Tourner Autour du Buisson Brûlant (Exode 3 et 4)

Introduction

Quand j’étais bien plus jeune, mon oncle arriva à un piquenique de famille sur une nouvelle moto Honda. Peu impressionnante par les standards d’aujourd’hui, en ce temps là, c’était une des plus puissantes motos sur les routes. Fièrement, mon oncle laissa plusieurs parents faire un tour autour du parc, très lentement. Voyant que je salivais devant la moto, mon oncle me demanda si j’avais jamais conduis une moto. Plein de confiance, je lui dis que oui. Sur cette Honda 305, mon intention était de ne pas faire du sur place et je pris la route, à fond la caisse.

J’avais dit la vérité, jusqu'à un certain point en affirmant que j’avais déjà conduit une moto, mais pas toute la vérité sur l’étendue de mon expérience. Vous voyez, j’avais conduit une Honda 50 (la plus petite Honda) une fois autour de la station essence où je travaillais. Je n’étais pas vraiment préparé pour la ballade sur cette Honda 305 (la plus grosse Honda à cette époque).

Moïse pensait qu’il était adéquatement préparé pour la tâche de libérer les Israélites de l’oppression des Egyptiens, mais Exode 2 indique que ses efforts ratèrent misérablement. Il fut rejeté et réprimandé par ces camarades Israélites, et il fut poursuivit par Pharaon qui voulait le tuer. Cela conduisit à un séjour de 40 ans dans le pays de Madian, où Moïse se maria, eut deux enfants, et s’occupa des troupeaux de son beau-père.

Nous reconnaitrons facilement que Moïse n’était pas vraiment prêt à prendre les choses en main à l’âge de 40 ans, mais nous semblons penser que ces 40 ans que Moïse passa dans le désert avec les troupeaux de Jéthro lui ont donné ce qu’il fallait pour devenir le libérateur d’Israël. Je ne pense pas que ce fut le cas. Je crois que Moïse était aussi préparé à diriger Israël à l’ âge de 80 ans que j’étais prêt à conduire cette Honda 305 après avoir conduit une Honda 50. Les évenements d’Exode 3 et 4 confirment, je crois, que la préparation de Moïse pour prendre les choses en main avait à peine commencée. L’homme qui est décrit dans cette portion des Ecritures est difficilement le modèle du chef auquel nous nous attendrions. Apprenons le genre d’hommes Dieu choisit et utilisa comme chefs et le processus Il utilise avec Moïse.

Dans notre leçon précédente, l’attention était sur le caractère de Dieu, le « JE SUIS » d’Israël. L’attention de notre étude de cette leçon sera sur le caractère de Moïse, l’homme que « JE SUIS » a envoyé pour secourir Israël d’Egypte.

Les Ordres de Marche de Moïse (3:16-22)

Dans notre dernière leçon, nous nous sommes concentrés sur le buisson ardent et le caractère du Dieu qui s’est révélé dans le buisson – le « JE SUIS ». La révélation du caractère de Dieu, particulièrement par Son nom, est la base de la foi et de l’obéissance que Dieu exige (en fait, ordonne) de Moïse. Dans les versets 16-22, la tâche dont Moïse a été chargé d’accomplir est soulignée, ainsi que les grandes lignes des évènements qui allaient arriver à cause de son travail. Essentiellement, il y a trois catégories générales couvertes dans ces versets :

(1) Moïse fut commandé d’assembler les responsables d’Israël pour les réassurer de l’alliance promise de Dieu, pour leur transmettre le plan de Dieu pour délivrer Son peuple de leur esclavage, et de les amener au pays de Canaan (Exode 3:16-17). En effet, Moïse devait répéter les mots que Dieu lui avait dis du buisson ardent.

(2) Moïse fut chargé d’aller voir Pharaon avec les responsables d’Israël et de demander une « permission » de trois jours pour aller vénérer Dieu dans le désert (Exode 3:18-20). Cette demande serait refusée, et seulement par force (les fléaux) le roi d’Egypte relâcherait les Israélites. Il est important d’observer que la résistance de Pharaon était prévue, préparant ainsi Moïse pour les temps durs à venir. La libération d’Egypte ne viendra pas rapidement ni facilement, mais elle viendra.

(3) Finalement, Dieu instruisit Moïse d’assembler les salaires que les Israélites avaient gagné en Egypte (Exode 3:21-22). Cela a dû être accomplit en demandant aux femmes égyptiennes leurs articles d’argent et d’or et en les mettant sur leurs enfants.

Ces ordres résument la tâche que Dieu avait donnée à Moïse et la réponse des Egyptiens à sa demande. Ici, en quelques mots, sont les grandes lignes des « choses à venir » pour l’Egypte. Ces commandements clarifient la tâche qui avait été confiée à Moïse. Ils sont tous basés sur la promesse et la prophétie que Dieu avait faites à Abraham dans Genèse 15:12-20. Moïse maintenant savait qui était Dieu, et la tâche qu’Il lui avait donnée à faire. La vraie lutte ici était entre Moïse et Dieu, et s’il allait la faire. Ainsi, j’ai titré ce message, « Tourner Autour du Buisson Brulant ». Moïse va apprendre, comme nous le devons tous, que les ordres de Dieu ne doivent pas être refusés.

Les Cinq Points de Moïse (3:11-4:17)

Quand un ami et moi discutions les titres possibles pour cette section, il suggéra celui-là, que j’aime beaucoup : « Pendant qu’Israël glâne la paille, Moïse tente d’éviter de tirer la courte ». Pour ceux qui sont familier avec les enquêtes et discussions théologiques, je suis convaincu que Moïse marqua « cinq points ». Ici sont les cinq points de Moïse, qui cherche à prouver qu’il n’est pas l’homme pour le boulot que Dieu lui avait confié. L’essence des arguments de Moïse est : « Envoie quelqu’un d’autre ! ».

Moïse répond cinq fois à la tâche de Dieu. Nous avons traité les deux premières réponses au-dessus, mais nous allons les revoir brièvement pour que nous puissions voir les réponses de Moïse dans l’intégralité.

(1) Qui suis-je ? (Exode 3:11). Après s’être affirmer prématurément et présomptueusement le libérateur d’Israël (Exode 2:11-15), et avoir été réprimandé par un Israélite (« Qui t'a nommé chef et juge sur nous? » Exode 2:14), Moïse n’avait plus trop confiance en lui-même. Il, on nous dit dans les Ecritures, était « l’homme le plus humble sur la terre » (Nombres 12:3). La question de Moïse est légitime, révélant son humilité jusqu'à un certain degré. Mais dans cette instance, j’ai bien peur qu’elle aille un peu trop loin. La question ici n’est pas qui est Moïse, mais à qui il appartient. Dieu l’a envoyé, et c’est Dieu qui sera avec lui. L’autorité de Moïse est basée sur son appel divin et la présence divine qui sera avec lui (Exode 3:12).

