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La Tyrannie de l’Urgent (Exode 18)

Introduction185

Il y a un terme qui est de plus en plus fréquemment utilisé dans le cercle chrétien, qui décrit un problème qui s’est répandu parmi les évangélistes – qui est presque devenu une épidémie. Le terme est épuisement. L’épuisement arrive fréquemment aux dirigeants chrétiens, qui s’efforcent d’accomplir des buts et des demandes impossibles, dont la réalisation permettrait de les montrer étant super spirituels et indispensables (ces deux évaluations sont trop souvent utilisées ensembles de nos jours). L’échec de réaliser ces buts et satisfaire ces demandes prouverait que ces personnes sont des fainéants, pas spirituels ou des ratés. L’épuisement arrive quand dans le surmenage et la frustration, quelqu’un perd tout espoir d’atteindre la norme qui leur est imposée (soit par lui-même, les autres ou les deux), et simplement abandonne. Par ma définition au moins, l’épuisement ne conduit pas à réévaluer et restructurer le travail, mais à l’arrêter.

L’épuisement n’est certainement pas juste un phénomène trouvé parmi les dirigeants chrétiens ou simplement parmi les Chrétiens. Le surmenage est probablement un facteur important dans ce qui est référé aujourd’hui comme étant « la crise de la quarantaine ». En dépit d’efforts appliqués et de beaucoup de sacrifices, les individus découvrent, à leur consternation, que leur poursuite fut, utilisant les mots de l’homme sage d’Ecclésiastes, de la vanité.

L’épuisement dont je parle est celui qui tourmente les Chrétiens, dirigeants ou simples gens (je déteste les deux étiquettes, mais je les utilise quand même ici). Ce n'est pas la pression des choses spirituelles par les choses (soi-disant) séculaires. C'est le fait d'étouffer l'essentiel spirituel fondamental par le volume absolu de la surabondance d'activités insignifiantes et de « ministères » que nous nous efforçons bêtement de maintenir.

Dans son excellent livre titré, Ordering Your Private World, Gordon MacDonald compare le phénomène de surmenage à un affaissement.186 Quand les rivières souterraines s’assèchent, la surface du sol commence à s’affaisser. Tout ce qui est placé sur ou près du sol est englouti remplissant le vide. MacDonald compare l’âme, le « monde privé » d’une personne à ces rivières souterraines. Nous détournons tant notre attention et notre énergie vers nos travaux et activités extérieures que nous manquons de nous occuper des besoins de notre âme. Eventuellement, MacDonald explique, la pression de ces activités, combinées avec le vide intérieur de nos vies, produit une dégradation spirituelle immense en nous.

Moïse était dangereusement près d’être victime de surmenage quand son beau-père arriva à son secours. Ce qui sembla être une visite importante d’un membre de sa famille est un vrai acte divin de délivrance de Moïse, pas de la furie de Pharaon, ni de l’attaque de l’armée égyptienne, mais de lui-même. Comme Jéthro l’expliqua lui-même, Moïse s’épuisait lui-même ainsi que les Israélites (18:18). Grâce au bon sens d’un beau-père sage, Moïse fut libéré de sa propre destruction, l’épuisement qui résultait d’une perception déformée et d’un travail trop exigeant.

Je dois m’arrêter ici pour indiquer que Moïse illustre un problème notoire qui s’est généralisé d’une façon épidémique dans les cercles chrétiens en Amérique, mais ce problème qu’avait Moïse n’est typique que seulement d’un segment des Chrétiens. Pour ceux qui liront ce message, votre problème n’est pas l’épuisement, de brûler la chandelle par les deux bouts, mais c’est que votre chandelle n’a jamais été allumée. Il y a de nombreux Chrétiens surmenés qui ont besoin d’apprendre la leçon que Jéthro a apprit à Moïse, mais la raison pour laquelle certains Chrétiens sont surmenés est parce que d’autres sont fainéants et inactifs. Si vous êtes neutres, non engagé et paresseux dans votre service chrétien, je vous exhorte de ne pas essayer d'utiliser ce texte comme un prétexte pour votre inaction. Dieu n’aime pas ce genre d’abus de Sa parole. Si vous faites parti des fainéants, je vous suggère de tourner vers la sagesse du Livre des Proverbes ou vers ces textes de la Bible qui parle de notre besoin d’engagement et d’obéissance.

La structure de ce chapitre est simple et franche. Le texte est divisé en deux parties égales : versets 1-12, que je résumerais par le titre : « L’arrivée de Jéthro » ; Et les versetss 13-27, qui décrivent « Le conseil de Jéthro ». Les deux parties sont très liées. Initialement, je regardais les 12 premiers versets comme une formalité, un genre de mise en scène. Cependant plus j’ai étudié le texte, plus je suis arrivé à voir que la première moitié du chapitre révèle plusieurs symptômes d’un problème sérieux dans la vie de Moïse, qui provoqua non seulement l’ « arrivée » de Jéthro aux camps des Israélites, mais aussi son « conseil ». Ecoutons bien les mots sages de ce Madianite, qui a beaucoup à enseigner à propos de gérer nos vies et notre travail. Pour ceux qui sont prédisposés aux affaires et à la sur-implication, ils peuvent nous épargner de la maladie mortelle d’épuisement.

L’Arrivée de Jéthro (18:1-12)

La première section (versets 1-12) se sépare en deux divisions égales. Les versets 1-6 pourraient être titrés « concentration sur la famille. Ils révèlent l’occasion de l’arrivée de Jéthro. Le verset 1 nous informe de la raison pour la décision de Jéthro de rendre visite à Moïse, alors que les versets 2-6 nous disent le but de cette visite. La seconde division, versets 7-12, concentre sur la foi de Jéthro. Elle décrit le résultat de son arrivée : (1) les rapports de Moïse de la bonne main de Dieu pour les Israélites ; Et (2) la réponse de Jéthro à la bonté de Dieu pour Israël – se réjouissant, déclarant l’excellence de Dieu, et Le vénérant avec Moïse et les anciens d’Israël.

