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A l'Extérieur du Camp (Exode 33:1-11)

Introduction

Il y a plusieurs années j’ai vu une bande dessinée dans un journal qui a un rapport avec notre étude. C’était une parodie de la vie militaire. Dans le premier dessin, le sergent informe le commandant qu’ils sont tous à court de nourriture, avec l’exception de beurre de cacahouètes. Il avait peur que la troupe se révolte s’il n’y avait que ça au menu. Le deuxième dessin, le commandant, avec un sourire sournois, dit le sergent de ne pas s’inquiéter. Le dernier dessin de la bande dessinée montre trois grands pots arrangés à la cantine, avec une étiquette sur le premier « Bestioles frites », « Vermines en Papillottes » pour le deuxième, et « beurre de cacahouètes » pour le troisième. Toute la troupe faisait la queue devant le beurre de cacahouètes, pendant que le commandant et le sergent se tenaient tout près, avec un sourire malin.

En considérant l’Ancien Testament, avec toutes ses faiblesses et ses insuffisances, nous sommes enclins à penser à lui comme le « beurre de cacahuètes » de la bande dessinée. Le beurre de cacahuètes n’est peut-être pas très excitant si nous avons l’option de manger un filet mignon à la place, mais c’est une gâterie en comparaison avec des « Bestioles » et des « Vermines ».

Comme l’histoire de l’idolâtrie d’Israël dans l’incident du veau d’or se déroule, l’alliance « beurre de cacahuètes » commence à aller de mieux en mieux, au moins du point de vue des Israélites de ces jours. Si quelqu’un devait choisir entre l’ancienne alliance et la nouvelle, il n’y aurait aucune hésitation regardant laquelle il préfèrerait. Mais la seule option probable pour Israël semblait être sa destruction. Le peuple avait abandonné Dieu et Moïse, choisissant de suivre un veau d’or, qu’Aaron avait fait pour eux utilisant leurs bijoux. En l’absence de Moïse, ils commencèrent de vénérer l’idole d’une façon qui impliquait les maux supplémentaires d’immoralité sexuelle et l’absence de toute retenue (Exode 32:1-6 ; 19,25). Les premières paroles de Dieu à Moïse menacèrent la destruction complète de la nation, et la création d’un peuple complètement nouveau par les descendants de Moïse (Exode 32:7-10). Quand nous sommes confrontés avec le choix de survie ou la destruction, la survie à n’importe quel prix semble toujours meilleur. Ainsi, la provision de « beurre de cacahuètes » de l’ancienne alliance semble être de mieux en mieux avec chaque minute. Israël, comme les soldats pointilleux de notre bande dessinée, serait ravi d’accepter la seul chose que Dieu offrait – l’alliance avec Moïse.

La dernière partie du chapitre 32 d’Exode ne nous laisse que peu d’espoir pour la préservation d’Israël. En premier, Moïse détruisit les tablettes de la Loi et l’idole d’or, faisant boire la poussière d’or mélangée à l’eau par le peuple (vs. 15-20). Puis, il réprimanda Aaron pour guider le peuple dans leur désobéissance, et les laissant devenir incontrôlables (vs. 21-24). Appelant ceux qui voudraient servir Dieu à ses cotés, Moïse ordonna les fidèles Lévites, qui s’identifièrent avec lui et formèrent un groupe, de tuer ceux qui refusaient de suivre Dieu, et 3 000 moururent (vs. 25-29). Cependant cette action sévère sembla empêcher la destruction totale du peuple par Dieu. Dans les derniers versets du chapitre 32, Moïse implora Dieu de pardonner le peuple pour leur grand péché. Dieu ne pouvait pas oublier le péché, et assura Moïse que chaque personne devrait souffrir la peine de mort pour son péché, mais que ça n’arriverait que plus tard, probablement quand toute cette génération mourait dans le désert. Alors, Dieu envoya un fléau sur le peuple, apparemment pour immédiatement manifester Sa colère.

En conséquence, Israël ne fut pas soudainement complètement annihilé. Si pour aucune autre raison, ce fut pour donner à la seconde génération d’Israélites une chance de grandir, pour que les promesses de l’alliance de Dieu puissent être réalisées à travers eux. Israël continuerait aussi son voyage vers Canaan, mais Dieu ne serait pas personnellement présent avec eux. Comme Il le dit à Moïse dans le chapitre 32 :

« Maintenant va, conduis le peuple là où je t'ai dit. Mon ange marchera devant toi, » (Exode 32:34a)

La question n’est plus, « Est-ce que les Israélites vivront ? » ou même, « Est-ce qu’Israël possèdera la terre comme Dieu l’a promit ? », mais « Dieu sera-t-il présent parmi Son peuple ? » La présence de Dieu parmi Son peuple est ce qui est en jeu dans cet épisode. C’est cette présence de Dieu qui était visible, mais distante sur le mont Sinaï, mais qui avait pour intention d’être manifestée au milieu du camp par le moyen du Tabernacle (chapitres 25-31). Maintenant la seule question est, Dieu se manifestera-t-il Lui-même ou non dans le Tabernacle, à cause du péché d’Israël au mont Sinaï.

