La Vue Depuis le Cimetière (Genèse 48:1-22)

Introduction

Il y a quelques années, j’ai vu un film qui m’a fait une grosse impression. Si je me souviens bien, Malcolm Muggeridge était au cimetière où sa famille était enterrée, montrant du doigt les pierres tombales de ses ancêtres. Le film commença avec la declaration de Muggeridge disant qu’il allait bientôt rejoindre ses prédécesseurs de l’autre coté et que sa pierre tombale serait alors trouvée là au cimetière. Tout le film était axé sur la vie de Muggeridge et comment il l’a voyait, vu de ce cimetière, sachant que le temps de sa mort était proche.

La chose qui est restait dans ma mémoire à propos de Muggeridge était son évaluation des choses qui ont été vraiment importantes dans sa vie. Il dit que ces choses qu’il avait désirées le plus dans sa jeunesse, il les percevait maintenant d’être de valeur très minime quand il les regardait du cimetière. Les choses qu’il avait craint dans sa jeunesse, il les appréciait maintenant parce qu’elles avaient énormément enrichi sa vie. Une telle chose était la souffrance. Il y a longtemps, il avait cherché à l’éviter à tous prix mais était arrivé à l’accepter comme étant une bonne chose de la main de Dieu.

Après avoir étudier Genèse 48, je suis arrivé à apprécier la sagesse des paroles de Muggeridge encore plus à la lumière du témoignage de Jacob dans ces versets. Seulement 17 ans plus tôt, Jacob avait décrit sa vie en termes des plus négatifs :

« Le nombre de mes années de migrations est de cent trente. Les jours de ma vie ont été peu nombreux et mauvais… » (Genèse 47: 9)

C’était la perspective de Jacob vue du palais de Pharaon. Mais maintenant, se trouvant dans le cimetière proverbial de ses ancêtres et faisant face à sa mort imminente, le témoignage de Jacob en est un de foi profonde et de gratitude joyeuse pour la fidélité de Dieu et de SES soins à travers tous les jours de sa vie (48:15-16).

Comment expliquons-nous ce changement d’attitude de Jacob ? Sa perspective a radicalement changé, car maintenant, il regardait derrière sur sa vie, comme Muggeridge, de la concession funéraire familiale, regardant la vie du bout de chemin. Nous n’avons pas besoin d’être aux portes de la mort pour voir la vie comme Jacob la voyait ici. Ce que nous devons faire est réaliser les raisons pour ce changement de perspective et les appliquer à nos vies maintenant, plutôt que quand nous pensons être aux portes de la mort. Alors regardons très attentivement aux derniers évènements de la vie de Jacob enregistrés par Moïse dans Genèse 48.

L’Adoption de Manassé et d’Ephraïm (48:1-7)

Les derniers jours de séjour terrestre de Jacob se terminait. Sentant cela, Joseph fut appelé au chevet de son père quand Jacob prononça une bénédiction unique sur lui. La mort dont Jacob avait parlait si fréquemment et, à un certain moment, désirée allait bientôt arriver. Joseph amena avec lui ses deux fils, Manassé et Ephraïm, pour voir leur grand-père une dernière fois et lui dire au revoir. Rassemblant toutes ses forces, Jacob s’assit sur son lit pour dire des paroles d’importance vitale à Joseph. Pendant que les paroles de Jacob étaient évocatrices du passé, ce n’étaient pas du tout un bafouillage confus qu’on aurait pu attendre d’un homme âgé approchant sa fin. Au lieu de ça, Jacob dirigea l’attention de Joseph sur les deux évènements les plus importants de sa vie qui expliqueraient ce qu’il était sur le point de faire.

« Peu après cela, on vint prévenir Joseph que son père était malade. Il prit avec lui ses deux fils Manassé et Ephraïm.

  On annonça à Jacob que son fils Joseph venait le voir. Israël rassembla ses forces et s'assit sur sa couche.

  Jacob dit à Joseph:
   ---Le Dieu tout-puissant m'est apparu à Louz au pays de Canaan et il m'a béni[a].

  Il m'a dit: «Je te donnerai beaucoup d'enfants et je rendrai nombreuse ta famille, je te ferai devenir une multitude de peuples et, après toi, je donnerai ce pays pour toujours en propriété à ta descendance.»

