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La Présence de Dieu Avec Son Peuple (Exode 33:12-17)

Introduction

A plusieurs reprises, j’ai considéré garder un journal spirituel comme certains saints d’autrefois l’ont fait. Le plus grand problème que j’avais, en plus de la discipline que cela demande, est que je déteste mettre mes pensées sur le papier. Imaginez, pour un moment, la possibilité d’avoir toutes vos prières enregistrées, et puis publiées pour que tout le monde puisse les lire. Je peux vous dire que rien que d’y penser, j’attrape des sueurs froides.

Je suis assez réaliste pour savoir que toutes les prières de Moïse n’étaient pas dignes d’être publiées non plus, mais la prière que nous trouvons dans notre passage est certainement digne de l’être, à la fois pour notre étude de ce message, et pour l’imiter dans notre vie spirituelle. C’est une des plus nobles prières de l’Ancien Testament. Il y a une urgence dans cette prière de Moïse, à cause du grand péché qu’Israël venait juste de commettre en son absence.

Moins de 40 jours après avoir prêter serment de respecter la Loi que Dieu leur avait donnée depuis le sommet du mont Sinaï, les Israélites avaient déjà brisée leur parole en vénérant le veau d’or qu’Aaron avait construit à leur demande (Exode 32:1-6). Dieu était tellement en colère par leur rébellion et leur immoralité qu’il menaça d’exterminer la nation tout entière, la remplaçant par une nouvelle nation qui viendrait des descendants de Moïse (Exode 32:7-10). Moïse implora Dieu d’épargner ce peuple, pour qu’Il réalise Ses promesses à Abraham, Isaac, et Jacob, et ainsi Dieu permit au peuple de vivre (32:11-14).

Descendant de la montagne, Moïse brisa les tablettes de pierre sur lesquelles les Dix Commandements étaient écrits, signifiant qu’Israël avait brisé son alliance avec Dieu. Il détruit aussi l’idole, la brula, puis la réduisit en poudre fine, qu’il fit boire au peuple (32:15-20). Aaron fut donc réprimandé et les fidèles Lévites tuèrent 3 000 de leurs compatriotes israélites, qui avait refusé d’engager leur fidélité à Dieu (32:21-29). Moïse intercéda auprès de Dieu pour le peuple, mais Dieu les avertit qu’à l’avenir, un jour de jugement viendrait pour cette génération (32:30-35). Néanmoins, Dieu réaliserait Sa promesse de donner la terre à Israël. Il enverrait Son ange pour guider le peuple jusqu'à Canaan.

Dans le chapitre 23, Dieu clarifie la brève déclaration de 32:34, disant à Moïse de partir et d’emmener Israël à Canaan. Il explique de plus qu’Il allait rester à une certaine distance, plutôt que de résider au milieu du camp (33:1-3). A ces paroles, les Israélites se repentirent, enlevant leurs bijoux d’or comme Dieu les avait instruit par Moïse (vs. 4-6). Les versets 7-11 décrivent la « Tente de la Rencontre », cette Tente qui était dressée « à l’extérieur du camp » à une bonne distance (33:7), où les Israélites pouvaient aller pour découvrir Dieu, et où Moïse allait pour communiquer avec Lui. Quand Moïse sortait de sa tente, le peuple se levait en respect, puis vénéraient à l’entrée de leurs tentes. Quand Moïse entrait dans la Tente, la présence de Dieu était manifestée à l’entrée de la Tente.

La médiation de Moïse avait jusqu’ici « persuadé » Dieu de revenir sur Sa décision d’exterminer la population entière des Israélites. De plus, elle a resulté en la promesse de Dieu d’amener Israël dans la terre promise de Canaan. Elle a même réussi à minimiser l’éloignement de Dieu, au point que Dieu se manifesta Lui-même maintenant à la nation à l’extérieur du camp. Mais Moïse ne sera pas satisfait avant que Dieu soit intimement présent, dans sa propre vie, et dans les vies du peuple que Dieu l’a appelé à guider. Cette intimité sera assurée à Moïse dans le texte que nous considérerons dans cette leçon. Notre texte décrira une des prières d’intercession de Moïse, qui je crois, fut prononcée dans la « Tente de la Rencontre ». Cette prière est un modèle de prières pour les Chrétiens aujourd’hui, tout comme un moyen divinement fournit pour le rétablissement de la nation Israël. Ecoutons bien ces paroles majestueuses de Moïse, le médiateur.

