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Le But de la Prédiction (Genèse 49:1-28)

Introduction

Quand j’étais étudiant en dernière année au séminaire, j’ai dû écrire une thèse. Je choisis d’écrire sur les thèmes de l’Exode comme ils étaient employés dans Ésaïe 40-55. Pendant mes vacances de Noël, j’ai essayé de coller tous les morceaux ensemble et finir ma thèse. A un point, je me suis totalement perdu dans le projet et, au milieu de tous les détails, j’ai perdu de vue le but de mon papier. Seulement après avoir consulté Dr Waltke, le chef du département de Théologie, ai-je regagné ma perspective et complété ma thèse.

Je trouve que les prophéties bibliques sont pratiquement les mêmes pour beaucoup de Chrétiens. Il y a une surabondance de détails, une montagne de toutes petites choses, qui peuvent nous engloutir et nous amener à perdre de vue le but de la prédiction. Certains Chrétiens se plongent dans les détails de ces « choses à venir » qui composent la prédiction. Ils planifient le futur d’une manière très obscure et incomplète (pour autant que la révélation biblique est concernée). Et pourtant, bien que la prédiction soit un sujet digne d’études sérieuses et d’enquêtes, les détails deviennent une obsession pendant que les sujets les plus importants de vie pieuse sont écartés. En effet, certains Chrétiens passent un temps fou à dissecter de minuscules détails, pendant qu’ils avalent des dinosaures bibliques.

Peu de gens supposeraient que Genèse chapitre 49 ait beaucoup à dire aux Chrétiens du 20ème siècle. Les prophéties contenues dans ce texte sont liées à la destinée des descendants de Jacob. Il y a, bien sûr, des prédictions messianiques ici, et que nous trouvons intéressantes. Mais en plus de celles-ci, on nous donne un aperçu du but de toutes les prophéties, puisque nous allons considérer le but que ces prédictions avaient pour les fils de Jacob et leurs descendants.

Les fils de Jacob, qui étaient les bénéficiaires de ces prédictions, mourront en Egypte. Comme leurs ancêtres, ils ne vivraient pas pour voir la réalisation des promesses de Dieu pendant leurs vies. Pourquoi, alors, Dieu a-t-il prédit les évènements qui arriveraient longtemps après leurs morts ? Nous pouvons admettre que ces prédictions voulaient dire quelque chose à ceux qui les ont lues en premier de la main de Moïse. Après tout, ces gens là étaient les descendants de Jacob, qui commenceraient à réaliser les prophéties de leur ancêtre. Mais quelle valeur avaient ces paroles de Jacob à Ruben, Siméon, Lévi, et les autres ? J’aimerai suggérer qu’elles leur étaient aussi profitables, précisément de la même manière que la prophétie (pas encore réalisée) est importante pour nous. Apprenons en premier des fils de Jacob, puis considérons les implications pour nous-mêmes.

Questions qui Fournissent la Clef de ce Passage

Vous n’êtes peut-être pas d’accord avec les réponses que je trouve dans ce texte, mais je suis convaincu que personne ne comprendra le passage sans répondre à quelques questions-clefs.

(1) Est-ce que chaque détail de la prédiction de Jacob est arrivé ? Si non, pourquoi pas ?

(2) A quoi sert le but de cette prophétie pour les fils de Jacob, puisque aucun ne vivra pour voir leurs réalisations à Canaan ?

(3) Quelles raisons Moïse avait-il pour enregistrer cette conversation entre Jacob et ses fils ?

(4) Pourquoi est-ce que Ruben, Siméon, et Lévi  reçoivent-ils une réprimande de leur père pour leurs mauvaises actions, quand Juda, tout autant coupable (chapitre 38), reçu la plus grande bénédiction de tous les fils, puisqu’il deviendra l’ancêtre du Messie ?

(5) Que pouvons-nous apprendre de ces prédictions ?

Observations Concernant la Prédiction de Jacob Relative à ses Descendants

Avant de diriger notre attention sur quelques-uns des détails des prophéties de ce passage, il nous serait profitable de regarder à ce passage dans son intégralité. Plusieurs caractéristiques peuvent être identifiées.

Premièrement, celles-là sont les dernières paroles de Jacob. La prédiction est pratiquement les dernières paroles de Jacob, parlées avec son dernier souffle.

« Lorsque Jacob eut achevé d'énoncer ses instructions à ses fils, il ramena ses pieds sur son lit, expira et fut réuni à ses ancêtres décédés. » (Genèse 49:33)

Les dernières paroles d’un homme mourant ne devraient pas être prises à la légère, encore moins celles d’un patriarche et enregistrées sous le contrôle de l’Esprit de Dieu.

Deuxièmement, c’est de la poésie. Nous pourrions avoir tendance à penser que les dernières paroles d’un homme, parlées avec beaucoup d’efforts, devraient être désorganisées et difficiles à suivre. Un regard à ce passage révèle que nous traitons ici avec de la poésie judaïque, car la forme est très différente des pages précédentes. Il y a de nombreuses indications que ces dernières paroles furent bien réfléchies, pensées à l’avance. Les paroles de Jacob sont des paroles qui ont été préparés très attentivement et probablement répétés.