  Et maintenant, j'adopte pour miens les deux fils qui te sont nés en Egypte, avant mon arrivée ici. Ephraïm et Manassé seront mes fils au même titre que Ruben et Siméon.

  Quant aux enfants qui te naîtront après eux, ils seront à toi. C'est au nom de leurs frères aînés qu'ils recevront leur part d'héritage. » (Genèse 48:1-6)

Dieu est apparu deux fois à Jacob à Louz (Béthel, 28:10-17 ; 35:9-12), et les deux fois Dieu l’a bénit, lui promettant qu’il deviendrait une grande nation et qu’il prendrait possession du pays de Canaan. Bien qu’il ne fut enregistré nulle part que Dieu ait promis spécifiquement à Jacob que ce pays serait une « possession à perpétuité » (verset 4), cela le fut dit à Abram dans 17:7. Ce fut probablement passé de bouche à oreille par Isaac.

Les fils de Joseph, Manassé et Ephraïm,102 étaient nés en Egypte. Etant les fils de Joseph, leur avenir en Egypte aurait été très brillant. Ils auraient peut-être suivit le chemin de leur père, occupant des places d’autorité et d’influence dans l’administration de Pharaon. Mais leur plus grand espoir restait dans un pays qu’ils n’avaient pas encore vu, car ils étaient destinés à faire partis d’ « une multitude de peuples » (verset 4) que Dieu avait promis Jacob.

Ruben, à cause de son péché d’avoir couché avec Bilha, la concubine de Jacob (35:22), avait perdu son droit d’aînesse (49:4). Ce privilège fut transmit à Joseph, mais d’une manière inhabituelle. Sans aucun doute la façon normale aurait été de donner le droit d’aînesse au fils suivant, Siméon ou à celui après lui, Lévi, mais ces deux là étaient coupables des meurtres de tous les hommes de Sichem (34:25). Ce fut donc Joseph qui devait recevoir les droits du premier-né :

« Ruben était le premier-né d'Israël, mais parce qu'il avait eu des relations sexuelles avec l'une des femmes de son père, son droit d'aînesse fut donné aux fils de Joseph, fils d'Israël; ainsi Ruben ne fut pas recensé comme l'aîné.

  Juda fut puissant parmi ses frères, et de lui est issu le prince d'Israël, mais le droit d'aînesse appartenait à Joseph. » (1 Chroniques 5:1-2)

Jacob accomplit son dessein en adoptant les deux fils de Joseph comme les siens, à égalité avec Ruben et Siméon (verset 5). Maintenant chacun recevrait une portion, mais en faisant cela, joseph recevrait une double portion:

« Quant à moi, je te donne une part de plus qu'à tes frères: Sichem, que j'ai conquise sur les Amorites avec mon épée et mon arc. » (Genèse 48:22)

L’effet, noté par l’auteur, était de donner le droit d’aînesse à Joseph. N’importe quel fils qui auraient pu être nés de Joseph (mais n’ont pas été) recevraient leur héritage comme s’ils étaient les fils de soit d’Ephraïm ou de Manassé (verset 6).

Les deux apparitions de Dieu à Jacob à Béthel (une fois avant qu’il ne parte de Canaan pour chercher une épouse à Harân (28:10-17) et encore une fois après qu’il soit revenu à Canaan de Paddân-Aram (35:9-15)) étaient encore plus importantes à la vue de l’accomplissement partiel des promesses de Dieu dans ces apparitions. Dieu avait promit à Jacob qu’IL serait avec lui pour le guider, le protéger et lui fournir ce dont il aurait besoin et qu’Il le ramènerait sain et sauf à Canaan. Cela, Dieu l’avait fait, en dépit des dangers que Jacob avait rencontré et des obstacles qui furent sur son chemin. Puisque les paroles de Dieu furent réalisées pour les promesses à court-termes, SES promesses à long-termes seraient aussi assurées.

Les choses les plus importantes pour Jacob dans son rapport à Joseph étaient la promesse du pays de Canaan et l’assurance que Jacob deviendrait une multitude de peuples (verset 4). Si Dieu avait assuré à Jacob qu’il deviendrait un grand peuple et nombreux, alors sûrement il était justifié d’adopter deux fils de plus qui contribueraient à cette prolifération des peuples.