Il est difficile pour moi de deviner comme Jéthro savait comment Moïse allait, mais le texte nous dit qu’il avait été bien informé. Le texte nous dit qu’il « apprit tout ce que Dieu avait fait en faveur de Moïse et d'Israël son people… » (v. 1). Peut-être que Jéthro invitait des voyageurs, même des caravanes, à partager un repas avec lui ou à passer la nuit dans sa tente, ce qui lui permettait d’apprendre ce qui se passait en Egypte. Aujourd’hui, Jéthro aurait dévoré le journal quotidien, et regardé les informations à la télé avec intérêts. Il aurait allumé « Radio Egypte » sur les ondes courtes de la radio. Et, à propos, Séphora et les deux fils de Moïse auraient ramassé un montant considérable d’information, car ils auraient dû avoir beaucoup d’intérêts pour le bien-être de Moïse, qui était le mari et le père.

Cependant, le point du message n’est pas comment Jéthro apprit comment Moïse allait, mais ce qu’il avait apprit. Jéthro avait apprit que Dieu avait protégé Moïse, et qu’Il avait libéré les Israélites d’Egypte. Il avait évidemment apprit (ou apprendrait) la location des Israélites, qui n’auraient pas été aussi loin que l’Egypte.

Jéthro avait apprit assez pour conclure que les circonstances étaient telles que Moïse et sa famille devraient être réunis. Les versets 2-6 indiquent le but de la visite de Jéthro à Moïse – pour réunir Séphora (sa fille, la femme de Moïse), Guerchôm et Eliézer (ses petits-enfants, les fils de Moïse) avec Moïse.

On ne nous dit pas précisément quand, ni pourquoi Moïse et sa famille furent séparés. Dans le chapitre 4, Moïse exigea, assez trompeusement, de retourner en Egypte avec sa famille (v. 18). Il y eut un évènement déplaisant avec Séphora, à propos de la circoncision du fils de Moïse, ce qui a presque couté la vie à Moïse (4:24-26). Certains ont conclu que Séphora, dans sa colère, retourna chez son pere à cette periode, mais notre texte nous dit que Moïse les emmena.187 Nous pouvons au moins supposer que Moïse renvoya sa famille chez Jéthro à un moment quand il eut peur pour leur sécurité. Peut-être, aussi, sentit-il que les pressions de confronter Pharaon et de guider Israël étaient trop grandes pour avoir en plus les responsabilités de mari et père.

Des informations que Jéthro avait rassemblées, il conclut que les raisons pour la séparation de Moïse et de sa famille pouvaient être mises de cote en sureté. Le but de la visite de Jéthro a Moise était clairement pour le réunir avec sa famille. Il se peut qu’il y ait eu quelques frustrations, même quelques irritations, avec le devoir de supporter et d’élever les enfants de Moïse, et de s’occuper de sa femme. Peut-être Jéthro attendait-il avec impatience de bonnes nouvelles des Israélites pour qu’il puisse avoir un peu de paix à la maison. Cependant, le texte ne suggère jamais quelque chose comme ça, seulement les plus purs motifs pour les actions de Jéthro. Ici, et plus tard dans le chapitre, il agit de bon sens, de compassion, et parce qu’il était concerné par le bien-être de Moïse. C’était vraiment une action noble, spécialement après l’explication sournoise que Moïse lui avait donnée pour retourner en Egypte (Exode 4:18).188

L’arrivée de Jéthro, accompagné de Séphora, Guerchôm et Eliézer, fut apparemment une bonne surprise pour Moïse.189 Bien que je me serais attendu à ce que Moïse prête plus d’attention à sa femme et ses enfants, il nous est dit qu’il est allé à la rencontre de Jéthro, l’ait embrassé et soit ensuite allé dans la tente190 de Jéthro avec lui. Où étaient donc Séphora et les enfants ? Ils se trouvaient probablement là aussi, mais étant donné la culture de ce jour, c’était simplement comment les choses étaient faites. Rappelez vous aussi que Jéthro était un homme très important,191 méritant une réception formelle.

Dans la tente, Moïse et Jéthro suivirent les formalités de réception d’un invité spécial dans une culture orientale. Moïse informa Jéthro, dans tous les détails, comment Dieu avait délivré les Israélites et anéanti les Egyptiens (v. 8).

La réponse de Jéthro, décrite dans les versets 9-12, semble être bien plus que simple courtoisie orientale. Bien qu’il y ait quelques différences d’opinion sur le sujet,192 il semble que Jéthro professe ici une foi personnelle en le Dieu d’Israël, prouvé par le rapport de Moïse (vs. 9-10). Deuxièmement, Jéthro semble reconnaître, pour la première fois, la supériorité de Dieu sur tous les autres « dieux », dont on supposerait incluaient ses propres dieux païens.193 La foi de Jéthro est prouvée dans son offre de sacrifices à Dieu, et dans le repas sacrificiel, que Jéthro, Moïse, et tous les anciens d’Israël partagèrent (v. 12).

Ayant brièvement considéré l’arrivée de Jéthro et la famille de Moïse et l’affirmation de foi de Jéthro, une question agaçante me reste à l’esprit : Pourquoi est-ce que ce fut Jéthro qui dut initier la réunion de Moïse avec sa famille ? En d’autres mots, Pourquoi Moïse n’est-il pas allé chercher sa femme et ses fils, plutôt que d’attendre que Jéthro ne se pointe avec eux sans être annoncés ?

Ma question surgit d’un sentiment troublant, basé sur plusieurs observations des versets 1-12 :

(1) Moïse semble avoir renvoyer sa femme et ses fils chez Jéthro sans l’avoir prévenu, tout comme Jéthro semble les ramène à Moïse de la même façon.

(2) La motivation de Moïse de renvoyer ses enfants pourrait être discutable, spécialement à la vue des noms qu’il avait donnés à ses fils. Quelles raisons pourraient être justifiables pour Moïse de renvoyer sa femme et ses fils à Madian, pour être élever par un païen (à ce moment là) ? Moïse nomma son premier fils Guerchôm, dont notre texte nous dit est basé sur le fait que Moïse était (ou plus précisément) était devenu un étranger. Si Moïse se sentait « aliéné », comment pouvait-il aliéner sa famille en les envoyant loin de lui, et de la nation d’Israël. Moïse ressentait les tiraillements de cette séparation de « son peuple » et pourtant il envoya sa femme et ses fils loin de lui. Cela semblerait être inconsistant. Aussi, si Moïse avait appelé son deuxième fils Eliézer, basé sur sa propre délivrance de l’épée de Pharaon (v. 4), pourquoi alors ne pouvait-il pas faire confiance à Dieu de délivrer sa famille des dangers d’Egypte et de l’épée de pharaon ? Et si Moïse pouvait dire aux Israélites de faire confiance à Dieu quotidiennement pour leur nourriture et eau, pourquoi alors ne pouvait-il pas faire confiance à Dieu de fournir ce dont sa famille aurait besoin ? Il semblerait qu’il y ait une inconsistance ici.