Troisièmement, c’est plus que poésie, c’est une prophétie. Bien que la forme soit de la poésie, la substance est prophétie. Les paroles de Jacob révèlent « des choses à venir » pour ses descendants. En règle générale,104 la prophétie n’est pas spécifique. Elle n’a pas pour intention d’épeler l’avenir des fils de Jacob comme individus, mais comme chefs de tribus. L’avenir qui est prédit est l’avenir de la nation, manifestée par les douze tribus (verset 28). Normalement, la prophétie ne parlera pas d’un endroit précis,105 ni d’une certaine personne,106 ni d’un certain moment dans le temps,107 mais du caractère et de la disposition des différentes tribus à travers leur histoire. Cela nous prévient que nous devons faire attention de rechercher une réalisation qui est trop spécifique.

Quatrièmement, les paroles dites par Jacob sont une bénédiction :

« Tous ceux-là forment les douze tribus d’Israël, et c’est ainsi que leur parla leur père et qu’il les bénit, en prononçant pour chacun sa bénédiction propre. » (Genèse 49:28)

Tous les fils de Jacob furent bénis, en ça qu’ils faisaient tous partis de la nation Israël. Tous entreraient dans le pays de Canaan et auraient un héritage là.

Certains auraient surement voulu une plus grande bénédiction que les autres. Même ceux qui furent réprimandés par Jacob et dont l’avenir avait été dépeint, comme lugubre, étaient bénis, comme nous le montrerons plus tard.

Cinquièmement, l’avenir qui est prédit n’est pas indépendant du passé, mais une extension de ce dernier. Moïse nous dit que chacun des fils fut donné « sa bénédiction propre » (verset 28). En réfléchissant aux bénédictions de Jacob, nous trouvons que chacune d’elles était liée au passé. Les bénédictions de Ruben, Siméon, et Levi, étaient basées sur les péchés qu’ils avaient commis dans le passé. Joseph, d’un autre coté, avait été durement attaqué, mais était resté fidèle (versets 23-24). Les autres ont trouvé leurs bénédictions liées au nom qu’ils avaient reçu à leur naissance. Juda, dérivant de la racine judaïque, « louer » (29:35), était maintenant prophétisé être louer par ses frères (49:8). Dan, dont le nom semble être le participe voulant dire « juger » (30:6), est dit qu’il « jugera ses gens » (49:16). La prédiction, alors, n’est pas séparée de l’histoire, mais son extension dans le future.

Ruben (49:3-4)

Ruben, par vertu de sa position comme premier-né de Jacob, aurait dû avoir la prééminence sur ses frères et la double portion de l’héritage (qui fut donnée à Joseph (48:5,6,22 ; 1 Chroniques 5:1-2)). Mais il a tout perdu à cause de son instabilité :

« Ruben, tu es mon premier-né,
      le premier fruit de ma vigueur, du temps où j'étais plein de force,
      toi, tu es supérieur en dignité et supérieur en force.

   Bouillonnant comme l'eau, tu n'auras pas le premier rang!
       Car tu as profané la couche de ton père, en entrant dans mon lit. » (Genèse 49:3-4)

Comme suggéré auparavant, je ne pense pas que le désir de Ruben ait été aussi sexuel que politique – c’était un désir pour le pouvoir. Ruben, comme Satan, n’était pas content avec sa position élevée et voulait plus d’autorité, plus de prééminence (Ésaïe 14:12 ; Ézéchiel 28:12). En conséquence, il coucha avec Bilha, la concubine de son père, non pas à cause de son attrait sexuel, mais parce qu’elle était le symbole du droit de dominer la famille. Posséder le harem du chef voulait dire usurper son autorité (1 Rois 2:13-25 ; 2 Samuel 16:20-22). Puisque « les derniers seront les premiers » (Marc 10:31) et ceux qui servent seront servis dans le royaume de Dieu (Marc 9:35), Ruben devait être destitué de sa position de pouvoir et de prééminence. Celui qui dirigerait doit surement se diriger lui-même.

Siméon et Lévi (49:5-7)

Comme Ruben, Siméon et Lévi ont démontré un caractère qui n’avait rien de vertueux.

« Siméon et Lévi sont frères,
      ils se sont mis d'accord pour semer la violence.

   Non, je ne veux pas m'associer à leur complot!
      Je mets un point d'honneur à ne pas approuver leurs délibérations!
      Car mûs par leur colère, ils ont tué des hommes;
      poussés par leur caprice, ils ont mutilé des taureaux[b].

