désobéissance ou la révolte.

A ce point, beaucoup de gens sont effrayés par les implications de la souveraineté de Dieu. Ils ont peur que les Chrétiens concluront, « Pourquoi s’embêter à obéir Dieu, à lutter contre les désirs de la chair, ou à combattre la guerre spirituelle ? Après tout, si la volonté de Dieu va être réalisée que j’obéisse ou pas, pourquoi obéir ? »

Il y a un danger à la souveraineté de Dieu et à ma sécurité qui me tente à compromettre. C’est pourquoi ce problème est adressé dans les Ecritures (Romains 5:19-6:23). Mais le danger ne réfute pas la théorie. Beaucoup d’hérésies chrétiennes sont les mauvais usages illogiques de la vérité biblique. Dans le Livre de Romains, par exemple, quand Paul enseigne que, « Quant à la Loi, elle est intervenue pour que le péché prolifère. Mais là où le péché a proliféré, la grâce a surabondé » (Romains 5:20), nous reconnaissons que cette théorie est vraie et qu’elle est illustrée dans Genèse 38. Mais de conclure de ça que quelqu’un devrait pécher pour que la grâce abonde plus (Romains 6:1), est une amplification incorrecte du principe biblique. Certains ont été prédisposés à rejeter la théorie de la souveraineté de Dieu à cause de ce que certains ont fait avec elle. C’est ce que les hommes font avec elle qui devrait être condamné, pas la théorie.

Puisque beaucoup de ce que Dieu fait dans ce monde est par SON conseil divin, il est vital que nous comprenions ses implications pour les Chrétiens d’aujourd’hui. La première chose est que vivre vertueusement est nécessaire pour la gloire de Dieu. Si nous n’avions pas reçu le récit inspiré de la vente de Joseph à l’esclavage, nous n’aurions pas pu imaginer que ça faisait partie du plan éternel de Dieu. Au mieux, les non croyants auraient considéré le résultat de cet incident de la chance ou une simple coïncidence. Vous voyez, quand Dieu travaille providentiellement en utilisant des femmes et des hommes désobéissants, non seulement ces instruments ne savent-ils pas que la main de Dieu est à l’œuvre, mais les témoins non plus.

Dans le chapitre 39, on nous dit, « Celui-ci remarqua que l'Eternel était avec Joseph et faisait prospérer tout ce qu'il entreprenait » (verset 3). Pourquoi est-ce cela dit du maître de Joseph mais pas de ses frères, ni des marchands madianites, ni d’Hira, ni de Tamar ? C’était parce que Dieu utilisait ces instruments en dépit d’eux-mêmes. Joseph a donné un témoignage très clair de sa foi en Dieu ; son bon travail et sa bénédiction divine ont prouvé sa foi en le Dieu d’Israel. Juda n’a pas témoigné à Tamar quand il marchanda le prix de ses services. Hira n’a probablement jamais su que Juda allait jouer un rôle dans les desseins de Dieu.

Le point est celui-ci : pendant que Dieu puisse accomplir SES desseins dans ce monde, sans la coopération de l’homme, par SON travail providentiel, IL est le mieux exalté et proclamé aux non croyants par ceux qui LE croient et qui obéissent SA volonté. De peur d’être tentés d’être faible dans nos vies spirituelles, convaincus que la volonté de Dieu sera faite de toute façon, rappelons-nous que Dieu désire être glorifié par SES saints (Genèse 49:3 ; 2 Thessaloniens 1:10,12).

La deuxième implication venant de la théorie de la règle providentielle de Dieu, est que nous, Chrétiens, devons regarder à toutes les circonstances avec les yeux de la foi. Juda n’a pas réalisé à ce moment que les promesses de Dieu étaient accomplies par son acte immoral. Joseph ne savait pas totalement que sa vente à l’esclavage allait amener la libération de ses frères et de son père. Il va y avoir beaucoup de fois dans la vie d’un Chrétien quand il apparaîtra que tout s’écroule. Des tragédies, disputes, divisions, et des maux de cœur nous affligeront tant que nous serons dans ces corps mortels. Nous aussi devons croire, dans ces moments d’adversité, qu’il y a un Dieu Qui travaille providentiellement dans nos vies. C’est l’assurance que nous recevons de Romains 8:28 :

« Nous savons en outre que Dieu fait concourir toutes choses au bien de ceux qui l'aiment, de ceux qui ont été appelés conformément au plan divin. »

Seuls les yeux de la foi reconnaîtront la main de Dieu dans les moments difficiles de la vie.

