Travailler Comme le Diable, Servant le Seigneur

Introduction

C. S. Lewis a écrit une fois, « un petit mensonge est comme être un petit peu enceinte. » Cette phrase résume exactement les évènements de Genèse 27. Isaac, avec la coopération d’Esaü, complote pour contrecarrer le but de Dieu, de réaliser son alliance avec Abraham par Jacob. Rébecca, aidée par son fils Jacob, cherche à manipuler Isaac et Esaü pour que Jacob garde le droit d’aînesse qu’il avait acheté d’Esaü.

Le compositeur séculaire de chansons (Bob Dylan) a capturé le vent de certain service chrétien et, sûrement, le rythme de ce chapitre dans la chanson titrée, « Working Like the Devil, Serving the Lord. » Il est difficile de discerner qui surpasse le reste dans cette toile de magouilles et de fourberies : Isaac, Rébecca, Jacob ou Esaü.223 L’unité de la famille a été divisée en deux factions, chacune contrôlée par un parent qui veut vivre ses propres espoirs à travers son fils, aux dépends de l’autre. C’est effectivement une histoire tragique, et cependant une histoire qui reflète bien la vie et révèle beaucoup ce que nous sommes aujourd’hui.

Le Complot d’Isaac et d’Esaü (27:1-4)

Il y a plusieurs thèmes prépondérants entrelacés dans ces quatre versets. Ces thèmes caractérisent les essais d’Isaac et d’Esaü de regagner les bénédictions de Dieu, comme elles avaient été promises à Abraham, dites à Isaac, et malhonnêtement accaparées par Jacob. Reconnaître ces thèmes nous aidera à capturer l’importance de ce tournant dans les vies de ces quatre membres de la famille patriarcale.

Le premier thème est celui de l’urgence. Il y a une hâte évidente dans ce qui arrive. Notre impression est qu’Isaac se tient avec un pied dans la tombe et l’autre sur la proverbiale peau de banane. Il est vieux, peut-être mourant, et la bénédiction doit être prononcée rapidement sur Esaü avant qu’il ne soit trop tard.

A première vue, cette urgence semble être bien fondée. Isaac est vieux, peut-être 137 ans si nos calculs sont justes.224 Ce n’est pas étonnant qu’Isaac souffre de quelques infirmités de vieil âge, comme la baisse de la vue (verset 1.) Isaac était loin des portes de la mort, car nous apprenons de Genèse 35:28 qu’il ne mourut que plus de quarante ans plus tard à l’âge de 180 ans ! Nous devrions noter que son demi-frère, Ismaël, mourut à l’âge de 137 (Genèse 25:17.) Peut-être qu’Isaac n’avait pas eu tort de considérer que ces jours étaient comptés, mais dans son désir de voir son fils favori recevoir les bénédictions de l’alliance avec Abraham, il eut recours à des actions non spirituelles.

La seconde impression que j’ai des versets 1-4 est celle de secret. Normalement, la bénédiction serait donnée devant la famille tout entière car c’était, en réalité, un testament oral qui déterminait légalement les dispositions de tout ce que le père possèdait.225 La distribution de la fortune et de la position de chef de la famille était mieux réalisée en présence de tous ceux qui étaient concernés. Ainsi plus tard, nous trouvons Jacob donnant sa bénédiction en présence de tous ses fils (Genèse 49.)

On ne peut sentir une telle atmosphère dans la conversation entre Isaac et Esaü. Ni Jacob, ni Rébecca n’étaient présent, et ce n’était pas une erreur. Si ça n’avait pas été pour l’oreille attentive de Rébecca, l’affaire aurait été apparemment complétée avec seulement 2 parties.

La troisième impression qu’on peut difficilement manquer est celle de la conspiration. Elle suit de près les talons des secrets déjà décrits. La conspiration et les secrets vont main dans la main. Il ne peut y avoir que peu de doutes qu’Isaac avait l’intention de donner sa bénédiction à Esaü lors du diner, à l’exclusion complète de Jacob. (Ce fut pourquoi Isaac n’avait plus de bénédictions à donner à Esaü, versets 37-38.)

Nous voyons ici un complot prémédité pour contrarier le plan et le but de Dieu pour Jacob. Il est inconcevable qu’Isaac est été ignorant de la révélation de Dieu à Rébecca :

« ... Il y a deux nations dans ton ventre,
      deux peuples différents naîtront de toi.
      L'un des deux sera plus puissant que l'autre,
      et l'aîné sera assujetti au cadet. » (Genèse 25:23)

Si, pour aucune autre raison, la nature humaine de Rébecca (une maladie commune à tous) aurait dicté la divulgation de cette révélation divine. Pouvez vous imaginer dans ce concours permanent entre Rébecca et Isaac qu’elle n’aurait pas fait appel à cette révélation de Dieu comme la raison biblique pour le favoritisme montré à « son » fils Jacob ? Pour moi cela serait inconcevable.