   Que leur colère soit maudite, car elle est violente.
      Maudit soit leur emportement, car il est implacable!
      Moi je les éparpillerai au milieu de Jacob,
      je les disperserai en Israël. » (Genèse 49:5-7)

Ces deux frères de Dina étaient très perturbés par son viol par Sichem, mais ce n’était pas une indignation justifiée. Parce qu’ils avaient suggéré la circoncision, ils avaient trompé les hommes de Sichem, les laissant croire qu’un traité allait être ratifié. Et dans leur colère, ils tuèrent les hommes de la ville. La mutilation du bétail est une autre indication de leur colère incontrôlée, un détail qui n’est pas mentionné dans le récit de Genèse 34:25-30. Les chevaux furent mutilés aussi à cause de leurs usages militaires, tirant les chars (Josué 11:6), mais le bétail était utilisé dans des buts paisibles. La mutilation du bétail était l’évidence d’une violence et destruction inutile. L’alliance de Siméon et Lévi en était une impie, et donc comme ceux de Babel qui s’unir dans la désobéissance (Genèse 11:1), ils seraient dispersés.

Juda (49:8-12)

Après avoir pris connaissance de la folie de Juda dans le chapitre 38 de Genèse, nous ne pensions pas qu’il prospèrerait spirituellement, mais les paroles de Jacob parlent d’un avenir lumineux pour ses descendants :

« O toi, Juda, tes frères te rendront hommage,
      ta main fera ployer la nuque de tes ennemis,
      et les fils de ton père se prosterneront devant toi.

   Oui, Juda est un jeune lion[c].
      Mon fils, tu reviens de la chasse
      et tu t'es accroupi et couché comme un lion,
      comme une lionne: qui te ferait lever?

   Le sceptre ne s'écartera pas de Juda,
      et l'insigne de chef ne sera pas ôté d'entre ses pieds
      jusqu'à la venue de celui auquel ils appartiennent
      et à qui tous les peuples rendront obéissance.

   Son âne, il l'attache à la vigne,
      et, à un cep de choix, le petit de l'ânesse.
      Il lave dans le vin son vêtement
      et nettoie son manteau dans le jus des raisins.

   Il a les yeux plus rouges que le vin,
      les dents plus blanches que le lait. » (Genèse 49:8-12)

La prééminence qui fut enlevée à Ruben fut clairement transférée à son jeune frère, Juda (aussi 1 Chroniques 5:2). Non seulement serait-il au-dessus de ses frères dans les jours à venir,108 mais il serait aussi victorieux sur ses ennemis (verset 8). Sa force militaire pourrait être comparée à la force d’un lion (verset 9). Le verset 10 a depuis longtemps était interprété comme une prophétie messianique, à la fois par les Juifs et les Chrétiens, mais le sens précis de « Shiloh » est incertain. C’est soit une référence à un endroit, comme il en est autre part dans le Vieux Testament (Josué 18:1,8,9 ; 15:51 ; 1 Samuel 1:13, etc.) ou il pourrait faire allusion à la personne du Messie.109

La prospérité de la tribu de Juda est décrite dans les versets 11 et 12. Il sera tant béni dans le vignoble que ses vignes seront assez fortes pour supporter un jeune âne, et le produit de la vigne sera assez abondant qu’il pourra laver ses vêtements dans son vin. En d’autres mots, le vin sera aussi abondant que l’eau. La quantité sera plus que suffisante pour subvenir au besoin d’un homme, d’où les yeux rouges (verset 12). Le bétail prospèrera tant que le lait sera aussi abondant (verset 12).

Les six premiers fils à qui on fait référence sont les enfants de Rachel et Léa. Les quatre suivants sont les fils des concubines de Jacob, les servantes de Rachel et Léa. Les deux derniers fils sont les enfants de Jacob et Rachel, la femme de son choix.

Zebulon et Issacar (49:13-15)

La prophétie concernant Zebulon est perturbante, car elle n’est pas encore arrivée :

« Zabulon aura sa demeure sur le rivage de la mer,
      il aura sur sa côte un port pour les navires,
      son territoire s'étendra jusqu'à Sidon. » (Genèse 49:13)

Kidner commente :

« La terre allouée à Zebulon dans Josué 19:10-16 n’atteignait pas la côte, pas comme celle de son voisin Aser (Juges 5:17), ni n’approchait-elle Sidon. Mais elle était assez proche des deux pour être enrichies par le commerce maritime (‘par mer, ils draineront d'abondantes richesses’, Deutéronome 33:19), et les prépositions dans le verset pourraient dire ‘vers’.110

Par contraste à Juda, qui vaincu ses ennemis comme un lion, Issacar échoua à faire de même, et le résultat fut qu’il fut soumit au service des Cananéens. Ce que nous ne dominons pas a souvent tendance à nous dominer.

Dan (49:16-18)

Nos espoirs sont initialement élevés, car il semble que les perspectives pour cette tribu soient brillantes, mais elles s’écrasent soudainement sur les rochers de la réalité :

« Dan jugera son peuple,
      comme les autres tribus d'Israël.

   Que Dan soit un serpent sur le chemin,
      qu'il soit une vipère sur le sentier,
      mordant les jarrets du cheval,
      pour que le cavalier en tombe à la renverse. » (Genèse 49:16-17)

Dan fut le premier enfant de Rachel, par Bilha sa servante (Genèse 30:1-6). Rachel croyait qu’elle aurait sa revanche par ce fils, ainsi son nom suggérait que Dieu avait entendu ses pleurs et avait jugé en sa faveur. Dan jugera ses gens, étant un des fils d’Israël, mais il servirait éventuellement à des buts plus destructifs. L’incident dans Juges 18 sert à refléter le tournant que la tribu prit. Dans la liste des tribus d’Israël dans Apocalypse 7:5-8, Dan est omis.