Il y a beaucoup de discussion aujourd’hui à propos de l’estime de soi-même. Pendant que l’estime d’une personne à beaucoup à voir avec comment elle se sent dans sa peau et comment elle (ou il) peut fonctionner dans la vie, ce n’est pas la clé de la croissance chrétienne ou de l’obéissance. Pourquoi ? Parce que l’orientation est mauvaise. L’estime de soi-même concentre l’attention sur soi-même. Une personne ne peut être confiante que si cette personne a confiance en elle-même. Dieu redirige l’attention de Moïse sur Lui-même. Le buisson ardent est une révélation de Dieu à Moïse, pas une analyse introspective de Moïse. Aucun homme, aussi capable qu’il puisse être, n’est capable de servir Dieu adéquatement. C’est Dieu qui est infini, éternel et tout-puissant. Ainsi, quand Moïse aura le concept correct de Dieu, il sera capable de Le servir. Apprenons par ce texte à concentrer notre attention sur Celui que nous servons, plutôt que sur nous-mêmes.

(2) Qui es-tu ? (Exode 3:13). Si l’autorité de Moïse est enveloppée en le Dieu qui l’a appelé et lui a donné la mission, alors il est sûrement digne de lui d’enquêter sur la nature et sur le caractère de Dieu. Si ce n’avait pas été pour les trois autres réponses de Moïse (les deux dernières étaient des protestations, pas des questions), nous aurions pu trouver cette question acceptable. Mon avis est que Moïse en savait déjà assez.

Connaître Dieu est l’appel le plus haut d’un Chrétien et l’occupation de toute une vie (Phil.3:10). Comme tel, une personne devrait toujours chercher à Le connaître plus. Mais Moïse ne recherche pas cette connaissance pour lui-même ; Il la recherche car il a peur que les Israélites refusent son autorité. En d’autres mots, c’est vraiment une réflexion des mêmes peurs de Moïse qui étaient admises plus ouvertement dans la première question. La réponse de Dieu à la première question ne fut pas suffisante pour Moïse, alors il l’a reposée, d’une façon différente. Moïse s’attend toujours à être rejeté par les Israélites, comme il le fut 40 ans auparavant.

Je trouve que beaucoup d’entre nous cherchons à éviter d’agir immédiatement aux ordres de Dieu, excusant cela par notre « manque d’informations, de connaissances ou de formation ». Combien de gens « veulent réfléchir » ou « prier », quand en réalité ils sont résistant à obéir l’ordre de Dieu ? Combien de gens se sont excusés parce qu’ils n’ont pas été au séminaire ou au collège théologique ? Très souvent, ceux-ci ne sont que des écrans de fumée pour l’incrédulité. Nous ne sommes jamais prêts quand nous agissons de nous-mêmes, mais nous sommes toujours prêts quand Dieu dit, « Allez ! »

(3) Et s’ils89 ne me croient pas ou ne m’écoutent pas ? (Exode 4:1). Cette question ne devient-elle pas un peu répétitive ? Moïse reposa la même question à Dieu pour la troisième fois. Cette fois, elle est même plus inappropriée. Non, ce n’est pas assez fort. Cette fois, la question est honteuse. Avant, Moïse doutait son appel ; maintenant il doute la Parole de Dieu, car le Seigneur lui a déjà dit, « Les responsables d'Israël t'écouteront » (Exode 3:18). D’après les mots qui suivent cette assurance, nous savons que Moïse n’avait pas seulement été dit que les responsables d’Israël accepteraient sa direction, mais aussi que tout marcherait bien, tout comme Dieu avait dit. Moïse est donc purement et simplement coupable d’incrédulité.

J’ai été plutôt dur sur Moïse, et je crois que le texte (que Moïse a écrit) rend sa faiblesse et son incrédulité clairs. Etant un froussard invétéré, laissez-moi dire un mot ou deux en sa faveur. Avez-vous jamais dû faire face à un groupe de sceptiques et essayer de les convaincre que Dieu vous avait envoyé, basé sur une conversation que vous aviez eu avec un buisson ? Je trouve facile de comprendre pourquoi Moïse avait peur que personne ne croie son histoire. Des gens ne se tiennent autour de buissons, leurs parlant. Que cela ait été inhabituel est peu dire ! C’est aussi quelque chose de difficile à faire comprendre aux autres que c’était vrai.

Dieu traite toujours gracieusement les faiblesses de Moïse ici. En réponse à sa question, Dieu accorde à Moïse la capacité de performer trois signes.90 Les deux premiers, Moïse les performe tout de suite, selon les instructions de Dieu, pour le rassurer. Le dernier signe (tourner l’eau du Nil en sang) a dû attendre jusqu'à ce que le matériel (l’eau du Nil) soit disponible.

Le sens spécifique de chaque miracle91 est sans consensus commun parmi les érudits. Dans l’ensemble, je crois que nous pouvons voir plusieurs contributions importantes de ces signes. Premièrement, pour les Israélites, ces signes étaient des évidences visibles que Dieu était apparu à Moïse dans le buisson ardent. Refuseraient-ils de croire le récit du buisson ardent ? Laissez-les voir le bâton 92 tourner en serpent, et être retransformé en bâton. Laissez-les voir une main tournée lépreuse, puis restaurée. Un buisson enflammé n’est pas plus difficile à croire que ces phénomènes.

Deuxièmement, pour Pharaon et les Egyptiens, ces signes étaient l’évidence que la main de Dieu. Non seulement ont-ils radicalement prouvés l’existence du Dieu des Hébreux, mais ils donnaient l’évidence de Son pouvoir supérieur. Plus que ça, ces trois signes étaient d’un genre similaire. A la parole de Moïse, un bâton pouvait devenir un serpent, la lèpre pouvait être infligée, et l’eau contaminée. En d’autres mots, Moïse avait le pouvoir d’infliger des blessures ou de détruire. Pharaon avait essayé, en vain de détruire Israël. Moïse pouvait tout aussi facilement détruire l’Egypte. Les signes étaient tous « comme des fléaux », et Pharaon ferait mieux de prendre garde. Il avait été averti, non seulement du pouvoir de Dieu, mais aussi de la nature du jugement divin qu’Il pourrait et infligerait en Egypte. Finalement, puisque Moïse avait le pouvoir d’inverser le fléau, Pharaon fut aussi instruit du pouvoir de Moïse pour restaurer, un fois que le fléau arriverait. Les trois signes étaient donc très important, à la fois pour les Israélites et pour Pharaon.