Si la justification de Jacob pour l’adoption des fils de Joseph est trouvée dans la promesse que Dieu a faite à Béthel, la raison semble être dans le verset 7.

« Car lorsque je revenais de Paddân-Aram, Rachel est morte au pays de Canaan à peu de distance d'Ephrata. C'est là, sur le chemin d'Ephrata --- qui s'appelle Bethléhem --- que je l'ai enterrée. » (Genèse 48:7)

Joseph était le fils de Rachel, la femme préférée de Jacob. Sa préférence pour Joseph a contribué énormément à son rejet par ses frères et à son voyage en Egypte (37:4). Un facteur majeur dans sa préférence pour Joseph était le fait qu’il était le premier-né de Rachel, son épouse par choix. (Léa était sa femme « par chance », Bilha et Zilpa « par compétition. »)

Bien que Rachel ait été la plus jeune de ses femmes, elle mourut prématurément en route pour Ephrata (Bethléhem). En conclusion, si elle n’était pas morte si tôt dans sa vie, elle aurait eu beaucoup d’autres fils par Jacob. L’adoption d’Ephraïm et Manassé fournit Jacob avec deux fils de plus, techniquement « par Rachel. » La promesse de Dieu à Béthel associée à la préférence de Jacob pour Rachel fournit la toile de fond pour l’adoption d’Ephraïm et Manassé. En plus de ça doit être mentionné la fidélité de Joseph au Dieu de ses pères, bien qu’il ait été dans un pays étranger et dans des circonstances adverses. Il, comme le sauveur de son peuple, était certainement digne de la faveur que son père lui avait accordée.

La Bénédiction d’Ephraïm et de Manassé (48:8-22)

Les fils de Joseph n’avaient pas encore été remarqués par Jacob. L’adoption d’Ephraïm et de Manassé était surtout un privilège accordé à Joseph plutôt qu’un acte de partialité envers ses fils. Maintenant, qu’ils n’aient pas été remarqués ou qu’ils aient été amenés qu’après l’entrevue privée de Joseph avec son père, Jacob saute sur l’opportunité de bénir Joseph à travers ses deux fils :

« Israël regarda les fils de Joseph et demanda:
   ---Qui est-ce?

   Joseph lui répondit:
   ---Ce sont les fils que Dieu m'a donnés dans ce pays.
   ---Fais-les approcher, je te prie, dit Jacob, pour que je les bénisse.

   La vue d'Israël était affaiblie par l'âge de sorte qu'il n'y voyait plus. Il les fit donc approcher de lui et les embrassa.

   Israël dit à Joseph:
   ---Je ne m'imaginais pas te revoir et voici que Dieu me fait voir même tes descendants.

   Joseph reprit ses deux enfants d'entre les genoux de son père et se prosterna face contre terre.

   Puis il les prit tous les deux, Ephraïm à sa droite --- donc à gauche d'Israël --- et Manassé à sa gauche --- donc à la droite de son père --- et les fit approcher de lui.

   Mais Israël tendit la main droite et la posa sur la tête d'Ephraïm, qui était le plus jeune, et sa main gauche sur la tête de Manassé. Il croisa donc ses mains, bien que Manassé fût l'aîné. » (Genèse 48:8-14)

Tout comme son père Isaac souffrit d’une mauvaise vue dans ses dernières années (27:1), la vision de Jacob était faible. Bien sûr, il avait vu ces fils auparavant, mais ils avaient grandi et beaucoup changé, comme tous les enfants. Jacob pouvait les voir mais il était incapable de les identifier spécifiquement. Joseph les présenta à Jacob, qui a dû les attirer entre ses genoux pour les embrasser. Jacob, qui avait cru qu’il ne reverrait jamais plus le visage de son fils préféré, avait maintenant ses petits-fils devant lui. La bonté de Dieu pour lui n’est pas négligée dans cet évènement (verset 11).