Le verset 18 est un débordement inhabituel d’espoir et d’attente, mais il est difficile de le lier à son contexte :

« Je compte sur toi, Eternel pour accorder la délivrance. » (Genèse 49:18)

Je le comprends être un reflet de la foi et l’espoir d’Israël, à la lumière de la prophétie annoncée. Le pronostic pour les tribus d’Israël jusqu'à présent n’est pas très bon, avec l’exception de la tribu de Juda. Par David, beaucoup de prophéties vont être accomplies, mais la réalisation ultime est le Messie, Qui est le fils de David. Ayant fini sa prédiction concernant Dan, et étant ainsi à moitie chemin de ses descendants, Jacob explose avec ces paroles du verset 18. Une expression que l’espoir de la nation ne repose pas sur les fils qu’il a eu, mais en Dieu Qui l’a soutenu pendant tout son séjour. Le salût ne viendra certainement pas de ses fils, mais de Dieu. Le salût ne viendra pas de l’intérieur, mais de l’extérieur. Ça, je crois, est la substance des paroles de Jacob ici.

Gad et Aser (49:19-20)

« Gad agressé par une troupe l'assaillira
      et il la poursuivra.

   Aser a une riche nourriture.
      C'est lui qui fournira des mets dignes d'un roi. » (Genèse 49:19-20)

Gad sera continuellement harcelé par ses voisins, mais ne sera pas vaincu.111

Aser,

Avec une plaine fertile et les routes du commerce maritime,

« ses pieds trempent dans l'huile. » (Deuteronome 33 :24) et produisent une quota annuel remarquable pour le palais (1 Rois 4:7).112

Nephtali (49:21)

« Nephtali est semblable à une biche en liberté qui donne de beaux faons. » (Genèse 49:21)

Le portrait de l’avenir de Nephtali en est un de liberté sans entrave et d’accroissement. Bien que la version New American Standard Version de la Bible traduise le dernier mot du verset 21, « mots », il semble préférable de le rendre plus naturellement « faons », comme dans la version du King James. Sous Baraq, Israël fut poussé à briser leurs chaines (Juges 4-5).

Joseph (49:22-26)

Joseph, nous sommes d’accord, était le plus digne de n’importe quelles bénédictions prononcées par Jacob. Bien qu’il soit énormément béni par Dieu, il n’a pas le privilège d’être l’ancêtre du Messie, comme Juda.

« Joseph est un rameau fertile
      d'un arbre plein de fruits planté près d'une source.
      Ses branches grimpent et s'élancent par-dessus la muraille.

   Des archers le provoquent, le prennent à partie,
      et le harcèlent de leurs flèches.

   Mais son arc reste ferme
      car ses bras pleins de force conservent leur souplesse
      grâce au secours du Puissant de Jacob,
      qui est le berger et le Roc sur lequel Israël se fonde.

   Oui, le Dieu de ton père viendra à ton secours,
      le Tout-Puissant te bénira.
      Qu'il veuille te bénir d'en haut par des pluies abondantes
      et par des eaux d'en bas où repose l'abîme,
      par de nombreux enfants et beaucoup de troupeaux.

   Les bénédictions de ton père surpassent
      celles des montagnes antiques
      et les meilleurs produits des collines antiques.
      Que ces bénédictions soient sur la tête de Joseph,
      et sur le front du prince de ses frères! » (Genèse 49:22-26)

L’avenir de Joseph est décrit comme étant un qui sera fertile et abondant. Il a été brutalement attaqué, pourtant il est resté constant (versets 23-24). Je crois que la première référence ici fait allusion au rejet et à la persécution qu’il a souffert des mains de ses frères. Joseph resta ferme et le Dieu de Jacob l’a soutenu. Ses bénédictions sont largement matérielles. Il sera prééminent parmi ses frères, mais pas dans le sens que Juda le sera. A cause de la fierté d’Ephraïm (Juges 8:1 ; 12:1) et de l’apostasie (Osée 4:17; 5:3), la jouissance de ces bénédictions n’a pas été ce qu’elle aurait pu être.

Benjamin (49:27)

Jacob décrit benjamin comme quelqu’un de sauvage et agressif :

« Benjamin est semblable à un loup qui déchire.
      De grand matin, il dévore sa proie,
      et sur le soir encore, il répartit tout le butin. » (Genèse 49:27)

Ce coté de Benjamin peut être vu dans Juges 19-21. Moïse, dans une bénédiction prononcée plus tard, a un mot plus gentil pour Benjamin :

« Pour Benjamin, il dit:
      Aimé de l'Eternel,
      il demeure en sécurité auprès de lui,
      ce Dieu qui le protège continuellement,
      qui habite lui-même entre ses deux épaules.» (Deutéronome 33:12)

Conclusion

Ayant donné une explication brève des prophéties de Jacob concernant chacun de ses fils, nous devons retourner à nos questions originales si nous voulons gagner une connaissance des buts de la prophétie.

