Du Cachot au Palais

Introduction

Une histoire est racontée d’un homme qui fut appelé sous les drapeaux pour faire son service. Partout où il allait, il s’accroupissait pour ramasser n’importe quel morceau de papier qui se trouvait au sol. Et chaque fois qu’il ramassait un papier, il le regardait, il hochait sa tête « non » et le jetait. Il n’a pas fallu longtemps pour que ses supérieurs remarquèrent ses actions et décidèrent d’en trouver la cause. Finalement, en désespoir de cause, ils lui octroyèrent une libération de service pour raison médicale. Le soldat fut appelé dans le bureau de son supérieur qui lui donna le papier officiel. L’examinant très attentivement, il s’exclama, « C’est ça ! C’est exactement ce que je cherchais ! »

Beaucoup d’entre nous sommes comme ce soldat en ce que nous passons notre vie à attendre le grand truc qui changera notre vie et qui nous donnera richesses et célébrité, prospérité et pouvoir. Pour quelques gens, ils croient que ce truc arrivera par la bourse et qu’il sera écrit dans les moyennes de l’index. Pour d’autres, le truc chanceux est pensé arriver à Nashville, Hollywood ou Las Vegas. La plupart d’entre nous ont tendance à penser que notre succès arrivera par des évènements qui changeront notre vie.

Il est très facile de mal comprendre Genèse 41 en superposant cette fausse conception de succès sur l’expérience de Joseph quand il fut promu à la seconde plus haute position de toute l’Egypte. Nous pouvons regarder au rêve de Pharaon et la mention de Joseph par l’échanson comme les trucs chanceux dans la vie de Joseph, qui ont brisé la chaîne d’évènements frustrants qui l’avaient harcelé. Quelqu’un a même suggéré que Joseph ait pu connaître la Loi de Murphy : « Tout ce qui peut tourner mal, tournera mal » ou « la tartine tombe toujours du coté de la confiture. »55

Cependant, le chapitre 41 de Genèse ne nous raconte pas toute l’histoire. Il nous fournit simplement un point de vue d’où nous pouvons regarder en arrière sur des évènements passés et voir qu’ils ont contribué à amener Joseph au palais de Pharaon. Nous pouvons aussi regarder en avant et voir la raison pour laquelle Dieu a amené Joseph à sa position d’autorité de cette manière. L’histoire de la vie de Joseph n’était pas un conte de fée. Moïse ne nous dit pas qu’après avoir été promu par Pharaon, il vécut heureux le reste de ses jours. Joseph a été promu pour une raison précise, et nous n’osons pas négliger ça dans la joie de le voir sortir de la prison et mit dans une position d’autorité et de prestige au palais de Pharaon.

La Révélation de Pharaon et la libération de Joseph (41:1-13)

« Deux années entières passèrent. Puis le pharaon fit un rêve: il se tenait au bord du Nil

et vit sortir du fleuve sept vaches belles et bien grasses, qui se mirent à paître près de la rive.

Puis, après elles, sept autres vaches sortirent du fleuve, elles étaient laides et décharnées. Elles vinrent se placer à côté des premières vaches, au bord du fleuve.

Et voilà que les sept vaches laides et décharnées dévorèrent les sept vaches belles et grasses. Alors le pharaon se réveilla.

Puis il se rendormit et fit un second rêve: Sept épis poussaient sur une seule tige, des épis pleins et beaux.

Puis sept épis maigres et desséchés par le vent d'orient[a]poussèrent après eux.

Les épis maigres engloutirent les sept épis pleins et beaux. Alors le pharaon se réveilla et se rendit compte qu'il avait rêvé.

Au matin, inquiet, il fit convoquer tous les magiciens et les sages d'Egypte et leur raconta ses rêves, mais aucun d'eux ne put les lui interpréter. » (Genèse 41:1-8)

Deux années complètes avaient passées,56 et Joseph est toujours emprisonner dans le donjon de Potiphar, oublié par l’échanson de Pharaon en dépit de l’interprétation favorable de Joseph et sa demande d’être évoqué après que sa prédiction se soit réalisée (40:14-15). Dieu avait choisi de travailler avec d’autres moyens que les hommes, et IL parla donc à Pharaon dans deux rêves dramatiques. Tous les deux étaient très vivants et très troublants. Après chaque, Pharaon se réveilla (41:4,7). Ces rêves étaient remarquablement égyptiens, car les vaches étaient apparues du Nil, et les épis de grain avaient été abîmés par un vent d’Est bien connu et redouté.57 La vue des vaches se rafraîchissant dans la rivière et broutant l’herbe luxuriante des marécages était typiquement égyptienne.

Le rêve était troublant pour Pharaon car il l’eut deux fois sous des formes différentes, interrompues par lui se réveillant. Le sens était un puzzle, car les sept vaches maigres restaient maigres et lugubres, même après avoir consommé les vaches grasses. La même chose était vraie pour le grain. Ce n’était pas normal pour des vaches de manger des vaches ou pour du grain de consommer du grain, mais sûrement les choses maigres auraient dû être engraissées par ce qu’elles avaient mangé. Quelque chose ne tournait pas rond, mais qu’est-ce que c’était ?