Joseph, sachant que son père était prêt à les bénir (verset 9), éloigna les garçons, maintenant proche de vingt ans,103 de son père pour les placer correctement pour la bénédiction. Manassé, l’aîné, était à sa gauche (la droite de Jacob), et Ephraïm était à la droite de Joseph (la gauche de Jacob). C’était fait exprès pour que la main droite de Jacob repose sur Manassé, le plus âgé. Israël surprit Joseph en croisant ses mains et prononçant cette bénédiction :

« Il bénit Joseph et dit:
      Que ces garçons soient bénis par le Dieu
      devant qui ont vécu mes pères Abraham et Isaac,
      le Dieu qui a pris soin de moi depuis que j'existe et jusqu'à ce jour,

   l'ange qui m'a délivré de tout mal.
      Qu'ils perpétuent mon nom et celui de mes pères Abraham et Isaac!
      Qu'ils aient beaucoup d'enfants partout dans le pays. » (Genèse 48:15-16)

Nous ne devons pas oublier que la bénédiction de Jacob sur les deux fils de Joseph était principalement une bénédiction sur Joseph, comme Moïse nous le rappelle dans le verset 15. La bénédiction contient le témoignage de Jacob, un qui est totalement différent des mots parlés devant Pharaon :

« Le nombre de mes années de migrations est de cent trente. Les jours de ma vie ont été peu nombreux et mauvais et je n'atteindrai pas le nombre des années qu'ont duré les migrations de mes ancêtres. » (Genèse 47:9)

Premièrement, le Dieu de Jacob est le Dieu de ses pères, Abraham et Isaac, le Dieu Qui avait fait SON alliance avec eux et les protégea pendant toute leur vie. Deuxièmement, Jacob, le berger (30:27), reconnut que Dieu avait prit soin de lui comme son Berger. En effet, Jacob attesta, « L’Eternel est mon berger… » Troisièmement, le Dieu de Jacob était l’ « Ange » (32:23-33) Qui l’avait racheté de tout le mal.

Comment pouvait-il y avoir une telle différence entre ce témoignage à Joseph et celui fait à Pharaon ? Comment Jacob pouvait-il dire cela avec sincérité ? La vie de Jacob avait été une longue série de chagrins. Il avait contrarié son frère et trompé son père. Il dut quitter sa maison, pour ne jamais revenir revoir sa mère vivante. Il fut forcé de vivre avec un oncle qui était presque aussi trompeur que lui et de prendre quatre femmes plutôt que juste Rachel, celle qu’il aurait choisie. Ses femmes se battaient constamment pour lui, et ses enfants se détestaient. Sa fille fut violée ; son fils aîné coucha avec sa concubine, et Juda avait couché avec une prostituée. Il fut privé de sa femme et de son premier fils ; Et Benjamin, le seul descendant restant de Rachel, était en très grand danger. Finalement, une famine le força à quitter la terre promise. Sa vie avait été pleine de tristesse.

Quand Jacob attesta que l’Eternel était son berger tout au long de sa vie, il n’a pas renié ses souffrances. Mais il commença à les voir d’une façon différente. Tout comme Joseph reconnut que Dieu était avec lui dans ses souffrances, Jacob était assuré de la présence de Dieu dans tous ses chagrins. Pendant que notre Berger nous fait « reposer dans des prairies verdoyantes » (Psaume 23:2), IL est aussi avec nous quand nous « traversons la vallée où règnent les ténèbres de la mort » (Psaume 23:4). Jacob a finalement réalisé que chaque chose dans sa vie était une part de la volonté de Dieu pour lui et que Dieu le dirigeait et le formait à travers l’adversité.

Et Dieu, l’Ange (Qui je pense était le Christ pré-incarné), l’avait racheté de tout le mal. Jacob n’a jamais déclaré que l’Ange l’avait protégé de tous les problèmes, car ce n’était pas le cas. Problèmes et maux sont des termes synonymes, comme Jacob l’a finalement compris. Aucun saint n’a été promis l’absence de problèmes. Cependant, le mal est de ne pas faire face à des circonstances douloureuses, mais de ne pas accomplir les buts de Dieu. Dieu utilisa les épreuves et les afflictions pour amener Jacob en Egypte et pour amener le salût dont Joseph fut envoyé en avance pour fournir. Tous les problèmes de Jacob étaient « envoyés par Dieu » pour accomplir les desseins de Dieu, même quand Jacob ne les reconnaissait pas et avait tendance à résister.