(1) Est-ce que chaque détail de la prophétie de Jacob a été accompli, comme il avait prédit ? Je crois que nous pouvons dire avec un bon degré de confiance que la réponse est non. Par exemple, Zebulon ne s’est pas installé au bord de la mer (verset 13). Nous devons aussi nous souvenir que pendant que Lévi fut assez durement réprimandé par son père ici, et qu’il a dit avoir été éparpillé parmi ses frères (verset 7), il allait être mis à la tète de la tribu sacerdotale. Beaucoup de bénédictions accompagne cette position.

Quelle explication pouvons-nous donner pour le fait que certaines prophéties ne sont pas exactement réalisées, comme nous nous attendions ? Premièrement, laissez-moi vous rappeler que les desseins de Dieu pour Israël ne sont pas encore finis :

« Frères, je ne veux pas que vous restiez dans l'ignorance de ce mystère, pour que vous ne croyiez pas détenir en vous-mêmes une sagesse supérieure: l'endurcissement d'une partie d'Israël durera jusqu'à ce que l'ensemble des non-Juifs soit entré dans le peuple de Dieu,

  et ainsi, tout Israël sera sauvé. C'est là ce que dit l'Ecriture:
      De Sion viendra le Libérateur;
      il éloignera de Jacob toute désobéissance.

   Et voici en quoi consistera mon alliance avec eux:
      c'est que j'enlèverai leurs péchés. » (Romains 11:25-27)

Les promesses à Abraham, Isaac, et Jacob, ne furent jamais totalement réalisées dans l’histoire d’Israël, et donc elles sont encore vues être dans l’avenir. Alors comment pouvons-nous être surpris que certaines prophéties ne soient pas encore réalisées ?

Deuxièmement (et cela va sembler être une grande hérésie), Dieu n’a jamais eu l’intention d’accomplir toutes les prophéties. Avant que vous me jetiez dehors et arrachiez cette page, laissez-moi expliquer ce que je veux dire. Pendant que la plupart des prophéties sont spécifiques et sûres de leurs réalisations, pas toutes le sont. Certaines propheties sont des avertissements de Dieu de ce qui va arriver si les hommes ne se repentent pas et ne changent pas leurs attitudes et leurs actions. C’est pourquoi Jonas n’avait pas l’intention de prévenir les Ninivites du jugement immédiat:

« Lorsque Dieu constata comment les Ninivites réagissaient et abandonnaient leur mauvaise conduite, il renonça à faire venir sur eux le malheur dont il les avait menacés: il s'en abstint. 

Jonas le prit très mal et se mit en colère.

   Il adressa cette prière à l'Eternel:
   ---Ah, Eternel! Je l'avais bien dit quand j'étais encore dans mon pays. Et c'est pour prévenir cela que je me suis enfui à Tarsis. Car je savais que tu es un Dieu plein de grâce et de compassion, lent à te mettre en colère et riche en amour, et que tu renonces volontiers aux menaces que tu profères.

   Maintenant, Eternel, prends-moi donc la vie, car la mort vaut mieux pour moi que la vie.

   L'Eternel lui répondit:
   ---Fais-tu bien de te mettre en colère? » (Jonas 3:10-4:2)

Quelques années plus tard, la vérité que Jonas connaissait fut clairement déclarée par le prophète Jérémie :

« Une fois, je décrète de déraciner une nation ou un royaume, de le renverser et d'amener sa ruine.

   Mais si cette nation que j'ai menacée cesse de mal agir, je renoncerai à lui envoyer le malheur que j'avais projeté contre elle.

   Et si, par contre, je parle de construire et de planter telle nation, ou tel royaume,

   mais que cette nation fait ce que je considère comme mal, et ne m'écoute pas, je renoncerai au bien que j'avais parlé de lui faire. » (Jérémie 18:7-10)

(2) A quoi sert cette prophétie pour les fils d’Israël, puisqu’ils meurent tous avant que Dieu retourne la nation à Canaan ? Pour les douze fils de Jacob, la première leçon que je vois est que leur caractère affecte non seulement leur destinée, mais aussi la conduite des générations futures et les conséquences que cette conduite créée. En d’autres mots, les fils de Jacob sont rappelés de la leçon que Jacob avait lui-même apprit récemment, que les actions présentes ont des résultats futurs et des répercussions. La déception de Jacob peut être vue dans ses deux fils, Siméon et Lévi. Les prophéties de Jacob rappellent ses fils que ce qu’ils sont aura tendance à former ce que la nation sera dans les années à venir. S’ils vivent des vies justes, cela sera une bénédiction pour les générations futures. S’ils sont impies, la nation en récoltera pareillement les conséquences :

« Tu ne te prosterneras pas devant de telles idoles et tu ne leur rendras pas de culte, car moi, l'Eternel, ton Dieu, je suis un Dieu qui ne tolère aucun rival: je punis les fils pour la faute de leur père jusqu'à la troisième et même la quatrième génération de ceux qui me haïssent, 

Si seulement ils pouvaient garder ces mêmes dispositions à me révérer et à suivre tous les jours tous mes commandements, afin qu'eux et leurs descendants soient heureux pour toujours.