Et encore, pouvez-vous imaginer qu’Isaac était ignorant de la vente du droit d’aînesse d’Esaü à son frère? N’en avait-il pas été informé pour la première fois quand Esaü avait crié en désespoir,

« ---Est-ce parce qu'on l'appelle Jacob (le Trompeur) qu'il m'a trompé par deux fois? D'abord il a pris mon droit d'aînesse et maintenant voilà qu'il m'enlève ma bénédiction! Et il ajouta: N'as-tu pas de bénédiction en réserve pour moi? » (Genèse 27: 36)  

L’évidence finale et irrésistible de la disqualification d’Esaü pour la position de chef de famille spirituel est son mariage à deux femmes cananéennes :

« A l'âge de quarante ans, Esaü épousa Judith, fille de Beeri le Hittite, et Basmath, fille d'Elôn le Hittite. » (Genèse 26:34)

Dédaignant complètement la pureté spirituelle, Esaü n’a pas hésité à se mélanger et à épouser des femmes cananéennes. Les buts de Dieu pour Ses peuples ne pourraient jamais être achevés par une telle personne.

En dépit de tous ces éléments, Isaac a cherché à annuler le verdict de Dieu que l’aîné servirai le cadet. Il avait anticipé faire ça en utilisant la déclaration de sa bénédiction avant sa mort. Normalement, le droit d’aînesse appartenait au fils aîné. Cela lui permettait de recevoir une double part de la propriété, en plus du privilège d’assumer la position du père comme chef de famille. Pour les descendants d’Abraham, cela déterminait celui par qui les bénédictions de l’alliance seraient données.226

Dans certaines circonstances, celui qui possédait ce droit d’aînesse pouvait en être dépossédé. Un tel changement serait normalement formalisé à l’offre de la bénédiction orale au moment de l’approche de la mort. Ainsi, Jacob donna à Ephraïm priorité sur Manassé (Genèse 48:8), et il donna les droits de premier-né de Ruben à Juda car il avait mal utilisé sa position (Genèse 49:3.) Et ainsi, il apparaîtrait qu’Isaac avait l’intention de manipuler Dieu en renversant Son décret et la propriété légitime des droits du premier-né comme acheté (bien qu’immoralement) par Jacob. Il voulait faire cela en donnant sa bénédiction orale à Esaü :

«Que des nations te soient assujetties,
      que, devant toi, des peuples se prosternent!
      Sois le chef de tes frères,
      que les fils de ta mère s'inclinent devant toi!
      Maudit soit qui te maudira,
      béni soit qui te bénira! » (Genèse 27:29)

Soit par un vrai ou un faux sens d’urgence, Isaac chercha à renverser secrètement la volonté de Dieu et la possession légitime de Jacob par un don clandestin d’une bénédiction orale. Par sa participation volontaire, Esaü a ignoré l'accord légal qu'il avait fait avec son frère. Dans les deux cas, un dîner fournit l’occasion pour une telle déception. D’être assis à la table d’Abraham (ou même de Loth) était d’être accordé hospitalité et protection, mais d’être assis à la table d’Isaac et de ses fils était faire face aux dangers de déception et de commerce malhonnete.227

La Contre-Conspiration de Rébecca et Jacob (27:5-17)

Notre Seigneur a dit une fois à Ses disciples, « … tous ceux qui se serviront de l'épée mourront par l'épée. » (Matthieu 26:52.) Il n’y a peut-être pas d’illustration plus claire de ce principe que ce qu’on peut voir dans Genèse 27:5-17. Isaac pensa promouvoir ses propres intérêts en utilisant des moyens sournois et le mensonge. La méthode de Dieu pour traiter ça était de donner à Isaac une femme qui était beaucoup plus douée à la manipulation que lui. Elle était un chef à la déception elle!

Rébecca avait les qualifications nécessaire pour un boulot avec la CIA. Elle travaillait comme contre-espion au service de son fils. Elle prétendait être la femme fidèle et amoureuse, mais sous tout ça, elle cherchait à encourager les intérêts de Jacob, même aux dépens de son mari Isaac. Rébecca, pas Jacob, était le cerveau derrière la « mission impossible » pour déjouer Isaac et pour obtenir sa bénédiction pour Jacob.

Rébecca n’a pas juste entendu par hasard les murmures d’Isaac et d’Esaü quand ils tramaient leur conspiration de diversion des promesses divines au fils aîné. Le texte nous dit qu’elle « écoutait.» La forme hébreuse qui fut utilisée dans le texte original suggère que c’était une habitude, un comportement normal, pas un hasard.228 Esaü était à peine sorti de la maison que Rébecca avait les roues qui tournaient déjà pour contrecarrer le complot d’Isaac avec son complot plus grand.