La source d’information du roi, les magiciens,58 étaient totalement déconcertés, tout comme l’était Pharaon. Ils ne pouvaient pas comprendre le sens de ces rêves. Ces hommes ne devraient pas être confondus avec les magiciens de nos jours. Ils ne portaient de complets (costumes) et ne faisaient pas apparaître des lapins de chapeaux. Ils étaient les hommes les plus sages et les plus éduqués du royaume de Pharaon, instruits dans l’art de l’interprétation des rêves. De peur d’être étonnés par l’impuissance de ces hommes de discerner le message de ces deux rêves, du moins en termes généraux, rappelons-nous du fait que ces deux rêves étaient une révélation de Dieu, et les choses de Dieu ne peuvent seulement être comprises que par SON Esprit (1 Corinthiens 2:10-16).

La frustration du roi à avoir un rêve si impressionnant, et pourtant être incapable de le comprendre était trop similaire de l’expérience de l’échanson pour être négligée. L’échanson se souvint finalement de Joseph, et il mentionna à Pharaon l’esclave hébreu avec qui l’officiel avait « passé quelque temps. »

« Alors le chef des échansons prit la parole et dit au pharaon:
---Je vais évoquer aujourd'hui le souvenir de ma faute.

Le pharaon s'était emporté contre ses serviteurs et m'avait fait mettre aux arrêts avec le chef des panetiers dans la maison du commandant des gardes.

Une nuit, nous avons fait tous deux un rêve ayant sa signification propre.

Or, il y avait là avec nous un jeune homme hébreu, un esclave du commandant des gardes; nous lui avons raconté nos deux rêves et il a donné l'interprétation de chacun d'eux.

Par la suite, les choses se sont passées conformément à l'interprétation qu'il nous avait donnée: moi j'ai été rétabli dans mes fonctions, et le panetier a été pendu. » (Genèse 41:9-13)

Nulle part l’échanson ne mentionne l’injustice de l’emprisonnement de Joseph. La « faute » de laquelle il parla ne semble pas être liée au fait qu’il avait oublié Joseph, mais plutôt à ses péchés contre Pharaon pour lesquels il fut jeté en prison, et placé sous les ordres de Joseph. La substance des paroles de l’échanson à son maître était que ce jeune esclave hébreu était très bon à l’interprétation des rêves.

Aucunes mentions de son caractère ou de sa foi religieuse ne sont faite. La libération de Joseph et la question de rectifier le mal commit contre lui n’avaient aucun intérêt pour l’échanson, du moins c’est de quoi ses paroles nous informent.

Le Problème de Pharaon et le Plan de Joseph (41:14-36)

« Alors le pharaon envoya chercher Joseph et, sur le champ, on courut le faire sortir du cachot; on le rasa, on le fit changer d'habits et on l'introduisit auprès du pharaon.

Celui-ci dit à Joseph:
---J'ai fait un rêve et personne n'est capable de l'interpréter. Or, j'ai entendu dire qu'il te suffit d'entendre raconter un rêve pour pouvoir l'interpréter.

Joseph répondit au pharaon:
---Ce n'est pas moi, c'est Dieu qui donnera au pharaon l'explication qui convient.

Le pharaon dit alors à Joseph:
---Dans mon rêve, je me tenais debout sur le bord du Nil.

Sept vaches grasses et belles sortirent du fleuve et se mirent à paître sur la rive.

Puis sept autres vaches surgirent derrière elles, maigres, laides et décharnées; elles étaient si misérables que je n'en ai jamais vues de pareilles dans tout le pays d'Egypte.

Ces vaches décharnées et laides dévorèrent les sept vaches grasses,

qui furent englouties dans leur ventre sans que l'on remarque qu'elles avaient été avalées: les vaches maigres restaient aussi misérables qu'auparavant. Là-dessus je me suis réveillé.

Puis j'ai fait un autre rêve: Je voyais sept épis pleins et beaux pousser sur une même tige.

Puis sept épis secs, maigres et desséchés par le vent d'orient poussèrent après eux.

Les épis maigres engloutirent les sept beaux épis. J'ai raconté tout cela aux magiciens, mais aucun d'eux n'a pu me l'expliquer. » (Genèse 41:14-24)

Joseph fut rapidement sorti du donjon de Potiphar, mais il ne fut pas présenté devant Pharaon avant d’avoir rasé et changé ses vêtements. Ce n’était pas seulement un « nettoyage », dont il avait sûrement besoin ; c’était une faveur culturelle. Pour les Hébreux, une barbe était une marque de dignité (2 Samuel 10:4-5 ; Esdras 9:3), mais pour l’Egyptien c’était une chose offensive.59 Joseph prit le temps nécessaire pour ne pas offenser le roi d’Egypte. Quand Joseph arriva devant Pharaon, les rêves troublants de la nuit précédente furent immédiatement relatés. Pharaon avait apprit que Joseph pouvait les expliquer.

Quelle opportunité pour Joseph ! Si Jacob avait été dans les chaussons de son fils, les choses se seraient passées très différemment, je crois. Il aurait probablement utilisé cette occasion pour marchander avec le roi – sa liberté pour la requête de Pharaon. Jacob aurait eu des soldes sur l’interprétation des rêves cette semaine-là. Tout au moins, il se serait arrangé pour que Pharaon comprenne l’injustice de ces circonstances présentes. « Vous voyez, Pharaon, j’aimerai beaucoup vous aider avec votre problème, mais mon esprit est si troublé avec ce qui se passe maintenant, que je ne peux pas penser… »60

Bien que Joseph désirait être libéré de sa captivité, il n’a jamais mis le sujet sur la table. Sa première inquiétude n’était pas avec son propre confort, mais avec la gloire de Dieu. La capacité d’interpréter les rêves, dont Pharaon avait crédité Joseph, ne lui appartenait pas du tout. Seul Dieu peut interpréter les rêves, Joseph corrigea rapidement. Les paroles du jeune esclave hébreu non seulement clarifiaient la source de sa compétence, mais elles semblaient aussi donner à Pharaon l’espoir que le résultat du ministère de Joseph lui amènerait du réconfort dans sa détresse (verset 16). Avec ses paroles, Pharaon répéta avidement ses rêves à Joseph, finissant en confessant l’incapacité de ses magiciens les plus capables de lui donner une explication (verset 24).