    Va leur dire: Retournez dans vos tentes!

    Quant à toi, reste ici avec moi, et je te communiquerai tous les commandements, les ordonnances et les lois que tu leur enseigneras, afin qu'ils y obéissent dans le pays que je leur donne en possession.»

    Ayez donc soin de faire ce que l'Eternel votre Dieu vous a commandé, sans vous en détourner ni à droite ni à gauche.

    Suivez exactement le chemin que l'Eternel votre Dieu vous a prescrit, et vous vivrez heureux et vous jouirez d'une longue vie dans le pays dont vous allez prendre possession. » (Deutéronome 5:9, 29-33)

(3) Pourquoi Moïse a-t-il enregistré les paroles de Jacob ? Qu’est ce que les Israélites ont apprit de celles-ci ? La leçon pour ces Israélites était précisément celle que Jacob essaya d’apprendre à ses fils, que les actions d’aujourd’hui ont tendance à former le futur. Les premiers chapitres de Deutéronome (tels que Deut. 5:9, 29-33, cités ci-dessus) enregistrent les essais de Moïse de souligner l’importance de croire en Dieu et de LUI obéir, pour les bénédictions d’aujourd’hui et du futur.

(4) Pourquoi est-ce que Ruben, Siméon et Lévi sont réprimandés par leur père pour les péchés de leur passé pendant que Juda est grandement béni ? Genèse 38 nous apprend surement que Juda, comme ses frères, était coupable de mauvaise conduite. Mais il y a une grande différence entre Juda et Ruben (par exemple). On ne nous dit jamais que Ruben s’est repenti de son péché ou qu’il ait changé son attitude. Juda, quand il fit face à ses péchés, les confessa et y renonça :

« Juda les reconnut et s'écria:
   ---Elle est plus juste que moi; elle a fait cela parce que je ne l'ai pas donnée pour femme à mon fils Chéla.
   Il ne s'unit plus jamais à elle. » (Genèse 38 :26)

De plus, la réponse de Ruben à leur détresse en Egypte était de blâmer quelqu’un d’autre en disant à ses frères quelque chose dans le genre de, « Je vous l’avais bien dit » (verset 42:22). Juda, d’un autre coté, a prit toute la responsabilité pour la sécurité de Benjamin (43:8-10) et s’offrit lui-même en otage à la place de son petit frères (48:18).

Ces observations nous amènent au but de la prophétie de Jacob, et ainsi au but de toutes prophéties. Ici, nous pouvons trouver le sens de beaucoup de prophéties qui ont encore à être réalisées, aujourd’hui ou non.

Le But de la Prophétie

(1) La prophétie concentre notre attention sur les choses futures. Notre tendance est de vivre nos vies comme s’il n’y avait pas d’avenir. L’espoir d’Israël, tout comme le nôtre, était un espoir futur. L’ultime réalité n’est pas dans les choses qu’on peut voir, mais dans les choses qu’on ne peut pas voir. La foi concentre sur l’avenir plutôt que sur le présent :

« La foi est une façon de posséder ce qu'on espère, c'est un moyen d'être sûr des réalités qu'on ne voit pas. » (Hébreux 11:1)

Bien qu’à ce moment Jacob et ses fils vivaient confortablement en Egypte, il y avait un grand danger en plaçant leurs espoirs et leur confiance en ce que l’Egypte leur offrait. L’espoir d’Israël et la réalisation des promesses de Dieu reposaient à Canaan, non pas en Egypte. Les fils de Jacob doivent regarder l’avenir.

Nous non plus ne devons pas fixer nos espoirs sur les choses terrestres, dans l’argent, dans les plaisirs temporels de la vie, mais dans ces choses que Dieu a en réserve pour nous :

« Loué soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ. Dans son grand amour, il nous a fait naître à une vie nouvelle, grâce à la résurrection de Jésus-Christ d'entre les morts, pour nous donner une espérance vivante.

  Car il a préparé pour nous un héritage qui ne peut ni se détruire, ni se corrompre, ni perdre sa beauté. Il le tient en réserve pour vous dans les cieux,

  vous qu'il garde, par sa puissance, au moyen de la foi, en vue du salut qui est prêt à être révélé au moment de la fin. » (1 Pierre 1:3-5)

(2) Cependant la prophétie concentre non seulement sur le futur, mais sur vivre dans le présent à la lumière de l’avenir. Les promesses de Dieu à Abraham, Isaac, et Jacob étaient de promouvoir la pureté dans les vies des fils d’Israël, non pas la passivité et la complaisance. Les bénédictions futures (et les jugements) qui sont en réserve pour nous ont pour but d’encourager les Chrétiens de vivre en paix et dans la pureté :

« Mais le jour du Seigneur viendra comme un voleur. En ce jour-là, le ciel disparaîtra dans un fracas terrifiant, les astres embrasés se désagrégeront et la terre se trouvera jugée avec tout ce qui a été fait sur elle.