La structure du reste du chapitre 33 d’Exode est interessant et informatif. Il y a en fait trois sections : versets 12-14, et 15-17, et 19-23. Chaque section commence avec une requête de Moïse dans laquelle il demande quelque chose de Dieu. La section se termine avec la réponse de Dieu. La réponse de Dieu devient la base pour la requête suivante de Moïse, jusqu'à ce qu’il soit assuré de la présence de Dieu au milieu de Son peuple. Une fois que c’est fait, Moïse fait une demande personnelle pour voir la gloire de Dieu. J’ai arrangé le texte pour illustrer la structure du passage :

« Moïse dit à l'Eternel:
   ---Ecoute96, tu me demandes de conduire ce peuple, mais tu ne me fais pas connaître qui tu enverras pour m'accompagner! Pourtant tu m'avais dit: «Je t'ai choisi personnellement et tu jouis de ma faveur.»

  Eh bien! si réellement j'ai obtenu ta faveur, veuille me révéler tes intentions et fais-toi connaître à moi. Alors j'aurai vraiment ta faveur. Et puis, considère aussi que cette nation-là, c'est ton peuple!

  Dieu répondit:
   ---Je marcherai moi-même avec toi, et je te donnerai une existence paisible.

  Moïse reprit:
   ---Si tu ne viens pas toi-même avec nous, ne nous fais pas quitter ce lieu.

  A quoi reconnaîtra-t-on que j'ai obtenu ta faveur pour moi et pour ton peuple, sinon si tu marches avec nous, et si nous sommes ainsi distingués, moi et ton peuple, de tous les autres peuples sur la terre?

  Alors l'Eternel répondit à Moïse:
   ---Parce que tu jouis de ma faveur et que je t'ai choisi personnellement, je t'accorde aussi ce que tu viens de me demander.

  Là-dessus Moïse reprit:
   ---Permets-moi de contempler ta gloire!

  Et Dieu lui répondit:
   ---C'est ma bonté tout entière que je veux te montrer et je proclamerai devant toi qui je suis. Je ferai grâce à qui je veux faire grâce, j'aurai pitié de qui je veux avoir pitié.

  Mais tu ne pourras pas voir ma face, car nul homme ne peut me voir et demeurer en vie.

  L'Eternel dit encore:
   ---Il y a ici un lieu tout près de moi; tiens-toi debout sur le rocher,

  et quand ma gloire passera, je te mettrai dans le creux du rocher et je te couvrirai de ma main, jusqu'à ce que j'aie passé.

  Puis je retirerai ma main et tu me verras de dos, mais personne ne peut voir ma face. »

La Première Rêquete de Moïse (33:12-14)

Pour un moment, il sembla que l’histoire d’Israël se terminerait abruptement avec un point. Leur campement de près d’un an à mont Sinaï se termina presque par une destruction totale de la nation, due à leur vénération du veau d’or. Maintenant, dû à la médiation de Moïse, ce séjour ressemble plus à une virgule dans la saga du voyage d’Israël vers Canaan. Due à l’intervention de Moïse et à la fidélité de Dieu à Son alliance, il y a quand même de l’avenir pour la nation. Ainsi, Dieu ordonne à Moïse de se tenir prêt et au peuple de lever le camp et de guider la nation vers Canaan.

D’un coté cet ordre n’est pas nouveau du tout. C’est impliqué dans la formation de la phrase du verset 12, qui est bien exprimée par la New International Version, « You have been telling me… ». Le temps (Plus-que-parfait) suggère que Dieu avait donné à Moïse le commandement de guider Israël jusqu'à Canaan depuis un certain temps. Cela a été le cas. Il fut donné la première fois dans le chapitre 3 d’Exode, où Dieu dit à Moïse,

« Va donc maintenant: je t'envoie vers le pharaon, pour que tu fasses sortir d'Egypte les Israélites, mon peuple. »

Le même ordre a été réitéré récemment dans le chapitre 32, verset 34 :

« Maintenant va, conduis le peuple là où je t'ai dit. »

Contrairement au premier appel de Moïse, dans les chapitres 3 et 4, Moïse n’est pas aussi troublé par ce qu’il lui a été dit que par ce qu’il ne lui fut pas dit. Dieu a clairement commandé Moïse de guider les Israélites vers Canaan. Cependant, Il n’a pas dit à Moïse qui Il enverrait avec lui.