(4) Mais je n’ai pas la parole facile ! (Exode 4:10 ; 6:12,30)93. A partir de là, ça décline – et en vitesse. Moïse n’est toujours pas convaincu de ses incapacités. Plutôt que d’agir sur la base de qui le Dieu est qui lui donne la mission, Moïse recule maintenant sous le prétexte qu’il n’est pas bon communicateur. C’est en fait de la fausse humilité. Regardez à ce qu’Etienne dit sur les habiletés de Moïse :

« Lorsque finalement ses parents durent l'abandonner, il fut recueilli par la fille du pharaon qui l'éleva comme son propre fils.

   C'est ainsi que Moïse fut instruit dans toute la science des Egyptiens et qu'il devint un homme dont la parole et les actions avaient des effets remarquables. » (Actes 7:21-22)

Moïse n’avait pas de problèmes pour parler, comme on pourrait supposer. Il savait aussi très bien se faire comprendre. Selon Etienne, Moïse était éloquent. Moïse met non seulement, des bâtons dans les roues de Dieu (en refusant de Le croire et de Lui obéir par la foi), mais dans ses propres roues aussi. Moïse ne devrait pas compter sur ses propres habiletés, mais il ne devrait pas non plus renier les habiletés que Dieu lui a donné.

L’historien Josephus va même plus loin qu’Etienne. Maintenant, bien sûr, Josephus n’écrivait pas sous l’inspiration. Pire encore, Josephus a été accusé d’exagérer. Mais il est intéressant de noter que Josephus écrivit que Moïse était un commandant de l’armée égyptienne, attaquant et battant les Ethiopiens qui avaient humilié l’Egypte.94 C’est une histoire glorieuse – trop pour être prise au sérieux. Néanmoins, elle indique qu’au moins Josephus n’a pas pris l’excuse de Moïse au sérieux non plus.

La réponse du Seigneur révèle Son mécontentement et un ton de réprimande.95 Grande surprise ! Moïse est en train de parler à son Créateur. En fait, il dit, « Dieu, je ne peux pas faire ça parce que tu ne m’as pas assez bien fait. » Dieu rappelle Moïse que, étant son Créateur, Il l’a façonné précisément comme Il voulait, et qu’il était donc totalement capable d’accomplir sa mission. Le problème de quoi dire en est un dont le Seigneur s’occupera en temps voulus. Il lui dira quoi dire (Exode 4:12).96 Pendant que Moïse s’inquiète à propos de ce qu’il dira quand il arrivera en Egypte, Dieu le pousse à bouger. Moïse regarde bien trop loin dans l’avenir. Sa tâche immédiate est de se mettre en route.

(5) Envoie quelqu’un d’autre (Exode 4:13). Voilà le point final. Moïse ne veut pas y aller. Ce n’est pas qu’il manque de confiance en lui-même ou en son autorité ; il manque simplement le courage d’agir. Aucune raison n’est donnée ici, en ce qui concerne pourquoi Dieu devrait envoyer quelqu’un d’autre, parce que Moïse est à cours d’excuses. Alors il plaide avec Dieu pour qu’Il pense à quelqu’un d’autre.

Dieu est ferme et patient, mais maintenant Il est en colère. Je ne sais pas précisément quelles manifestations physiques décrivent la colère dont Moïse mentionne dans le verset 14, mais mon impression est que ça a dû effrayer Moïse à mort. Pouvez-vous imaginer mettre Dieu en colère et avoir à se tenir devant Lui, faisant face à Sa colère ? Si Moïse avait peur de la présence de Dieu dans le buisson ardent auparavant (Exode 4:6), on peut difficilement imaginer la peur que Moïse éprouva à ce point.

La colère de Dieu n’a pas été seulement reflétée en quelques façons visibles (le buisson a-t-il explosé ?), mais elle était évidente dans la réponse que Dieu donna à Moïse (versets 14-17). Aaron parlait avec aisance, alors laisse-le parler pour Moïse. Comme des évènements plus tard l’indiqueront, la présence d’Aaron était un fardeau pour Moïse et un obstacle pour d’autres. Parmi d’autres choses, Aaron construisit le « veau d’or » et conduisit Israël vers la fausse vénération (Exode 32:1-6). Aaron était, au mieux, une bénédiction mitigée.

La Requête de Retour de Moïse (4:18-20)

Agrippant son bâton, Moïse alla dire à Jéthro qu’il allait partir, avec sa femme et ses deux fils. Il semblerait qu’il devait le laisser savoir (Gen. 31, spécialement 26-30). La requête de Moïse était évasive, même déceptive :

« ---Je vais partir pour retourner auprès de mes frères de race en Egypte et voir s'ils sont encore en vie. » (Exode 4:18).

Moïse évite de mentionner à Jéthro l’apparition de Dieu dans le buisson ardent et de la mission qui lui avait été confiée. Pouvez-vous imaginer demander à votre beau-père de laisser partir ses enfants et petits-enfants pour accompagner un homme qui allait affronter Pharaon et toute la nation d’Egypte ? Et pouvez-vous concevoir d’essayer de convaincre Jéthro que vous êtes sûr de ça, basé sur la conversation que vous avez eue avec un buisson en feu, mais qui ne brûlait pas ? Pas étonnant que Moise voulait éviter de révéler la vraie raison de son retour.

Evitant de révéler la vraie (ou toute la) raison de son retour était une chose, mais Moïse à fait plus que ça. Il dit à Jéthro qu’il voulait apprendre si ses frères de race étaient encore en vie. Il est possible que Moïse voulait dire qu’il voulait voir si sa mère et son père étaient encore en vie. Il savait certainement que les Israélites étaient en vie, car, comment Dieu pourrait-Il secourir un peuple qui aurait été exterminé (ce qui était, bien sûr, l’intention de Pharaon) ?

Le verset 19 semble servir d’explication pour la raison que Moise avait donnée à Jéthro pour retourner en Egypte :

« L'Eternel dit à Moïse lorsqu'il était encore à Madian:
   ---Mets-toi en route, retourne en Egypte, car tous ceux qui voulaient te faire périr sont morts.» (Exode 4:19)

Moïse n’avait aucune raison d’avoir peur, Dieu lui assura, car le Pharaon qui voulait le tuer était mort. Mais il semble presque que Moïse réarrangea les faits que Dieu avait donnés, comme pour suggérer qu’il avait besoin d’aller voir si son propre peuple était, en fait, vivant et allait bien. Moïse a-t-il confondu les faits par mégarde ou les a-t-il inexactement réarrangé pour obtenir l’accord de Jéthro d’emmener sa famille en Egypte ? Nous ne le savons pas, mais Séphora et ses deux fils retournèrent dans la maison de son père (Exode 18:2-6), peut-être après l’incident des versets 24-26.97

Jéthro, semblant être un homme sage et courtois, est d’accord avec Moïse, lui souhaite un bon voyage (verset 18). Alors, Moïse se met en route pour l’Egypte, emmenant sa femme et ses deux enfants. On nous dit que Moïse prit en main le « bâton de Dieu » (verset 20). Il a dû étudier ce bâton sous toutes les coutures, l’emmenant pendant si longtemps et étant maintenant l’instrument de Dieu.