« Joseph dit au pharaon:
---Ce que le pharaon a rêvé constitue un seul et même rêve. Dieu a révélé au pharaon ce qu'il va faire.

Les sept belles vaches représentent sept années, tout comme les sept beaux épis; c'est un seul et même songe.

Les sept vaches décharnées et laides qui ont surgi derrière les premières représentent aussi sept années, et les sept épis maigres, desséchés par le vent d'orient, seront sept années de famine.

Comme je l'ai dit au pharaon: Dieu a révélé au pharaon ce qu'il va faire.

Il y aura d'abord sept années de grande abondance dans toute l'Egypte.

Elles seront suivies de sept années de famine qui feront oublier toute cette abondance en Egypte, tant la famine épuisera le pays.

Le souvenir même de l'abondance dont le pays aura joui s'effacera à cause de cette famine, car elle sévira très durement.

Si le rêve du pharaon s'est répété par deux fois, c'est que Dieu a irrévocablement décidé la chose et qu'il va l'exécuter sans délai.

Maintenant donc, que le pharaon choisisse sans tarder un homme avisé et sage et qu'il le mette à la tête du pays.

Que le pharaon agisse ainsi: Qu'il nomme dans tout le pays des commissaires qui prélèveront le cinquième de toutes les récoltes d'Egypte durant les sept années d'abondance.

Ils collecteront les vivres que produiront les bonnes années qui viennent, ils emmagasineront le blé dans les villes sous l'autorité du pharaon, et le garderont comme réserve de vivres.

Ces provisions serviront de réserve pour le pays, en prévision des sept années de famine qui s'abattront sur l'Egypte. Ainsi les habitants du pays ne mourront pas de faim. » (Genèse 41:25-36)

Joseph expliqua habilement les deux rêves. Son interprétation suivait étroitement les deux rêves dans beaucoup de détails, un fait qui aurait difficilement pu passer inaperçu auprès de Pharaon et qui ajoutait de la crédibilité à l’explication de Joseph. Les deux rêves, quoi que différents dans quelques détails, n’avaient qu’un sens (verset25). Tous les deux étaient donnés pour indiquer la certitude de ce qui allait arriver (verset 32). Dans les deux cas, « sept » indiquaient une période temporelle – sept années. Les vaches grasses et les épis de grains dodus indiquaient les sept années d’abondance qui allaient bientôt commencer en Egypte. Les sept vaches décharnées et les sept épis de grains abîmés présageaient la famine qui allait suivre les années d’abondance. Pour aller droit au but, l’Egypte allait avoir à endurer sept années d’abondance suivies par une famine si dure que toute l’abondance préalable allait être consommée.

Ça aurait été très facile d’arrêter ici. Il y avait une bonne et une mauvaise nouvelle pour Pharaon – abondance suivie d’une famine. Mais Joseph était plus qu’un prophète ; il était un administrateur. Non seulement pouvait-il dire les « choses qui allaient arriver », mais il était aussi compétent à analyser la situation et à déterminer la meilleure course d’action pour minimiser les dégâts. Alors un plan d’action péremptoire fut proposé à Pharaon avec les prédictions qui furent données.

Ils avaient besoin d’un administrateur compétent. Il devrait prendre le taureau par les cornes et etre capable de rassembler une double portion des récoltes exceptionnelles qui seraient produites dans le pays durant les années de prospérité. Sous ses ordres, des hommes seraient nommés pour collecter et superviser l’emmagasinage des denrées alimentaires du pays. Ces surplus devraient être amenés dans les villes pour être conservés et, plus tard, distribués. Par ces moyens, les effets de la famine pourraient être minimisés.

Je suis plus convaincu que jamais, ayant gagné une plus profonde appréciation du caractère et de l’humilité d’esprit de Joseph, qu’il ne lui était jamais venu à l’esprit qu’il devait être celui nommé à la tête de ce projet. Son propre intérêt n’a jamais été manifesté dans son caractère ou dans sa conduite avant cela. Il n’avait même pas mentionné son emprisonnement injuste. En plus, qui aurait pu imaginer un esclave hébreu promu au second poste le plus haut du pays ? Qui que ce soit à la tête du projet, le plan devrait être suivi pour traiter avec la famine qui avait été prédictée.

Une Promotion par Pharaon (41:37-45)

« Cette proposition plut au pharaon et à tous ses hauts fonctionnaires.

Alors le pharaon leur dit:
---Trouverions-nous un homme aussi compétent que celui-ci en qui habite l'Esprit de Dieu[c]?

Le pharaon dit à Joseph:
---Puisque Dieu t'a fait connaître toutes ces choses, il n'y a personne qui soit aussi avisé et aussi sage que toi.

Tu seras donc à la tête de mon royaume, et tout mon peuple obéira à tes ordres. Moi-même je ne serai au-dessus de toi que par le trône.

Ainsi, lui dit-il, je te mets à la tête de toute l'Egypte.