Dans cette leçon, nous étudierons les onze premiers versets du chapitre 33. Il y a même encore de l’espoir donné aux Israélites d’avoir la présence de Dieu parmi eux, dû aux évènements de notre passage, et ceux qui vont suivre. Quand les Israélites apprennent que Dieu menaça de ne pas être présent parmi Son peuple, alors qu’ils continuent à avancer pour posséder le pays de Canaan (vs. 1-3), ils se repentissent, regrettant leur péché et enlevant toutes leurs parures (vs. 4-6).

Au milieu du péché d’Israël, et de la menace de Dieu d’enlever Sa présence au milieu du peuple, il y a un récit, un genre d’oasis, dans les versets 7-11. Il y avait une Tente de la Rencontre dressée à l’extérieur du camp, où non seulement Moïse, mais tout le peuple pouvait aller pour voir Dieu. Cet endroit temporaire de rencontre donna au peuple un moyen de vénérer Dieu, et cela leur offrit un espoir pour une vénération plus complète, à l’avenir.

Regardons plus attentivement ces versets 1-11 du chapitre 33 d’Exode, car ceux-ci sont de vrais mots d’instruction et d’encouragement pour tous ceux qui cherchent à se rapprocher de Dieu.

L’Eloignement de Dieu et la Repentance d’Israël (33:1-6)

Le péché crée toujours des obstacles entre les hommes et Dieu. Certains obstacles sont le résultat du retrait de l’homme. Après qu’Adam et Eve eurent péché, ils se cachèrent de Dieu, même quand Il vint les chercher (Gen. 3:8-9). D’autres fois, Dieu peut paraître loin des hommes. Les chapitres 32-34 d’Exode sont de telles occasions. Dieu s’est laisser dissuader de détruire complètement la nation, et avait permit à ce peuple rebelle de vivre, au moins jusqu'à un peu plus tard, mais Il sembla aussi prendre Ses distances du peuple. Dans notre texte, Dieu continue de parler des Israélites comme étant le peuple de Moïse (« le peuple que tu as fait sortir d'Egypte » 33:1 ; 32:7). Il promit que Son ange les guidera jusqu'à la terre promise (32:34 ; 33:1-2), mais Il menaça de ne pas aller avec eux parmi eux (33:3) :

« Il vous conduira dans un pays ruisselant de lait et de miel. Pour moi, je n'irai pas au milieu de vous, car vous êtes un peuple rebelle et je pourrais être amené à vous exterminer pendant le voyage. »

Quelle ironie il y a ici ! Israël voulait qu’Aaron leur fasse une idole pour qu’ils puissent être assurés que leur « dieu » était avec eux. L’idole fit exactement le contraire, car elle menaça de causer que leur Dieu les abandonne. La chose même qu’Israël essayait de promouvoir, ils l’ont presque empêché.

La grâce de Dieu est même vue dans Sa menace de S’éloigner de leur présence. Le dessein déclaré de Dieu de mettre une distance entre Lui-même et les Israélites quand ils voyageaient vers la terre promise en était un que leur perversité exigeait qu’Il les détruise.87 En fait, être au milieu d’eux aurait grandement mis en danger les Israélites, alors qu’être loin d’eux devait assurer leur sécurité, à moins qu’il n’y eut quelques moyens fournis pour traiter les péchés d’Israël, qui apaiseraient la colère juste de Dieu.

Une lecture légère aurait pu amener une personne de penser que l’ « ange » qui guiderait Israël à la terre promise était quelque chose de nouveau. Ainsi, il aurait pu sembler que Dieu aurait eut l’intention de guider personnellement Israël à Canaan, mais que maintenant un simple ange le ferait. Ce n’est pas exact, car c’était un ange qui avait été promit pour guider Israël à Canaan, avant même que le peuple ne pèche à la célébration du veau d’or. Dieu avait dit,

« ---Je vais envoyer un ange devant vous pour vous protéger en chemin et vous conduire au lieu que j'ai préparé pour vous. » (Exode 23:20, aussi v. 23).