Le Chrétien immature prie que Dieu empêchera la douleur et la souffrance, voyant ces choses comme mauvaises. La marque d’un Chrétien mature est qu’il peut regarder derrière sur sa vie et voir que Dieu peut prendre les douleurs et les pressions de la vie et les faire marcher ensemble pour le bien dans sa vie et ultimement amène quelqu’un près de LUI par ça. L’immature évite la douleur. Bien que le mature ne la recherche pas, il arrive à la savourer à la lumière du fait que Dieu l’utilise magnifiquement pour nous amener dans l’intimité avec LUI. Quand connaître Dieu est le cadeau suprême, la souffrance n’est pas un prix trop cher à payer pour l’obtenir :

« C'est ainsi que je pourrai connaître le Christ, c'est-à-dire expérimenter la puissance de sa résurrection et avoir part à ses souffrances, en devenant semblable à lui jusque dans sa mort » (Philippiens 3:10)

Ce Dieu, ce Berger, cet Ange, bénira les fils de Joseph d’une manière spéciale. Par eux, le nom de Jacob (Israël) vivra éternellement. Le travail que Dieu avait commencé en Abraham et Isaac et a fidèlement continué en Jacob, IL le continuera en ces hommes. Ils grandiront en une grande multitude, réalisant la promesse de Dieu.

Quand Joseph vit son père croisant ses mains et donnant la prééminence à Ephraïm, il assuma que c’était une erreur et essaya de la corriger, mais il apprit de son père que cette action était intentionnelle.

« Joseph remarqua que son père avait posé sa main droite sur la tête d'Ephraïm. Cela lui déplut et il prit la main de son père pour la faire passer de la tête d'Ephraïm sur celle de Manassé.

   Il dit à son père:
   ---Il ne faut pas faire ainsi, mon père, car c'est celui-là l'aîné; mets donc ta main droite sur sa tête.

   Mais son père refusa et dit:
   ---Je sais, mon fils, je sais. Celui-là aussi deviendra un peuple! Lui aussi sera grand. Mais son frère cadet sera plus grand que lui et sa descendance formera des nations entières.

   Ce jour-là, il les bénit tous deux et dit:
   ---Le peuple d'Israël vous nommera dans ses bénédictions en disant: «Que Dieu te rende semblable à Ephraïm et à Manassé!»
   Ainsi il plaça Ephraïm avant Manassé. » (Genèse 48:17-20)

Jacob, après tout, était un vieil homme. Il avait tendance à s’étendre sur le passé dans sa conversation. Ses yeux ne pouvaient plus reconnaître l’identité des ses petits-fils. Certainement, Joseph raisonnait, c’était un accident que Jacob croisa ses mains comme pour donner prééminence au fils cadet. Peut-être pensait-il que Manassé était à sa gauche et c’est pour ça qu’il avait croisé ses mains, pour que sa main droite soit placée sur lui. Avec un peu d’impatience, Joseph a pu essayer de corriger son père. Ce n’était pas par ignorance ou par erreur que Jacob avait agi. Il avait l’intention d’établir le cadet au-dessus de l’aîné.

Le Livre de Genèse est rempli de cas dans lesquels le cadet fut choisi aux dépends de l’aîné. Seth fut préféré à Caïn ; Sem à Japhet ; Isaac à Ismaël ; Jacob à Esaü ; et maintenant, Ephraïm à Manassé. Bien sûr, ce ne devait pas toujours être comme ça. Jacob avait préféré choisir Rachel à Léa, mais Laban n’était pas prêt à laisser ça arriver. Dans la providence de Dieu, IL ne l’était pas non plus, car Léa devint la première épouse de Jacob, la mère de Juda, la tête de la lignée messianique, et Lévi, la tête de la lignée sacerdotale. Léa, pas Rachel, reçut l’honneur d’être enterrée avec Jacob dans la grotte de Machpelah (49:31).

Jacob a eu tort en choisissant Rachel à Léa parce qu’il prit sa décision uniquement sur la base de son apparence physique, pas son caractère. Ses actions aussi dans ce choix n’étaient pas illustratives du principe de l’élection divine parce qu’il y avait un motif égoïste dans le choix de Rachel au lieu de Léa. L’élection de Dieu était sans tenir compte du résultat pour que SON choix puisse être libre :

« Et ce n'est pas tout: Rébecca eut des jumeaux nés d'un seul et même père, de notre ancêtre Isaac.