Et le pharaon retira son anneau de sa main et le passa au doigt de Joseph; il le fit revêtir d'habits de fin lin et lui suspendit un collier d'or au cou.

Il le fit monter sur son deuxième char et, sur son parcours, on cria:
---A genoux!
C'est ainsi qu'il le mit à la tête de toute l'Egypte.

Le pharaon dit encore à Joseph:
---Je suis le pharaon. Mais sans ton ordre, personne dans tout le pays ne lèvera le petit doigt ni ne se déplacera.

Le pharaon nomma Joseph Tsaphnat-Paenéah et lui donna pour femme Asnath, fille de Poti-Phéra, un prêtre d'On. Joseph partit inspecter l'Egypte. » (Genèse 41:37-45)

Pendant qu’il y avait un certain soulagement dans l’interprétation de Joseph, le grand réconfort venait du plan d’action qu’il proposait et de l’évidence de sa compétence pour superviser la question. Même les magiciens étaient unanimement d’accord (qui parmi eux auraient eu l’audace ne pas l’être ?), ils agreaient que Joseph était l’homme parfait pour ce travail.

Bien que la déclaration de Pharaon témoigne de sa conviction que Joseph avait une habilité divine, je ne pense pas que sa compréhension soit suffisante pour lui donner la compétence d’écrire une doctrine religieuse sur le ministère du Saint Esprit dans le Vieux Testament. Je crois que Pharaon voulait concéder l’assertion de Joseph que Dieu était avec lui et qu’il avait une habilité spirituelle. Il était de ce fait d’accord de reconnaître qu’il y avait un dieu qui, par un esprit divin, travaillait à travers Joseph. A ce point, sa conception de la religion de Joseph était extrêmement élémentaire. Vraisemblablement, plus de temps avec Joseph changea ça.

Le mieux que Joseph aurait pu oser espérer était sa libération de prison. Combien plus loin que ça fut son élévation à une position d’autorité et de prestige ? Les preuves de sa nouvelle autorité étaient l’anneau royal, des vêtements élégants, un collier en or et le chariot royal précédé par ceux qui proclamaient la notoriété et la position de Joseph (versets 42,43). Ce chariot n’avait peut-être pas été la Rolls Royce de l’armée de Pharaon, mais c’était au moins une Mercedes. Tout comme Joseph avait été second seulement de Potiphar dans sa maison, maintenant il n’était second que de Pharaon (verset 40,44).

Pharaon prit deux autres actions hautement symboliques qui aidèrent à cémenter la nouvelle position de Joseph avec le peuple du pays. Premièrement, Joseph fut donné un nom égyptien. Il y a de nombreuses hypothèses sur ce que ce nom voulait dire.61 Franchement, je n’en ai aucune idée, et je ne m’en soucie pas non plus. Un nom égyptien, quoi qu’il veuille dire, voulait dire que dans l’esprit de Pharaon, Joseph n’était pas « simplement un Hébreu » (Hébreux qui étaient méprisés par le peuple d’Egypte (43:32, 46:34)), mais un Egyptien. Parmi les Indiens d’Amérique, la même chose que ça aurait été d’avoir fait de Joseph un frère de sang de la tribu.

C’est encore plus confirmé par le don d’une femme égyptienne, Asnath (verset 45). Beaucoup de Chrétiens sont troublés par le fait que Joseph ait prit une épouse égyptienne. Permettez-moi de vous poser une question pratique : Si vous aviez été Joseph, où seriez-vous allé pour trouver une épouse pieuse ? Seriez-vous allé vers Juda, qui n’avait pas hésité à coucher avec une prostituée cananéenne ? Seriez-vous allé vers vos frères, qui avaient essayé de vous tuer ? Seriez-vous allé vers un homme comme Laban ? Où un homme aurait-il pu trouver une femme pieuse à cette époque-là et dans ce pays ?

Dieu n’avait pas encore donné de commandements concernant le mariage, mais ce qui était écrit dans la Loi n’interdisait pas un mariage tel que celui de Joseph :

« ---Lorsque vous partirez en guerre contre vos ennemis, et que l'Eternel votre Dieu les livrera en votre pouvoir, il se peut que parmi les prisonniers que tu feras

tu remarqueras une belle captive, que tu en tombes amoureux et que tu l'épouses.

Alors tu l'emmèneras chez toi dans ta maison, là elle se rasera la tête et se coupera les ongles,

elle enlèvera le vêtement qu'elle portait comme prisonnière et elle demeurera dans ta maison. Pendant un mois, elle pleurera son père et sa mère. Après cela seulement, tu t'uniras à elle, tu seras son mari et elle sera ta femme. » (Deutéronome 21:10-13)

Seul le mariage à une femme cananéenne était interdit par Dieu :

« Vous exterminerez totalement pour les *vouer à l'Eternel les Hittites, les Amoréens, les Cananéens, les Phéréziens, les Héviens et les Yebousiens, comme l'Eternel votre Dieu vous l'a ordonné,

afin qu'ils ne vous apprennent pas à imiter les pratiques abominables auxquelles ils se livrent en l'honneur de leurs dieux, et par lesquelles vous pécheriez contre l'Eternel votre Dieu. » (Deutéronome 20:17-18)

Nous devons donc conclure que Joseph n’a pas commit de péché en prenant cette Egyptienne pour épouse. Le fait qu’elle était la fille d’un prêtre égyptien (verset 45) n’indique pas nécessairement le contraire. Je doute beaucoup que Pharaon ait donné à Joseph une femme qui lui aurait été une offense ou une contradiction à ses croyances. Je doute encore plus que Joseph aurait prit pour épouse une femme qui aurait été un détriment à sa vie spirituelle. Le genre d’homme qui pouvait dire « non » à la femme de Potiphar, aurait sûrement refusé la fille de Poti-Phéra62 si elle allait entraver sa foi.

