Super-Sabbat : La Terre d'Israël et Son Seigneur (Lévitique 25:1-34)

Introduction

Quand nous avons commencé notre étude du Livre de Lévitique (dont nous n’aurions jamais pensé qu’il allait être si approfondi), j’ai fait référence au Livre comme un livre « d’oignons et de foie », un qui était bon pour vous, mais pas très agréable. Bon, j’ai changé mon avis. Ce livre est « entrecôte et bière », une vraie fête. A travers les semaines de mon étude, j’en suis arrivé à adorer ce Livre. Loin d’être maussade et hors de propos, c’est un livre qui transmet le caractère du cœur de Dieu. Le 25ème chapitre de Lévitique révèle spécialement la grâce de Dieu et Sa compassion pour les pauvres et les opprimés. L’année du Sabbat et du Super-Sabbat, l’année du Jubilée, sont une des provisions gracieuses de Dieu pour Son peuple, spécialement les pauvres.

Ce n’est pas seulement « l’esprit  » du chapitre qui est pertinent au Chrétien du 20ème siècle. Le contenu du chapitre traite avec un des problèmes les plus pressants auquel notre monde fait face – celui de la distribution équitable de la propriété parmi la population du monde. Le communisme a tout à fait tort dans sa théologie (athéisme – religion est l’opiat du peuple), dans ses solutions et méthodologie (révolution), mais il a certainement saisi le fait que les gens dépossédés sur la terre ont un grand désir de posséder une propriété. Les peuples du monde ne se soucient que peu de la philosophie du communisme, mais ils sont très attirés par son offre de propriété pour ceux qui n’ont rien.

Ce n’est pas seulement le communisme, pour dire, qui adresse ce problème de possession de terre. Une approche révolutionnaire plus religieuse est trouvée dans la « théologie de la libération »148de nos jours. En fait, de tels « théologiens » capitalisent sur les livres bibliques comme Exode et Lévitique pour valider leurs vues erronées.

De plus, notre étude des Lois de Dieu et de la terre de Dieu nous permettra de comprendre pourquoi les Juifs ressentent si fortement la possession de la Palestine. La lutte de centaines d’années entre les arabes et les Juifs en est essentiellement une regardant la possession de la terre sainte. Quelques unes des raisons pour cette lutte deviendront évidentes dans notre étude.

Finalement, l’année du Jubilée est un des prototypes les plus magnifiques de la rédemption qui sera réalisée en la personne de Jésus Christ, le Messie d’Israël. Ce grand évènement est décrit et défini presque complètement dans le chapitre 25 de Lévitique, avec seulement des références inattendues étant trouvées dans le chapitre 27 et Nombres 36:4. Si nous allions comprendre le concept du Jubilée, nous devons l’apprendre ici.

Vue Générale du Chapitre

Le chapitre tout entier traite avec l’année du Sabbat et le super-Sabbat, l’année du Jubilée, qui arrive tous les 50 ans. Les deux évènements sont très intimement liés, et ainsi sont tous les deux traiter en même temps. L’année du Sabbat a déjà été traitée auparavant, mais d’une perspective différente.149L’observation du Sabbat et du super-Sabbat comme définis ici concentre principalement sur la terre et sur le peuple. Les versets 1-34 représentent la loi de Dieu concernant la terre, alors que les versets 35-55 concernent l’application du Sabbat pour le peuple.

L’Approche de Cette Lecon

Dans cette leçon nous dirigerons notre attention vers le premier sujet, les lois et la terre de Dieu. Nous commencerons par revoir ce qui a déjà été écrit dans le Pentateuque, en préparation pour l’instruction de ce chapitre. Puis nous inspecterons brièvement quelles pratiques faisaient parties des observations du Sabbat et du super-Sabbat. Ensuite nous nous tournerons vers l’application de la législation de ce chapitre dans l’histoire d’Israël. Nous tournant vers le Nouveau Testament, nous considèrerons l’impact de l’enseignement de notre Seigneur en ce qui concerne Lui-même et la terre promise. Finalement, nous considèrerons l’application des « lois de la terre » par l’église du Nouveau Testament, qui inclut aussi le Chrétien du 20ème siècle.

Les Préparations du Pentateuque pour les Lois de la Terre

C’est mon avis que le pays de Canaan, la terre promise d’Israël, était constamment vue dans l’Ancien Testament comme l’endroit de la présence et de des bénédictions de Dieu. Cela commence au tout début de la révélation divine dans le Livre de Genèse, chapitres 2 et 3. Le Jardin d’Eden était un genre de ferme – au moins un verger. Dieu plaça Adam et Eve là, pour prendre soin du jardin et de profiter de ses bénédictions. Ces bénédictions incluaient la communion avec Dieu, qui venait se balader avec eux dans le jardin (3:8), et la bénédiction de vie éternelle, le résultat de manger le fruit de l’arbre de la vie (3:22). Pour profiter de ces bénédictions, tout ce que ce couple devait faire était d’observer un commandement, de s’abstenir de manger de l’arbre du choix entre le bien et le mal (2:16-17). Quand ils désobéirent et mangèrent ce fruit, ils furent expulser du jardin (en général), et furent empêcher de manger de l’arbre de la vie (en particulier, 3:22-24). Les parallèles entre le Jardin d’Eden et la terre promise de Canaan, la terre de « lait et de miel », ne sont pas difficile à saisir. Pour maintenant, observons simplement que la terre fut créée avec une place spéciale pour l’homme, où la présence et les bénédictions de Dieu étaient disponibles. Pour profiter de ces bénédictions, l’homme devait obéir les commandements de Dieu. Etre expulser de cet endroit voulait dire être priver de ces bénédictions.