   Or, Dieu a un plan qui s'accomplit selon son libre choix et qui dépend, non des actions des hommes, mais uniquement de la volonté de celui qui appelle. Et pour que ce plan demeure, c'est avant même la naissance de ces enfants, et par conséquent avant qu'ils n'aient fait ni bien ni mal, que Dieu dit à Rébecca: L'aîné sera assujetti au cadet. » (Romains 9:10-12)

Dans le choix d’Ephraïm sur Manassé, le principe d’élection est clairement illustré, car le choix de Jacob ne fut pas basé sur des motifs égoïstes. Alors, pourquoi Jacob préféra-t-il Ephraïm à Manassé ? Personnellement, je crois que ce fut le moyen de Jacob de démontrer sa compréhension et sa soumission tardive à la doctrine de la sélection divine. Jacob semblait croire que « Dieu aide les gens qui s’aident eux-mêmes », et il s’était aidé depuis un très jeune âge. Il croyait que la bénédiction de Dieu était basée sur son aptitude à être plus malin et à manipuler les autres, tels que son frère et Laban. Il a dû croire que Dieu l’avait préféré à Esaü parce qu’il pouvait faire plus pour Dieu que son frère. Maintenant, Jacob a enfin réalisé que (comme Paul écrit dans Romains 9) Dieu l’avait choisi au lieu d’Esaü simplement parce qu’IL avait décidé de travailler par lui, pas par Esaü. Il n’y avait aucune raison terrestre pour laquelle Éphraïm devrait être placé au-dessus de Manassé, mais c’était pourquoi les actions de Jacob étaient très importantes. Bien que la société puisse arranger, pour des raisons pratiques, à transférer des privilèges selon l’ordre de naissance, Dieu n’est pas obligé de suivre cette règle. Dieu n’est pas obligé d’agir « traditionnellement » ou selon nos espérances. C’est la prérogative d’un Dieu Qui est souverain. Jacob, a finalement réussi à voir cela et a symboliquement donné un témoignage de sa compréhension du principe de la sélection divine.

Ayant donné priorité à Ephraïm, le cadet, Jacob maintenant se tourne vers Joseph pour lui donner encore une autre bénédiction avant que les autres fils soient appelés à ses cotés :

« Puis Israël dit à Joseph:
   ---Je vais bientôt mourir. Dieu sera avec vous et vous fera retourner au pays de vos ancêtres.

   Quant à moi, je te donne une part de plus qu'à tes frères: Sichem, que j'ai conquise sur les Amorites avec mon épée et mon arc. » (Genèse 48:21-22)

La mort de Jacob est imminente, et il ne vivra pas pour voir le retour à Canaan. Peut-être, il suggère, Joseph le pourra-t-il (verset 20). Nous savons que ni Joseph ni Jacob ne retourneront au pays de la terre promise avant que la mort ne les rattrape. Seulement dans l’état ressuscité feront-ils l’expérience des promesses de Dieu. Comme bénédiction spéciale, Joseph reçoit une portion particulière du pays, que « j'ai conquise sur les Amorites avec mon épée et mon arc » (verset 22). Mais quelle est cette région du pays ?

Le terme « portion » est littéralement « Sichem ». Est-ce que Jacob donne Sichem à Joseph ? Les os de Joseph furent amenés d’Egypte et enterrés à Sichem :

« On ensevelit aussi à Sichem les ossements de Joseph que les Israélites avaient ramenés d'Egypte. On les inhuma dans le terrain que Jacob avait acheté pour cent pièces d'argent aux descendants de Hamor, le père de Sichem, et qui faisait partie du patrimoine des descendants de Joseph. » (Josué 24:32)

Mais ici, bien que Joseph soit enterré à Sichem, on fait allusion à ce terrain « que Jacob avait acheté », pas le terrain pour lequel il aurait combattu. Certains commentateurs concluent que Jacob n’aurait jamais pu déclarer avoir pris cette terre par la force quand il avait condamné ses fils pour leurs actions d’avoir tué tous les hommes de la ville :

« Jacob dit à Siméon et à Lévi:
   ---Vous me causez des ennuis car vous m'avez rendu odieux aux Cananéens et aux Phéréziens qui habitent le pays. Je ne dispose que d'un petit nombre d'hommes; s'ils se liguent contre moi, ils me battront et extermineront toute ma famille avec moi. » (Genèse 34:30)

« Siméon et Lévi sont frères,
      ils se sont mis d'accord pour semer la violence.