(3) Moïse fut remarquablement lent pour aller chercher sa famille, quand on aurait pu s’attendre à ce qu’il soit impatient de les avoir près de lui. En lisant le premier verset du chapitre 18, la question qui semble être la plus importante dans l’esprit de la famille de Moïse (spécialement dans celui de Jéthro) est : « Comment va Moïse? » Comme le passage continue pour nous, et comme le temps passa pour la famille de Moïse, la question changea de « Comment va Moïse? » à « Où est Moïse? » Ce ne fut pas à l’initiative de Moïse qu’il fut réuni avec sa famille, mais à l’initiative de Jéthro, qui surprit Moïse avec une visite. Moïse n’était pas si loin que ça de sa famille, mais il semble presque les avoir oublié.194

Il y a une tendance parmi les Chrétiens à minimiser les échecs d’un homme comme Moïse dans cette situation, même à attribuer foi et confiance en lui, plutôt que doutes et échecs. L’hypothèse est que les saints qui sont décrits dans la Bible ont tendance à toujours faire la chose juste pour les bonnes raisons. Un exemple de cela est l’explication des actions de Moïse ici de telle façon à se concentrer sur sa piété :

L’absence de sa femme et de ses enfants nous cause à avoir un respect plus grand pour sa maturité et perspicacité spirituelle durant les moments les plus agités d’Israël. Aucunes indications ne nous sont données dans le texte biblique concernant un malaise personnel ou une insatisfaction avec cette situation. Apparemment, il avait remit sa femme et ses enfants entre les mains de Dieu et en avait conclu que dans le temps de Dieu ils seraient tous réunis. Donc, pour Moïse, ce fut non seulement une occasion joyeuse à cause de la victoire d’Israël sur Amalec mais à cause de sa réunion avec sa femme et sa famille.195

J’appelle cette tendance d’assumer le meilleur des caractères bibliques, l’« inclination pieuse ». Elle cherche à élever les caractères bibliques à un niveau bien au-dessus de notre performance et bien plus haut que ce que nous nous attendons, connaissant la nature de l’homme. En contraste de ça, j’ai tendance à interpréter les actions de Moïse selon ce que j’appelle le « syndrôme du pécheur ». Ainsi, ce ne sont pas les vertus de Moïse qui sont louées dans ce chapitre, mais ses défauts. Bon, voilà maintenant un homme (Moïse) avec qui je peux m’identifier, un homme avec des imperfections comme les miennes. Ces imperfections sont clairement observées par Jéthro, dont le conseil, dans les versets 13-27, est basé sur ses observations des bévues inconscientes de Moïse tant en ce qui concerne sa famille que sa fonction comme le dirigeant d'Israël (vs. 13-27). Continuons alors, pour voir comment les évènements des versets1-12 servent comme indices aux échecs auxquelles Jéthro cherche à remédier par son conseil.

Le Conseil de Jéthro (18:13-27)

Le lendemain matin, Moïse et les gens d’Israël commencèrent leur routine quotidienne. Le peuple qui cherchait à connaître la volonté de Dieu par Moïse commença à former une file à l’endroit désigné, peut-être juste à coté de la tente de Moïse. Avec une nation de près de 2 000 000 de gens (600 000 hommes, voir 12:37), on peut certainement imaginer que cette file était longue, et qu’elle devait commencer à se former de très bonne heure. Moïse, on nous dit, s’assit, siégeant en temps que seul juge d’Israël (vs. 13,14). Le peuple venait devant lui avec toutes sortes de problèmes demandant une décision, instruction ou un conseil. Le peuple se tournait vers Moïse seul pour une parole de Dieu pour leur donner des directions dans leurs vies. Au bout de la journée, la longue file d’Israélites patientant était toujours là. Le peuple était fatigué d’être debout pendant toute la journée, et il en était de meme pour Moïse (vs.14,18). Jéthro était capable d’identifier rapidement le problème, qui semblerait-il, était totalement invisible à Moïse.

Jéthro fut déconcerté par l’incompétence de ce qui arrivait pendant la journée. Peut-être qu’au cours du diner ce soir- là, il commença à poser des questions à propos de la logique de Moïse pour administrer la justice (juger) comme il le faisait. Il est apparent par l’interrogation de Jéthro qu’il n’était pas d’accord avec la façon dont Moïse s’occupait des choses. Même la façon dont les questions étaient écrites, vous pouvez imaginer le ton de voix avec lequel il parlait. (Les beaux-pères, vous savez, peuvent toujours mieux faire que les autres. Ça commence toujours avec une question comme, « Qu’est qui te fait croire que tu es un homme assez bon pour être le mari de ma fille ? »

Je crois que Moïse fut complètement prit à dépourvu par la désapprobation de Jéthro. Moïse était si englouti par son travail, essayant désespérément de ne pas se noyer, qu’il n’avait pas le temps de réfléchir et méditer sur ce qu’il faisait.

Jéthro, d’un autre coté, suspectait déjà le problème depuis quelques temps. Moïse avait non seulement envoyé sa famille chez lui pour qu’il s’en occupe, mais il n’avait eu que peu de contact avec eux, et il avait retardé la réunion avec sa famille. Ce matin, Jéthro commença à voir les morceaux du puzzle se mettre en place. Moïse n’était pas allé chercher sa famille car il n’avait pas le temps de s’occuper d’eux – même pas de penser à eux.

La réponse de Moïse révèle sa perception déformée, ce qui était le vrai problème. Pendant que Jéthro réalisa rapidement la situation, Moïse ne pensait pas très clairement à ce qu’il faisait. Sa réponse révèle plusieurs idées fausses sur son rôle de chef. Considérez-les avec moi pour un moment.

(1) Moïse croyait que chaque requête pour son aide le rendait responsable. Quand on lui demanda pourquoi il s’occupait des problèmes comme il le faisait, Moïse répondit, « Je le fais parce que le peuple me l’a demandé ». Je crois que Moïse était un homme obligeant, bienveillant, et compatissant. Je pense que les Israélites croyaient ça aussi. Pas étonnant qu’ils voulaient expliquer leurs problèmes à Moïse. Moïse ne pouvait refuser son aide à toute personne qui le lui demandait. Il tomba simplement dans le piège d’assumer que c’était sa responsabilité de trouver une solution à chaque problème qui lui été présenté. Si vous ne l’avez pas déjà remarqué, vous découvrirez que nous serons toujours conscients de plus de besoins qu’on puisse s’occuper personnellement. Moïse se rendait fou parce qu’il ne s’était pas encore rendu compte de son erreur.