Un Programme Exécuté (41:46-57)

La section finale sert à plusieurs choses. Premièrement, elle révèle l’exactitude de l’interprétation de Joseph. Deuxièmement, elle évidence l’astuce administrative de Joseph en traitant les affaires de l’état en préparation de la famine à venir.

« Il était âgé de trente ans quand il entra au service du pharaon, roi d'Egypte. Il quitta la cour du pharaon et parcourut tout le pays d'Egypte.

Pendant les sept années d'abondance, la terre produisit de riches moissons.

Joseph rassembla tous les vivres possibles en Egypte pendant ces sept années, et il les entreposa dans les villes. Dans chaque ville, il mit en réserve les denrées alimentaires produites par le territoire environnant.

Il entreposa du blé en aussi grande quantité que le sable de la mer; il y en avait tant que l'on cessa d'en faire le compte, car cela dépassait toute mesure.

Avant la période de famine, Asnath, fille de Poti-Phéra, prêtre d'On, donna deux fils à Joseph.

Il appela son premier-né Manassé (Celui qui fait oublier), car, dit-il, Dieu m'a fait oublier toutes mes souffrances et ma séparation de la famille de mon père.

Il donna au second le nom d'Ephraïm (Fécond), car Dieu, dit-il, m'a rendu fécond dans le pays où j'ai connu l'affliction.

Les sept années où l'abondance avait régné en Egypte touchèrent à leur terme

et les sept années de famine commencèrent, comme Joseph l'avait prédit. La famine sévissait dans tous les pays. Mais il y avait du pain dans toute l'Egypte.

Quand la population de l'Egypte n'eut plus de pain, elle en réclama à grands cris au pharaon, qui dit à tous les Egyptiens:
---Adressez-vous à Joseph et faites ce qu'il vous dira!

La famine sévissait dans toute la contrée. Joseph ouvrit tous les entrepôts du pays et vendit du blé aux Egyptiens. Mais la disette s'aggrava encore en Egypte.

De tous les pays environnants, on y venait acheter du blé auprès de Joseph, car la famine était grande sur toute la terre. » (Genèse 41:46-57)

Tout comme Joseph l’avait indiqué, les sept années qui suivirent furent marquées par une grande abondance. Le pays produit une telle quantité que le grain gardé en réserve pour l’avenir dépassait toute proportion (verse 49). Joseph, habilement, accomplit le plan qu’il avait proposé à Pharaon, entreposant un cinquième du grain dans les villes pour l’utiliser plus tard. A la fin des sept années d’abondance, la famine tomba sévèrement sur l’Egypte. Le peuple se tourna vers Pharaon demandant du pain, et il les envoya vers Joseph, en leur disant de faire tout ce qu’il leur dirait (verset 55). Joseph ouvrit les entrepôts et commença à vendre le grain aux Egyptiens et à ceux qui venaient d’autres pays, dont quelques-uns seraient ses propres frères.

Durant les années d’abondance en Egypte, Joseph fut béni avec deux fils, Manassé et Ephraïm. Les noms qui leurs furent donnés nous donnent une plus grande indication de la condition spirituelle de Joseph durant ces années euphorisantes au palais de Pharaon. Manassé, qui veut dire « Celui qui fait oublier », était l’expression de gratitude de Joseph à Dieu, Qui lui avait permit d’oublier « toutes mes souffrances et ma séparation de la famille de mon père » (verset 51). Je ne pense pas que ça devrait être interprété dans un sens négatif comme si Joseph n’avait plus aucun intérêt pour eux. Les bénédictions riches de Dieu lui avaient certainement permis d’oublier quelques-uns des souvenirs douloureux de son passé, spécialement la blessure et l’amertume qui ne pouvait que masquer une rancune contre ses frères et chercher une occasion de revanche.

Nous ne devrions pas non plus avoir l’impression que Joseph n’avait plus envie de revoir son père ou ses frères. Je pense que Joseph n’était pas submergé par une compulsion de retourner au pays parce que sa famille lui manquait, mais il était satisfait de rester dans le pays où Dieu l’avait amené. S’il était retourné dans sa famille à Canaan, il n’aurait pas pu être leur libérateur, comme c’était le dessein de Dieu, et la nation n’aurait pas été étrangère dans ce pays lointain comme Dieu l’avait indiqué à Abraham beaucoup d’années auparavant :

« Le Seigneur lui dit:
---Sache bien que tes descendants vivront en étrangers dans un pays qui ne leur appartiendra pas, on en fera des esclaves et on les opprimera pendant quatre cents ans.

Mais je punirai la nation qui les aura réduits en esclavage et ils quitteront le pays chargés de grandes richesses. » (Genèse 15:13-14)

Pendant que nous ne voulons pas offrir une nouvelle traduction, cette paraphrase pourrait nous aider à exprimer le sens que je crois Joseph essayait de transmettre quand il a nommé Manassé : « Dieu m’a permit d’oublier toutes mes souffrances et ma séparation de la famille de mon père. » L’amertume était partie. Joseph était capable, maintenant, de voir que bien que les actions de ses frères aient été mauvaises, Dieu les avait prévu pour le bien de tout le monde (Genèse 50:20). Avec cette attitude, Joseph pouvait exercer assez de contrôle de lui-même pour ne pas révéler son identité trop rapidement, et donc amener ses frères à se repentir vraiment par un programme appliqué d’instruction libre de sentiments de colère et de vengeance.