    Non, je ne veux pas m'associer à leur complot!
      Je mets un point d'honneur à ne pas approuver leurs délibérations!
      Car mûs par leur colère, ils ont tué des hommes;
      poussés par leur caprice, ils ont mutilé des taureaux[b].

    Que leur colère soit maudite, car elle est violente.
      Maudit soit leur emportement, car il est implacable!
      Moi je les éparpillerai au milieu de Jacob,
      je les disperserai en Israël. » (Genèse 49:5-9)

Il doit être dit que Siméon et Lévi avaient eu tort dans ce qu’ils avaient fait. Ils ont cherché la vengeance, pas la justice ; ils étaient plus motivés par la fierté que par la pureté. Ils ont agi trompeusement, donnant l’impression qu’ils accepteraient l’offre de Sichem et de son père ; mais ils ont utilisé la circoncision comme une ruse pour profiter des hommes de la ville. Jacob a aussi eu tort. Il a eu tort de déménager à Sichem en premier et d’avoir des relations avec les Cananéens et de se compromettre avec eux. Il semble avoir eu tort de ne pas avoir décider fermement de traiter avec le péché qui avait été commis.

Maintenant Jacob peut regarder en arrière sur cet incident comme étant prophétique de la possession future de Canaan par Israël. Ce pays ne sera pas acheté, mais il sera pris par force. Les Cananéens devront être chassés et annihilés à cause de leur grande perversité et immoralité :

« Quant aux villes de ces peuples que l'Eternel votre Dieu vous donne en possession, vous n'y laisserez pas subsister âme qui vive.

   Vous exterminerez totalement pour les *vouer à l'Eternel les Hittites, les Amoréens, les Cananéens, les Phéréziens, les Héviens et les Yebousiens, comme l'Eternel votre Dieu vous l'a ordonné,

   afin qu'ils ne vous apprennent pas à imiter les pratiques abominables auxquelles ils se livrent en l'honneur de leurs dieux, et par lesquelles vous pécheriez contre l'Eternel votre Dieu. » (Deutéronome 20:16-18)

Une bonne chose est arrivée à Sichem, mais pour de mauvaises raisons. Jacob peut donc maintenant regarder sur l’incident d’un angle totalement différent, car la pureté lui était maintenant devenue plus importante qu’une paix qui fut obtenue à un prix injuste. La prochaine fois que la nation viendra à Sichem, la ville sera prise par force, et le pillage sera le même genre que le premier.

Conclusion

La vie pour Jacob semble considérablement différente vue de la perspective du cimetière. Maintenant, ayant été capable de reconnaitre la main de Dieu dans sa vie, il réalisa que la vie ne fut pas une longue série de chagrins, mais une chaine d’évènements dans le plan souverain de Dieu pour accomplir SES desseins.

Souffrances et chagrins ont été reconnus comme avoir été des amis pas des ennemis, comme Jacob avait conclu une fois. Auparavant, Jacob recherchait la paix et la prospérité, les buts les plus importants dans sa vie. Avec de tels buts, l’agrément est préférable à l’adversité. Jacob préféra ne rien faire quand sa fille fut violée plutôt que de courir le risque de perdre son confort et sa sécurité. La sainteté n’était pas aussi précieuse à Jacob que le bonheur. Les hommes ne seront jamais notés pour leur caractère quand le plaisir est une priorité plus importante que la pureté.

Mais maintenant, du cimetière, Jacob est arrivé à réaliser que ce fut ses souffrances et ses épreuves qui furent les instruments de Dieu pour le rapprocher du point de soumission à la volonté de Dieu, de l’Egypte, de vénérer, et de l’intimité spirituelle.

Jacob est aussi arrivé à apprécier la doctrine de l’élection. Il discerna finalement que Dieu ne l’avait pas choisi à cause de ce qu’il accomplirait pour LUI. Dieu ne l’a pas sélectionné parce qu’il avait plus de possibilités qu’Esaü. Les accomplissements de Jacob ont tous été pour rien. Il n’a jamais profité des fruits de ses manipulations pour obtenir le droit d’aînesse d’Esaü ou la bénédiction d’Isaac. Il n’a jamais été le propriétaire des troupeaux de son père (pour autant que je sache). Sa prospérité vint de son séjour à Paddân-Aram, pas du pelage des troncs des arbres, mais de la promesse de Dieu (31:11-13). Seulement quand Jacob fut impuissant et forcé de quitter la terre promise s’est-il complètement jeté à la merci de Dieu et ne s’est pas reposé sur ses magouilles. La doctrine d’élection, maintenant comprise, amena Jacob à l’humilité et à la vénération.