(2) Moïse sembla assumer que parce que les gens venaient le voir personnellement pour demander de l’aide, c’était sa responsabilité de les aider personnellement. En réponse à la question de Jéthro, Moïse expliqua qu’il jugeait le peuple de l’aube au crépuscule parce qu’ils venaient vers lui pour demander son aide. Il assuma que quand il y avait un besoin, c’était son devoir d’y faire face. En fait, Moïse ne dirigeait pas du tout, car il était totalement incapable de refuser des nominations ou d’impliquer d’autres personnes pour s’occuper des besoins des Israélites. Qui voulait parler à Moïse (étant d’accord pour attendre son tour) pouvait lui parler !

(3) Moïse raisonna incorrectement que parce que sa tâche était de guider toute la nation, il devait le faire en traitant avec les gens une personne à la fois. Il ne sembla pas avoir réalisé qu’il devait s’occuper de ce travail sur une plus grande échelle, traitant avec des groupes, plutôt que des individus. Plutôt que d’enseigner une classe de 1000 (qui aurait été une petite classe pour lui), Moïse enseignait la même chose 10 fois à 100 personnes.

(4) Moïse sembla avoir assumé que personne d’autre n’était capable de faire ce qu’il faisait. Moïse dit à Jéthro que le peuple venait le voir pour « chercher la volonté de Dieu » (v. 15). Il semblerait comme si cela plaçait les besoins du peuple dans une catégorie dont seul Moïse était capable s’occuper.196

(5) Moïse sembla avoir perdu de vue sa vocation et ses dons uniques. Dieu n’a pas demandé que Moïse fasse tout lui-même, mais seulement certaines choses. Moïse fut donné la responsabilité de guider toute la nation d’Israël, et donc, sa tâche était très différente de celles des autres, qui pouvaient s’occuper du peuple au niveau plus personnel, plus intime.

Je crois que nous pouvons tirer plusieurs principes importants de gestion des paroles de Jéthro, qui furent adressées à Moïse. Considérons-les avec beaucoup d’attention. Ces principes et leur adaptation pratique fournissent la solution aux problèmes de Moïse.

(1) Pour être un dirigeant, une personne doit contrôler. Ici, je fais allusion au fait que Moïse devrait être au contrôle de son ministère et de son emploi du temps, pas autant qu’il devrait être au contrôle d’Israël. Il n’était pas au contrôle de son ministère. En tant que dirigeant d’Israël, il aurait dû avoir contrôle de son emploi du temps, mais il est évident qu’il ne l’avait pas. Du matin au soir, il était prisonnier de la foule qui voulait ses conseils. Pour mettre le problème en termes contemporains, plus le niveau d’un dirigeant est élevé, plus il est difficile d’obtenir un rendez-vous avec lui. Notre texte implique que Moïse ne refusait aucunes entrevues. Jéthro lui conseilla vivement d’exercer son autorité en gagnant contrôle de son temps, et de la façon dont il guidait le peuple.

(2) Pour être un dirigeant chrétien efficace, une personne doit balancer le principe de servitude avec celui de gérant. Pendant qu’il est possible que les motifs de Moïse n’aient pas été complètement purs (ceux de qui le sont ?), Je suis disposé à croire que la motivation principale de Moïse pour s’occuper des Israélites comme il le faisait était qu’il se souciait véritablement d’eux et voulait les servir. Moïse, on nous dit, était connu par son humilité (Nombres 12:3). J’assume donc que c’était un vrai cœur de serviteur qui motivait son travail et qui causa à Jéthro de se poser des questions à propos de son inefficacité.

Chaque dirigeant doit être un serviteur, mais nous devons être le serviteur du Seigneur, faire Sa volonté, pas les serviteurs des hommes, réalisant toutes leurs espérances et leurs désirs. Comme serviteurs du Seigneur, nous ne pouvons avoir qu’un maitre (Matt. 6:24), à qui nous devrons rendre des comptes de notre gestion (Matt. 25:14-40 ;1 Cor. 3:10-15 ; 4:1-5). Dieu nous tiendra responsable de comment nous avons traité ce qu’Il nous a ordonné de faire. Donc, dans nos attitudes, nous devons être intégralement des serviteurs, mais nous ne devons pas permettre aux autres de dicter ou de déterminer comment notre gestion devrait être gérée.

En d’autres mots, Moïse devait être un serviteur, mais il devait servir en guidant. Comme tel, il devait prendre charge, il devait déterminer sa vocation, il devait établir des priorités, et il devait d’y tenir, même quand les autres essaieraient de modifier son travail. Moïse devait servir les Israélites, mais il devait le faire de la façon dont Dieu voulait qu’il le fasse. Avoir un esprit de serviteur est donc une attitude essentielle pour un dirigeant chrétien, mais les actions de ce dirigeant doivent être déterminées par d’autres facteurs.

(3) Diriger est comme être un berger et être un berger implique un troupeau. Moïse traitait avec les Israélites individuellement, mais Jéthro recommandait de traiter avec eux collectivement (vs. 19-20). C’est une bonne chose pour un chef de désirer connaître tous les gens qu’il dirige personnellement, mais c’est franchement une mission impossible quand le groupe est très grand. Nous ne pouvons certainement pas lui en vouloir pour ne pas connaître intimement chacun des presque 2 millions d’Israélites. Moïse dit aux Israélites que leur grand nombre était la raison pour laquelle il accepta de faire ce que Jéthro recommandait :

« ---A cette époque-là, je vous ai dit: «Je ne peux pas, à moi seul, assumer la responsabilité de vous tous[f].

   L'Eternel votre Dieu vous a multipliés, au point que vous êtes aujourd'hui aussi nombreux que les étoiles du ciel. » (Deut. 1:9-10)

Il y a des raisons pour lesquelles nous arrivons à nous attendre à ce que nos dirigeants nous connaissent intimement, bien que cela soit impossible. Une des raisons est que nous n’avons pas interprété ou appliqué correctement l’image du berger de la Bible. Quand être un berger est décrit comme un boulot pour des chefs humains, ils sont dits être des bergers d’un troupeau, pas des bergers pour une brebis seule (Ps. 77:21 ; 78:52 ; 80:2 ; Ésaïe 63:11-14).