Quand vous y pensez, le plan était extraordinaire. Seul un sens de désespoir ou un esprit très dérangé (ou tous les deux !) pouvait espérer qu’un tel complot marcherait. Comment un fils avec une complexion et un physique totalement différent pourrait se débrouiller pour convaincre son père qu’il était son frère aîné ?

A mon avis, un tel plan n’a pas pu être conçu en un instant. J’ai tendance à penser que Rébecca avait pensé à cette possibilité depuis un moment et que la plupart des accessoires étaient déjà en place pour cette production théâtrale. Comment aurait-elle pu penser à de si petits détails, tels que les gants de peau de chèvre et la peau des chevreaux pour son cou, en si peu de temps ? Et comment, en quelques instants, auraient-ils pu être fabriqués d’une façon si experte, capable d’arriver à tromper Isaac ? Est-ce qu’il arriva par hasard qu’elle eut sous la main les vêtements d’Esaü, bien qu’il soit marié et qu’il ne vive plus à la maison? Rébecca était trop maligne pour laisser ces détails à la chance ou pour s’en occuper au dernier moment. Je crois que cette production a été montée bien avant la performance.

Je trouve les protestations de Jacob très intéressantes. Quelles est la base de ses objections ? Moïse  les a enregistrées pour nous :

« Jacob répondit à Rébecca, sa mère:
   ---Esaü mon frère est couvert de poils et moi pas.

   Si mon père me touche, il s'apercevra que j'ai voulu le tromper, si bien que j'attirerai sur moi une malédiction au lieu d'une bénédiction. » (Genèse 27:11-12)

Je suis choqué à l’absence de toute considération morale. Jacob ne rouspète pas sa mère pour la mauvaise chose qu’elle a proposée. Une simple phrase aurait résumé la question avec précision : « Ce n’est pas bien. » Mais aucun verdict moral n’est prononcé, et pire encore, il n’est même pas considéré. Il semblerait que les éthiques situationnelles se réduisent toujours à la prémisse que les urgences annulent les éthiques. Ce genre de raisonnement est désespérément diabolique.

Les objections de Jacob sont basées sur deux considérations, toutes les deux traitants avec le coté pratique au lieu du principe. La première est simplement qu’une telle intrigue est trop incroyable pour pouvoir marcher. La meilleure raison pour Jacob d’éviter l’intrigue de Rébecca était que ce complot allait sûrement échouer, mais Rébecca était trop maligne pour proposer une intrigue dont elle n’avait pas déjà tout arrangé, jusqu’aux plus petits détails. La deuxième objection était basée sur la considération de ce qu’il pourrait arriver si le complot échouait. En d’autres mots, Jacob était inquiet des conséquences d’un échec. Les hommes pieux prennent des décisions basées avant tout sur des principes, pendant que l’impie ne voit que le coté pratique. On dit que le crime ne paye pas, mais le criminel sait très bien qu’il paye, et c’est pourquoi le taux de crime continue à monter en flèche. La loi et le gouvernement qui la fait respecter sont les seules forces de dissuasion, car les sentences comptent bien plus que les principes pour ceux qui sont diaboliques (Romains 13:2-4 ; 1 Timothée 1:9.)

Rébecca avait une réponse toute prête pour cette objection. Elle promit d’assumer personnellement les conséquences négatives si quelque chose tournait mal. Et laissez-moi ajouter qu’elle dut souffrir énormément pour la part qu’elle a jouée dans cette intrigue. Cependant, ce que ni Rébecca, ni son fils, n’avait considéré étaient les conséquences de leur péché même s’ils réussissaient, et ils ont réussit. Leur plan marcha aux petits oignons, mais les résultats furent l’opposé de ce qu’ils avaient espéré.

Il reste encore une question : « Qu’est-ce que Rébecca aurait pu faire dans ces circonstances ? » Isaac a eu tort dans ce qu’il avait conspiré de faire. Jacob était le fils que Dieu avait choisit pour être l’ « héritier de la promesse. » Néanmoins, le mal ne doit pas être résister avec le mal ; il doit etre vaincu avec le bien (Romains 12:21.)

La première chose que Rébecca  aurait du faire était de parler honnêtement et directement à son mari à propos du péché qu’il contemplait. La submissivité à l’autorité n’inclut jamais le silence envers le mal. Nous devons « exprimer la vérité dans l'amour » (Ephésiens 4:15), même à ceux qui ont autorité sur nous (Actes 16:35-40.)