Problèmes entre Pères et Fils (4:21-26)

La première impression de quelqu’un pourrait être que ces versets sont inappropriés ou placés au mauvais endroit. Puisque nous ne voulons pas dire que le texte fut réarrangé, nous ne pouvons que conclure que ces paroles du Seigneur à Moïse ne sont dites qu’après que Moïse soit parti de la maison de Jéthro ou qu’elles furent parlées au buisson ardent mais enregistrées ici pour une raison précise.98 Je suis enclin de pencher vers la dernière parce que ces paroles fournissent alors la toile de fond pour l’incident dépeint dans les versets 24-26. Quelqu’un pourrait, en fait, mieux comprendre le fil du raisonnement des versets 21-26 en titrant la section, « Entre Pères et Fils », car ce sont les relations de trois pères et fils auxquelles sont fait allusion ici : (1) Dieu (le Père d’Israël, et Son fils aîné (versets 22-23a) ; (2) Pharaon et son fils aîné (berset 23b) ; et (3) Moise et son fils (aîné? – 17) (verset 24-26).

Dieu avait instruit Moïse de performer tous les signes de pouvoir qu’il avait reçu devant Pharaon. Cependant ce n’était pas dans l’espoir de le convaincre ou de le convertir, car son cœur serait endurci par Dieu. On nous dit aussi que Pharaon endurcit son cœur lui-même.99 Les deux phrases sont vraies et ne se contredisent pas.

Ici, pour la première fois, la nation d’Israël est citée comme étant le fils aîné100 de Dieu (Exode 4:22-23). Parce que Pharaon ne libèrerait pas Israël, le fils aîné de Dieu, pour aller Le vénérer dans le désert, Dieu dirait à Moïse de dire à Pharaon qu’Il tuerait son fils aîné.

Quelle est ici l’importance de cette déclaration à propos du fils aîné de Pharaon ? Il semblerait que cela devait servir à la toile de fond pour l’incident étrange, presque bizarre, décrit dans les versets 24-26.101 Ici, Moïse, Séphora, et leurs deux fils sont en route pour l’Egypte (verset 24), en passant par le Mt Sinaï il semblerait (4:27). Le Seigneur102 rencontra Moïse à son camp et sembla103 vouloir le tuer. Cette action de la part de Dieu semble être si inhabituelle et si dure que certains ont même suggéré que Dieu était démonique.104 La vie de Moïse fut sauvée par l’action rapide de sa femme, Séphora. Elle prit un couteau en silex (Josué 5:2-3), circoncit son fils,105 et toucha Moïse106 avec le prépuce avec la réprimande,

« ---Tu es un époux de sang! »

A cause de des actions de Séphora, Dieu épargna Moïse.

Qu’est-ce que les actions de Séphora voulaient dire, et quelle est la raison d’inclure cette histoire dans Exode ? Sûrement, c’est le genre d’incident dont Moïse ne tient pas à être mis public, encore moins qu’il fasse partie des Ecritures Sacrées. Et rappelez-vous, Moïse a écrit ce Livre et aurait pu l’omettre. Alors, qu’est-ce que cela veut dire, et que devons nous apprendre de ça? Je suggèrerais que cet évènement énigmatique est la clé du chapitre tout entier, expliquant la résistance profondément enracinée de Moïse à obéir l’appel de Dieu de retourner en Egypte pour secourir les Israélites.

L’ « Evangile », si vous voulez, des Israélites était l’alliance que Dieu avait faite avec Abraham et avait répété aux patriarches et maintenant, à travers Moïse, au peuple de Dieu, les Israélites. La circoncision était le signe de l’alliance, une évidence de la foi des parents en la promesse de Dieu à Abraham qu’à travers sa semence les bénédictions viendraient à Israël et au monde entier (Gen. 12:1-3). En témoignage de la foi des parents en la promesse de l’alliance, tous les mâles d’Israël devaient être circoncis :

« Puis Dieu ajouta: De ton côté, tu observeras les clauses de mon alliance, toi et ta descendance, de génération en génération.

   Voici quelle est mon alliance avec vous et avec ta descendance, quels en sont les termes que vous devrez respecter: Tous ceux qui sont de sexe masculin parmi vous seront *circoncis[c].

   Vous porterez cette marque dans votre chair, et cela sera le signe de l'alliance entre moi et vous.

   De génération en génération, tout garçon devra être circoncis à l'âge de huit jours. Cela s'applique aussi à tout garçon né dans ta maison, et aux étrangers qui auront été achetés comme esclaves, et qui ne sont pas de ta descendance.

   Tous sans exception seront circoncis, qu'ils soient nés dans ta maison ou acquis à prix d'argent; ainsi le signe de mon alliance sera gravé dans votre chair. C'est là une alliance à perpétuité.

   Celui qui n'aura pas été circoncis sera retranché de son peuple parce qu'il n'aura pas respecté les clauses de mon alliance. » (Gen. 17:9-14)

Alors, vous voyez ! La raison de la préservation d’Israël (le buisson en flamme qui ne consume pas) était l’alliance faite avec Abraham par le Dieu éternel qui est, à partir de maintenant (Exode 3:15) le « JE SUIS ». L’alliance était l’ « évangile », la promesse de bénédictions et de salût en lesquels chaque Israélite devait croire et dont la croyance était symbolisée par la circoncision de ses fils et tous les mâles de sa maison. Moïse devait aller en Egypte et dire aux Israélites que Dieu allait réaliser Ses promesses, basées sur Son alliance. Et pourtant, Moïse n’avait pas encore circoncis son fils.107 Et si ce fils est l’aîné, il a eu beaucoup d’années de le faire.

Si Dieu prend la « dureté du cœur de Pharaon » assez sérieusement pour tuer son fils aîné (Exode 4 :21-23), alors, IL doit faire de même avec le péché de Moïse qui, par n’avoir pas circonci son fils, l’a grandement mis en danger. Selon les paroles du Seigneur enregistrées dans Genèse 17, son fils « aurait dû être retranché de son peuple ». La sainteté de Dieu est clairement manifestée dans la maladie presque fatale de Moïse. Dieu ne prend pas le péché à la légère.

La femme de Moïse perçoit justement le problème et épargne la vie de son mari par son action rapide. Le grand homme Moïse fut sauvé par la perception vive et ses mesures décisives de sa femme. Sa réprimande était bien méritée, et Moïse fut assez grand pour l’enregistrer pour la postérité. Serait-ce que nous, maris, ayons l’intégrité d’être si honnête !