Cela aurait pu être un sujet très sérieux pour Moïse. S’il avait de bonnes raisons d’être inquiet à propos de faire face, seul, à Pharaon et aux Israélites la première fois qu’il fut appelé (chapitres 3 et 4), il avait encore plus de raisons d’être inquiet maintenant. Moïse n’avait plus besoin d’avoir peur de faire face à un puissant Pharaon en colère, mais il devait réfléchir à propos de tous les Cananéens à qui il devrait faire face et combattre. Il avait déjà eu un aperçu de ça dans la guerre avec les Amalécites dans le chapitre 17, une guerre gagnée seulement par la domination des prières. Maintenant, Moïse se rendait encore plus compte à quel point les Israélites étaient rebelles et entêtés. Et Aaron, qui initialement fut un tel réconfort pour lui, n’avait jusqu'à présent été qu’un handicap, car il n’a servi qu’à faciliter l’idolâtrie des Israélites en son absence. Et l’alliance avec Moïse, qui, au début, leur donna un tel espoir, était reconnue ne donner qu’une malédiction, et ne promettait pas de bénédictions, due à la perversité du peuple.

Pas étonnant que Moïse fut inquiet à propos d’aller vers Canaan. Et pas étonnant que Moïse veuille juste savoir qui allait aller avec lui, comme Dieu l’avait promit :

« … mais tu ne me fais pas connaître qui tu enverras pour m'accompagner! » (Exode 33:12)

Le terme « ange », comme quelqu’un me rappelait la semaine dernière, est un terme générique, voulant dire « messager ». Ainsi, quand nous lisons le terme « ange », nous ne devrions pas nous permettre de penser de façon stéréotypée, une créature féminine apparaissant dans une robe blanche, flamboyante, et ayant des ailes. Sentant l’imprécision que le terme amenait, Moïse aimerait bien une identification plus précise de ce « messager » que Dieu allait envoyer avec lui pour guider les Israélites. Après les désappointements que Moïse avait essuyés avec Aaron, qui pourrait le blâmer pour être appréhensif en ce qui concernait ce « messager » ?

Moïse n’a pas encore demandé quelque chose de spécifique. Cela, il le fera dans le verset 13. Mais d’abord il posera une fondation plus substantielle pour sa demande. Il rappella à Dieu qu’Il lui avait dit,

« Je t'ai choisi personnellement et tu jouis de ma faveur. » (verset 12)97

Ces deux phrases ne sont pas enregistrées avant maintenant. Manifestement Dieu dit des choses à Moïse qu’il n’a pas enregistré pour que tout le monde puisse les lire. Essentiellement, ces deux phrases assurent Moïse qu’il jouit toujours de la faveur de Dieu. C’est seulement sur la base de la faveur de Dieu que quelqu’un ose Lui faire une requête. Ainsi, puisque Moïse fut divinement choisi (« Je t'ai choisi personnellement ») pour être l’objet de Sa faveur (« tu jouis de ma faveur »), Moïse n’avait pas de problèmes (en fait, c’était hardi) à faire une requête:

« Eh bien! Si réellement j'ai obtenu ta faveur, veuille me révéler tes intentions et fais-toi connaître à moi. Alors j'aurai vraiment ta faveur. Et puis, considère aussi que cette nation-là, c'est ton peuple! » (v. 13)

Notre compréhension de la requête de Moïse ici sera plus claire en faisant plusieurs observations concernant le texte.

(1) Il y a de l’audace dans la requête de Moïse.

(2) La requête de Moïse est basée sur la parole de Dieu. Moïse va du connu à l’inconnu, de, « conduit ce peuple… » à, « tu ne me fais pas connaître qui tu enverras pour m'accompagner! » De ce que Dieu a répondu à une demande, basé sur ce que Dieu a répondu. Ainsi, Moïse rappelle à Dieu ce qu’Il a dit, « Je t'ai choisi personnellement », et « tu jouis de ma faveur », et demande alors à Dieu de le laisser contempler Sa gloire.

(3) La base de la requête de Moïse et pour son audace était son statut privilégié avec Dieu.

(4) La requête de Moïse avait, à la fois comme sa base et comme son but, la faveur de Dieu. Moïse demanda à Dieu de contempler Sa gloire parce qu’il fut choisi pour recevoir Sa faveur, et parce qu’il désirait continuer dans Sa faveur.

(5) La requête de Moïse avait deux buts : Premièrement, que Dieu fasse connaître Ses intentions à Moïse, et deuxièmement, que Dieu accepte Israël comme Son peuple. La première requête était plus personnelle, la seconde, plus publique ou d’une nature plus collective. Nous considèrerons les deux requêtes.