Ayant rempli sa responsabilité d'avertir son mari des conséquences du mal qu'il avait projeté, elle aurait du être contente de laisser la disposition de ce problème à Dieu, Qui est tout-puissant et sage. Ses actions ont trahi son manque de foi en la souverainete de Dieu. Elle aurait du agir, comme le père de Gédéon a fait quand le people voulait mettre son fils à mort pour avoir détruit l’autel de Baal:

« ---Est-ce à vous de défendre la cause de Baal? Est-ce à vous de lui venir en aide? Celui qui prendra parti pour Baal sera mis à mort avant demain matin. Si Baal est dieu, qu'il se défende lui-même, puisqu'on a démoli son autel. » (Juges 6:31)

Si Dieu est Dieu, laissez LE agir comme IL veut, spécialement quand les moments quand nous ne pouvons pas agir selon Ses Paroles.

Jacob Avale le Grand Mensonge

Adolphe Hitler croyait en l’utilisation du « grand mensonge. » Des petites distorsions de la vérité et des petits mensonges peuvent éveiller le soupçon, mais le « grand mensonge » serait si incroyable que les gens assumeraient que ça doit être vrai. C’était Mark Twain, je crois, qui a dit que la fiction était croyable et que la non-fiction était incroyable. Quand Jacob posa comme son frère aîné, ce n’était rien de moins qu’une application ancienne du principe du « grand mensonge. »

Peut-être que Jacob n’avait jamais eu l’intention pour ce mensonge de devenir aussi grand, mais néanmoins, il est devenu de plus en plus grand avec chaque phrase qu’il prononça. Il commença avec les mots « Je suis Esaü, ton fils aîné » (Verset 19.) A partir de là, c’est mensonges après mensonges : « J'ai fait ce que tu m'as demandé » (verset 19) ; « mange de mon gibier » (verset 19.) En réponse à la question d’Isaac « Es-tu bien mon fils Esaü? », Jacob lui dit, « ---Oui. » (Verset 24.) Cependant, le mensonge qui me donne des frissons partout quand je le lis, se trouve dans le verset 20 :

« Isaac lui demanda:
   ---Comment as-tu fait, mon fils, pour trouver si vite du gibier?
   Jacob répondit:
   ---C'est l'Eternel ton Dieu qui l'a mené sur mon chemin. »

Ne vous attendez-vous pas à ce qu’un éclair, descendant des cieux avec un grand « boum », désintègre ce menteur une bonne fois pour toute ? Et bien, avant que vous ne tombiez trop durement sur le dos de Jacob, réfléchissez combien les Chrétiens d’aujourd’hui font exactement la même chose. Jacob excuse son péché en déclarant que Dieu était son partenaire durant sa performance. Nous disons fréquemment, « Le Seigneur m’a guidé à … », quand souvent c’est quelque chose qu’on a toujours voulu faire et nous avons finalement trouvé le courage (ou la folie) de le faire. « Le Seigneur m’a dit de... », « le Seigneur nous a bénit avec… » Faites attention avec de telles phrases. Elles sont peut-être les preuves que nous avons le même genre de raisonnement qui a causé Jacob de dire à son père que Dieu l’avait bénit en lui donnant de la chèvre au lieu de gibier. Nous essayons de dissimuler nos péchés avec pleins de mots religieux.

Il y a quelque chose d’étrangement pathétique à propos d’Isaac dans ce chapitre. Il semble destiné à échouer, comme échouerait chaque homme essayant de magouiller les décisions de Dieu. Sa vulnérabilité est le résultat de plusieurs forces. Premièrement, Isaac était devenu vieux. Sa vue avait baissé (verset 1) au point qu’il ne pouvait plus distinguer entre ce qui était vrai et ce qui était artificiel. Ses sens étaient aussi un peu émoussés par son âge ou il semblait. Il n’a pas remarqué la différence de goût entre de la chèvre et du gibier. Il ne pouvait pas différencier entre la peau de chèvre et celle de son fils Esaü.

Et aussi, le bon sens d’Isaac semble avoir été diminué par sa hâte. Il était évident qu’Isaac voulait se débarrasser de ça aussitôt que possible. Il voulait que la bénédiction aille à Esaü, comme ça ce serait fait – finit. S’il n’y avait pas eu d’urgence, Isaac aurait insisté que son “autre fils” soit aussi présent pour la bénédiction. Le bon sens aujourd’hui, comme en ce temps là, disparaît quand on est pressé.