Quelques soient les raisons, la femme de Moïse et ses enfants n’apparaissent plus dans le récit d’Exode avant le chapitre 18. Il se pourrait donc qu’à ce moment-là, Séphora et les enfants retournèrent à la maison de Jéthro.

La Réunion (4:27-31)

Par une révélation divine, Dieu ordonna à Aaron d’aller à la rencontre de Moïse dans le désert (4:27). Ils se rencontrèrent sur la montagne sacrée de Dieu. Quelle joyeuse réunion ça a dû être ! Il semblerait qu’au moins 40 ans eurent passés depuis qu’ils s’étaient vus. En plus, Moïse dut partager les plus récents évènements de sa vie, spécialement sa rencontre avec Dieu au buisson ardent, la mission qu’il devait accomplir, et le rôle qu’Aaron devait jouer. On peut seulement présumer ce que la réponse d’Aaron a dû être.

Ensemble Moise et Aaron retournèrent en Egypte et rencontrèrent les anciens des Israélites, leur disant tout ce que Dieu avait dit à Moise et performant tous les signes que Dieu avait donné à Moïse (4:29-30). Tous, les anciens d’Israël et le peuple, crurent Moïse, se prosternèrent et vénérèrent le Dieu de leurs ancêtres (4:31). Ce bref récit de la croyance et vénération d’Israël souligne le fait que toutes les peurs de Moïse n’étaient pas fondées.

Conclusion

La conclusion du chapitre 4 est un commentaire divin sur les cinq cotés de l’objection de Moïse à l’appel de Dieu. Les derniers versets du chapitre, qui rapporte la croyance du peuple et leur vénération de Dieu, nous informent que les peurs de Moïse étaient irréelles et déraisonnables. Toutes ses peurs et toutes ses objections énumérées dans le chapitre 3 et 4 étaient sans fondement, basées plus sur les peurs de Moïse que sur la réalité.

Les versets 24-26 identifient le problème inavoué avec les peurs de Moïse: incrédulité. Si quelqu’un voulait résumer les objections de Moïse à son ordre de retourner en Egypte, ce serait cela : « Mais Dieu, ils ne me croiront pas ». Mais les peurs de Moïse à propos de l’incrédulité d’Israël venaient de sa propre incrédulité. La base de la rédemption d’Israël de l’esclavage égyptien est l’alliance avec Abraham. En conséquence, Dieu S’identifie plusieurs fois comme le « Dieu d’Abraham, d’Isaac, et de Jacob » (3:6,15,16,18 ; 4:5). La raison pour laquelle Moïse n’est pas prêt à retourner en Egypte est qu’il n’avait pas assez de foi en l’alliance que Dieu avait faite avec ses ancêtres. Et puisqu’il n’avait pas grande foi en les promesses de l’alliance de Dieu, il ne pensait pas que les Israélites en avaient non plus. L’évidence du manque de foi de Moïse est ici, dans son échec à circonciser son fils, l’évidence de sa foi en les promesses de l’alliance de Dieu.

Dans ce texte, il y a deux fils concernant Moïse qui sont entrelacés. Le premier, on pourrait l’appeler sa marche personnelle avec Dieu. Le second, nous l’appellerons son travail public pour Dieu. Les objections de Moïse traitent avec l’appel de Dieu et la mission en référence avec son travail public. L’essence de sa protestation est résumée dans sa dernière pétition, « S’il Te plait, envoie quelqu’un d’autre ». Pendant que Dieu répond gracieusement à chaque question (point 1-3) et fait des provisions pour ses inquiétudes (points 4-5), nous ne voyons jamais la racine du problème de Moïse avant d’arriver aux versets 24-26.

Nous trouvons que les problèmes de Moïse concernant son travail public (retournant en Egypte pour secourir Israël) viennent tous de sa relation privée. Son fils n’est pas circonci. Il ne peut pas motiver les hommes et les femmes à vivre en obéissance, basé sur leur foi en les promesses de l’alliance de Dieu quand il n’a pas encore même circonci son fils en évidence de sa foi. Donc, les problèmes de Moïse relatifs à son travail public viennent de sa marche personnelle. Pas étonnant que Paul écrive ceci à Timothée :

« Veille sur toi-même et sur ton enseignement. Sois persévérant en cela. En agissant ainsi, tu assureras ton salut et celui de tes auditeurs. » (1 Tim. 4:16)

Remarquez que Paul pousse Timothée à faire attention à lui-même (sa marche personnelle), puis à son ministère (son travail public). La vie spirituelle d’une personne prend priorité sur son ministère public. Quand notre marche personnelle est déficiente, notre ministère public souffre. Dans le contexte de l’exhortation de Paul dans ce passage, il est clair que Timothée avait besoin de faire autant attention à sa marche personnelle qu’à son ministère. Les problèmes de Moïse sont une illustration de ce qui arrive quand la marche d’une personne est défectueuse. Il est difficile de prêcher à des gens de foi quand le prêcheur est déficient dans ce domaine. C’est difficile de motiver les gens à obeir Dieu quand nous sommes nous-mêmes désobéissants.

Je suggère que la marche personnelle d’une personne avec Dieu a priorité sur son travail public pour Dieu. Dieu se met en colère avec Moïse en ce qui concerne sa réticence à faire le travail public. Le résultat de cette colère fut d’avoir à supporter Aaron, son assistant. Mais quand Dieu se met en colère avec Moïse à propos de sa marche personnelle, Moïse y perd presque sa vie. Je conclurais de ça que la dernière mauvaise chose est plus importante que la première. Donc, la marche privée doit avoir la plus grande priorité dans nos vies.

Cet incident suggère aussi que les saints faillissent souvent à cause de leurs échecs dans les domaines les plus élémentaires de la vie chrétienne. Réfléchissez. Moïse a eu une très bonne éducation en Egypte, et un cours supérieur au buisson ardent, et pourtant avec toutes ces connaissances, il faillit à obéir Dieu dans le domaine le plus simple de sa vie – circoncire son fils. Les échecs que j’ai observés dans la vie de grands dirigeants Chrétiens (ainsi que dans ma propre vie), sont le plus souvent relatifs aux disciplines simples de la vie, spécialement liées à notre foi personnelle, ainsi que notre marche et notre famille. C’était le cas de Moïse. La cure pour le problème n’était pas cacheé, pas profonde. Séphora savait ce qui devait être fait par Moïse et le fit pour lui quand il fut très éprouvé (à mon avis, agir pour lui à un autre moment aurait été mal).