Premièrement, Moïse demandait que Dieu lui révèle Ses intentions (v. 13). Notre compréhension de cette requête dépend de notre définition du terme « intentions ». Quelles « intentions » est-ce que Moïse voulait connaitre ici ? Certains ont suggéré que Moïse voulait savoir le « chemin » de Canaan.98 Voulant dire, Moïse ne voulait pas seulement savoir quelle personne Dieu allait lui envoyer, mais aussi le plan que Dieu avait pour son peuple. Cela, cependant, ne correspond que difficilement à la définition du terme « intentions » qui est utilisé concernant Moïse et Israël. Considérez les textes suivants :

« O Eternel, montre-moi le chemin,
      enseigne-moi quelle est la voie que tu veux que je suive.

   Dirige-moi selon ta vérité et instruis-moi!
      Car c'est toi le Dieu qui me sauve,
      et je m'attends à toi à longueur de journée. » (Ps. 25:4-6)

« Toutes les voies de l'Eternel sont amour et fidélité
      pour ceux qui sont fidèles à son alliance et obéissent à ses commandements. » (Ps. 25:10)

« Pendant quarante ans, j'ai éprouvé du dégoût pour cette génération,
      et j'ai dit alors: C'est un peuple qui s'égare,
      et qui ne fait aucun cas des voies que je lui prescris.

   
   C'est pourquoi, dans ma colère, j'ai fait ce serment:
      Ils n'entreront pas dans mon repos.» » (Ps. 95:10-11)

« L'Eternel intervient pour redresser les torts
      et il défend les droits de tous les opprimés.

   Il a manifesté ses desseins à Moïse
      et montré ses hauts faits au peuple d'Israël. » (Ps. 103:6-7)

« Des nations nombreuses viendront et se diront les unes aux autres:
      «Venez, montons au mont de l'Eternel,
      au Temple du Dieu de Jacob!
      Il nous enseignera les voies qu'il a prescrites,
      nous suivrons ses sentiers.»
      Car de Sion viendra la Loi,
      et de Jérusalem, la Parole de l'Eternel. » (Michée 4:2 ; Esaïe 2:3)

Je comprends que Moïse cherche à connaître Dieu encore plus intimement qu’il ne Le connaisse déjà. Qu’il désire connaître le caractère de Dieu, comme il est reflété dans Ses façons de faire les choses. Connaître les voies de Dieu est ainsi connaître Dieu, et pour mieux comprendre comment une personne devrait vivre de façon à faire plaisir à Dieu. 99

Deuxièmement, Moïse demanda à Dieu de considérer les Israélites comme Son peuple. Depuis que les Israélites avaient choisi de vénérer le veau d’or plutôt que Lui, Dieu fait allusion à ce peuple comme étant le peuple de Moïse:

« L'Eternel dit à Moïse:
   ---Va, redescends, car ton peuple que tu as fait sortir d'Egypte se conduit très mal. » (Exode 32:7)

Moïse veut invalider cela. Il veut que Dieu regarde les Israélites comme Son peuple choisi. Donc, il fait cette requête. La réponse de Dieu à la requête de Moïse est enregistrée dans le verset 14 :

« Dieu répondit:
   ---Je marcherai moi-même avec toi, et je te donnerai une existence paisible. » (Exode 33:14)

Il y a un encouragement formidable ici. Dieu assure Moïse qu’Il seraipersonnellement présent avec lui lorsqu’il guidera les Israélites à Canaan. Le messager que Dieu a promit qu’Il enverrait était donc l’ « ange de la présence de Dieu » (Esaïe 63:9). Dieu promit à Moïse les moyens d’amener les Israélites à Canaan. De plus, Il promit à Moïse qu’à la fin, les Israélites vivant en sécurité à Canaan, serait une réalité. Cela est indiqué par l’expression « existence paisible » comme elle est utilisée ici et ailleurs dans l’Ancien Testament :

« Vous allez traverser le Jourdain et vous habiterez le pays que l'Eternel votre Dieu vous donne comme patrimoine; il vous fera connaître une existence paisible en vous délivrant de tous les ennemis qui vous entourent, et vous habiterez en toute sécurité dans le pays.