Abraham saisit le fait que la terre promise était aussi le lieu de la bénédiction spéciale de Dieu. Dieu demanda à Abram de quitter sa terre et d’aller à l’endroit qu’Il lui montrerait. L’alliance avec Abraham consistait de trois promesses particulières : une terre, une semence, et une bénédiction (Gen. 12:1-3). Ces trois promesses étaient correctement comprises être d’une façon ou d’une autre liées ensembles, inséparables. Durant la vie d’Abraham, il construisit des autels et il pria Dieu uniquement quand sur la terre promise. Au moment de sa mort, les deux dernières actions enregistrées d’Abraham avaient quelque chose à voir avec la terre. Dans le chapitre 23, Abraham acheta un terrain funéraire sur la terre promise. Dans le chapitre 24, Abraham donna des instructions solennelles à son serviteur concernant comment il devait procurer une femme pour son fils, Isaac. Son avertissement des plus sévères à son serviteur était que dans aucune circonstance il ne devait emmener Isaac en dehors du pays (24:5-8). Abraham avait apprit que les bénédictions de l’alliance Dieu avait faite avec lui était inséparable de vivre dans le pays. Bien que les descendants pourraient être éloigné de ce pays pour un certain temps, Dieu les ramènerait là pour qu’ils fassent l’expérience de la réalisation de Ses promesses (15:13-16)

Jacob, le petit fils d’Abraham, apprit que cette terre promise était un lieu très spécial, le lieu de la présence et de la bénédiction de Dieu. A cause de sa tromperie et fourberie, Jacob fut forcé de s’enfuir de la terre promise, de vivre dans l’endroit même où Abraham avait averti son serviteur de ne pas emmener Isaac. Néanmoins, Dieu apparut à Jacob avant qu’il ne quitta la terre promise :

« Dans son rêve, il vit une sorte d'escalier reposant sur la terre, et dont le haut atteignait le ciel. Et voici que des anges de Dieu montaient et descendaient cet escalier. » (Gen.28:12)

Dans sa vision, Dieu réitéra Son alliance, qu’Il avait faite avec Abraham et Isaac. Il promit d’être avec Jacob où qu’il aille, et de le ramener sur cette terre où Il le bénirait. La réponse de Jacob à ce rêve est très importante :

« Jacob s'éveilla et s'écria:
   ---Assurément, l'Eternel est en ce lieu, et moi je l'ignorais!

   Il fut saisi de crainte et ajouta:
   ---Ce lieu est redoutable! Ce ne peut être que le sanctuaire de Dieu. C'est ici la porte du ciel. » (Gen. 28:16-17)

Le rêve de Jacob le convainquit que cette terre était très spéciale. C’était le lieu où Dieu habitait, le lieu de la bénédiction de Dieu. Et, plus que ça, c’était la « porte des cieux ». Pas étonnant que la terre promise était si importante pour les Israélites ! Et pas étonnant que Joseph, le fils de Jacob, fit prêter serment à ses fils d’enterrer ses ossements dans la terre promise, plutôt qu’en Egypte (Gen. 50:24-25).

Dans le Livre d’Exode, nous voyons cette même accentuation être révélée à Moïse et aux peuple d’Israël. Quand Dieu demanda à Moïse de les libérer d’Egypte, il promit,

« ---Je serai avec toi, lui répondit Dieu. Et voici le signe auquel on reconnaîtra que c'est moi qui t'ai envoyé: quand tu auras fait sortir le peuple hors d'Egypte, vous m'adorerez sur cette montagne-ci. » (Exode 3:12)

Dans le chapitre 26 de Lévitique, Dieu promit de bénir Son peuple dans leur pays. Il donnera des pluies dans leur saison et des récoltes en abondance s’ils obéissaient Ses commandements. S’ils désobéissaient, Il les expulserait de leur pays, et ils feraient l’expérience de la malédiction, pas de la bénédiction. Etre dans le pays était essentiel, car c‘était le lieu de la bénédiction spéciale de Dieu.

Plus tard, dans le Livre de Deutéronome, la terre promise est référée comme un endroit de repos :

« Vous n'agirez donc plus comme nous agissons ici aujourd'hui, où chacun fait ce qui lui semble bon.