Puis-je suggérer que ce passage et le principe de priorité de la marche personnelle d’une personne sont très importants pour les Chrétiens d’aujourd’hui. Très souvent, je trouve l’attention des Chrétiens concentrée sur les mêmes choses que Moïse invoqua dans ses protestations à l’ordre de Dieu. Permettez-moi de caractériser les plaintes et les objections de Moïse, puis de les relier à nos jours.

(1) Moise était introspectif, concentrant sur lui-même, au lieu de se concentrer le Dieu qui l’avait appelé. Les questions, « Qui suis-je ? » et « Et s’ils ne me croient pas ? » sont toutes les deux égoïstes, plutôt qu’orientées vers Dieu. La réponse de Dieu était pour diriger Moïse vers Son caractère et vers Ses provisions pour son ministère. Beaucoup d’excuses que nous utilisons pour ne pas faire ce que Dieu nous a commandé de faire sont du même genre – elles sont égoïstes.

Un des concepts du Christianisme (et en fait, du monde) est le concept de soi-même. Nous semblons trouver qu’une « pauvre image de soi-même » est la raison pour le crime, la mauvaise conduite, les échecs familiaux, et qui sait quoi. Maintenant je ne veux pas dire que l’ « image de soi-même » n’ait pas d’importance. Beaucoup de ça a de l’importance, mais pas tout. Je ne dis pas que nous ne devrions jamais considérer l’idée du concept de soi-même. Je dis que c’est, au mieux, un symptôme, plus que ce soit une cause. Moïse, nous pourrions dire, avait une mauvaise image de lui-même. Dieu concentra son attention sur Lui-même, en Se révélant comme étant le Dieu d’Abraham, d’Isaac, et de Jacob, le « JE SUIS ». Quand Moise finit par saisir la noblesse du Dieu qui l’avait appelé, alors, son image de lui-même commença à graviter autour de Dieu, au lieu de l’image de l’homme. La noblesse de Moïse doit être trouvée dans la noblesse de Celui qui l’a appelé et qui l’a envoyé. Dieu a écouté les objections de Moïse fondées sur le concept de lui-même, mais Il le corrigea en concentrant son attention ailleurs.

(2) Moïse était plus intéressé par les théories que par les actions. Moïse voulait en savoir plus à propos de Dieu, et donc la question regardant le nom du Dieu qui l’envoyait. Je connais beaucoup de gens qui préfèreraient étudier pour le ministère plutôt que de le pratiquer.

Je connais beaucoup de gens qui veulent étudier Dieu, comme une excuse pour Le servir. Etudier est important, mais ce n’est pas un substitut pour le service, spécialement quand Dieu nous appelle à servir. Ceux qui sont résistants à obéir souvent choisissent les poursuites intellectuelles.

(3) Moïse était plus soucieux avec ses méthodes qu’avec le message qui lui avait été donné. La protestation, « Mais je n’ai pas la parole facile » (4:10) est non seulement un mensonge ; c’est une diversion. La méthode de présentation (pendant qu’elle sera importante) n’était pas aussi importante que le message. Dieu promit de fournir à Moïse les deux (4:12). Beaucoup semblent penser que la raison pour laquelle les gens ne témoignent pas est parce qu’ils ne savent pas comment et que d’enseigner une méthode tournera en évangélisme. Aussi serviable que la formation des méthodes d’évangélisme soit, le vrai problème est avec nos motifs, pas avec notre message. Un couple de jeunes mariés n’a pas besoin d’un manuel pour faire l’amour, et la raison est qu’ils ont la volonté d’apprendre. Le problème de Moïse n’était pas méthodologique, mais le manque de motivation – il ne voulait pas aller en Egypte, ce qui est prouvé par sa plainte finale, « Envoie quelqu’un d’autre ».

(4) Le problème de Moïse n’était pas autant une peur d’échec qu’un échec de foi. Le problème de Moïse n’est pas trouvé dans les choses qu’il exprima dans ses objections mais sur celles que Dieu expose dans les versets 24-26. Le problème de Moïse était fondamentalement un manque de foi – l’incrédulité. Il n’a pas prit au sérieux l’alliance avec Abraham, personnellement, et ainsi, il trouva l’idée de baser son ministère sur elle effrayante.

Quoique difficile à admettre, je crois que beaucoup, sinon pas la plupart, de nos problèmes comme Chrétiens viennent de l’incrédulité. La raison pour laquelle nous sommes si réticents à témoigner est parce que nous ne croyons pas vraiment à l’Evangile comme nous le devrions. Nous ne croyons pas que nos amis et notre famille fassent face à une éternité sans Christ, continuellement tourmenter. Nous ne croyons pas vraiment qu’à part de la foi en Christ les hommes sont perdus, sans espoir. Nous ne croyons pas vraiment que les choses de cette vie sont temporelles et que l’éternité prouvera ce qui est à la fois inusable et agréable.

Si l’Evangile est la fondation sur laquelle notre marche personnelle et notre travail public sont basés, alors nous n’osons pas l’oublier. C’est pourquoi nous, en tant qu’église, croyons que la mémoire de la mort du Seigneur est nécessaire hebdomadairement. Donc, nous observons la table du Seigneur chaque semaine, et de cette façon nous nous rappelons de ce qui est essentiel et fondamental à notre foi et notre marche. Ne cessons jamais de regarder à la croix du Calvaire. Vous voyez, l’Evangile du saint du Vieux Testament était résumé dans l’alliance de Dieu avec Abraham, Isaac, et Jacob. L’Evangile du saint du Nouveau Testament est résumé dans la croix du Christ au Calvaire et dans la « nouvelle alliance conclue dans le sang » (Luc 22:20). Ne perdons jamais de vue la fondation de notre foi et de la dévastation de l’incrédulité.

En conclusion, laissez-moi suggérer quelques applications secondaires qui viennent par déduction de notre texte. Concernant la direction, il semblerait que beaucoup de conceptions modernes du leadership Chrétien sont contestées par l’appel de Moïse dans Exode 3 et 4. Moïse est appelé souverainement pour diriger ; il ne se porte pas volontaire. En fait, la confiance en lui et l’assurance de Moïse sont mises de coté avant même qu’il ne soit appelé à diriger.

Non seulement est Moïse appelé souverainement, mais il est préparé d’une façon assez différente de ce qui est proposé comme normale aujourd’hui. Moïse n’a pas été éduqué dans la foi comme on semblerait penser aujourd’hui. Il a apprit la plupart de ses leçons en solitude et le reste dans un environnement éducatif séculier (pourrais-je oser dire humaniste séculier) en Egypte. Moïse ne fut pas formé autant par ses succès que par ses échecs.

Moïse n’est pas appelé et ordonné parce qu’il est si spirituel ou parce qu’il a beaucoup de succès ou parce qu’il est « prêt », mais parce que Dieu est prêt, et Il lui fournira ce dont il aura besoin pour servir quand il sert. Il y a plus de formation « sur-le-tas » qu’on ne voudrait admettre.