   Alors l'Eternel votre Dieu choisira un lieu pour y faire habiter son nom; c'est là que vous apporterez tout ce que je vous ordonne: vos holocaustes, vos sacrifices, vos dîmes et vos offrandes prélevées sur le produit de votre travail et toutes les choses excellentes que vous offrirez à l'Eternel pour accomplir vos vœux. » (Deut. 12:10-11)

« Maintenant, l'Eternel votre Dieu a accordé à vos compatriotes une existence paisible dans le pays, comme il le leur avait promis. Vous pouvez donc maintenant partir et rentrer dans le pays qui vous appartient et que Moïse, serviteur de l'Eternel, vous a donné en propriété de l'autre côté du Jourdain. » (Josué 22:4)

« Une longue période s'écoula après que l'Eternel eut accordé aux Israélites de vivre sans être inquiétés par aucun ennemi autour d'eux, et Josué était devenu très vieux. » (Josué 23:1)

Presque toujours dans la Bible, « existence paisible » transmet le concept de mettre fin à une mauvaise chose, un ennemi, une hostilité ou adversité. Quand Dieu promit à Moïse « une existence paisible », Il l’assura que ces choses, dont Moïse devait avoir le plus peur, seraient vaincues, et que la tâche que Dieu lui avait ordonnée de faire serait complétée.

La Seconde Requête de Moïse (33:15-17)

Les paroles de Dieu auraient dû être un grand encouragement pour Moïse, mais elles le ne furent pas ce que Moïse attendait pour les Israélites. L’assurance de la présence de Dieu et de « vie paisible » n’étaient spécifiques que pour Moïse, pas pour la nation. Quand Dieu assura Moïse, « Je marcherai moi-même avec toi » (v. 14), les mots « avec toi » furent ajoutés par les traducteurs (non pas par ce traducteur de langue française). Le « te » (et je te donnerai une existence paisible) est singulier. Ainsi, l’assurance de la présence de Dieu et de « vie paisible » ne sont seulement garantis qu’à Moïse, pas à la nation d’Israël dans son entièreté. Dans la requête de Moïse, versets 15 et 16, il recherchait cette assurance pour la nation.

Moïse commença par demander à Dieu de ne pas emmener la nation de Sinaï si Sa présence ne les accompagnait pas (v. 15).100 Puis Moïse argumenta la nécessité de la présence de Dieu avec Israël. Il résonna que la seul chose qui distinguait le peuple de Dieu de tous les autres peuples du monde était Sa présence parmi eux :

« A quoi reconnaîtra-t-on que j'ai obtenu ta faveur pour moi et pour ton peuple, sinon si tu marches avec nous, et si nous sommes ainsi distingués, moi et ton peuple, de tous les autres peuples sur la terre? » (v. 16)

Remarquez comment Moïse se lie lui-même deux fois avec Israël. Il ne veut pas profiter seul de la faveur de Dieu, alors que la destinée d’Israël est en jeu. La présence de Dieu, il affirme, ne devrait pas être seulement avec lui, mais aussi avec eux tous. La réponse de Dieu cette fois assure Moïse qu’Il sera présent avec Israël, ainsi qu’avec lui :

« ---Parce que tu jouis de ma faveur et que je t'ai choisi personnellement, je t'accorde aussi ce que tu viens de me demander. » (v. 17)

Bien que Dieu accorda la requête de Moïse, c’était seulement dû à la faveur que Dieu lui portait, pas dû aux bonnes choses qu’Israël fit dans son passé. L’avenir d’Israël est totalement dépendant de Moïse, et de sa position avec Dieu.

Conclusion

Il y a beaucoup d’applications pour ce message,101 mais puisque c’est Pâques, je veux concentrer sur la présence de Dieu, comme elle est liée à la venue, la vie, la mort, l’enterrement, la résurrection, et l’ascension de Jésus Christ. C’est seulement en Christ que la présence de Dieu parmi les hommes est assurée.

La promesse que Dieu venait de faire à Moïse en est une merveilleuse. Dieu a assuré Moïse qu’Il ne serait pas présent avec lui personnellement, mais Il sera avec Son peuple, Israël. Cependant, cela pose un problème, basé sur les paroles de Dieu dans ce chapitre :

« Il vous conduira dans un pays ruisselant de lait et de miel. Pour moi, je n'irai pas au milieu de vous, car vous êtes un peuple rebelle et je pourrais être amené à vous exterminer pendant le voyage. » (Exode 33:3)

Le problème est celui-ci : COMMENT UN DIEU SAINT PEUT-IL ETRE PRESENT AVEC UN PEUPLE PERVERS, ET NE PAS LES DETRUIRE ? Ce que Dieu dit dans le verset 3 est encore vrai aujourd’hui. La présence d’un Dieu saint au milieu d’un peuple pervers est extrêmement dangereuse pour le peuple. Il doit y avoir une solution pour les péchés du peuple, de peur que Dieu ne les détruise.