Bien que la théorie de la providence de Dieu soit un problème majeur dans ce chapitre, il y a un certain nombre d’implications que nous pouvons aussi tirer de ce texte. Laissez-moi vous en suggérer quelques-unes pour un peu plus d’observation.

(1) La spiritualité n’est pas démontrée par les standards que nous avons pour les autres. Dieu juge les hommes par les standards par lesquels nous devons vivre nos vies. Juda était prêt à lapider Tamar et à la brûler pour le même péché qu’il avait commit. Dans le Nouveau Testament nous trouvons le même concept :

« Toi donc, qui que tu sois, qui condamnes ces comportements, tu n'as donc aucune excuse, car en jugeant les autres, tu te condamnes toi-même, puisque toi qui les juges, tu te conduis comme eux. » (Romains 2:1)

(2) Dans le temps de Jacob, comme aujourd’hui, une des plus hautes priorités de Satan est l’attaque de la famille du peuple de Dieu. Les desseins de Dieu devaient être réalisés dans les familles d’Abraham, Isaac et Jacob. Ce fut la séparation de la famille qui menaça sérieusement (du point de vue humain) les desseins de Dieu. Aujourd’hui la famille chrétienne fait face aux mêmes conflits.

(3) Dans le temps de Jacob, comme aujourd’hui, les mêmes sujets de base sont en jeu. La famille était attaquée, comme l’église l’est aujourd’hui, sur deux fronts. Le premier est dans le domaine de la pureté et de la séparation. Juda commit avidement le péché pour lequel il (ou au moins ses frères) ont mis à mort une ville entière. Il maria une Cananéenne et aurait eu des relations sexuelles avec une prostituée sacrée. Aujourd’hui, nos enfants font face à une pression incroyable de se conformer au monde qui les entoure, de fréquenter et de marier des non croyants, et d’abandonner la foi qu’ils apprennent de leur famille.

La séparation du monde est spécialement importante dans la question des amis qu’on choisit. Comme Juda s’éloigna de sa famille, il entra en alliance avec Hira, un homme qui était toujours là quand Juda avait des problèmes. C’est l’apôtre Jacques qui écrivit il y a très longtemps,

« Peuple adultère que vous êtes! Ne savez-vous pas qu'aimer le monde, c'est haïr Dieu? » (Jacques 4:4)

Le deuxième front de l’attaque de Satan sur la famille et l’église est sur l’unité et l’amour fraternel. Les frères de Joseph n’avaient aucun amour fraternel, ni d’unité. Le fils de Juda, Onân, n’avait aucun sens d’obligation envers son frère défunt, et n’était motivé que par ses intérêts personnels et une ambition égoïste. Pour autant qu’il était concerné, ça n’avait pas d’importance si Tamar n’avait jamais d’enfant, mais Dieu décida qu’elle serait celle par laquelle le Messie viendrait.

Le Nouveau Testament abonde de passages qui nous exhortent de pratiquer l’amour fraternel (Romains 12:10 ; 1 Thessaloniens 4:9 ; Hébreux 13:1 ; 2 Pierre 1:7). La raison pour laquelle nous manquons ce genre d’amour et d’unité qu’il encourage est que nous, comme Onân, sommes plus concernés avec nos propres intérêts qu’avec ceux des autres. Ecoutez la solution que Paul projette :

« N'avez-vous pas trouvé dans le Christ un réconfort, dans l'amour un encouragement, par l'Esprit une communion entre vous? N'avez-vous pas de l'affection et de la bonté les uns pour les autres?

Rendez donc ma joie complète: tendez à vivre en accord les uns avec les autres. Et pour cela, ayez le même amour, une même pensée, et tendez au même but.

Ne faites donc rien par esprit de rivalité, ou par un vain désir de vous mettre en avant; au contraire, par humilité, considérez les autres comme plus importants que vous-mêmes;

et que chacun regarde, non ses propres qualités, mais celles des autres.

Tendez à vivre ainsi entre vous, car c'est ce qui convient quand on est uni à Jésus-Christ.

Lui qui, dès l'origine,
était de condition divine,
ne chercha pas à profiter
de l'égalité avec Dieu,

mais il s'est dépouillé lui-même,
et il a pris
la condition du serviteur.
Il se rendit semblable
aux hommes en tous points,
et tout en lui montrait
qu'il était bien un homme.