Une autre raison est que nous avons échoué à faire la différence entre guider le troupeau en suivant les hommes et guider le troupeau en suivant Dieu. Cependant, quand notre Seigneur est le berger, nous trouvons que la relation décrite est bien plus personnelle et intime (Ps. 23 ; Jean 10), autant qu’elle puisse être, car notre Seigneur n’a pas les limitations humaines des bergers de la terre.

Une autre erreur, à mon avis, est que nous avons tendance à confier la tâche de conduire le troupeau aux anciens seuls. Comprenant le concept de l’église comme étant un corps, je vois que c’est le travail de l’église de prêcher à elle-même. Nous sommes tous des prêtres, non seulement quelques sélectionnés (1 Pierre 2:5). Les anciens sont ordonnés de conduire le troupeau de Dieu (1 Pierre 5:1), mais cela ne veut pas dire qu’ils doivent faire tout le boulot. Je crois que cela veut dire qu’ils sont responsables pour s’assurer que tout le troupeau de Dieu soit guidé. Le management de l’église locale implique plus que les anciens. Donc l’auteur d’Hébreux évite de mettre les dirigeants de l’église au même niveau que les anciens (Héb. 13:7,17).

Cela explique pourquoi on nous parle des bergers au pluriel au lieu du singulier (à commencer avec Moïse et Aaron – Ps. 77:21) et plus loin à la pluralité des anciens/dirigeants dans le Nouveau Testament (Actes 20:17 ; Philippiens 1:1 ; 1 Pierre 5:1-2). Le travail de berger est au-delà de la capacité d’un seul homme à accomplir.

Quand Moïse essayait de régler les disputes, il traitait avec les Israélites sur la base individuelle. Quand il enseignait le peuple les principes et les préceptes de Dieu, il pouvait le faire en larges groupes, fonctionnant donc plus comme un berger.

(4) Parce que diriger exige une pluralité de chefs, cela exige aussi que les chefs soient responsables. Moïse n’était pas capable de gérer son ministère parce qu’il ne réalisa pas que son ministère avait besoin d’être gérer. Une des fonctions essentielles de la direction est la gérance. Moïse traitait avec près de 2 millions de gens, mais il essayait de le faire par lui-même. Il ne voyait pas le besoin de délégation – la nécessité d’utiliser les autres pour couvrir tous les besoins des Israélites. Le Nouveau Testament parle fréquemment de la fonction de gérance des dirigeants de l’église. Donc, les termes « gérer », « être à la charge de », et « superviser » sont fréquemment utilisé en références aux dirigeants de l’église. Moïse oublia que diriger implique gérer.

(5) Diriger implique des obligations à la fois privées et publiques, aucune de deux ne pouvant être totalement sacrifiée pour l’autre. Moïse devint si enchevêtré dans ses affaires publiques (jugeant les Israélites) qu’il avait involontairement négligé sa famille et lui-même. Selon Jéthro, il allait finir « par s’épuiser » (v. 18). De plus, Moïse semblait avoir oublié sa famille. Qui savait combien de temps ils seraient rester chez Jéthro, si cet homme sage n’avait pas prit l’initiative de réunir la famille de Moïse?

Une balance délicate doit être maintenue entre les responsabilités publiques et privées. Moïse avait permit à son sens de devoir public d’éclipser son sens de responsabilités personnelles. Un dirigeant est quelqu’un qui doit bien gérer sa famille, une condition préalable à sa prise en main de son rôle de dirigeant de l’église (1 Timothée 3:4,12). Ceux-ci sont ceux (moi inclus des fois) qui utilisent leurs devoirs publics comme excuses pour éviter leurs obligations privées. Il y a des façons qui ont des sons très pieux pour faire ça, mais la vérité est que souvent nous évitons les choses auxquelles nous ne voulons pas faire face en conjurant un « lion sur la route » (Prov. 26:13),197 ce qui nous donne une bonne raison pour notre inaction. Les scribes et les pharisiens étaient des experts à ça (Marc 7:9-12). Donc, Paul vit la nécessité de souligner l’importance de nos responsabilités familiales (1 Timothée 5:8).

Il devrait être ajouté rapidement que certain prêtent tant d’attention à leurs affaires personnelles qu’ils excluent leurs obligations publiques. Les « soucis de ce monde » peuvent étouffer ce qui pourrait être appelé « les soucis du Royaume » (Marc 4:19). Les soucis que quelqu’un peut avoir avec sa famille peuvent ralentir son engagement de suivre Christ (Luc 9:57-62 ; 1 Cor. 7:32-35). A mon avis, il y a une tendance parmi les Chrétiens aujourd’hui de devenir bien trop introvertis, utilisant leurs responsabilités familiales pour excuser leur manque d’attention à pénétrer le monde comme « sel » et « lumière ».

Le conseil de Paul à Timothée peut être appliqué à tous les Chrétiens, car il souligne le besoin de prendre soin de nos responsabilités personelles autant que de nos devoirs publics :

« Veille sur toi-même et sur ton enseignement. Sois persévérant en cela. En agissant ainsi, tu assureras ton salut et celui de tes auditeurs.» (1 Timothée 4:16)

Prendre soin de notre propre « homme intérieur » est vital, non seulement parce que nous devons continuer notre propre parcours avec le Seigneur, mais aussi parce que nous pouvons rapidement utiliser nos réserves spirituelles en prêchant aux autres. L’exhortation de Paul à Timothée nous rappelle de l’importance pour chacun de nous de prendre soin de notre nourriture spirituelle, ainsi que de celle des autres. L’œuvre de Gordon MacDonald, Ordering Your Private World, est dévoué aux disciplines de ce ministère personnel. Je recommande fortement que vous lisiez et appliquiez les conseils de MacDonald.

(6) Diriger doit traiter avec les problèmes, mais nous doit faire attention de ne pas nous laisser consommer par eux. Moïse gravitait dans le rôle de « celui qui résout les problèmes d’Israël ». En faisant plus attention au texte biblique, il semblerait que Moïse était essentiellement consommé avec l’arbitration de disputes.198 Il était devenu plus un arbitre qu’autre chose. Son rôle était presque complètement directif (résolvant les problèmes), plutôt que préventif (prévenant les problèmes). Le conseil de Jéthro était que Moïse réarrange son emploi du temps pour que la priorité soit donnée à enseigner les principes et préceptes de Dieu au peuple, ce qui préviendrait les problèmes, et de prescrire des directives pour résoudre les problèmes quand ils surviendraient.