La plupart des commentateurs avaient essayé d’expliquer la menace du retrait de Dieu en termes d’autres anges. Ils suggérèrent qu’il y ait eu l’ « ange de la présence de Dieu » (Exode 3:2 ; Esaïe 63:9) qui guida en premier Israël à Canaan, mais maintenant, après l’idolâtrie d’Israël, c’était un ange moins important qui allait les guider. En premier, je croyais que cette explication était correcte, mais le plus je lis ces passages référant à l’ « ange », le plus je suis mal à l’aise de voir des anges différents ici. L’ange semble être le même. Il n’y a aucun effort fait pour distinguer clairement l’ange des chapitres 32 et 33 de l’ « ange » du chapitre 23.

Si je suis correct, l’ « ange » est le même à tous les endroits où il est mentionné, alors la question doit être posée, « Comment Dieu menace-t-il d’être enlever de Son peuple ? » La réponse doit être trouvée dans un examen plus approfondi de ce que Dieu dit qu’Il ferait et ne ferait pas en ce qui concerne Sa présence. Dans le chapitre 25 d’Exode, quand Dieu parlait à Moïse à propos du Tabernacle, Il dit,

« Le peuple me fabriquera un sanctuaire pour que j'habite au milieu de lui.» (Exode 25:8)

Le Tabernacle, qui devait être au centre du camp, devait être la maison de Dieu, pour qu’Il puisse être « parmi » eux.

Dans le chapitre 33 d’Exode, Dieu dit,

«… je n'irai pas au milieu de vous, … » (v. 3)

Dieu menaça donc de ne pas habiter dans le Tabernacle, au milieu du camp. Il ne menaça pas Son absence complète, seulement que Sa présence ne serait manifestée à Israël qu’à une distance. Dieu était présent dans l’ange, qui marcherait devant les Israélites, les guidant à Canaan (32:34). La présence de Dieu était aussi manifestée dans « la Tente » que Moïse dressa « à une bonne distance du camp » (v. 7). La conséquence menacée pour l’idolâtrie d’Israël était celle d’enlever la présence la plus intime de Dieu pour laquelle le Tabernacle était supposé être bâti.

Je crois que la réponse d’Israël est un vrai acte de repentance, et une des premières choses louables que le peuple fit. Premièrement, je crois qu’Israël doit être loué pour montrer du remors. Si les cœurs du peuple avaient été totalement endurcis, il n’y aurait eu que peu de cause pour avoir du remors. Après tout, Dieu avait promit de ne pas détruire la nation, et Il avait aussi promit de les conduire « dans un pays ruisselant de lait et de miel. » (v. 3). Beaucoup des bénéfices promis originellement que Dieu avait promit à Israël sont toujours assurés à la nation. La seule chose manquante est que Dieu traitera avec Son peuple d’une distance, plutôt que d’au milieu d’eux.

Garder Dieu à une distance était la première inclination et requête d’Israël, comme nous voyons dans Exode 20:18-21. Maintenant, quand Dieu indiquait qu’Il conduirait Israël vers les bénédictions de Canaan, mais d’une distance, les Israélites pleurèrent. Je crois qu’ils pleuraient à cause de leurs mauvaises actions dans l’incident du veau d’or. Mais ils pleuraient aussi le recul de la présence de Dieu. Les Israélites n’étaient plus satisfaits d’avoir un pays ruisselant de lait et de miel, avec un Dieu qui est loin d’eux. Ils pleuraient la perte menacée de l’intimité avec Dieu qu’ils auraient pu avoir.

Les pleurs des Israélites n’étaient pas seulement louables, ils étaient aussi accompagnés des fruits appropriés de repentance (Matt. 3:8 ; Actes 26 :20). L’action appropriée de la repentance ici fut ce que Dieu Lui-même avait prescrit :

« Otez donc vos parures et l'on verra comment je vais vous traiter. » (v. 5b)

Pourquoi le fait qu’Israël enleva ses parures était-il une action appropriée de repentance ? Cela exige une enquête un peu plus approfondie sur le rôle que les parures jouent, à la fois dans l’apostasie d’Israël dans l’incident du veau d’or, et dans d’autres occasions.88 Une brève étude du rôle que les bijoux avaient déjà joué dans l’Histoire d’Israël, et à travers son Histoire, nous permettra de mieux apprécier ce que Dieu exigeait et ce qu’Israël fit, comme action de repentance.