Il s'abaissa lui-même
en devenant obéissant,
jusqu'à subir la mort,
oui, la mort sur la croix.» (Philippiens 2:1-8)

(4) Il y a des fois quand nous devons faire face à des choses qui sont sales. Je connais bien le texte qui nous instruit,

« Ne participez pas aux pratiques stériles que favorisent les ténèbres, mais démasquez-les plutôt.

Car tout ce que ces gens-là font en cachette est si honteux qu'on n'ose même pas en parler. » (Ephésiens 5:11-12)

Il était nécessaire de traiter les péchés d’Onân et de Juda parce que le Messie devait venir de la semence de Juda. Les péchés sexuels dans la famille de Juda avaient de très sérieuses ramifications. Les péchés d’Er n’étaient pas nécessaires pour nous instruire, c’est pourquoi ils ne sont même pas énumérés. Pendant que les péchés d’Onân et de Juda sont mentionnés, aucuns détails inutiles ne sont donnés. Notre curiosité n’est pas stimulée, ni sommes-nous encouragés à les répéter. Au lieu de ça, le prix douloureux payé à cause d’eux nous est dévoilé. Quelques fois, le péché doit être exposé. Dans de tels cas, traitons les comme Moïse les a traités.


34 Even a great commentator like Leupold suggests that this chapter is “entirely unsuited to homiletical use, much as the devout Bible student may glean from the chapter.” H. C. Leupold, Exposition of Genesis (Grand Rapids: Baker Book House, 1942), II, p. 990.

35 “The enormity of Onan’s sin is in its studied outrage against the family, against his brother’s widow and against his own body. The standard English versions fail to make clear that this was his persistent practice.” Derek Kidner, Genesis: An Introduction and Commentary (Chicago: Inter-Varsity Press, 1967), p. 188.

36 “. . . for evidence of the demoralized conduct of the Canaanites has been found on every hand, in the remains of city after city of the Canaanites.” Harold G. Stigers, A Commentary on Genesis (Grand Rapids: Zondervan, 1976), p. 256. Here, Stigers refers the reader to M. F. Unger, Archaeology and the Old Testament (Grand Rapids: Zondervan, 1965), pp. 168-177.

37 “Marriage customs in this area provided for marriage within the husband’s house. Tamar could be reserved for other sons and even for her father-in-law, but she could not contract marriage for herself.” Harold G. Stigers, Genesis, p. 279. Stigers here refers the reader to C. H. Gordon, Introduction to Old Testament Times (Ventnor, N. J.: Ventnor Publishing Co., 1953), p. 123.

38 This is the view of Leupold, who writes, “She makes calculations that seem to have but one chance in a hundred of being realized, but just that one chance is sufficient.” Leupold, Genesis, II, p. 982.

39 “Sheep-shearing was a festive time (cf. I S. 25:4, 11, 36), when sexual temptation would be sharpened by the Canaanite cult, which encouraged ritual fornication as fertility magic.” Kidner, Genesis, P. 188.

40 “The ‘seal’ (chotham) may have been a ring or even a cylinder seal, such as the Babylonians commonly used. This was always carried around upon his person by the well-to-do man, suspended by the ‘cord’ (pethil); cf. Song 8:6. The ‘staff’ may have been like those which, according to Herodotus, the Babylonians carried, having at its head a specially carved figure of an apple, or a rose, or a lily, or an eagle, or any such thing, for no man may carry a staff without a device,’ (Herodotus 1:195, cited by Delitasch).” Leupold, Genesis, II, pp. 984-985.

41 “When Hirah sought out Tamar, he used a different word to describe her (qedesah) connoting a religious prostitute, available to the Canaanites who come to worship at shrines of the fertility goddess. Harlotry was not the stigma to the Canaanites that it was to Israel. A qedesah was distinguished from a zoneh . . . . Offerings to a qedesah were kids, as was Judah’s.* He considered qedesah and zoneh to be the same.” Stigers, Genesis, p. 280.

* S. Talmon, “Desert Motifs,” in Biblical Motifs, ed. A. Altmann (Cambridge, Mass.: Harvard University Press, 1966), ii:3.

42 “Tamar was regarded as the affianced bride of Shelah, and was to be punished as a bride convicted of a breach of chastity.” C. F. Keil, Biblical Commentary on the Old Testament (Grand Rapids: Eerdmans, 1968), I, p. 342.

43 Stigers suggests this when he writes