Le nom Ephraïm, qui veut dire « fécond », transmet l’assurance de Joseph que c’était Dieu Qui lui avait donné prospérité et bénédictions dans le pays de son affliction. Pour Joseph, affliction et bénédictions n’étaient pas contradictoires, car Dieu était capable de faire tourner chagrin en joie.

Conclusion

Cet épisode de la vie de Joseph nous amène à une position avantageuse d’où nous pouvons regarder en arrière et en avant. Regardant derrière, nous devons réaliser que la promotion de Joseph n’était pas le résultat de la chance, mais plutôt d’une chaîne d’évènements douloureux mais divinement guidés. Si Joseph n’avait pas dit « non » à la femme de Potiphar et été injustement jeté en prison avec l’échanson, il n’aurait jamais pu être recommandé au roi. Et si Joseph n’avait pas été cruellement traité par ses frères et vendu en esclavage, il n’aurait jamais été dans la maison de Potiphar. Quelle belle illustration de Romains 8:28 :

« Nous savons en outre que Dieu fait concourir toutes choses au bien de ceux qui l'aiment, de ceux qui ont été appelés conformément au plan divin. »

Regardant en avant, nous voyons que l’histoire ne finit pas avec le chapitre 42, car bien que Joseph soit le caractère principal de cette section, il n’est pas le seul objet de l’attention et l’activité de Dieu. Bien que dans un sens Joseph fut béni à cause de sa fidélité, il y a une plus grande chance que sa promotion ne fut pas autant pour sa propre prospérité que pour la préservation de ses frères. La position de pouvoir et de prospérité lui a permit de devenir le « sauveur » de ses frères. Nous devons être modestes du fait que pendant que Dieu prend soin de nous comme individus, IL a souvent un plus grand dessein pour ce qu’IL nous donne. Les dons spirituels, par exemple, ne sont pas donnés pour notre propre bénéfice autant que pour renforcer les autres :

« En chacun, l'Esprit se manifeste d'une façon particulière, en vue du bien commun. » (1 Corinthiens 12:2)

« Chacun de vous a reçu de Dieu un don particulier: qu'il le mette au service des autres comme un bon gérant de la grâce infiniment variée de Dieu. » (1 Pierre 4:10)

Nous devons faire très attention de ne pas utiliser Joseph comme modèle dans les sujets de souffrance et gloire. Dans le sens ultime, Joseph illustre la vérité que la souffrance vient avant la gloire et, en fait, elle nous prépare pour la gloire. La vie chrétienne sera marquée par la souffrance, comme de nombreux passages des Ecritures nous informent (par exemple, Jean 15:19 ; 2 Corinthiens 1:3-5 ; Philippiens 1:29 ; 2 Timothée 3:12 ; Hebreux 12:7-13 ; Jacques 1:2-4 ; 1 Pierre 4:12-19), mais nous savons que nous connaitrons beaucoup de joies dans notre salut et la gloire qui est celle de notre Seigneur à Son retour (2 Thessaloniens 1:3-12 ; 1 Pierre 1:3-12). Faisons très attention, cependant, à ce que nous ne regardions pas Joseph comme la promesse que tous ceux qui sont fidèles dans la souffrance seront glorifiés et prospérés dans cette vie.

Peut-être mon point pourrait être le mieux illustré par un contraste entre les vies de Joseph, qui vécut ces évènements, et Moïse, qui les raconta pour nous. Joseph commença dans le pays de Canaan et atterri en Egypte avec la nation d’Israël sous ses soins. Moïse commença en Egypte et atterri dans le pays de Canaan avec la nation d’Israël sous ses soins. Joseph commença sa vie comme berger dans les pâturages de son père et fut exalté au palais de Pharaon. Moïse fut emmené, quand il était bébé, au palais de Pharaon, mais plus tard il devint un berger parmi les troupeaux de son beau-père.

Voyez-vous comment Dieu a utilisé ces deux hommes de manière très différente pour accomplir SES desseins ? Pendant qu’il fut nécessaire, dans les desseins de Dieu, de promouvoir Joseph des pâturages au palais pour sauver les soixante-dix gens de Dieu (46:27), il fut nécessaire pour Moïse de quitter le palais pour libérer le peuple de Dieu de l’esclavage. :

« Par la foi, Moïse, devenu adulte, a refusé d'être reconnu comme le fils de la fille du pharaon[f].

Il a choisi de prendre part aux souffrances du peuple de Dieu plutôt que de jouir --- momentanément --- d'une vie dans le péché.

Car, estimait-il, subir l'humiliation que le Christ devait connaître constituait une richesse bien supérieure aux trésors de l'Egypte: il avait, en effet, les yeux fixés sur la récompense à venir.

Par la foi, il a quitté l'Egypte sans craindre la fureur du roi et il est resté ferme, en homme qui voit le Dieu invisible. » (Hébreux 11:24-27)

Les desseins de Dieu ne sont pas accomplis par une seule méthode ou par une seule manière pour tous les hommes. IL en élève certains, leurs donnant autorité et prospérité, pendant qu’IL en abaisse d’autres. Nous n’avons pas le droit d’exiger que Dieu nous traite comme IL a traité Joseph, car IL peut choisir de nous traiter comme IL a traité Moïse. Ou, plus vraisemblablement, IL pourrait décider de nous traiter d’une façon qui serait totalement différente de celle dont IL a traité Joseph ou Moïse. Alors, Joseph n’est aucune garantie que l’obéissance fidèle conduit toujours à une position, à la prospérité, et au pouvoir dans cette vie. On a seulement besoin de se rappeler la vie de Job pour corriger cette pensée si superficielle.