   Car jusqu'à présent vous ne connaissez pas encore une existence paisible et vous n'avez pas encore reçu le patrimoine que l'Eternel votre Dieu va vous donner pour que vous meniez une existence paisible.

   Vous allez traverser le Jourdain et vous habiterez le pays que l'Eternel votre Dieu vous donne comme patrimoine; il vous fera connaître une existence paisible en vous délivrant de tous les ennemis qui vous entourent, et vous habiterez en toute sécurité dans le pays.

   Alors l'Eternel votre Dieu choisira un lieu pour y faire habiter son nom; c'est là que vous apporterez tout ce que je vous ordonne: … » (Deut. 12:8-11a)

Cependant, puisque le peuple n’obéira pas Dieu, les paroles d’avertissement (de malédiction) de Dieu dans la dernière partie de Deutéronome parle du jugement de Dieu en termes de ne pas avoir de repos, en dehors de la terre promise.

« et l'Eternel vous dispersera parmi tous les peuples d'un bout de la terre à l'autre. Là, vous serez asservis à d'autres dieux que ni vous, ni vos ancêtres n'aurez connus, des dieux de bois et de pierre.

   Au milieu de ces nations même, vous ne trouverez ni tranquillité ni lieu où vous installer pour mener une existence paisible. L'Eternel vous donnera là un cœur inquiet et des yeux éteints, le découragement vous rongera,

   votre avenir sera très incertain, vous connaîtrez nuit et jour la peur, vous n'aurez aucune assurance pour votre vie. » (Deut. 28:64-66)150L’histoire de Ruth est spécialement intéressante en relation de trouver le « repos » ou les bénédictions de Dieu sur la terre promise. Noémi encouragea ses deux belles-filles de retourner sur leur propre terre et à leurs maisons (dans la famille de leur mère), où elles trouveraient du « repos » (Ruth 1:8-9). Cependant, Ruth refusa, déterminer à trouver son repos avec Noémi, sur sa terre, et par la main de Dieu (1:16-18). Cette femme moabite chercha la bénédiction de Dieu seulement sur la terre promise, avec Son peuple.

Les Résultats Pratiques de l’Année du Sabbat et du Super-Sabbat

Selon les instructions que Dieu donna dans Lévitique 25, l’observation de l’année du Sabbat impliquait plusieurs choses. Premièrement, la terre devait rester en friche et se reposer (v. 2). La septième année, les semences ne pouvaient pas être semées, et les moissons qui étaient permanentes (vignes, oliviers) ne devaient pas être taillées ou récoltées comme ils le faisaient les six autres années (v. 3). Les récoltes annuelles se renouvelleraient et ainsi il y aurait du grain, et les plantes vivaces continueront à produire leurs fruits. Aucunes moissons ne seraient permises pendant l’année du Sabbat (v. 5). Par cela, j’entends que les moissons ne seraient pas récoltées pour la vente. Cependant, cela n’interdisait pas le peuple de se nourrir de leurs récoltes. En fait, tout le peuple, spécialement les pauvres (et même les animaux) pouvaient se nourrir des champs (vs. 6-7). Plutôt que de glaner les coins des champs, les pauvres pouvaient se nourrir de toute la terre.

Ailleurs, les Israélites furent instruits de remettre les dettes qui leurs étaient dues, et pas encore payées, par leurs frères Israélites (Deut. 15:1). Dans Deutéronome 31, nous apprenons aussi que l’année du Sabbat devait commencer à la fête des Cabanes (31:10) et que la loi devait aussi être lue à ce moment (31:13).

Beaucoup de foi était exigée des Israélites pour suivre ces commandements concernant l’année du Sabbat. Après tout, laisser les champs en friche pendant une année toute entière ressemblait à du gaspillage, et mettait les Israélites dans une position de faire confiance à Dieu pour leur pain quotidien. Dans les versets 18-22 du chapitre 25 de Lévitique, Dieu assume que certains auraient des doutes sur l’observation de l’année du Sabbat, et ainsi Il assura les Israélites de Sa provision. En plus, gardons à l’esprit que dans le chapitre 16 d’Exode, Dieu institua l’observation du jour du Sabbat en ce qui concerne le ramassage de la manne. Alors pendant quelques temps, le peuple a fait l’expérience de la fidélité de Dieu sur ce sujet. Dieu donna au peuple un petit test de foi avant de leur en donner un plus grand. Israël fut ainsi préparé pour ce que Dieu ordonnait ici.

Le super-Sabbat était similaire à, mais pas identique à, l’année du Sabbat. L’année du Jubilée commença avec la sonnerie de la corne de bélier le jour annuel de l’expiation151(le dixième jour du septième mois). Il semblerait que la terre devait rester en friche pendant 2 ans puisque l’année du Jubilée était la cinquantième année, sur les talons de la 7ème (49ème) année. Certains ont questionné cela, suggérant que l’année du Sabbat et le Jubilée étaient observés simultanément152 Ces discussions sont hypothétiques et conjecturales. Le résultat est que Dieu est capable de pourvoir pour une période d’une, de deux, ou de trois années.