Nous ne pouvons oublier que la décision qu’Isaac a prise était basée sur ses cinq sens : La vue, le son, le touché, le goût et l’odeur. Les vêtements que Rébecca avait sous la main étaient ceux d’Esaü, et ils avaient aussi son odeur. Certains ont poliment suggéré que l’odeur était plus comme de l’eau de Cologne, mais j’en doute vraiment. Comme Dr J. Vernon McGee, je pense que c’était un autre genre d’odeur.229 Ce ne fut pas l’odeur du déodorant d’Esaü mais l’odeur du manque de ça qui l’a dénoncé. Même les sens émoussés d’Isaac ne pouvaient pas manquer l’odeur de son fils. Imaginez ça – Isaac, à la fin de sa vie, était guidé par son nez.

Je trouve l’erreur d’Isaac informative, vivant dans notre âge moderne qui insiste à prendre des décisions uniquement sur la base d’évidences prouvées par des moyens scientifiques. Si nous ne pouvons pas le voir, l’entendre ou le sentir, il n’existe pas. Laissez moi vous dire que la chute d’Adam et d’Eve dans le jardin (Genèse 3) a rendu tous les hommes des pécheurs. Chaque aspect de notre existence a été contaminé par le péché : l’intellect, les émotions, et la volonté. Un homme qui a un cœur haineux envers Dieu peut regarder des faits empiriques et arriver à une conclusion complètement fausse. Le problème n’est pas avec les faits ; le problème est avec l’homme, que la tête et le cœur induisent en erreur. Tel était le cas avec Isaac ; tel est le cas aujourd’hui.

Isaac apprend et Esaü Echoue (27:30-40)

La Bible est un livre merveilleux en ce qui est vrai peut aussi être beau. Pendant que les Écritures sont données pour nous édifier et pour nous exhorter, c’est fait par une littérature habilement écrite. Il y a un sens dramatique distinct dans ce récit. Ça nous est tellement familier que nous ne le remarquons même pas, mais il est quand même là. Nous sommes tenus en suspense jusqu’au dernier moment pour voir si Jacob peut survivre l’interrogation et l’inspection de son père. La bénédiction n’est pas donnée avant la dernière minute, ce qui nous fait craindre qu’à tout moment Esaü aille faire irruption dans la pièce, exposant la fraude de son frère, et attirant une malédiction sur lui, pendant qu’il recevrait la bénédiction pour lui-même. Moïse nous dit que Jacob venait juste de sortir quand son frère arriva avec le repas pour son père (verset 30.)

Pendant que Jacob adorait le goût du « gibier » de Jacob, Jacob, lui, savourait le goût de sa victoire sur Esaü. Il partit triomphant, laissant échapper un gros soupir. Esaü a du arriver au coté de son père avec beaucoup d’espoir, sentant que la bénédiction était presque dans sa poche. Quel sens pimpant de satisfaction et de revanche a du submerger Esaü ! Et Isaac ? A la fin, il a finalement été plus malin que sa femme et a bénit Esaü ou tout au moins c’est ce qu’il pensait.

Tout cela fut détruit quand Esaü approcha son père avec ces mots :

« ---Mon père, lève-toi, je te prie, et mange du gibier de ton fils, pour me donner ensuite ta bénédiction. » (verset 31)

Esaü a du être totalement déconcerté par le regard terrifié de son père et le fait qu’il tremblait violemment sur son lit. Qu’est-ce qui pouvait aller mal ? Un sens de terreur a du tombé lentement sur Esaü alors qu’il devenait de plus en plus clair que son frère l’avait eu une fois de plus. L’ironie de tout ça était que puisque Isaac avait essayé de tout donner à Esaü, il ne restait plus rien qui pouvait être considéré une bénédiction pour son fils favori, car tout avait été donné à Jacob.

Les conséquences pour Rébecca et Jacob sont notées dans les versets 41-45, mais les résultats tragiques de la conspiration d’Isaac et d’Esaü sont vus plus tôt. Isaac avait voulu tout donner à son fils favori Esaü aux dépens de Jacob. Au lieu de ça, il donna tout à Jacob aux dépens d’Esaü. Isaac voulait ce qui était contraire à la volonté de Dieu, et à cause de cela son monde s’est écroulé sous lui quand la volonté de Dieu a gagné. Esaü détestait les choses spirituelles et c’est pour cela qu’il avait vendu son droit d’aînesse pour un dîner. Puis il essaya de le reprendre en renonçant à son serment solennel et en conspirant avec son père pour récupérer malhonnêtement ce qu’il avait perdu par sa propre impiété. Esaü apprit qu’il vient un moment de non retour dans la vie de chaque homme quand le regret ne peut renverser les conséquences de décisions passées. Comme je comprends la Bible, tous ceux qui ont rejeté Christ comme Sauveur vivront avec des regrets et remords éternels, mais cela ne changera pas les conséquences de continuer à vivre avec leurs décisions de vivre une vie indépendante de Dieu (Luc 16:19-31 ; Philippiens 2:9-11 ; 2 Thessaloniens 1:6-10 ; Apocalypse 20:11-15.)