A mon avis, quand nous sommes obsédés à résoudre tous les problèmes, nous sommes souvent si occupés que nous perdons notre sens de direction. Moïse semble avoir été complètement pris pas surprise par la réponse de Jéthro. Il apparaît avoir été totalement ignorant de son propre échec ou du fait que les besoins des Israélites n’étaient pas correctement pourvus. Je crois que c’est parce qu’il était trop occupé avec les menus détails de son travail et pas assez impliqué avec la gérance de son ministère.

Le Conseil de Jéthro et le Christianisme Contemporain

Il y a une façon par laquelle nous avons tous été affectés par le conseil que Jéthro donna à Moise il y a des siècles. Je n’y ai pas pensé, mais un de mes amis y a pensé, et il l’a partagé avec moi alors que nous étudions ce texte. Il remarqua que le conseil de Jéthro était probablement lié à la rédaction du Pentateuque par Moïse. Moïse écrivit les cinq premiers Livres du Vieux Testament – le Pentateuque. C’est un chef d’œuvre littéraire, sans mentionner son statut de révélation divine. L’œuvre du Pentateuque fut la réalisation du conseil de Jéthro :

« Tu dois aussi leur communiquer ses ordonnances et ses lois, leur enseigner la voie à suivre et la conduite à tenir. » (Exodus 18:20)

La façon dont Moïse fut consommé par ses devoirs comme juge, il n’aurait jamais eu le temps d’écrire le chapitre que nous avons venons d’étudier, et duquel nous pouvons tant apprendre. Nous avons bénéficié si directement du conseil de Jéthro à Moïse. Des millions ont été bénis à cause des changements que la visite de Jéthro a amenée dans la vie de Moïse.

Sans aucun doute, beaucoup de nos lecteurs se sentent confortable en considérant ce passage d’Ecritures. En premier lieu, c’est un texte qui pourrait sembler sans rapport avec Chrétiens du Nouveau Testament à cause de son ancienneté. Deuxièmement, c’est un texte qui traite avec les dirigeants, et donc ceux qui ne sont pas dirigeants officiels de l’église peuvent se sentir exempts de toutes implications du texte, même si elles sont pertinentes. Je voudrais suggérer que cette conclusion est fausse. Explorons les raisons pour lesquelles le conseil de Jéthro est aussi pertinent à tous les Chrétiens d’aujourd’hui qu’il était à Moïse il y a des siècles. Je vais chercher à montrer la pertinence du conseil de Jéthro en établissant trois principes ci-dessous.

(1) Les principes et actions recommandés par Jéthro sont ceux que nous trouvons utilisés par l’église du Nouveau Testament. Les parallèles entre Exode chapitre 18 (incluant sa mise en œuvre dans Deutéronome 1:9-18) et Actes 6 sont très étranges. Les incidents d’à la fois le Vieux et Nouveau Testament proviennent de problèmes qui étaient le résultat d’une croissance rapide, d’un grand nombre de gens, et pas assez de dirigeants. Ces évènements exigèrent que la direction s’agrandisse, et pour ceux au plus haut niveau de la direction de se consacrer à leur première vocation, et de déléguer les autres travaux à d’autres hommes très qualifiés. Le conseil de Jéthro était que Moïse nomme d’autres gens pour s’occuper des problèmes qui surviendraient, et pour lui de se dévouer à intercéder pour les gens (v. 19) et à l’instruction (v. 20). La même méthode peut être vue dans le Nouveau Testament. Les apôtres furent rendus conscients de la discrimination qui arrivait pendant la distribution de nourriture aux veuves, mais ils déléguèrent rapidement la solution de ce problème à d’autres personnes, plutôt que d’être distraits de leurs responsabilités primaires de prières et de proclamer la Parole de Dieu au monde (Actes 6:1-6).

Le chapitre 6 d’Actes est un exemple de comment la première église utilisa les principes administratifs d’Exode 18 et Deutéronome 1. En effet, plus j’étudie l’incident d’Actes, plus je suis enclin à conclure que les apôtres avaient trouvé le précédent dans ces textes du Vieux Testament pour leur décision. Si les apôtres et la première église pouvaient trouver la solution à leur dilemme dans Exode chapitre 18, pourquoi ne pouvons-nous pas non plus appliquer ce texte à notre église d’aujourd’hui ?

(2) Les principes que Jéthro recommanda à Moïse sont ceux que nous trouvons les dirigeants individuels dans le Nouveau Testament appliquent à leurs ministères. En lisant le Nouveau Testament, nous trouvons que les grands dirigeants de ces jours règlementaient leurs travaux d’une façon qui était consistante avec le conseil que Jéthro donna à Moïse.

On pourrait ne pas penser que notre Seigneur soit un exemple ici quand nous arrivons à certains versets dans le Nouveau Testament qui décrivent une demande incroyablement lourde pour le temps et l’énergie de notre Seigneur. Par exemple, nous lisons :

« Jésus alla à la maison et, de nouveau, la foule s'y pressa au point que lui et ses disciples n'arrivaient même plus à manger.

  Quand les membres de sa famille l'apprirent, ils vinrent pour le ramener de force avec eux. Ils disaient en effet: «Il est devenu fou.» » (Marc 3:20-21)

Avant d’examiner les façons par lesquelles notre Seigneur fut un exemple pour les dirigeants, rappelons-nous les façons par lesquelles notre Seigneur était unique comme patron. Premièrement, Il était Dieu incarné. Deuxièmement, Il était un homme qui n’avait pas d’épouse ni d’enfants. Troisièmement, Il savait que Ses jours étaient comptés, qu’Il allait mourir sur la croix du Calvaire après un ministère de courte durée. En d’autres mots, notre Seigneur put « brûler la chandelle par les deux bouts », Il put pousser son corps aux limites de la faim et de la fatigue parce qu’Il n’avait pas à contrôler son allure pendant la période de son ministère sur terre. Jésus courrait le 100 mètres, et donc Il mit tout ce qu’Il avait dans la distance à parcourir. Nous, nous courrons un marathon, et nous devons donc nous contrôler différemment.