Maintenant je dois dire quelque chose de très important à ceux qui ont nonchalamment fait une distinction arbitraire et non biblique entre le « séculier » et le « spirituel » ou entre les « Chrétiens à temps plein » et les « laïcs. » Remarquez-vous que Dieu n’a pas amené la délivrance de Son peuple par Juda, par lequel le Messie viendrait, ni par Lévi, par lequel viendrait la classe sacerdotale, mais par Joseph, un gratte-papier, un disque jockey, un administratif ?

Pour autant spirituel qu’il était, je peux très bien imaginer que beaucoup de gens de nos jours, auraient approché Joseph avec des mots similaires à ceux-là : « Joseph, aussi spirituel que tu es, tu devrais aller au seminaire et entrer dans les ordres à plein temps. » Comment un ministère séculaire pourrait-il être assez satisfaisant pour un homme aussi spirituel que Joseph ? Dieu n’a pas élevé un prêcheur ni un prêtre, mais un administrateur pour délivrer SON peuple de l’extermination. Soyons prudent en catégorisant les professions d’une telle façon qu’on rendrait certaines plus spirituelles que d’autres. Tout le monde est un pasteur à temps plein dans les Ecritures, mais certains sont appelés à travailler dur dans un domaine pendant que d’autres sont appelées dans un autre. La spiritualité est totalement indépendante de la profession de quelqu’un. La profession de quelqu’un est une question de deux choses, du don et de l’appel, pas de la spiritualité.

Sur la même ligne, Joseph ne fut pas promu par Pharaon (en termes humains) à cause de sa spiritualité, mais parce qu’il était doué et connaisseur. Pharaon a reconnu en Joseph un homme qui avait une habileté divine, mais il se tamponnait le coquillard qui était son « dieu. » Il était seulement intéressé à trouver un homme qui pouvait faire le boulot qui avait besoin d’être fait. Beaucoup de Chrétiens pensent que Dieu est obligé de les bénir ou que SES gens doivent à coup sûr traiter les autres avec condescendance simplement parce qu’ils sont Chrétiens. Durant les dernières élections, il était quelquefois impliqué que nous devions voter pour une personne uniquement sur la base d'une profession de foi. Quand je vais voir un chirurgien, je vais voir celui qui est le plus qualifié, le meilleur, indifférent s’il est un païen, un athée ou un Chrétien dévot. Dieu n’est pas limité à travailler seulement par les saints, vous savez. Beaucoup d’entre nous, Chrétiens, ne sommes pas très bons à ce que nous faisons, soit parce que nous sommes paresseux, ou nous pensons que Dieu est obligé de nous bénir simplement parce que nous donnons des témoignages de notre foi. Le témoignage de Joseph aurait eu peu d’impact s’il avait eu tout faux dans ses prédictions ou s’il avait faillit misérablement à l’administration du rassemblement du grain. Mettons en valeur notre témoignage en faisant bien ce que nous faisons. Comme l’auteur du proverbe l’écrit :

« Connaissez-vous un homme habile dans ce qu'il fait?
Il ne restera pas au service de gens obscurs,
mais il entrera au service des rois. » (Proverbes 22:29)

Pendant que je crois que Dieu a élevé Joseph parce qu’il croyait en LUI et obéissait, je suis tout aussi confiant que Pharaon le promut parce qu’il était consciencieux et habile dans ce qu’il faisait. La pitié sans compétence est de la folie. Nous louons Dieu dans notre travail autant que dans nos paroles. L’un sans l’autre est inutile.

La vie de Joseph est une observation sur le principe que :

« Si quelqu'un est fidèle dans les petites choses, on peut aussi lui faire confiance pour ce qui est important. Mais celui qui n'est pas fidèle dans les petites choses ne l'est pas non plus pour ce qui est important. » (Luc 16:10)

Joseph n’a rien fait de différent dans le palais de Pharaon qu’il n’avait fait dans la maison de Potiphar ou dans la prison. Dans tous les cas, Joseph a utilisé l’habileté que Dieu lui avait donnée d’administrer. Bien que les caractéristiques de chaque boulot aient été différentes, les fonctions étaient les mêmes. Joseph, je suis sûr, fut reconnu au palais car il fit son travail diligemment et loyalement partout où il fut auparavant.

Combien de fois avons-nous été comme le serviteur fidèle qui n’avait qu’un seul talent et qui le cachait car il le pensait trop insignifiant pour s’en servir. Les autres ont tant de choses plus importantes à offrir que moi, il raisonna. Mais son maître l’appela vaurien et fainéant (Matthieu 25:26). Seuls ceux qui sont fidèles avec les occasions et les devoirs présents ont le droit d’avoir des espoirs de responsabilités et de privilèges plus importants. Notre premier devoir est de ne pas rêver de ce que l’avenir nous réserve, mais de faire ce que le présent nous fournit. Il est fou celui qui a ses yeux « portés au bout du monde » (Proverbes 17:24), attendant toujours l’arrivée de son bateau, pour sa chance, mais ne faisant rien dans le présent.