Rébecca et Jacob Doivent Payer (27:41-46)

Pour Rébecca et son fils Jacob le prix de leur succès fut aussi couteux que celui d’Isaac et d’Esaü pour leur défaite. Je n’ai jamais vu quelqu’un sortir des résultants finaux d’un péché avec un sourire sur leur visage. Le péché ne paye pas. Jacob et Rébecca peuvent en témoigner les larmes aux yeux.

Rébecca aimait Jacob, elle tenait à lui plus qu’à la vie et, apparemment, plus qu’à Isaac. Elle voulait que Jacob réussisse (ce qui parut être la volonté de Dieu) à n’importe quel prix, même déception et fourberie. Le prix qu’elle a payé fut la séparation de son fils, et il semble que cela a duré le reste de sa vie.230 Pour autant qu’on puisse dire, une fois que Jacob partit pour Harân, il ne revit plus sa mère. Rébecca sous-estima les conséquences de ce péché, car elle pensa que Jacob n’aurait besoin de s’éloigner que pour peu de temps – jusqu'à la mort d’Isaac (27:44.) Mais Isaac vécut encore une bonne quarantaine d’années et il mourut à l’ âge de 180 ans (35:28.)

Jacob a aussi du faire face aux résultats inévitables du péché. Il a du sentir une aliénation de son père, qu’il n’avait non seulement trompé mais aussi moqué (27:12.) Maintenant il avait un frère qui le méprisait et qui attendait avec impatience le jour quand il pourrait le tuer (verset 41.) Et le pire de tout, il dut quitter la mère qu’il adorait. Et en plus, tout ce qu’il avait gagné, dans le sens matériel, il fut incapable d’en profiter car il dut le laisser derrière quand il fuit pour sa vie. Le péché ne paye pas !

Conclusion

Plusieurs doctrines, qui sont illustrées dans ce chapitre, devraient être accentuées. Premièrement, nous apprenons plus à propos de la souveraineté de Dieu. Consistant avec d’autres passages des Écritures, nous voyons que Dieu a le contrôle total de Son univers, même quand les hommes essayent de contrecarrer Ses jugements :

« L'homme projette de suivre tel chemin,
      et Dieu dirige ses pas. » (Proverbes 16:9)

« Un homme forme de nombreux projets,
      mais c'est le dessein de l'Eternel qui se réalise. » (Proverbes 19:21)

« Car même la fureur des hommes tournera à ta gloire » (Psaumes 76:11)

De ce passage dans Genèse, un principe peut être formulé concernant la souveraineté de Dieu : Le péché de l’homme ne peut jamais frustrer la volonté de Dieu, mais il peut l’accomplir.

Le but de Dieu, comme il a été exprimé à Rébecca dans Genèse 25:23, fut parfaitement accomplit sans une seule altération. Les péchés d’Isaac, d’Esaü, de Rébecca et de Jacob n’ont pas du tout empêché que la volonté de Dieu soit faite. En fait, leurs péchés furent utilisés par Dieu dans un tel sens qu’ils participèrent à la réalisation de Sa volonté. Sa souveraineté n’est jamais contrecarrée par le péché de l’homme. Au contraire, Dieu est capable de réaliser Ses buts en utilisant les actes honteux de l’homme à l’avantage de Ses plans.

Cela ne veut pas dire que Dieu fait pécher les hommes pour réaliser Ses buts. Cela ne veut pas dire non plus que Dieu juge la désobéissance moins sérieusement parce qu’IL tourne le mal en bien. Les péchés de chaque personne dans ce chapitre ne sont pas poussés sous le tapis ou excusés. Personne n’a passé la responsabilité de leurs actions à Dieu. Personne ne peut mettre le fardeau de culpabilité sur le dos de Dieu à cause de Son décret. Le péché est du à la dépravation de l’homme.

S’ils avaient tous obéi, Dieu aurait utilisé d’autres moyens pour apporter les bénédictions sur Jacob au lieu d’Esaü. Dieu n’a pas crée la situation dans laquelle les hommes devaient pécher pour que Sa volonté soit faite. Non plus ne le fera-t IL jamais. Comme Chrétiens, nous n’avons jamais besoin de pécher (1 Corinthiens 10:13 ; Jacques 1:13.) Pendant que Dieu « fait concourir toutes choses au bien de ceux qui l'aiment » (Romains 8:28), IL ne crée pas le mal pour amener des bons résultats. Nous sommes responsables pour notre péché, pas Dieu. IL le permet ; IL l’utilise ; mais IL n’en a pas besoin.