Néanmoins, notre Seigneur exerça Sa direction d’une façon qui illustre beaucoup les principes que Jéthro enseigna à Moïse. Notre Seigneur n’avait pas pour intention d’enseigner seul. A la place de faire ça, Il appela 12 disciples pour Le suivre, et les forma pour continuer sans Lui. Par la suite, eux aussi feraient d’autres disciples. Bien que notre Seigneur fut constamment affairé, Il n’oublia jamais Ses priorités. Bien qu’Il fut toujours en demande comme guérisseur, Il restreint Ses guérisons pour que son travail principal de proclamer l’Evangile puisse être réalisé (Marc 1:32-39).

Bien que notre Seigneur prêchait aux foules, Il s’éloignait fréquemment pour des périodes de solitude avec Son Père. Son travail public fut entrecoupé avec des périodes de relation intime avec Dieu (Matt. 4:12 ; 12:15 ; 14:13 ; 15:21 ; Luc 9:10 ; 22:41 ; Jean 6:15). C’était à ces moments là que des décisions critiques furent prises. Donc notre Seigneur eut toujours un sens très fort de Sa vocation et de Son but. Il ne pouvait être dissuader d’accomplir son travail par Satan, ni par les circonstances ou ni même par de mauvais conseils de Ses disciples qui pensaient bien faire. Notre Seigneur sut toujours ce qu’Il avait été envoyé pour faire, et ne changea jamais de direction.

Je crois qu’une étude de la vie de Paul montrerait la même sorte de direction.200 Dans les deux cas il y avait des problèmes et des pressions constantes. Je ne crois pas que les efforts de Chrétiens contemporains pour vivre leur vie à une vitesse plus ralentie est vraiment réaliste. Cependant, je crois qu’il y a un besoin pour une paix intérieure, un sens fort de direction, et des priorités très claires qui gouvernent nos décisions en ce qui concerne quelles taches nous allons faire quand il y a plus de demandes que de temps pour les accomplir. Je crois que dans ces temps, quand la vie est inévitablement effrénée, nous devons avoir un sens clair de notre vocation et du fait que nous devons travailler avec une paix intérieure pour faciliter notre travail. Nous devrions être comme un docteur qui est appelé à l’hôpital quand un désastre frappe. Bien qu’il puisse y avoir beaucoup de personnes se mourant, il ne peut que s’occuper d’eux d’une façon ordonnée. S’occupant de chacun d’entre eux, il doit le faire avec une paix intérieure et confiance. S’il était paniqué, il ferait beaucoup de mal. En restant calme, il peut fournir beaucoup d’aide, mais seulement dans ses limites. Je vois ce genre de paix intérieure dans notre Seigneur et dans l’apôtre Paul, même dans les moments de grandes demandes ou de beaucoup de stress.

(3) Les principes que Moïse apprit de Jéthro sont applicables à chaque Chrétien, qu’il soit dirigeant ou pas. Les principes que nous avons appris de Jéthro sont des principes de gérance. Que nous ayons une position de dirigeant dans l’église ou non, la plupart d’entre nous avons quelques responsabilités de guides. Les hommes ont des responsabilités de guides dans le mariage. Les mères ont des responsabilités de guides dans la maison. Les femmes chrétiennes qui sont plus âgées que d’autres ont un rôle de guides avec les femmes plus jeunes. Beaucoup de gens ont des rôles de guides dans leur boulot ou dans la communauté. Dans tout ce qu’on fait nous avons un rôle de guide, les principes que nous trouvons dans Exode 18 sont applicables.

Au-delà de ça, les principes que nous trouvons dans notre texte s’appliquent à tous les Chrétiens, car nous sommes tous des serviteurs du moment, des dons, et des opportunités que Dieu nous a données. En d’autres mots, nous devons accepter la responsabilité dans nos vies, ce qui implique gérer ces choses dont Dieu nous rendit serviteurs. De différentes façons, notre jugement devant le siège du Christ (1 Cor. 3:12-15) sera une évaluation par notre Seigneur de notre gestion de ce qu’Il nous a confié. Fréquemment dans les Evangiles, il y a un portrait de serviteurs de Dieu Lui rendant des comptes (Matt. 25:14-30). Si nous étions de bons serviteurs, nous devrions être de bons gestionnaires, de notre temps, de nos dons et capacités, et de nos opportunités données par Dieu.

Pratiquement parlant, une bonne gestion est nécessaire pour notre survie spirituelle dans une culture qui semble être confinée sur l’ « autoroute ». Pour certains Chrétiens, il y a un besoin de contrôler nos ministères, pour qu’ils soient plus efficaces et qu’ils ne nous dépouillent pas de l’accomplissement de nos responsabilités personnelles et privées. Certains ministères sont dans un tel état que notre monde privé est en train de s’effondrer. Pour d’autres, il y a un besoin désespéré de regagner contrôle de nos vies privées et personnelles pour que nous puissions accomplir les ministères publics que Dieu nous a donnés. Il y a d’innombrables Chrétiens dont les ministères sont non-existants parce qu’ils sont écrasés par d’autres pressions. Dans les deux cas, nous avons besoin de reprendre le contrôle de nos vies et de nos ministères.

L’aptitude de gestion n’est pas innée, mais elle est apprise. Les bons dirigeants ne sont pas nés, ils sont faits. Moïse fut appelé à guider les Israélites, mais même avec des années d’éducation en Egypte et d’expérience pratique, Moïse avait encore beaucoup à apprendre. Ça, ça devrait encourager ceux d’entre nous qui croyons que l’administration n’est pas notre fort. Apprenons de Moïse que nous pouvons devenir de meilleurs gestionnaires, meilleurs administrateurs, et meilleurs dirigeants.

Pour finir, considérons plusieurs pas initiaux qui pourraient nous aider à nous mettre en route sur le chemin de devenir de meilleurs dirigeants et gestionnaires.

(1) Trouvez un Jéthro. Ceux qui ont des ministères hors de contrôles pourraient, comme Moïse, ne pas réaliser leurs difficultés. Dieu donna à Moïse un Jéthro pour lui signaler ses problèmes. Heureusement, Dieu m’a donné un Jéthro, un cher ami et frère chrétien, qui me montra le désordre de ma vie, et qui gentiment me poussa à regagner contrôle. Si vous n’avez pas d’ami comme ça, cherchez-en un.

(2) Déterminez pieusement les choses qui devraient être sous votre contrôle, mais ne le sont pas, et demandez à Dieu de vous permettre de résoudre le problème.

(3) Déterminez les dons que Dieu vous a confiés, et réfléchissez à la meilleure façon de les utiliser pour le royaume de Dieu.