Les dirigeants que nous trouvons dépeint dans la Bible ne sont pas les géants que nous aimerions trouver, mais des hommes que Dieu a utilisés en dépit de leurs faiblesses et leurs échecs. Nous devons sûrement admettre que Moïse, comme Elie, était un homme « comme nous » (Jacques 5:17), un homme qui avait les mêmes peurs et les mêmes échecs que nous. Ce n’est pas la noblesse de l’homme qui est la clé de son succès, mais le caractère du Dieu qui l’appelle et utilise les hommes faillibles pour faire Sa volonté.

Nous attendons de nos dirigeants qu’ils succèdent et qu’ils agissent toujours bien. Rien dans les Ecritures ne nous donne le droit d’espérer une telle perfection, ni de nos dirigeants, ni de nous-mêmes. Regardons à nos dirigeants en tant qu’hommes qui ont des peurs et qui échouent tout comme nous, et qui ont besoin de nos prières, et de nos encouragements et exhortations autant que nous en avons besoin.

Dans ce bref aperçu de la vie de Moïse couvrant 80 ans, reconnaissons qu’il y a deux extrêmes toutes aussi dangereuses l’une que l’autre en ce qui concerne les dirigeants. La première est celle de la confiance en soi-même, la sureté de soi. Moïse présomptueusement voulait aller délivrer son peuple et a fini par devoir s’enfuir pour ne pas être tuer. C’est parce qu’il n’avait pas été appelé et il n’avait pas été chargé de diriger à cette période de sa vie. Nombreux sont les gens qui voudraient diriger et qui se prennent pour des dirigeants, que Dieu n’a pas chargé de diriger. La présomption dans les positions de direction est mortelle.

Deuxièmement, il y a le danger de la passivité timide. C’est ce que nous voyons en Moïse quand Dieu l’a chargé d’aller en Egypte. Maintenant, Moïse est plein d’excuses prouvant qu’il n’est pas l’homme pour le boulot. Il y a beaucoup d’hommes chrétiens qui cherchent à s’éloigner des positions de direction que Dieu leur a confiées. En fait, c’est parce qu’ils ne font pas assez confiance à Dieu pour croire qu’Il peut accomplir Ses desseins à travers eux.

Sans ce soucier de quel ministère Dieu nous a donné, accomplissons-le avec diligence, examinons d’abord notre propre marche, puis notre travail, croyant et obéissant le « JE SUIS » qui nous a appelés et qui est constamment avec nous aujourd’hui et pour toujours.


89 One may wonder to whom the “they” of verse 1 refers. Is Moses doubting that the Israelites will believe God has appeared to him, or the Egyptians (especially the Pharaoh)? The context clearly indicates that the “they” refers to the Israelites. First, they would need to know that God had appeared to Moses, not Pharaoh. Pharaoh was simply to be told that “The Lord, the God of the Hebrews, has met with us” (Exod. 3:18). Secondly, Exodus 4:5 specifies that the Hebrews will believe that “the Lord, the God of their fathers—the God of Abraham, the God of Isaac and the God of Jacob— has appeared to you.”

90 It is absolutely incredible what some people are able to do with these miracles. Below are a few statements for you to consider: “The first sign was that Moses’ staff (which according to an Arabian saga was taken from paradise by Adam, but according to Moses’ own words was nothing more than an ordinary staff) was changed into a snake.” W. H. Gispen, Exodus, trans. by Ed van der Maas (Grand Rapids: Zondervan Publishing House, 1982), p. 59.

“The magical trick here performed is probably based on knowledge of an Egyptian snake-charmer’s trick.” J. P. Hyatt, Exodus (Grand Rapids: Wm. B. Eerdmans Publishing Co., 1980), p. 82.

“Moses is thus taught magic by the Lord of all wonders. The three he learns are transformation-miracles, in which one substance is changed into another. Moses himself performs two of the miracles immediately, perhaps to gain confidence, but the third can be carried out only in Egypt with the Nile water.” Ibid.

91 For example, Hannah writes: “Because snakes symbolized power and life to the Egyptians, God was declaring to Moses that he would be able to overcome the powers of Egypt.” John Hannah, “Exodus,” The Bible Knowledge Commentary (Wheaton: Victor Books, 1985), p. 113.

92 “In verse 20 it is called God’s rod, as being used in signs, and in Exodus 7:9 it is used by Aaron.” R. Alan Cole, Exodus: An Introduction and Commentary (Downers Grove: Inter-Varsity Press, 1973), p. 73.

93 “It is interesting that during this appearance Moses addressed God twice (4:10, 13), but in neither case did he use the name God had revealed to him.” Gispen, p. 60.

“The Hebrew reads ... ‘I am not a man of words.’ Later in the verse he speaks of the fact that he was ‘slow of speech’ and ‘slow of tongue.’ The Hebrew literally reads ‘heavy in mouth and heavy in tongue’; that is, he was not fluent in speech.” John J. Davis, Moses and the Gods of Egypt (Grand Rapids: Baker Book House, 1971), p. 68.

94 The Works of Flavius Josephus, translated by William Whiston (Grand Rapids: Associated Publishers and Authors Inc. [reprint], n.d.), Book II, pp. 57-58.

95 “Compare Exodus 5:23 for a similar rebuke. Such an attitude to God is culpable, but very natural and common, not least among the saints of the Old Testament covenant (Jeremiah [Jer. 1:6], the psalmist and Job are noted instances). Like Peter’s failings, these lovable faults bring them very close to us, since we see ourselves only too clearly in them. I am slow of speech: lit. ‘heavy of mouth.’ This vividly expresses the frustration of the man who knows that he cannot speak (cf. Paul in 2 Cor. 10:10 for a similar rueful admission). We are never told that Moses’ self-estimate was incorrect. He is blamed for making excuses, not necessarily because the reasons given are untrue, but because they indicate lack of faith.” Cole, p. 75.

96 “The Hebrew word for ‘teach’ contains the same root as tora, ‘instruction,’ especially used in later times as a title for the Law of Moses. There may be a hint of the later meaning here.” Cole, p. 76.

97 “It was probably at this time Zipporah and her two boys were sent back to Jethro by Moses (cf. 18:2-3).” Davis, p. 72.

98 You will notice that the NIV renders verse 19, “Now the Lord had said to Moses. …” The inference is that these words were spoken earlier, perhaps at the bush, but that they were recorded here for a reason. The reason is that we find out how Moses either misunderstood what God had told him or how he distorted it. God never suggested that “his own people” had died, but that “those who wanted to kill him” had died. When God’s words are placed in juxtaposition with those of Moses, Moses’ words do not conform to the truth. This revelation of God, placed where it was, informs us that Moses hedged concerning the truth.