Pendant l’année du Sabbat, toutes les dettes étaient remises, mais l’année du Jubilée, l’Israélite qui s’était vendu à un autre, et la terre qui avait été affermée (puisqu’elle ne pouvait être vendue, v. 23) à un autre était rendue à son propriétaire originel. Seules les maisons qui étaient dans les villes fortifiées étaient exemptées, et après une période de rédemption d’une année, elles devenaient la possession permanente de son acheteur.

Entre parenthèse, quelqu’un pourrait imaginer que des genres de promoteurs agressifs auraient eu tendance à acheter de telles maisons (dans des villes fortifiées) puisqu’elles n’étaient qu’une des propriétés qui pouvaient être accumulées de façon permanente. Je pense que les « biens des veuves » que les scribes et les pharisiens étaient accusés de dépouiller (Matt. 23:14), étaient ces biens dans les villes fortifiées. Où une veuve espèrerait vivre ses derniers jours, sinon dans la sécurité d’une ville fortifiée ? Et quelle proie plus facile un pharisien sans scrupules ne pourrait trouver qu’une veuve sans défense ? Une lettre de la loi fut méticuleusement observée, mais l’esprit était grandement violé, ce qui entraina une ferme réprimande de notre Seigneur.

Il y a une différence intéressante et très évidente entre des emprunts qui furent fait à un pauvre israélite et au bail de la terre israélite, jusqu'à l’année du Jubilée. Les emprunts devaient être fait sans considération de combien d’années restaient pour repayer l’emprunt (Deut. 15:7-11). Cependant, les baux doivent être faits en calculant le nombre d’années restantes jusqu’au Jubilée (Lév. 25:14-16,26-28). La différence n’est pas tant qu’entre l’année du Sabbat et l’année du Jubilée, mais entre un emprunt et un bail. Un est un acte de générosité, qui était plus considéré comme un cadeau qu’un emprunt, alors que l’autre est un arrangement commercial, qui est donc très soigneusement régi pour qu’une affaire équitable soit trouvée. C’est important puisque le peuple est souvent exploité dans les temps de terribles besoins financiers.

Le But du Sabbat et du Super-Sabbat

Plusieurs buts sont évidents dans les commandements donnés ici concernant les observations du Sabbat et du super-Sabbat.

(1) Le Sabbat et le super-Sabbat étaient un rappel du fait que Dieu possède la terre. Il y a une chanson populaire qui dit, « C’est ma terre, c’est ta terre… ». C’est une chanson que les Israélites ne pouvaient pas chanter. Dieu dit clairement que la terre était à Lui, et que les Israélites étaient Ses locataires (v. 23). Les Israélites auraient besoin d’une démonstration très pratique et pointue de cela de temps en temps, et les régulations du Sabbat firent cela magnifiquement. Faisons-y face, les choses que nous possédons, nous essayons de les maintenir, et nous essayons de restreindre leur usage. Si les Israélite possédaient vraiment la terre, ils se sentiraient obliger de maintenir les champs, et seraient inclinés à mettre des panneaux, « Ne pas entrer », éloignant les autres, spécialement les étrangers. Les régulations de Dieu soulignèrent fortement le fait que les Israélites ne possédaient pas la terre parce qu’ils étaient interdits de s’occuper des champs pendant une année sur sept, et ils furent aussi instruits de permettre à leurs prochains de venir dans leur pays et de participer à leurs récoltes. Les pauvres et les étrangers étaient inclus ici (vs. 5-6). Ceux qui possèdent quelque chose se sentent libres de l’utiliser quand et comment ils veulent. La terre ne pouvait pas être utilisée autrement que par les façons que Dieu prescrit. Ainsi, les régulations du Sabbat et du Jubilée prouvèrent que la terre appartenait à Dieu.

(2) Cela rendit possible au peuple d’Israël de devenir les bénéficiaires de la bénédiction divine. Souvenez-vous qu’une grande partie des bénédictions que Dieu promettait à Son peuple consistaient de pluie et de moissons. Pour être le bénéficiaire de la bénédiction de Dieu, une personne devait avoir sa propre terre par quel moyen il profitera.

(3) Les commandements liés à l’observation des années du Sabbat et du Jubilée étaient des tests de la foi et de l’obéissance des Israélites, et la base pour les bénédictions ou la discipline de Dieu.

(4) Les règles concernant l’usage de la terre étaient une provision pour les pauvres, leur fournissant de la nourriture dans leur temps de besoins et leur donnant la possibilité d’un nouveau commencement.

(5) Les « lois de la terre » étaient créées pour entraver le matérialisme et pour garder un œil sur ceux qui essaieraient d’accumuler de vastes possessions de biens immobiliers aux frais des autres. Si les lois de cette terre étaient suivies, il n’y aurait que peu de motivation pour quelqu’un d’affermer la terre à quelqu’un d’autre, puisque la terre serait finalement rendue à son propriétaire, et puisque le prix du bail était directement lié à la valeur de ses moissons. Il n’y avait pas de magouilles d’affaires immobilières pendant cette période, aucunes si les lois de Dieu étaient obéies.