Le premier texte important en ce qui concerne l’usage d’ornements et de bijoux est trouvé dans les chapitres 34 et 35 de Genèse, où les fils de Jacob tuèrent les hommes de Sichem pour le viol de leur sœur. Après que tous les mâles de Sichem furent tués, les fils de Jacob pillèrent la ville :

« Les autres fils de Jacob vinrent achever les blessés et pillèrent la ville, parce qu'on avait déshonoré leur sœur.

   Ils prirent le gros et le petit bétail ainsi que les ânes et tout ce qui était dans la ville et dans les champs.

   Ils s'emparèrent de tous leurs biens, de leurs enfants et de leurs femmes et raflèrent tout ce qui était dans les maisons. » (Gen. 34:27-29)

Après cela, Dieu dit à Jacob d’aller à Béthel :

« Dieu dit à Jacob:
   ---Pars, rends-toi à Béthel et fixe-toi là-bas. Tu y construiras un autel au Dieu qui t'est apparu quand tu fuyais ton frère Esaü.

  Alors Jacob dit aux gens de sa famille et à tous ceux qui étaient avec lui:
   ---Faites disparaître les dieux étrangers qui se trouvent au milieu de vous. Purifiez-vous et changez de vêtements!

  Nous allons partir et nous rendre à Béthel, où je construirai un autel dédié au Dieu qui m'a exaucé lorsque j'étais dans la détresse et qui a été avec moi tout au long de ma route.

  Ils remirent à Jacob tous les dieux étrangers qu'ils avaient entre les mains et les boucles qu'ils portaient aux oreilles; et Jacob les enterra sous le chêne qui est près de Sichem. » (Gen. 35:1-4)

Le butin que les fils de Jacob prirent de Sichem incluait des dieux étrangers et des bijoux, les deux étant considérés idolâtriques, et ainsi devaient disparaître avant que Jacob et ses fils puissent vénérer Dieu en construisant un autel à Béthel. Je pense que les boucles d’oreilles avaient soit les noms des faux dieux ou une petite image du dieu gravée ou les deux. Par exemples, aujourd’hui vous pouvez trouver des bracelets, colliers, et boucles d’oreilles avec des signes astrologiques.

Plus tard, dans le Livre de Juges, nous prenons connaissance de ce qui est fait de l’or qui fut prit comme butin des Madianites. Après la victoire de Gédéon et de ses hommes sur les rois de Madian, les Israélites voulaient honorer Gédéon :

« Après cela, les hommes d'Israël dirent à Gédéon:
   ---Règne sur nous, puisque tu nous as délivrés des Madianites. Ton fils, puis ton petit-fils te succéderont.

  Gédéon leur répondit:
   ---Non, je ne régnerai pas sur vous, et mon fils ne vous gouvernera pas non plus. C'est l'Eternel qui régnera sur vous.

  Puis il ajouta: J'aurais cependant une demande à vous faire: Donnez-moi chacun une boucle d'oreille en or prise sur votre butin.
   Les ennemis portaient, en effet, des boucles d'or, car ils étaient ismaélites.

  ---Très volontiers, lui répondirent-ils.
   Ils étendirent un manteau par terre, et chacun y jeta un anneau prélevé sur son butin.

  Les anneaux d'or que Gédéon avait demandés pesaient près de vingt kilogrammes en tout. Il reçut également les croissants d'or, les pendants d'oreilles et les manteaux de pourpre que portaient les rois madianites, ainsi que les colliers qui ornaient le cou de leurs chameaux.

  Avec l'or, Gédéon fabriqua une statue qu'il installa dans son village, à Ophra. Tout Israël s'y *prostitua, en lui rendant un culte, de sorte que cette statue devint un piège pour Gédéon et pour sa famille. » (Juges 8:22-27)

Plus tard, le prophète Ézéchiel condamna l’idolâtrie d’Israël, plus fréquemment que n’importe quel autre prophète, faisant référence aux ornements d’or et aux bijoux qui étaient impliqués. Il semblerait que presque l’opposé de ce qui est arrivé dans Exode est décrit. Les Israélites prirent les ornements qui appartenaient à Dieu et les transformèrent en images abominables (Ezéchiel 7:19-20). Les abominables images et ornements qu’Israël se firent de l’or de Dieu furent utilisées pour agir comme une prostituée (Ezéchiel 16:17 ; 23:40). Osée condamna le même problème :

« Je lui ferai payer
      tout le temps qu'elle a consacré au culte des Baals lorsqu'elle leur offrait du parfum en hommage,
      lorsqu'elle se parait d'anneaux et de bijoux
      pour courir après ses amants,
      sans plus songer à moi,
      l'Eternel le déclare. » (Osée 2:15)