   Puisque tout l'univers doit ainsi se désagréger, quelle vie sainte vous devez mener et combien vous devez être attachés à Dieu,

   en attendant que vienne le jour de Dieu et en hâtant sa venue! Ce jour-là, le ciel en feu se désagrégera et les astres embrasés fondront.

   Mais nous, nous attendons, comme Dieu l'a promis, un nouveau ciel et une nouvelle terre où la justice habitera. » (2 Pierre 3:10-13)

Alors, c’était donc cela que Moïse a été incité à renoncer, aux plaisirs temporaires pour la gloire éternelle :

« Par la foi, Moïse, devenu adulte, a refusé d'être reconnu comme le fils de la fille du pharaon.

   Il a choisi de prendre part aux souffrances du peuple de Dieu plutôt que de jouir --- momentanément --- d'une vie dans le péché.

   Car, estimait-il, subir l'humiliation que le Christ devait connaître constituait une richesse bien supérieure aux trésors de l'Egypte: il avait, en effet, les yeux fixés sur la récompense à venir. » (Hébreux 11:24-26)

La prophétie est donc donnée non pour satisfaire notre curiosité, mais pour nous inciter à la pureté. Beaucoup de Chrétiens ont une obsession avec les prophéties, recherchant à remplir leurs diagrammes et à étaler le programme de Dieu pour le futur dans les détails les plus menus, comme s’il était question d’un puzzle à résoudre. J’ai bien peur qu’il soit possible pour nous de disséquer des moucherons prophétiques pendant que nous avalons des dinosaures bibliques. Bien que la prophétie ait des promesses futures, elle contient aussi des implications présentes qui ont pour intention de nous inciter à la pureté et à la piété.

Je dois faire une petite pause pour présenter une autre raison pour laquelle nous devons faire attention à essayer de tracer trop précisément la carte de tout le programme prophétique de Dieu.

Nous savons que bien que toutes les prophéties du premier avènement de notre Seigneur furent littéralement et exactement réalisées, personne, avant les faits, n’aurait pu prédire comment cela allait arriver. Bien que les détails de la prophétie étaient connus, le programme ne l’était pas. Osons-nous supposer que nous verrons le plan du second avènement de notre Seigneur plus précisément que les saints des jours anciens ne l’ont vu ? Faisons attention à la fixation sur les détails quand le but de la prophétie est la pureté.

(3) Pendant que nous pouvons être certains qu’une prédiction spécifique (comme la deuxième venue du Christ) sera réalisée aussi précisément et littéralement que celles de la première venue du Christ, des prophéties plus générales pourraient être données pour avertir les hommes de la possibilité de choses futures qui peuvent être évitées. Le jugement frappa Ninive, mais fut retardé (du point de vue humain) par la repentance (Jonas 3:5). Et bien que le jugement puisse tomber sur les autres, nous pourrions y échapper par l’acceptation de la grâce divine.

En général, nous pouvons dire que toutes les prophéties de Jacob ont été soit accomplies ou le seront dans le futur plan de Dieu qui se développera pour Israël. Pour les descendants des douze fils de Jacob, la prédiction était un avertissement de la possibilité de suivre les pas de leur père. Etant les fils de leur père, ils avaient les prédispositions aux péchés tout comme leurs ancêtres. Ces mots d’avertissement étaient aussi des mots d’espoir, par la grâce que Dieu fournissait, ils n’avaient pas à suivre les pas de leur père. L’avertissement du péché et de ses conséquences étaient destinés à détourner les hommes du péché vers le Messie, par Lequel la délivrance viendrait. Les fils de Jacob, comme Jacob lui-même, doivent attendre le salût de Dieu : « Je compte sur toi, Eternel pour accorder la délivrance » (verset 18).

Nous devrions aussi ajouter qu’aucune des bénédictions que Jacob prononça sur ses descendants ne fut réalisée séparément de la grâce divine. Personne ne peut hériter la grâce de leurs ancêtres, ils doivent personnellement l’accepter. Ce fut l’erreur de ceux du temps de Jésus :

« ---Nous, lui répondirent-ils, nous sommes la postérité d'*Abraham[e], nous n'avons jamais été esclaves de personne. Comment peux-tu dire: «Vous serez des hommes libres?»

    ---Vraiment, je vous l'assure, leur répondit Jésus, tout homme qui commet le péché est esclave du péché.

   Or, un esclave ne fait pas partie de la famille, un fils, lui, en fait partie pour toujours.

   Si donc c'est le Fils qui vous donne la liberté, alors vous serez vraiment des hommes libres. » (Jean 8:33-36)

Au point de vue national, les prophéties de Jacob étaient certaines ; elles étaient sûres d’être réalisées tôt ou tard dans cette tribu. Mais individuellement, une pouvait être l’exception à la règle des conséquences du péché ou le participant dans les promesses divines de bénédictions, en ayant confiance que le Messie allait venir.