La Pratique des Années du Sabbat et du Super-Sabbat

Il y a deux incidents très différents enregistrés dans l’Ancien Testament qui nous montrent comment ces « lois de la terre » étaient soit ignorées ou suivies par le peuple de Dieu. Premièrement, nous tournons vers le récit de « l’acquisition » par Achab de la vigne appartenant à Naboth enregistré dans le chapitre 1 de 1 Rois. Achab était le roi d’Israël, qui avait beaucoup de terre, mais il y avait cette jolie petite vigne, très près de son palais… quand il fut approché par Achab, Naboth refusa de vendre, pas simplement à cause de son entêtement ou de sa possessivité, mais sachant que Dieu voulait que la terre reste entre les mains de ces familles et tribus auxquelles elle fut donnée en premier :

« ---Que l'Eternel me garde de te céder la propriété héritée de mes ancêtres! » (1 Rois 21 :3)

En obéissant à l’intention et aux buts déclarés des « lois de la terre », Naboth ne pouvait pas vendre sa terre sans désobéir à Dieu. Ce que Naboth savait bien, Achab soit l’ignorait ou s’en foutait. Néanmoins, Achab était prêt à abandonner, mais été déprimé par ses efforts frustrés. Jézabel s’occupa du problème pour lui d’une façon qui viola grandement les « lois de la terre », mais sous le prétexte d’observer les lois mosaïques. La seule façon que le roi pouvait garder la propriété d’un Israélite était de le trouver coupable d’une offense capitale, comme le blasphème (qui, vous vous souvenez, était traité dans le chapitre 24 de Lévitique). Un banquet est arrangé, Naboth fut invité, et deux faux témoins furent utilisés pour accuser Naboth de blasphème, qui fut exécuté avec un sens hypocrite d’indignation et de devoir divin. Cependant Dieu ne fut pas moqué car Achab « acheta la ferme » dans plus d’un sens. Son péché lui couta sa dynastie (1 Rois 21:20-22 ; 22).

Le contraste entre Achab et Booz en est un magnifique. Achab et Jézabel abusèrent la loi, l’utilisant comme prétexte de faire du bien (punir un blasphémateur) quand elle fut un instrument pour faire du mal (voler la propriété d’un homme et l’héritage de ses enfants). Noémi était la veuve d’un Israélite qui, dû à la famine, dut vendre (bail) sa propriété et quitter le pays (Ruth 1:1-5). Quand Noémi retourna dans son pays, Ruth alla avec elle, cherchant le repos en Israël du Dieu de Noémi (1:15-18). Ruth apprit rapidement en ce qui concerne les droits des pauvres et alla dans les champs pour glaner (2:1). Par la prévoyance de Dieu, elle arriva à la ferme de Booz, et providentiellement Dieu attira l’attention de Booz sur Ruth. Booz alla bien plus loin des exigences des « lois de la terre » et nourrit Ruth à sa table, la protégeant et s’occupant de son bien-être, et lui fournit plus de nourriture que les exigences minimums (2:8-9,14-16). Voilà la loi à son mieux, pas vue comme un standard trop élevé pour essayer, mais comme un minimum à surpasser. L’intention aimable de Dieu en donnant les « lois de la terre » est vue dans les actions d’un homme vertueux, Booz.

Au-delà de ces deux récits, nous avons peu d’information concernant l’observation du Sabbat et du super-Sabbat. Roland de Vaux écrit, « L’année sabbatique est donc une ancienne institution, mais il est difficile de dire combien les Israélites étaient assez fidèles à l’observer. Positive évidence est rare, et vient de périodes de ferveur nationale et religieuse. »153De l’année du Jubilée, de Vaux écrivit,

« Il n’y a pas d’évidence que la loi fut jamais appliquée. … La loi du Jubilée apparaît ainsi commencer une justice idéale et d’égalité sociale qui ne fut jamais réalisée. Il est difficile de dire quand il y fut pensé... mais nous devons remarquer que nulle part excepté dans la Bible est la cinquantième année marquée par une redistribution de terre ou une rémission de dettes et de personnes prises comme sécurités ; ni est-il évidence d’une telle libération générale, à n’importe quel moment. »154Nous avons maintenant des évidences qu’en général, les commandements de Dieu n’étaient pas observés, amenant ainsi l’expulsion du peuple de Dieu de la terre promise. Négliger le Sabbat est vue dans le Livre d’Amos, qui est la base pour le jugement divin de Dieu :

« Ecoutez donc ceci, vous qui volez les indigents
      et voulez en finir avec les pauvres du pays,

   oui, vous qui dites: «Quand la nouvelle lune sera-t-elle passée,
      pour que nous vendions notre blé?
      Quand le sabbat finira-t-il
      pour que nous ouvrions nos magasins de grains?
      Nous diminuerons la mesure,
      nous en augmenterons le prix,
      en truquant les balances,

   et nous achèterons le pauvre pour de l'argent,
      et l'indigent pour un morceau de pain;
      nous vendrons même jusqu'aux déchets du blé.» » (Amos 8:4-6)

Esaïe, aussi, condamna l’échec de prendre soin des pauvres, qui était le but central du don des « lois de la terre ». Esaïe parla de l’obéissance d’Israël à ces lois comme la base pour la restauration et des bénédictions :

« Le jeûne qui me plaît
      est celui qui consiste à détacher les liens de la méchanceté,
      à délier les courroies de toute servitude,
      à mettre en liberté tous ceux que l'on opprime
      et à briser toute espèce de joug.