Finalement, dans le Livre d’Apocalypse, la « Prostituée » est décrite dans toutes ses abominations comme étant parée d’or et d’ornements, qui semblaient faire partie de son iniquité :

« La femme était vêtue d'habits de pourpre et d'écarlate, et parée de bijoux d'or, de pierres précieuses et de perles. Elle tenait à la main une coupe d'or pleine de choses abominables et d'obscénités dues à sa prostitution. » (Apoc. 17:4 ; 18:7,16)

Avec toutes ses références d’ornements d’or, j’en ai conclut que l’idolâtrie et l’immoralité sont souvent liées à de tels objets de bijouterie dans l’ancien Proche-Orient. Vous vous souvenez que les ornements d’or obtenus des Egyptiens (Exode 3:22 ; 11:2 ; 12:35) étaient en fait un butin (12:36). Je suis enclin à croire que les ornements d’or avaient une association directe avec les fausses cérémonies des Egyptiens. Je ne douterais pas que ces ornements avaient une connexion directe avec les idoles dont Amos parle beaucoup bien plus tard, quand il parla des « dieux » que les Israélites emportèrent avec eux quand ils quittèrent l’Egypte :

« Mais vous avez porté Sikkouth qui était votre roi,
      Kiyoun, votre statue,
      l'étoile de vos dieux
      que vous vous êtes fabriqués. » (Amos 5:26)

Voyez-vous pourquoi l’enlèvement des ornements et des bijoux d’Israël était un acte approprié de repentance ? Parce que ces ornements étaient similaires à ceux qui avaient été contribués pour faire le veau d’or (Exode 32:2-4). Ces images semblent avoir une association idolâtres avec le passé, avec des dieux païens. Ainsi, enlever ces ornements était montrer la repentance d’Israël pour l’incident du veau d’or.

Les Israélites, il semble qu’on nous dit, ne portèrent plus jamais ces ornements :

« Alors les Israélites enlevèrent leurs parures, à distance du mont Horeb. » (Exode 33:6)89

Je crois que ce sont ces ornements, que les Israélites enlevèrent ici, qui furent offerts plus tard à Dieu pour être utilisés dans le Tabernacle (Exode 35:21-22). En tant qu’outils de l’idolâtrie, ces ornements d’or n’étaient bons qu’à être détruits. Comme signe de la repentance d’Israël, ces ornements étaient bons à utiliser en tant qu’outils pour la présence de Dieu dans le Tabernacle.

Moïse et la Mystérieuse « Tente de la Rencontre » (33:7-11)

La « Tente de la Rencontre » d’Exode 33:7-11 est mystérieuse pour moi, quelque chose comme Melchisédek, qui apparut mystérieusement dans le chapitre 14 de Genèse. La première chose que nous devons établir est que la « Tente de la Rencontre » n’est pas le Tabernacle, qui apparaitra plus tard. Que la « Tente de la Rencontre » et le Tabernacle sont deux choses distinctes et peuvent être vues par ces lignes d’évidence :

(1) La « Tente de la Rencontre » était en dehors du camp, alors que le Tabernacle était au milieu du camp.

(2) La « Tente de la Rencontre » était servie par Moïse et Josué, alors que le Tabernacle était servie par les Lévites.

(3) La nuée de la présence de Dieu ne venait se déposer sur la « Tente de la Rencontre » que lorsque Moïse était là, alors que la nuée flottait au-dessus du Tabernacle tout le temps, excepté quand Israël s’apprêtait à lever le camp et marcher.

(4) La structure d’Exode est telle que les sections d’Ecritures traitant avec le Tabernacle (chapitres 25-31, 35-40) sont clairement séparées du reste du texte.

L’évidence nous pointe vers le fait que la « Tente de la Rencontre » décrite ici est un endroit unique et intérimaire pour Dieu pour rencontrer Moïse et les Israélites. D’un coté, elle est inférieure au Tabernacle, mais d’un autre, n’importe quel endroit où l’on peut rencontrer Dieu est mieux que rien du tout. La fonction de la « Tente de la Rencontre » et celle du Tabernacle étaient similaires, en ça que le Tabernacle était aussi une « Tente de la Rencontre » (Exode 35:21), et ainsi supplante la mystérieuse « Tente » des versets 7-11 de notre texte. Donc, nous verrons des références à la « Tente de la Rencontre » plus tard,90 mais je crois qu’elles se réfèrent toutes au Tabernacle.