Comment, alors, aurait-IL pu réaliser les bénédictions de Jacob s’il n’y avait pas eu les péchés de la famille patriarcale ? Laissez-moi dire franchement que je n’en ai aucune idée, et que je n’ai pas besoin de savoir. Mais je suis totalement sûr de ça : Isaac n’aurait pas plus pu prononcer une bénédiction pour Esaü, contraire à la volonte de Dieu, que Balaam aurait pu maudir Israël (Nombres 22-24.) Dieu ne permettra pas aux hommes de contrecarrer Ses plans.

Deuxièmement, nous apprenons la doctrine du péché. Le péché produit toujours la séparation. Il sépare les hommes des hommes et les hommes de Dieu (Jean 15:18 ; 2 Thessaloniens 1:5-10.)

Troisièmement, nous apprenons plus de choses sur la doctrine de la dépravation de l’homme. La méchanceté de l’homme est manifestée dans la distorsion qu’elle apporte dans chaque partie de sa vie : Son intellect, ses émotions et sa volonté. La méthode empirique est bonne, mais notre dépravation a touché notre intellect dans un tel sens qu’elle tourne notre opinion, pour que nous prenions des faits justes et en tirions de fausses conclusions. La méthode empirique, si elle est employée par de mauvais hommes, les détournera souvent du bon chemin.

Seulement quand notre vrai motif est de découvrir la volonté de Dieu et de lui obéir et quand nos esprits sont transformés (Romains 12:2) par Son Esprit à travers Sa Parole pouvons-nous espérer interpréter correctement les faits mis devant nous.

De Genèse 27, je suis convaincu d’une vérité que je n’avais jamais réalisée : Il est Possible de Pratiquer la Foi dans un Sens Incompatible avec Elle.

Généralement, nous supposerions tous que les actions basées sur la foi sont justes, pendant que ces choses qui sont faites loin de la foi sont mauvaises. Il y a certainement un élément de vérité ici, mais je pourrai difficilement croire ce que je lis dans le Livre d’Hébreux concernant la bénédiction de Jacob et d’Esaü par Isaac:

« Par la foi aussi, Isaac a béni Jacob et Esaü, en vue de l'avenir. » (Hébreux 11:20)

Auriez-vous pensé que la bénédiction d’Isaac pour Jacob et Esaü était un acte de foi ? Comment cela peut-il être vrai ? La déception et la désobéissance d’Isaac ne sont pas appelées « justes » par l’auteur de Hébreux. Comment ces évènements de Genèse 27 peuvent-ils, dans un sens, être des actes de foi pour Isaac ?

Je crois que je commence à comprendre la réponse à cette question. Regardez pendant un moment ce qui se trouve juste quelques versets plus loin dans Hébreux 11 :

« Par la foi, Rahab la prostituée n'est pas morte avec ceux qui avaient refusé d'obéir à Dieu, parce qu'elle avait accueilli avec bienveillance les Israélites envoyés en éclaireurs. » (Hébreux 11:31)

Rahab, comme nous le savons, avait menti à propos des deux espions (Josué 2:3-7.) Elle avait fait ça croyant que Dieu était avec eux et avec le pays d’Israël. Elle savait que Dieu prospèrerait Ses gens et détruirait ceux qui étaient leurs ennemis. Dans un sens, elle avait foi en le Dieu d’Israël et fut sauvée de la destruction. Son action de mentir ne fut pas louée par Dieu, ni ne devrait-elle pas être vue comme quelque chose de moins qu’un péché.231 Et cependant, il est provenu de sa foi. Sa foi en Dieu fut manifestée à un certain degré dans sa déception.

La même chose peut être dite d’Isaac. Il croyait en Dieu. Il croyait en les promesses de l’alliance de Dieu. Il croyait que celui sur lequel la bénédiction était prononcée serait effectivement bénit. Il y croyait avec tant de confiance qu’il était prêt à décevoir et même à désobéir pour que ces bénédictions tombent sur son fils favori Esaü.

Dans ce sens, Isaac bénit Jacob et Esaü dans la foi. Il prononça la bénédiction dans la foi que Dieu l’honorerait et que son récipiendaire serait bénit. Les actions d’Isaac provenaient de sa foi ; Mais, en même temps, elles n’étaient pas appropriées à cette foi.

Je crois que la même chose est possible (et probablement bien trop commune) pour les Chrétiens d’aujourd’hui. Notre foi en Dieu peut nous pousser à témoigner, mais nous pouvons utiliser des méthodes qui sont inconsistantes avec l’Évangile que nous proclamons. Notre foi peut nous causer à partager le chemin du salût, mais nous pouvons aussi corrompre cet Évangile pour ne pas offenser l’autre partie. Nous pensons servir la cause du Christ, mais nous corrompons l’Évangile, qui est « la puissance de Dieu par laquelle IL sauve tous ceux qui croient » (Romains 1:16.) Notre but peut être biblique (par exemple, le salût des autres), ainsi que notre motif (notre foi), mais nos moyens peuvent être complètement faux. Cela devrait nous donner beaucoup à réflechir.