   C'est partager ton pain avec ceux qui ont faim,
      et offrir l'hospitalité aux pauvres sans abri,
      c'est donner des habits à celui qu'on voit nu,
      ne pas te détourner de ton prochain.

   Alors, comme l'aurore, jaillira ta lumière,
      ton rétablissement s'opérera bien vite.
      Oui, alors la justice marchera devant toi,
      et la gloire de l'Eternel sera l'arrière-garde.

   Quand tu appelleras,
      l'Eternel répondra;
      quand tu crieras à l'aide,
      il dira: Je suis là!
      «Si, du milieu de toi, tu supprimes le joug de l'oppression,
      les gestes menaçants
      et les propos méchants,

   si tu donnes ton pain
      à celui qui a faim
      et si tu pourvois aux besoins de l'opprimé,
      la lumière luira pour toi au milieu des ténèbres,
      et ton obscurité se changera pour toi en clarté de midi,

   et l'Eternel sera ton guide constamment.
      Il pourvoira à tes besoins dans les déserts arides,
      il te fortifiera
      et tu ressembleras à un jardin bien arrosé,
      à une source vive aux eaux intarissables.

   Les tiens rebâtiront les ruines d'autrefois
      et tu relèveras les fondements posés dans les siècles passés.
      Tu seras appelé: Réparateur des brèches,
      et Celui qui restaure les demeures en ruine. » (Esaïe 58:6-12)

Parce qu’Israël échoua à obéir les lois de la terre de Dieu, Israël et Juda furent envoyés en captivité :

« Nabuchodonosor fit déporter à Babylone les survivants du massacre et il en fit des serviteurs pour lui et pour ses fils, jusqu'à la prise du pouvoir par l'empire Perse.

   Ainsi s'accomplit la parole de l'Eternel, transmise par le prophète Jérémie, disant que le pays serait abandonné pour bénéficier du repos pendant soixante-dix ans jusqu'à ce qu'il ait joui de son temps de repos. » (2 Chron. 36:16-18)

Les prophètes parlèrent beaucoup de la restauration d’Israël. Par Jérémie Dieu promit la restauration, basée sur l’observation du jour du Sabbat d’Israël (Jér. 17:24-27). Mais même quand les captifs furent libérés et le peuple de Dieu retourna à la terre promise, l’observation des « lois de la terre » de Dieu était défectueuse (Néh. 5). Les prophètes de plus tard parlent ainsi d’un grand jour futur de restauration, qui ne sera réalisé qu’a la venue future du Messie et à l’établissement de Son royaume. Les « lois de la terre » sont très en vue dans ces promesses. Ezéchiel, par exemple, parle de la restauration d’Israël et de ses implications :

« «Voici ce que déclare le Seigneur, l'Eternel: Quand le prince fera une donation à l'un de ses fils, elle appartiendra à ce fils et passera comme patrimoine héréditaire à ses enfants.

   Mais lorsqu'il fera à l'un de ses serviteurs un don pris sur son patrimoine, ce don appartiendra au serviteur jusqu'à l'année de la libération puis il reviendra au prince. Seule la part de patrimoine donnée à ses fils restera de manière permanente en leur possession.

   Le prince ne prendra rien sur le patrimoine du peuple en le dépouillant de ses propriétés; c'est seulement de son propre domaine qu'il donnera des parts à ses fils, afin que personne de mon peuple ne soit dispersé loin de sa propriété.» » (Ezéchiel 46:16-18)

« ---Vous vous partagerez ce pays entre les tribus d'Israël.

   Vous le répartirez en tirant au sort les parts d'héritage pour vous et pour les étrangers qui résident au milieu de vous et qui ont eu là des enfants. Vous les traiterez comme les Israélites de souche, ils tireront leurs parts au sort avec vous, au milieu des tribus d'Israël. » (Ezéchiel 47:21-22)

La dernière prophétie est importante dans le fait qu’elle prévoit et prédit l’intégration des païens (étrangers) dans la venue du royaume, que le Messie allait établir.

De même, Michée prédit le jour de la restauration d’Israël dans le pays :

« Chacun habitera en paix sous sa vigne et sous son figuier,
      il n'y aura personne qui puisse le troubler.
      C'est l'Eternel qui a parlé, le Seigneur des armées célestes…

… je rassemblerai les brebis, celles qui boitent
      et celles qui sont exilées
      et que j'ai maltraitées.