La période pendant laquelle cette « Tente de la Rencontre » fut utilisée n’est pas spécifiée clairement. Elle dut être utilisée pour une bonne période car la construction du verset 7 indique que Moïse emmena mainte fois la Tente en dehors du camp où il l’installa.91 Cela, je pense, peut être expliqué par le fait que pendant que les Israélites campaient au pied du mont Sinaï, ils auraient dû bouger pour trouver des pâturages nouveaux pour leurs troupeaux. Nous ne pouvons pas dire pour sûr combien de temps Moïse et Israël utilisèrent cette Tente, mais je suppose que cela a dû durer jusqu'à ce que le Tabernacle soit terminé. Il se peut aussi que Dieu ait gracieusement fournit cette Tente pour rencontrer Moïse et s’occuper des affaires du peuple, au lieu que Moïse ne doive monter le mont Sinaï chaque fois qu’il voulait vénérer Dieu.

Il y a quatre choses qui m’impressionnent avec le récit de la « Tente de la Rencontre » dans les versets 7-11 : (1) La « Tente de la Rencontre » était un endroit où les Israélites pouvaient découvrir Dieu ; (2) Le fait que la « Tente de la Rencontre » était à l’extérieur du camp (v. 7) ; (3) L’intimité que Moïse avait avec Dieu ; Et, (4) le respect que le peuple manifesta à Moïse quand il rencontrait Dieu. Nous considèrerons toutes ces choses, ainsi que leur relation les unes avec les autres.

L’Endroit du Peuple pour Rencontrer Dieu

La grande surprise de la « Tente de la Rencontre » n’était pas que Moïse puisse y aller pour voir Dieu, mais que les Israélites pouvaient aussi y aller :

« Celui qui voulait consulter92 l'Eternel devait sortir du camp pour se rendre à la tente de la Rencontre. » (Exode 33:7b)

Le Dieu qui était apparu au sommet du mont Sinaï, que les Israélites furent interdits d’approcher (Exode 19:12-13), même les prêtres (19:23-25), acceptait maintenant que le peuple Le découvre dans sa tente, en dehors du camp.

« A l’extérieur du Camp »

La « Tente de la Rencontre » était située « à l’extérieur du camp », « une bonne distance du camp » (v.7). Je crois que la raison principale pour cela était de réaliser les mots de Dieu à Moïse, qu’Il n’irait pas avec Israël à Canaan « au milieu de vous » (v. 3). Quand la présence de Dieu était manifestée dans la Tente de la Rencontre, elle était toujours à l’extérieur du camp. Quand un Israélite voulait découvrir Dieu, il ou elle devait aller « à l’extérieur du camp » cette Tente symbolisait le recul de Dieu, dû à l’idolâtrie d’Israël, fournissant pourtant la proximité de Dieu qui était plus intime que toute autre chose que le peuple avait connu. Quand n’importe quel Israélite voulait découvrir Dieu, il devait s’éloigner de la proximité de son peuple, se séparer de leur perversité, pour découvrir Dieu sur Son propre sol sacré.93

L’Intimité de Moïse Avec Dieu

Dans notre texte, nous voyons Moïse jouissant d’une intimité avec Dieu qui est virtuellement incomparable dans l’Ancien Testament. Quand Miriam et Aaron plus tard parlèrent contre Moïse, Dieu Lui-même dit,

« ---Ecoutez bien ce que j'ai à vous dire. S'il se trouve parmi vous un prophète de l'Eternel, c'est dans une vision que je me révélerai à lui, ou dans un rêve que je lui parlerai.

   Mais les choses sont différentes avec mon serviteur Moïse, qui est fidèle dans toute ma maison.

   C'est de vive voix que je lui parle, de façon claire et non dans un langage énigmatique, et il voit l'Eternel de façon visible. Comment donc avez-vous osé critiquer mon serviteur Moïse? » (Nombres 12:6-8)

Aucun autre prophète ne parla « face à face » avec Dieu comme Moïse le fit ici. Et quand Moïse entra la « Tente de la Rencontre » la nuée, représentant la présence et la gloire de Dieu, descendit à l’entrée de la Tente (Exode 33:9).

Le Respect des Israélites pour Moïse

Les actions des Israélites dans notre texte ne peuvent être seulement appréciées qu’à la lumière de leur rejet et dédain pour Moïse comme c’est reflété dans leurs paroles à Aaron :

« … car Moïse, cet homme qui nous a fait sortir d'Egypte, nous ne savons pas ce qui lui est arrivé. » (Exode 32:1)

Après que Moïse fut parti pendant quelque temps, les Israélites ne furent pas vraiment inquiets pour sa vie ou sa sécurité. Ils n’ont pas prié pour lui ou envoyé une équipe de secours. Ils conclurent juste qu’il était parti et ne reviendrait pas. Donc ils nommèrent officieusement Aaron pour les guider, et pour leur construire un dieu d’or à vénérer. Le peuple ne se souciait pas du tout de Moïse dans les moments de la rébellion contre Dieu.