J’aimerai suggérer que nos vies seraient beaucoup plus heureuses si nous arrivions aux conclusions que Jacob a réalisées, mais plus tôt que lui. Si nous pouvions, comme Joseph, voir la main de Dieu dans nos souffrances, nous pourrions nous réjouir pendant nos épreuves, sachant que Dieu est au travail, nous rendant plus matures et nous apprenant à endurer (Jacques 1:2-4). Et si nous pouvions voir que Dieu ne nous a pas choisi à cause de nos possibilités mais pour démontrer SON pouvoir, nous ne nous engagerions pas dans les efforts futiles de Jacob :

« Car ce n'est pas pour baptiser que le Christ m'a envoyé, c'est pour proclamer la Bonne Nouvelle. Et cela, sans recourir aux arguments de la sagesse humaine, afin de ne pas vider de son sens la mort du Christ sur la croix.

Considérez donc votre situation, frères: qui êtes-vous, vous que Dieu a appelés à lui? On ne trouve parmi vous que peu de sages selon les critères humains, peu de personnalités influentes, peu de membres de la haute société!

 Non! Dieu a choisi ce que le monde considère comme une folie pour confondre les «sages», et il a choisi ce qui est faible pour couvrir de honte les puissants.

Dieu a porté son choix sur ce qui n'a aucune noblesse et que le monde méprise, sur ce qui est considéré comme insignifiant, pour réduire à néant ce que le monde estime important.

Ainsi, aucune créature ne pourra se vanter devant Dieu.  » (1 Corinthiens 1:17,26-29)

N’est-il pas intéressant que Dieu ait choisi Jacob pour être Israël, le patriarche ? Joseph, qui de loin est le plus pieux du groupe, est délaissé, en ça qu’aucune tribu n’est nommée après lui. Il n’est pas l’ancêtre du Messie, mais Juda, qui a échoué avec ses fils et qui a voulu avoir une relation illicite avec une prostituée cananéenne, l’est. Joseph ne fut pas non plus celui par qui donnerait son nom à la lignée sacerdotale, mais Lévi, le frère qui avait trompé les hommes de Sichem et les avait tués. Ça, mes amis, est l’élection. Et c’est exactement pourquoi nous devrions être encouragés. Car Dieu peut choisir une personne aussi invraisemblable et non prometteuse que vous et moi et faire des choses magnifiques par nous.

Que votre vue de la vie soit comme celle de Jacob dans ses derniers moments, la vue depuis la tombe !

« Apprends-nous donc à bien compter nos jours,
      afin que notre cœur acquière la sagesse! » (Psaume 90:12)

« Mais ce trésor, nous le portons dans les vases faits d'argile que nous sommes, pour que ce soit la puissance extraordinaire de Dieu qui se manifeste, et non notre propre capacité.

   Ainsi, nous sommes accablés par toutes sortes de détresses et cependant jamais écrasés. Nous sommes désemparés, mais non désespérés,

   persécutés, mais non abandonnés, terrassés, mais non pas anéantis.

   Oui, nous portons toujours et en tout lieu, dans notre corps, la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit, elle aussi, rendue manifeste par notre corps.

   Car sans cesse, nous qui vivons, nous sommes exposés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi rendue manifeste par notre corps mortel. » (2 Corinthiens 4:7-11)


102 In verse 5 Jacob referred to Joseph’s sons in reverse order: Ephraim and Manasseh. This foreshadows the reversal of tradition in giving the birthright to Ephraim, the younger, which will follow later. Already it is in Jacob’s mind to do so.

103 Manasseh and Ephraim were born in the seven years of plenty, before the first year of the famine (41:50). Jacob went down to Egypt somewhere around the end of the second year of the famine (45:6) and lived 17 years after he arrived (47:28). Since Jacob is near death, the sons of Joseph must be about 20 years old. They are certainly not toddlers.

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