Un mot final doit être dit à propos du sujet d’éthiques chrétiennes. Jacob était coupable de pratiquer des éthiques situationnelles. Il considérait le plan de sa mère de la position avantageuse du bénéficiaire, mais pas de la perspective de principe biblique. Il s’inquiétait à propos de si le plan allait marcher, mais pas de s’il était juste. Il s’est tourmenté à propos des conséquences si le plan échouait, mais pas à propos de sa moralité.

Je pense que nous trouvons un parallèle avec notre propre temps dans le sujet de conduite sexuelle et de moralité. La conduite sexuelle semble souvent être considérée seulement selon la disponibilité et l’opportunité, mais pas sous l’angle de la moralité biblique. L’immoralité sexuelle a souvent été découragée à cause des conséquences de maladies, de honte et de l’inconvénient des grossesses non prévues. Néanmoins, maintenant, la société a découvert la pénicilline et la pilule et, si tout échoue, il y a l’avortement. La génération plus jeune n’a que très peu de réticence à s’engager dans l’immoralité car ils sont assurés, comme Jacob l’était, qu’il n’y aura aucunes conséquences négatives. Nous devons apprendre à nos enfants ce qui est correct, et les aider à voir que le péché à toujours un prix qui est trop cher pour considérer sérieusement la désobéissance à Dieu.


223 “This makes all four participants in the present scene almost equally at fault. Isaac, whether he knew of the sale or not, knew God’s birth-oracle of 25:23, yet set himself to use God’s power to thwart it (see verse 29). This is the outlook of magic, not religion. Esau, in agreeing to the plan, broke his own oath of 25:33. Rebekah and Jacob, with a just cause, made no approach to God or man, no gesture of faith or love, and reaped the appropriate fruit of hatred.” Derek Kidner, Genesis (Chicago: InterVarsity Press, 1967), p. 155.

224 Stigers, after a consideration of Genesis 47:9; 45:11; 41:26-27; 41:46; 30:22ff.; and 29:18,27 calculates that Jacob would have been 77 years old when he left for Padan-Aram. If this is correct, Isaac would be 137 years old here, since we know he was 60 years old when the twins were born (25:26). Cf. Harold G. Stigers, A Commentary on Genesis (Grand Rapids: Zondervan, 1976), p. 211.

225 “From excavations at Nuzu in central Mesopotamia we learn that the oral blessing or will had legal validity and would stand up even in the courts. Nuzu tablet P56 mentions a lawsuit between three brothers in which two of them contested the right of a third to marry a certain Zululishtar. The young man won his case by arguing that this marriage was provided for in his father’s deathbed blessing.” Howard Vos, Genesis and Archaeology (Chicago: Moody Press, 1963), p. 96. The information cited by Vos comes from Cyrus Gordon, “Biblical Customs and the Nuzu Tablets,” The Biblical Archaeologist, February, 1940, p. 8.

226 “The birthright was more than a title to the family inheritance; it involved a spiritual position. The place of the individual in the covenant status of Israel was part of the birthright and it was this aspect which made the foolishness of Esau so profound.” W. White, Jr. “Birthright,” The Zondervan Pictorial Encyclopedia of the Bible (Grand Rapids: Zondervan, 1975-1976), I, p. 617.

227 Leupold rightly comments, “He that knows the duplicity and treachery of the human heart will not find it difficult to understand how a man will circumvent a word of God, no matter how clear it be, if his heart is really set on what is at variance with that word.” H. C. Leupold, Exposition of Genesis (Grand Rapids: Baker Book House, 1942), II., p. 737.

228 “The participle shoma’ath . . . indicates a continuing watchfulness on her part to protect Jacob’s interests.” Stigers, A Commentary on Genesis, p. 217.

229 Cf. J. Vernon McGee, Genesis (Pasadena: Through the Bible Books, 1975), II, p. 302.

230 Rebekah paved the way for Jacob’s exodus in verse 46, but we shall delay a more detailed comment on this verse until the message on chapter 28. Suffice it to say that she still persisted at the manipulation of her husband, which she does with great skill.

231 Some would differ here. There are those who would say that during war deception (lying) is not sin--and this was a time of war. Thus, Rahab was not guilty of sin in this instance. I happen to disagree with that conclusion, although I do believe that deception in a time of war is not considered sin. We must realize that the writer to the Hebrews spoke only of Rahab’s reception of the spies, not of her deception, when he wrote of her faith.

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