Maintenant, cependant, c’est une toute autre histoire. Quand Moïse allait à la « Tente de la Rencontre », la congrégation entière se tenait à l’entrée de leurs tentes et regardait intensément Moïse, jusqu'à ce qu’il entra dans la Tente (v. 8).

Et quand Moïse entrait dans la tente et que la nuée descendait, le peuple vénérait Dieu (v. 10). L’intimité que Dieu avait avec Moïse était la façon de Dieu d’accentuer le fait que Moïse était le leader qu’Il avait nommé, que le peuple devait respecter et obéir :

« ---Voici que je viendrai te trouver au sein d'une épaisse nuée pour que le peuple entende lorsque je parlerai avec toi et qu'ils aient pour toujours confiance en toi. » (Exode 19:9)

Cette déclaration fut faite avant que Dieu donna la Loi à Moïse, mais c’est même plus important après l’apostasie d’Israël, quand l’autorité de Moïse fut rejetée. Quand Dieu parla à Moïse depuis le nuage, le peuple le vit et apprit que cet homme était l’homme de Dieu, et qu’ils avaient intérêt à ne plus le négliger. Pas étonnant que toute la congrégation l’observait quand Moïse allait « à l’extérieur du camp ».

Conclusion

Il y a pleins de leçons qui pourraient être tirées de ce passage. La première est un rappel de la grâce de Dieu. Au moment du péché le plus grand d’Israël, quand le jugement de Dieu apparaît imminent, la grâce de Dieu est encore très visible. Elle est visible dans les avertissements que Dieu avait donné. L’avertissement d’extermination (32:10), de mort (32:34), et d’une relation distante (33:1-3). Dieu ne voulait pas tourmenter les Israélites, cependant, mais de les détourner de leurs péchés vers la repentance :

« Là-dessus, l'Eternel me parla en ces termes:

   ---O peuple d'Israël, ne puis-je pas agir à votre égard comme a fait ce potier? demande l'Eternel. Vous êtes entre mes mains, comme l'argile entre les mains du potier, communauté d'Israël!

   Une fois, je décrète de déraciner une nation ou un royaume, de le renverser et d'amener sa ruine.

   Mais si cette nation que j'ai menacée cesse de mal agir, je renoncerai à lui envoyer le malheur que j'avais projeté contre elle. » (Jérémie 18:5-8)

La grâce de Dieu était évidente dans la provision de la « Tente de la Rencontre ». Bien que Dieu prouva le péché d’Israël en étant présent avec Son peuple à une distance, Il était, néanmoins, plus près du peuple qu’Il n’avait jamais été jusqu'à ce moment. Il avait été une fois au sommet du mont Sinaï, où Moïse seul fut permit d’aller. Maintenant, Il rencontrerait non seulement Moïse, mais ceux qui Le recherchait à la Tente. Quand les hommes ont le plus besoin de Dieu, Sa grâce trouve toujours un moyen.

Quel tableau, quel prototype, de la grâce de Dieu dans la provision du Messie, le Seigneur Jésus Christ, notre médiateur. Nous, dans nos offenses et nos péchés, sommes mort, avec aucune revendication sur Dieu, aucun espoir de salut, aucun avenir, juste la mort, avons Un qui offre d’être notre Médiateur avec Dieu. Tout comme l’avenir d’Israël reposait avec Moïse, l’avenir de tous les hommes repose avec Christ, car Lui seul a payé le prix pour nos péchés, Lui seul à un accès continue à Dieu. Tournons-nous vers le Seigneur Jésus Christ, recevons la grâce de Dieu qui a été offerte à travers Lui, et Lui seul.

Il y a aussi une leçon à être apprise de la « Tente de la Rencontre » qui était « à l’extérieur du camp ». La provision de Dieu pour le peuple était éloignée et loin de leur camp, et donc de leurs péchés. Ce fut donc comme ça dans les jours de Jésus. Quand Jean le Baptiste prêchait, c’était dans le désert, pas dans un Temple. C’était parce que le Judaïsme des jours de Jean était devenu corrompu, tout comme Israël dans les jours de Moïse avait été souillé par leur idolâtrie. Si les hommes voulaient se repentir et retourner vers Dieu, ils devaient se dissocier de leur système religieux qui était devenu souillé. Ceux qui avaient confiance en le Seigneur Jésus dûrent le faire en opposition des dirigeants du Judaïsme. Jésus fut crucifié « à l’extérieur du camp » (Héb. 13:12). Les Juifs ne l’aimaient pas, mais ils devaient entrer dans le royaume de Dieu par ce qui pour eux était une porte païenne (Galates 2:14-17).