   Je ferai de celles qui boitent un reste qui subsistera;
      de celles qui sont exilées je ferai un peuple puissant.
      L'Eternel régnera sur eux, sur la montagne de Sion,
      dès lors et à jamais. » (Michée 4:4,6-7)

« L'Esprit de l'Eternel, du Seigneur, est sur moi
      car l'Eternel m'a oint
      pour annoncer aux humiliés une bonne nouvelle.
      Oui, il m'a envoyé afin de panser ceux qui ont le cœur brisé,
      d'annoncer aux captifs leur délivrance
      et à ceux qui sont prisonniers leur mise en liberté,

   afin de proclamer l'année de la faveur de l'Eternel » (Esaïe 61:1-2a)

Ce sera ce texte que notre Seigneur lira dans la synagogue de Son village, Nazareth, enregistré dans le 4ème chapitre de l’Evangile de Luc. Avant de tourner vers l’enseignement de notre Seigneur et la terre d’Israël, prenons un moment pour faire une pause et réfléchir sur le sens de la terre pour les anciens Israélites.

Le pays d’Israël était, pour les Juifs, le lieu de la présence et des bénédictions de Dieu. Etre dans le pays était être sur la terre promise, et être en dehors du pays était être séparé du lieu des bénédictions.

Cependant, on aurait tort de conclure que le Juif juste vit quelque pouvoir magique naturel et actif sur la terre promise. En fin de compte, c’était Dieu qui était la source des bénédictions. Ainsi, nous lisons dans les Psaumes que Dieu est la demeure du saint, l’endroit de sécurité, et des bénédictions :

« Celui qui s'abrite tout près du Très-Haut
      repose en lieu sûr, à l'ombre du Tout-Puissant.

   Je dis: «Eternel, tu es mon refuge et ma forteresse,
      oui, tu es mon Dieu en qui j'ai confiance.» » (Ps. 91:1-2)

« O Dieu, protège-moi, car je me réfugie en toi.

   Je dis à l'Eternel: «Tu es mon maître,
      et tout mon bonheur est en toi.»

   L'Eternel est ma part et la coupe où je bois.
      Tu garantis la part que j'ai reçue. » (Ps. 16:1-2,5)

« Je t'aime, ô Eternel, ma force!

   L'Eternel est ma forteresse, mon rocher, mon libérateur.
      Il est mon Dieu, le roc solide où je me réfugie.
      Il est mon Sauveur tout-puissant, mon rempart et mon bouclier. » (Ps. 18:2-3 ; Ps. 27,31)

Asaph résuma le fait que Dieu est la vraie récompense du saint, qui était toujours présent, et qui était Le vrai Dieu, même quand il était affligé et que le mauvais prospèrait momentanément. :

« Qui ai-je au ciel, si ce n'est toi?
      Et ici-bas que désirer, car je suis avec toi?

   Mon corps peut s'épuiser et mon cœur défaillir,
      Dieu reste mon rocher, et mon bien précieux pour toujours…

   … Tandis que mon bonheur à moi, c'est d'être toujours près de Dieu.
      Oui, j'ai placé dans le Seigneur, dans l'Eternel, mon sûr refuge,
      et je raconterai ses œuvres. » (Ps. 73:25-26,28)

L’auteur du Livre d’Hébreux résume la perception du saint vertueux de l’Ancien Testament en ce qui concerne le pays et sa relation avec leur foi :

« C'est dans la foi que tous ces gens sont morts sans avoir reçu ce qui leur avait été promis. Mais ils l'ont vu et salué de loin, et ils ont reconnu qu'ils étaient eux-mêmes étrangers et voyageurs sur la terre.

   Ceux qui parlent ainsi montrent clairement qu'ils recherchent une patrie.

   En effet, s'ils avaient eu la nostalgie de celle dont ils étaient sortis, ils auraient eu l'occasion d'y retourner.

   En fait, c'est une meilleure patrie qu'ils désirent, c'est-à-dire la patrie céleste. Aussi Dieu n'a pas honte d'être appelé «leur Dieu», et il leur a préparé une cité. » (Héb. 11:13-16)

Et ainsi, il fut que les Israélites pieux de la dispensation de l’Ancien Testament attendirent impatiemment la venue du Messie, en qui leurs espoirs reposaient. La patrie céleste était celle qu’Il allait amener. Cependant l’arrivée du Messie et le message n’étaient pas accueillis par tous.

Les « Lois de la Terre » et le Messie

L’année du Jubilée était, largement, un idéal, pas réalisé par la nation Israël dans la dispensation de l’Ancien Testament. Cela ne veut pas dire que ces lois, trouvées dans le chapitre 25 de Lévitique (et ailleurs) n’avaient, cependant, aucune valeur. En premier lieu, ces lois révélèrent le cœur compatissant de Dieu envers les pauvres et les opprimés. En second lieu, elles révélèrent combien la nation d’Israël avait échoué de s’élever aux normes que Dieu avait établies. Troisièmement, les idéaux établis par les « lois de la terre » préparèrent le chemin pour le Messie qui devait venir, et à travers qui à la fois les hommes et la terre seraient amenés à une restauration complète (Rom. 8:18-25).