Dans l’Ancien Testament, le Tabernacle et le système sacrificiel étaient les provisions temporaires de Dieu pour les péchés du peuple. Les péchés du peuple n’étaient pas oubliés, mais ils étaient différés, jusqu’au temps où les péchés pourraient une fois pour toutes être remédiés et enlevés par Christ (Romains 3:25). Avec ces provisions temporaires pour les péchés, le privilège le plus haut et les bénédictions des Israélites, furent reconnues comme étant la présence de Dieu, ce qui fut particulièrement réconfortante pendant les temps d’adversité et d’affliction :

« L'Eternel est mon berger.
      Je ne manquerai de rien.

  Grâce à lui, je me repose dans des prairies verdoyantes,
      et c'est lui qui me conduit au bord des eaux calmes.

   
  Il me rend des forces neuves,
     et, pour l'honneur de son nom,
      il me mène pas à pas sur le droit chemin.

  Si je devais traverser la vallée où règnent les ténèbres de la mort,
      je ne craindrais aucun mal, car tu es auprès de moi:
      ta houlette me conduit et ton bâton me protège.

  Pour moi, tu dresses une table
      aux yeux de mes ennemis,
      tu oins de parfums ma tête,
      tu fais déborder ma coupe.

  Oui, toute ma vie,
      ta bonté et ton amour m'accompagneront
      et je pourrai retourner au temple de l'Eternel
      tant que je vivrai. » (Ps. 23)

« Oui, quand j'avais le cœur amer
      et tant que je me tourmentais,

   j'étais un sot, un ignorant,
      je me comportais avec toi comme une bête sans raison.

   Mais je suis toujours avec toi,
      et tu m'as saisi la main droite,

   selon ton plan, tu me conduis,
      puis tu me prendras dans la gloire.

   Qui ai-je au ciel, si ce n'est toi?
      Et ici-bas que désirer, car je suis avec toi?

   Mon corps peut s'épuiser et mon cœur défaillir,
      Dieu reste mon rocher, et mon bien précieux pour toujours.

   Qui t'abandonne se perdra,
      et tu anéantiras tous ceux qui te sont infidèles.

   Tandis que mon bonheur à moi, c'est d'être toujours près de Dieu.
      Oui, j'ai placé dans le Seigneur, dans l'Eternel, mon sûr refuge,
      et je raconterai ses œuvres. » (Ps. 73:21-28)

Les deux psalmistes, David (Ps. 23) et Asaph (Ps. 73), ont trouvé beaucoup de réconfort et de consolation dans l’assurance de la présence de Dieu dans le présent, spécialement dans l’adversité. Cependant, au-delà de ça, tous les deux anticipaient être avec Dieu, dans Sa présence pendant l’éternité, après la mort. Ceci était l’apogée de l’espoir d’Israël dans l’Ancien Testament. C’est aussi l’apothéose de l’espoir du Nouveau Testament.

Au tout début du Nouveau Testament, dans le premier chapitre de l’Evangile de Matthieu, nous lisons les paroles d’un ange du Seigneur, dit à Joseph, quand il apprit que Marie, sa future femme, était enceinte, et qu’il considérait rompre ou non les fiançailles.

« ---Joseph, descendant de David, ne crains pas de prendre Marie pour femme, car l'enfant qu'elle porte vient de l'Esprit Saint.

   Elle donnera naissance à un fils, tu l'appelleras Jésus. C'est lui, en effet, qui sauvera son peuple de ses péchés.

   Tout cela arriva pour que s'accomplisse cette parole du Seigneur transmise par le prophète:

      Voici, la jeune fille vierge sera enceinte.
      Et elle enfantera un fils
      que l'on appellera Emmanuel,
      ce qui veut dire: Dieu est avec nous. » (Matt. 1:20-23)

Dieu est avec nous ! C’était le nom de l’enfant Christ. La présence de Dieu avec Son peuple ne pouvait être plus réelle, plus intime qu’elle était au moment de Son incarnation. Ainsi, l’apôtre Jean pouvait écrire,

« Celui qui est la Parole est devenu homme et il a vécu parmi nous. Nous avons contemplé sa gloire, la gloire du Fils unique envoyé par son Père: plénitude de grâce et de vérité! » (Jean 1:14)

« Nous vous annonçons le message de celui qui est la vie. Nous vous annonçons ce qui était dès le commencement: nous l'avons entendu, nous l'avons vu de nos propres yeux, nous l'avons contemplé et nos mains l'ont touché. ---

  Celui qui est la vie s'est manifesté: nous l'avons vu, nous en parlons en témoins et nous vous annonçons la vie éternelle qui était auprès du Père et qui s'est manifestée pour nous. ---

  Oui, ce que nous avons vu et entendu, nous vous l'annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Or, la communion dont nous jouissons est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ.» (1 Jean 1:1-3)

Dieu était physiquement présent en la personne de Jésus Christ, Jean écrivait, et donc communiquer avec Dieu était possible par Lui. Dieu était vraiment présent en la personne de Son Fils, Jésus Christ.