Il y en a beaucoup aujourd’hui qui font parti d’un système religieux corrompu. Il a pu une fois être vrai à la Parole de Dieu. Et peut-être que non. Mais pour ceux qui font confiance à un système religieux, à une dénomination, une église, et pas en Christ, je vous conseille vivement de venir « à l’extérieur du camp » où vous trouverez la provision pour votre salut en Jésus Christ seul.

Il y a une leçon pour nous à apprendre de la repentance d’Israël. Les Israélites pleuraient parce qu’ils avaient seulement la promesse de prospérité, mais pas la promesse de la présence intime de Dieu parmi eux. De nos jours, la prospérité est vendue comme étant la preuve de la présence de Dieu. Franchement, ce n’est pas vrai. Si vous pouvez avoir la prospérité en la présence de Dieu, alors vous êtes bénis. Si vous pouvez avoir l’une ou l’autre, je vous conseille vivement d’apprendre des Israélites, qui désiraient la présence de Dieu plus que la simple prospérité.

Finalement, il y a un mot encourageant pour chacun d’entre nous dont les vies d’avant furent profanées par le péché. Il y en a beaucoup qui regrettent les jours passés de leur incrédulité, quand ils se souillaient avec les péchés de la chair. Ils peuvent penser que parce qu’ils ont été profanés, Dieu ne pourra pas les utiliser.

Ce n’est simplement pas vrai, mes amis. Vous devriez apprendre de la leçon des boucles d’oreilles en or et des ornements des Israélites. Ces boucles d’oreilles, qui furent données à Aaron pour construire le veau d’or, furent détruites et profanées, pour qu’elles ne puissent plus jamais être réutilisées par l’homme ou Dieu. Mais des boucles d’oreilles pratiquement identiques, celles qui furent le résultat et l’évidence de la repentance d’Israël, bien qu’elles aient été souillées dans le passé, elles étaient le matériel brut que Dieu utilisa dans le Tabernacle, où Il manifesta Sa gloire aux hommes. Si vous vous repentissez et vous vous tournés de votre passé païen, mes amis, vous avez été purifiés par le sang de Christ. Les choses d’avant ont péri, et vous êtes maintenant un instrument d’honneur, parfait pour l’usage de Dieu.


87 The term “destroy” is a strong one, suggesting extermination or total annihilation, the very thing which God had threatened in 32:10.

88 Hyatt implies that Israel’s ornaments played a role in her idolatry, but without a great deal of biblical support when he states: “The refusal of Yahweh to go up with the people here, lest he consume them, may be based upon the fact that they were wearing ornaments associated with a foreign deity, though this is not clearly stated; thus the removal of the ornaments would have made it possible for him to accompany them.” J. P. Hyatt, Exodus (Grand Rapids: Wm. B. Eerdmans Publishing Co., 1980), pp. 313-314.

89 The term “onward” is italicized in the NASB, indicating that it is not in the original text, but rather supplied to fill in the sense of the text. I do feel that this term does convey what the text was intended to teach us.

90 Other references to the “tent of meeting”: Exod. 35:21; Num. 11:24ff.; 12:4f., 10; cf. 1 Sam. 2:22; 2 Chron. 1:3, 13.

91 Davis agrees with the customary or habitual imperfect: “The structure of the Hebrew text at the beginning of verse 7 indicates that what Moses did here was not a single event but one repeated many times.” John J. Davis, Moses and the Gods of Egypt (Grand Rapids: Baker Book House, 1971), p. 293. Davis, in a footnote on the same page, deals more extensively with the grammar of the verse.

92 This term “sought” is a strong word in the Hebrew language, thus underscoring the intensity of the desire of the people to seek out God. This is a significant change from the rebellion and apostasy of the incident described in chapter 32.

93 Ironically, it would seem, the “tent of meeting” reverses what is true with the Tabernacle. When the “tent of meeting” is “outside the camp” that place is holy, while the camp is defiled by Israel’s sin. On the other hand, when the Tabernacle is in the midst of the camp, the camp is holy and “outside the camp” is profane, where the flesh of the sacrificial bull and its dung, for example, are burned (cf. Exod. 29:14).