99 “Three different Hebrew words are used to describe this condition attributed to Pharaoh. The first is the verb kabed which has the idea of ‘to be heavy, insensible, or dull,’ and is used in 7:14; 8:15,32; and 9:7,34. The next word used is qasah which conveys the sense of ‘being hard, severe, or fierce.’ In the Hifil stem it has the sense of ‘making difficult.’ There are two occurrences of this term, one in 7:3 and the other in 13:15. The final term used is hazaq which is one of the strongest terms employed, meaning ‘to be or grow firm, strong.’ In reference to its use in this context, it has the sense of ‘growing stout, rigid, or hard.’ Two things should be observed in connection with this problem. One is that Pharaoh hardened his own heart and resisted the demands of God. This is clearly indicated in a number of the passages (cf. 7:13,14,22; 8:15,19,32; 9:7,34-35; 13:15). … On the other hand, it is clearly stated that God hardened Pharaoh’s heart (cf. 4:21; 7:3; 9:12; 10:1,20,27; 11:10; 14:4,8,17). This act of God should be considered judicial and real.” Davis, pp. 69-70.

“Three different Hebrew verbs are used, but there is no essential difference in their meaning. Sometimes it is said that God hardens pharaoh’s heart, as here. Sometimes pharaoh is said to harden his own heart, as in Exodus 8:15. Sometimes the position is described neutrally, by saying that pharaoh’s heart was hardened, as in Exodus 7:13. Even to the Western scholar, it was a problem of theological interpretation, not one of history and fact. No one doubts that pharaoh was stubborn, that he had an iron will and purpose, that he found it impossible to change his pattern of thought and adjust to new ideas. These and more are all implied in the biblical ‘hard-hearted,’ which does not refer to emotion, as in English, but to mind, will, intelligence and response. Often ‘dull-witted’ would be a good translation.” Cole, p. 77.

“Another factor in God’s hardening of Pharaoh’s heart is that it was a reversal of an Egyptian belief. Egyptians believed that when a person died his heart was weighed in the hall of judgment. If one’s heart was ‘heavy’ with sin, that person was judged. A stone beetle scarab was placed on the heart of a deceased person to suppress his natural tendency to confess sin which would subject himself to judgment. This ‘hardening of the heart’ by the scarab would result in salvation for the deceased. … For the Egyptians ‘hardening of the heart’ resulted in silence (absence of confession of sin) and therefore salvation. But God’s hardening of Pharaoh’s heart resulted in acknowledgment of sin and in judgment.” Hannah, pp. 114-115.

Lest we begin to feel a little puffed up about Pharaoh’s hard heart, let us recall that Israel is persistently described in Scripture as “stiff-necked.” Pharaoh was hard-hearted in not acknowledging the truth. Israel was stiff-necked in refusing to obey what they knew to be the truth.

100 “The mention of Israel as Jehovah’s ‘firstborn’ is significant in this larger context. The firstborn son was to the Egyptians not only special, but in many respects sacred. It is therefore most interesting that the people of God are regarded as firstborn in this passage (cf. Hos. 11:1).” Davis, p. 71.

“This is the first introduction of the ‘first-born’ theme in the book (cf. Gen. 22). Passover, unleavened bread, and the redemption of Israelite first-born are inextricably linked with the events of Exodus (cf. Ex. 11:4) for reappearance and therefore doubtless in Israel’s religious thought afterwards. The connection is very simple and patterned on the ‘lex talionis,’ a fundamental principle of Hebrew Law (Ex. 21:23). Israel, considered collectively, is God’s first-born, presumably as being His chosen people and as ‘first-fruits’ of all the peoples (Jer. 31:9; 2:3).” Cole, p. 78.

101 This is the most obscure passage in the Book of Exodus. It has given rise to a number of different interpretations, none of which is wholly satisfactory. The obscurity arises in part from the extreme brevity of the account, and the indefiniteness of reference of several of the personal pronouns.” Hyatt, p. 86.

102 One version of the Septuagint reads, “the ‘angel of the Lord’” here, while another reads ‘an angel.’

103 I have chosen the word “seemed” advisedly. There are a number of times in the Bible when the appearance was different than God’s intended outcome. God appeared to desire to destroy Israel and to make a new nation out of Moses, but this is something God would not do, based upon the argument of Moses that He could not do it without breaking His promise to Abraham and failing to accomplish His purposes (Exod. 32:7-14). In the New Testament, the resurrected Lord “acted as if he were going farther,” but He did not actually do so (Luke 24:28-29). So, in this passage in Exodus as well, I believe that God appeared to intend to put Moses to death, but he was the one who had been commissioned to deliver Israel. Thus, it only seemed that God would put him to death.

104 “It is a very ancient, primitive story that pictures a ‘demonic’ Yahweh. It is very probable that it has been borrowed by the Israelites from a pagan source, possibly Midianite, and imperfectly assimilated to Israelite theology. … The original story may have concerned a demon or deity of the boundary between Midianite territory and Egypt whom Moses failed properly to appease.” Hyatt, p. 87.

105 The text does not tell us which of the two (cf. Exod. 4:20; 18:3, 6) sons of Moses was circumcised. Gershom, the first-born could have been as old as 40, which makes the second son a possibility. This is the preference of Gispen, who writes, “Usually the son is understood to be Gershom, but since verse 20 speaks of sons, and the word circumcision is used in the plural in verse 26, I believe that we must think here of the younger son, Eliezer (18:4). Gershom then had already been circumcised, but Moses, under pressure from Zipporah, had neglected to circumcise his second son. That this happened at Zipporah’s instigation follows in my opinion from her action and from her words later.” Gispen, p. 63.

The emphasis on the firstborn in the preceding context (4:22-23) would tend to favor Gershom being the uncircumcised son. The name of the son is not that important in this text, however, which is precisely why the matter is not clarified in the text.

106 “Her touching Moses’ feet with the son’s foreskin was possibly a symbolic act of substitution, in which obedience was seen as replacing disobedience.” Hannah, p. 114.

107 A number of interpreters seem to feel that Moses failed to circumcise his son due to Zipporah’s disdain for this practice. This view is reflected in the statement, “It is generally the view of commentators that these words were an expression of reproach and unhappiness. They reflect the fact that Zipporah performed the rite grudgingly, not from a desire to obey the God of Moses, but primarily out of practical necessity to save his life. Perhaps Moses had neglected this rite in order to accommodate the wishes of Zipporah. In any event, he was punished by God and was apparently desperately sick.” Davis, p. 71.

I find no evidence to indicate that Zipporah is the problem, and in this passage, she is the solution while Moses is the problem.

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