Par Son enseignement et Ses miracles, beaucoup reconnurent que Dieu était présent en la personne du Christ. Mais, comme le temps passa, il devint apparent que beaucoup ne voulaient pas que Dieu soit présent avec eux. Comme l’opposition augmentait et le temps de Son départ approchait, le Seigneur commença à parler de Son « départ », et de la venue du « Défenseur » (Jean 14:25-31 ; 16:7). Cependant ces paroles ne furent pas réconfortantes à ce moment. Elles ne le seraient pas jusqu'à la venue du Saint Esprit à la Pentecôte.

Quand le Seigneur Jésus fut crucifié et placé dans la tombe, les disciples furent bouleversés. Leurs espoirs de la présence de Dieu demeurant pour toujours parmi eux furent momentanément détruits. Comme un d’eux dit à Jésus, ne sachant pas qui Il était,

« Nous avions espéré qu'il était celui qui devait délivrer Israël. Mais hélas! Voilà déjà trois jours que tout cela est arrivé. » (Luc 24:21)

La profondeur du désespoir des disciples ne put qu’être imaginée. Celui en qui Dieu était présent avait disparu.

La vue du Seigneur ressuscité fut certes une joie immense pour ceux qui L’aimaient. Mais il était apparent que les choses n’allaient pas être comme elles avaient été pendant les trois années de Son ministère public. Cela fut évident dans Ses paroles à Marie, qui chercha à s’accrocher à Lui quand Il lui apparut près de la tombe :

« ---Ne me retiens pas, lui dit Jésus, car je ne suis pas encore monté vers le Père… » (Jean 20:17)

Il y avait quelque chose de différent à propos de la relation de notre Seigneur avec Ses disciples, car Il ne vivait plus parmi eux, comme Il l’avait fait auparavant, mais Il leur apparaissait seulement de temps en temps pendant ces jours entre Sa résurrection et Son ascension. Ainsi, il y avait un long désappointement et abasourdissement parmi les disciples, comme il peut être vu par la décision de Pierre d’ « aller pêcher » (Jean 21:3). La joie des disciples ne revint pas avant la Pentecôte, en fait, une joie plus grande fut ressentie, car maintenant, en la Personne du Saint Esprit, Dieu vint demeuré non seulement parmi Son peuple, mais en eux. Le Saint Esprit servit d’intermédiaire pour la présence de Dieu en ce temps, pour que notre intimité avec Dieu soit même plus grande que celle des disciples. C’est J.I. Packer qui déclara cela peut-être plus clairement qu’aucun autre écrivain depuis que le Nouveau Testament ne fut écrit :

« Quelle est l’essence, le cœur, et la base du travail de l’Esprit aujourd’hui ? Quel est l’élément central dans son ministère diversifié ? Y a-t-il une activité de base à laquelle son travail d’autorisation, d’habilitation, de purification, et de présentation doit être liée pour être complètement comprit ? Y a-t-il une seule stratégie divine qui unit toutes ces facettes de son action de don de vie comme moyen pour arriver à la fin ? »

Je crois qu’il y en a une, et maintenant je vais offrir mon point de vue – une vue que je concentre… en termes de l’idée de présence. Par cela je veux dire, l’Esprit fait connaître la présence personnelle dans et avec le Chrétien et l’église du Sauveur élevé, qui règne, le Jésus de l’Histoire, qui est le Christ de la foi.102

Ainsi, la présence de Dieu peut être plus intimement la nôtre qu’elle n’a jamais été avant. Cependant, il y aura un jour quand la présence de Dieu sera encore plus intime et précieuse. Il commencera avec la venue de notre Seigneur pour le Sien :

« En effet, au signal donné, sitôt que la voix de l'archange et le son de la trompette divine retentiront, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et ceux qui sont morts unis au Christ ressusciteront les premiers.