Le principe biblique que nous devons pratiquer est plutôt ça :

« Recommande tes œuvres à l'Eternel,
et tes projets se réaliseront. » (Proverbes 16:3)

Il n’est pas mauvais d’avoir des buts bibliques, mais c’est de la folie de dévouer notre énergie aux rêves glorieux de l’avenir quand les devoirs présents sont négligés. Ce n’est pas mauvais d’avoir de « grands espoirs » comme le dit la chanson, mais c’est de la folie de continuer à « se cogner la tête contre les murs » quand elle devient de plus en plus ensanglantée. Dieu nous a donné un travail à faire maintenant ; Soyons fidèles et faisons-le. Et rappelons-nous que les choses que Dieu a prévues pour nous sont encore plus grandes que ce que nos esprits puissent concevoir (1 Corinthiens 2:9). Nos rêves les plus grands sont probablement plus petits que ce que Dieu réserve à ceux qui font les petites choses dans le présent et LUI laissent l’avenir.

Finalement, un mot à propos de l’adversité. Je pense que nous pouvons tous voir comment Dieu a utilisé l’adversité pour préparer Joseph à la promotion et l’autorité qu’il reçoit dans le chapitre 41. Mais avez-vous remarqué que ce fut un désastre national qui fournit l’occasion pour cette promotion ? Pharaon n’aurait jamais promu Joseph s’il n’avait pas su à l’avance qu’il y avait une periode difficile qui allait arriver et qu’il, et ses conseillés, ne pouvaient rien faire pour l’éviter. C’est dans ces périodes-là que nous avons besoin de Josephs, dans l’adversité.

Certains d’entre nous, Chrétiens, peuvent faire des prédictions. Nous sommes de grands prophètes de ruine. Nous aimons nous lever et déclarer au monde que le monde est en route pour l’enfer sur un bobsleigh. Et nous arrêtons là, avec seulement la mauvaise nouvelle. Joseph ne s’arrêta pas là ; Il avait un message d’espoir, un message qui a fourni la solution aux problèmes de ce jour.

L’ultime solution des problèmes de l’humanité en est une spirituelle. Les crises dans nos vies sont les résultats du péché. Et la solution au problème du péché est une dont Dieu seul, par la mort de SON Fils sur la croix de Calvaire, connaît. Soyons fidèles d’offrir aux hommes espoir et pas seulement désespoir. C’est dans les heures les plus sombres de l’humanité que nous avons le plus désespérément besoin du message de l’Evangile et quand les hommes et les femmes s’y tourneront.

Mais ne nous arrêtons pas sur ça, pour autant que ce soit fondamental et primaire. Nous vivons dans des jours de difficultés terribles. Nous n’avons besoin que de peu de sagesse pour reconnaitre le fait que les choses vont mal, mais il faut la sagesse que Dieu seul donne pour offrir des solutions aux problèmes pratiques de la faim et de l’injustice, de l’énergie et de l’écologie. Parlons, comme Joseph, de ces problèmes aussi, avec sagesse et compétence, et quand nous faisons cela, cela ajoute crédibilité à la foi que nous proclamons.


55 Edward R. Dayton, Christian Leadership Letter, World Vision International, February, 1981, p. 3.

56 It is not possible to determine, with any degree of certainty, whether this two years begins with the imprisonment of Joseph or with the release of the cupbearer. The value of such a fact would only be to enable us to determine the chronology of Joseph’s life more precisely.

57 “The essentially Egyptian character of this section, and indeed of the entire narrative of Joseph, is worthy of constant notice, for it provides us with one of the watermarks of the Pentateuch enabling us to perceive its historical character and its truthfulness to life. It is not too much to say that at no period after the time of Moses could anything so true to Egyptian life have been written out of Egypt by a member of the community of Israel.” W. H. Griffith Thomas, Genesis: A Devotional Commentary (Grand Rapids: Wm. B. Eerdmans Publishing Co, 1946), p. 389.

58 “Magicians is another Egyptian-based word, hartummim: it appears to be part of a composite title for those who were expert in ritual books of priest-craft and magic. They appear in Exodus 7:11 where spells were needed; here they would be consulting the considerable literature on dreams . . .” Derek Kidner, Genesis: An Introduction and Commentary (Chicago: Inter-Varsity Press, 1967), pp. 194-195

59 “The bath and the shave are designed to make Joseph ritually and socially acceptable to Pharaoh. (None of the Egyptians wore beards. Beards shown on the monuments are ceremonial and even Queen Hatshepsut wore an imitation one, as is to be seen on the representations left to her after Thutmosis III had her images defaced or removed.) Change of clothing was necessary to suit Joseph’s status as a wise counselor.” Harold G. Stigers, A Commentary on Genesis (Grand Rapids: Zondervan, 1976), p. 288.

60 I confess, I may be getting carried away with Jacob’s traits; however, he surely was a schemer and a “wheeler-dealer.” In chapter 43 he will rebuke his sons for telling the truth to Joseph (verse 6). At least this is the way I would have handled the situation with Pharaoh.

61 “The practice of giving foreigners on Egyptian name is very well attested, but no agreement exists on the meaning of Zaphenath-paneah. Egyptian-based interpretations have been offered as diverse as ‘God has spoken and he lives’ (G. Steindortf), ‘He who knows things’ (J. Vergote), and ‘(Joseph), who is called Ip’ ankh’ (K. A. Kitchen).” Kidner, Genesis, p. 197.

62 Incidentally, there is absolutely no reason to see any connection between Potipher and Potiphera, other than a similarity of sound.


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