Les Ecritures abondent dans les passages qui parlent des jours à venir de souffrance et de tourments éternels, de jugement et de condamnation :

« Je vis les morts, les grands et les petits, comparaissant devant le trône. Des livres furent ouverts. On ouvrit aussi un autre livre: le livre de vie. Les morts furent jugés, chacun d'après ses actes, suivant ce qui était inscrit dans ces livres.

    La mer avait rendu ses naufragés, la mort et le royaume des morts avaient rendu ceux qu'ils détenaient. Et tous furent jugés, chacun conformément à ses actes.

    Puis la mort et le séjour des morts furent précipités dans l'étang de feu. Cet étang de feu, c'est la seconde mort.

    On y jeta aussi tous ceux dont le nom n'était pas inscrit dans le livre de vie. » (Apocalypse 20:12-15)

Bien que certains feront certainement face à ce jugement, probablement pas vous. La prophétie telle que celle-là est écrite pour que vous vous détourniez du péché et du jugement vers Jésus Christ et le salut IL offre à tous ceux qui auront confiance :

« Oui, Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils, son unique, pour que tous ceux qui placent leur confiance en lui échappent à la perdition et qu'ils aient la vie éternelle.

    En effet, Dieu a envoyé son Fils dans le monde non pas pour condamner le monde, mais pour qu'il soit sauvé par lui. » (Jean 3:16-17)

En reconnaissant vos péchés et le jugement que vous méritez, en ayant personnellement confiance que Jésus Christ est le Messie et le Sauveur, vous pourriez éviter le jugement à venir et vivre dans la pureté et dans l’espérance de la promesse de Dieu de l’espoir béni :

« Puis je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre avaient disparu, et la mer n'existait plus.

   Je vis la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, descendre du ciel, d'auprès de Dieu, belle comme une mariée qui s'est parée pour son époux.

   Et j'entendis une forte voix, venant du trône, qui disait:
      Voici la Tente de Dieu avec les hommes. Il habitera avec eux; ils seront ses peuples et lui, Dieu avec eux, sera leur Dieu.

   Il essuiera toute larme de leurs yeux. La mort ne sera plus et il n'y aura plus ni deuil, ni plainte, ni souffrance. Car ce qui était autrefois a définitivement disparu. » (Apocalypse 21:1-4)

Pour le non croyant, le but de la prophétie est de l’avertir du prix du péché. Pour le chrétien, le but de la prophétie est de le motiver à vivre cette vie dans la pureté et l’espoir, assuré que Dieu a encore de plus grandes bénédictions en réserve pour ceux qui LUI font confiance et LUI obéissent.


104 “To such an attempt it is important to premise the following remarks: (1) That these blessings or announcements have respect mainly to posterity not to the persons of the twelve sons of Jacob. (2) That, consequently, the materials of a just interpretation are to be sought for in the subsequent history of these tribes. It is only from the documents furnished in the sacred record, that the leading characteristic traits, and the most important events related of each tribe, can be determined, and the appropriateness of the predictions clearly made out. (3) That the fulfillment of these blessings is to be traced not in any one event, or in any single period of time, but in a continuous and progressive series of accomplishments, reaching down to the latest era of the Jewish polity” George Bush, Notes on Genesis (Minneapolis: James Family Christian Publishers, ((Reprint)) 1979), II, p. 385.

105 In the case of Zebulun, he did not and has not, as yet, possess land on the coast.

106 Blessings were prophesied through Messiah in verse 10, but this is still not very specific.

107 Reuben’s loss of the rights of the first-born was immediate, but the pre-eminence of Judah did not occur immediately. It was partially realized under David, and will be fully so under Messiah, when He comes.

108 It was Joseph who had pre-eminence over his brothers for the remainder of his life, not Judah. Only later would Judah rise to the position of preeminence.

109 “On the precise meaning of this clause it is still unsafe to dogmatize. Shiloh (AV, RV) is not elsewhere a biblical title of the Messiah, nor has it any clear meaning as a word. The alternative construction, ‘until he comes to Shiloh,’ corresponds to no Messianic event. But an early variant, revocalizing a shortened spelling of the consonants as selloh, yields either ‘till what is his comes’ (i.e. ‘till Judah’s full heritage appears’; cf. LXX) or ‘until he comes, to whom [it belongs]’ (cf. RSV). The latter, elliptical though it is, seems to be taken up and interpreted by Ezekiel 2l:26f. (MT. 31 f.) in words addressed to the last king of Judah: ‘Remove the mitre, and take off the crown . . . until he comes whose right it is: and I will give it to him.’ Here is the best support for the Messianic content which Jewish and Christian exegesis has found in the saying from earliest times2” Derek Kidner, Genesis: An Introduction and Commentary (Chicago: Inter-Varsity Press, 1967), p. 218.

110 Ibid, p. 219.

111 “Four of the six Hebrew words of this verse consist of God’s name and of word-plays on it. This may indicate that AV was right to translate it ‘a troop’ in 30:11; but puns can go by sound as well as sense (cf. the Hebrew of Is. 10:30: ‘poor Anathoth’).” Ibid, p. 220.

112 Ibid.

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