   Ensuite, nous qui serons restés en vie à ce moment-là, nous serons enlevés ensemble avec eux, dans les nuées, pour rencontrer le Seigneur dans les airs. Ainsi nous serons pour toujours avec le Seigneur. » (1 Thess. 4:16-17)

Dans la seconde épitre de Paul aux Thessaloniciens, le mot « apparition » (2 Thess. 2 :8,9) est littéralement le terme « présence », comme cela peut être vu par la note marginale de la version New American Standard Bible. Quand Il reviendra, ce sera pour manifester une présence encore plus intime, une présence qui surpassera tout ce que l’homme n’a jamais connu, même Moïse. Bien que Moïse ne fut pas permit de voir la « face de Dieu » (Exode 33:23), tous ceux qui connaissent Dieu par Jésus Christ verront Sa face aux cieux :

« Il n'y aura plus aucune malédiction. Le trône de Dieu et de l'Agneau sera dans la ville. Ses serviteurs lui rendront un culte:

   ils verront sa face et porteront son nom sur leurs fronts. » (Apocalypse 22:3-4)

Quel privilège est le nôtre maintenant, d’être la demeure du Saint Esprit ! Quel privilège il sera un jour, quand nous serons avec Dieu autour de Son trône, et de voir Sa face. Cependant, ce privilège ne sera pas pour tout le monde, mais seulement pour ceux dont la foi est en Jésus Christ. La Loi fournit une provision temporaire pour les péchés des hommes, pour que Dieu puisse vivre parmi eux, dans le Tabernacle. Jésus Christ est venu sur terre, pour réaliser parfaitement les exigences de la Loi, et pour mourir en accordance avec la Loi pour porter la pénalité pour les péchés de tous ceux qui croyaient en Lui. Ainsi, une provision permanente pour les péchés a été accomplie, et les hommes pourront demeurer en présence de Dieu pour toujours.

Pour ceux qui ne croient pas en Lui, la les attend une certitude redoutée d’une éternité qui sera à passer bannie de la béatitude de Sa présence :

« Ils auront pour châtiment une ruine éternelle, loin de la présence du Seigneur et de sa puissance glorieuse » (2 Thess. 1:9)

Ma prière est qu’en cette Pâques, chacun d’entre nous déterminerons, comme Moïse, de ne pas faire un seul pas avant d’avoir l’assurance de la présence de Dieu avec nous, pour toujours. C’est possible simplement en croyant en Jésus Christ comme étant la solution de Dieu pour vos péchés, et le moyen de Dieu pour faire que Sa présence soit une part permanente de votre vie.


96 I am puzzled and somewhat disappointed by the way the NIV and the NASB render the term translated “see” in verse 12. The NIV ignores it altogether, and then translates the same Hebrew word “remember” in verse 13. The NASB strangely renders the same term differently (“See” in verse 12, and “consider” in verse 13). I fear that this may obscure what might be a structural clue to the text.

97 Of the first expression, “I have known you by name,” Gispen writes, “… the meaning is ‘to know well or intimately,’ as in the case of a king who knew only his closest servants, and also ‘to know on the basis of election.’” W. H. Gispen, Exodus trans. by Ed van der Maas (Grand Rapids: Zondervan Publishing House, 1982), p. 307. Of the second, he writes, “‘Favor’ is derived from a verb that indicates the showing of unmerited kindness; the word thus indicates condescending, free, and gracious kindness, goodness not based on obligation.” Ibid.

98 98 Ibid, p. 308.

99 “… Driver, referring to Deuteronomy 32:4 and Exodus 34:6f., interprets ‘ways’ to mean ‘the Lord’s ways of dealing with men,’ and ‘so I may know you and continue to find favor with you’ to mean ‘to understand what your nature and character is, and shape my petitions accordingly, that so I may find favor with you, and my future prayers may be answered.’” Quoted, by Gispen, p. 308.

100 he translators, in a way similar to that found in verse 14, have supplied the words “with us” in verse 15. When he went on to say, “Do not lead us up from here,” the “us” here is plural, thus verifying the “with us” supplied earlier.

101 Let me suggest just a few avenues of application which the reader can pursue. First, there is the role of Moses as the mediator of the people. This can be compared and contrasted with the mediatorial role of Jesus Christ, especially as played out in the Book of Hebrews. Secondly, there is the whole area of Moses’ motivation. What was it that was important to Moses? Especially important is his servant-like attitude (cf. Philippians chapter 2). Third, there is the application of this text to the subject of prayer. We can learn a great deal about prayer from the prayer of Moses in this chapter.

102 J. I. Packer, Keep in Step With the Spirit (Old Tappan, New Jersey: Fleming H. Revell Company, 1984), p. 47.