(4) Etablissez des buts pour votre vie, et formulez un plan pour les réaliser avec la grâce de Dieu. Dieu pourrait superbement intervenir pour changer ces plans, mais c’est mieux d’avoir un plan qu’on puisse changer que de n’en avoir aucun.

(5) Etablissez un plan pour à la fois votre monde privé et votre ministère public, et prenez une décision de ne pas les négliger.

(6) Evaluez les priorités qui vont gouverner les choses que vous allez faire et celles que vous allez refuser. De toutes les choses que vous pourriez faire, cherchez à identifier et à finir celles que vous devriez faire.

(7) Cherchez à différencier entre les difficultés et la vocation de votre vie ; Minimisez le premier et maximalisez le dernier.

(8) Facilitez le travail des autres, spécialement en les encourageant et en les équipant pour faire ce qu’ils font de mieux. En autres mots, commencez à agir comme un Jéthro pour les Moïses autour de vous.

(9) Désirez grandir à la fois dans votre foi et votre humilité. La foi est exigée pour croire que Dieu vous permettra de faire ce qu’Il vous demande. La foi est aussi exigée pour vous permettre de laisser aux autres ce que vous ne devriez pas faire. L’humilité vous empêchera de faire confiance à vous-même, et vous empêchera de recevoir des accolades pour ce que Dieu a fait. Elle vous permettra aussi de résister les suggestions flatteuses que vous êtes la seule solution d’un problème.


185 I might as well confess that after I decided on the title “The Tyranny of the Urgent” for this chapter, I was tempted to change the title of the messages on chapters 16 and 17 to be: “The Tyranny of the Urges.”

186 Gordon MacDonald, Ordering Your Private World (New York: Oliver Nelson, 1984), pp. 13-18.

187 While this expression (“send her away”) can be used as a technical term for divorce, it is obviously used in its neutral sense here. Gispen informs us of Calvin’s explanation: “Calvin believed that Moses took Zipporah and her two sons with him to Egypt, but that he had allowed them to visit Jethro during the wilderness journey; Jethro then brought them back to Moses. The expression ‘after sending her away’ argues against this view, but it also contradicts the idea that Zipporah voluntarily left in anger to return to her father after the circumcision of her son. Moses had sent them away, and Jethro wanted to return them to Moses, now that the situation for Moses and Israel seemed to be more hopeful than Zipporah might have anticipated.” W. H. Gispen, Exodus, trans. by Ed van der Maas (Grand Rapids: Zondervan Publishing House, 1982), p. 173.

188 Jethro had good reason to be upset with Moses. He did not tell him of the call of God, nor of the real purpose of his return to Egypt, which would have endangered his daugher and grandchildren. Neither does it seem that he asked Jethro’s permission to send his family back to the land of Midian. To top matters off, Moses seemed to be in no hurry to call for his family, once the dangers of Egypt were a thing of the past.

189 The impression I gain from the text is that Jethro did not send word to Moses of his arrival until he was almost to the camp of Israel. Moses, therefore, would have been taken largely by surprise by the arrival of his family. Further explanation will reveal why.

190 On initial reading, one would tend to conclude that Moses took Jethro into his tent, in the Israelite camp, but the text tells us that Moses had gone out to meet Jethro. It was there, it would seem, that Moses kissed Jethro, and then entered into Jethro’s tent, to share what God had done for Israel. It is no wonder then, that it is not until the next day, when Moses is entertaining Jethro at his own tent that the administrative and ministerial nightmare is spotted by Jethro. One can learn a lot by a visit to the home of another.

191 Jethro is identified in verse 1 as “the priest of Midian.” This seems to signal the fact that he was not just a priest, but one of the most prominent (if not the most prominent) leaders. A similar situation can be found in John chapter 3, where Nicodemus is called “the teacher of Israel” (v. 10, cf. v. 1). Cole, observes: “The whole scene is typical of eastern courtesy. Both men are now great chiefs in their own right, and behave accordingly.” R. Alan Cole, Exodus: An Introduction and Commentary (Downers Grove: InterVarsity Press, 1973), p. 138.

192 Cole writes: “This may not be true monotheism (the belief that there is only one god), but it certainly leads to monolatry (the worship of one god to the exclusion of others) as a logical sequence. … Was Jethro ‘caught up’ into the worship of YHWH, a ‘new convert,’ as doubtless others were later? Or had he already known and worshipped YHWH previously? Jethro’s own words here seem to favour the view that YHWH was a new god, as far as he was concerned.” Cole, p. 139.

193 Davis reminds us that, “Jethro must be considered unique, for it is clear from Scripture that the Midianites generally were idolaters (cf. Num. 25:17-18; 31:16).” John J. Davis, Moses and the Gods of Egypt (Grand Rapids: Baker Book House, 1971), p. 188.

194 It occurred to me that Jethro may have been inspired to reunite Moses with his family because he became aware of the fact that Moses was now heading toward Canaan without his family. After the exodus of Israel from Egypt, Moses kept getting closer and closer to Midian and to his family. All during this time, the hopes of Moses’ family of being reunited with him were rising. If reports now placed Moses at locations which were growing more distant, one can see how Jethro would have been motivated to seek Moses out and to renite him and his family. Jethro could have feared that Moses would actually lead Israel into the promised land without taking his family along. Moses might have rationalized that this would be the “safest” thing to do. All of this is conjecture, but it is within the realm of possibility.

195 Davis, p. 187.

196 I believe that Davis is wrong when he concludes that Moses was wrongly involving himself here with civil disputes and judgments, rather than spiritual matters. He writes, “Apparently a good deal of Moses’ time was devoted to civil problems judging from the language of verse 13. … As Jethro sized up the situation he rightly concluded that Moses could not exercise effective leadership if he were constantly bogged down with civil matters.” Davis, p. 188.

197 The sluggard’s “lion in the road” is not (as I first supposed) a weakly fabricated excuse, which is easily seen through (there were lions in Israel in those days), but a compelling excuse. If there was a lion in the road, who in their right mind would go outside? Thus, the sluggard’s mind is always searching for compelling reasons for inaction.

198 The fact that Moses was occupied with the task of settling disputes is seen in Exodus 18:16 and Deuteronomy 1:12.

200 Especially 2 Corinthians, chapters 4-7, where Paul’s ability to endure under opposition and adversity is the result of his sense of direction and calling, and from the inner strength which comes from the renewal and growth of the inner man.