Alors, il n’est pas surprenant que quand notre Seigneur apparut comme le Messie d’Israël, il parla de Lui-même et de Son ministère en termes et en image de « Jubilée ». Dans le quatrième chapitre de l’Evangile de Luc, notre Seigneur lut d’Esaïe 61:1-2a dans la synagogue et dit que ces paroles ont été réalisées dans l’ouïe de l’audience (Luc 4:21). Je crois que notre Seigneur revendiquait être la réalisation de la prophétie d’Esaïe, tout comme représentant l’année du Jubilée. Wenham est d’accord quand il écrit,

Dans Esaïe 61:1, duquel Jésus citait, le mot utilisé pour « libérer »… est le même que celui trouvé dans Lévitique 25:10. Alors, il semblerait, probablement, que la description prophétique de « l’année acceptable » de Dieu était inspirée en partie par l’idée de l’année du Jubilée. L’âge messianique amèna la liberté aux opprimés et aux captifs.

Cet âge fut inauguré avec la première venue de Christ (Luc 4 :21). Il sera complèté avec Sa seconde venue (Jacques 5:1-8 ; Luc 16:19-31). Alors, le Jubilée non seulement rappelle la première rédemption de Son peuple d’Egypte (Lév. 25:38,55), mais attend avec impatience « la restitution de toutes choses » (2 Pierre 3 :13).155Cependant, ce n’est que le commencement. Dans le Sermon sur la Montagne, les béatitudes de Jésus, telles que « Heureux ceux qui se reconnaissent spirituellement pauvres », transmettent le concept du Jubilée. Qui étaient plus bénis que les pauvres et les opprimes, pour qui le Jubilée devait fournir délivrance et un nouveau commencement.

Il est étonnant d’observer que dans les Evangiles, Jésus utilisa beaucoup le symbolisme et la terminologie qui étaient liés à la terre comme vu dans l’Ancien Testament, pour référer à Lui-même et aux bénédictions qu’Il était venu apporter. Le texte du chapitre 28 de Genèse, où l’escalier de Jacob était décrit, semblait faire référence à quand Jésus dit à Nathanaël,

« ---Oui, je vous l'assure, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre entre ciel et terre par l'intermédiaire du Fils de l'homme. » (Jean 1:51)

Si Jésus revendiquait être l’escalier de Jacob, comme je crois qu’Il faisait, alors Il dit bien que le pays d’Israël était une fois l’endroit spécial de la présence de Dieu, et le point médiateur entre le ciel et la terre (par les mots de Jacob, « la porte du ciel » (Gen. 28:17), alors Jésus maintenant assuma le rôle. Il est l’endroit où Dieu demeure d’une façon spéciale, et Il est la porte du ciel. Mettant le sujet en mots que notre Seigneur Lui-même dit,

« ---Vraiment, je vous l'assure: je suis la porte par où passent les brebis...

C'est moi qui suis la porte. Celui qui entre par moi sera sauvé: il pourra aller et venir librement, il trouvera de quoi se nourrir. » (Jean 10:7,9)

«  ---Le chemin, répondit Jésus, c'est moi, parce que je suis la vérité et la vie. Personne ne va au Père sans passer par moi. » (Jean 14:6)

Si le Seigneur Jésus était l’escalier de Jacob, Il était aussi « l’eau de la vie ». Dans l’Ancien Testament, Dieu promit de l’eau pour la terre promise :

« «Les opprimés, les pauvres
      cherchent de l'eau sans en trouver,
      et la soif dessèche leur langue.
      Moi, l'Eternel, je les exaucerai,
      moi, le Dieu d'Israël, je ne les délaisserai pas.

   Je ferai sourdre des rivières sur les sommets arides
      et jaillir des fontaines au milieu des vallées,
      je transformerai le désert en étang rempli d'eau
      et le pays aride en sources jaillissantes. » (Esaïe 41:17-18 ; Lév. 26:4 ; Deut. 11:10-12)

Plus tard, on parla de Dieu Lui-même en termes d’eau :

« Comme un cerf qui soupire après l'eau des ruisseaux,
      de même je soupire après toi, ô mon Dieu.

   J'ai soif de Dieu, du Dieu vivant!
      Quand pourrai-je venir et me présenter devant Dieu? » (Ps. 42:2-3 ; Ps. 63:1)

« Car mon peuple a commis un double mal:
      il m'a abandonné, moi, la source d'eaux vives,
      et il s'est creusé des citernes, des citernes fendues
      et qui ne retiennent pas l'eau. » (Jér. 2:13)

Quand notre Seigneur parle de Lui-même en termes d’eau, je crois qu’Il faisait référence à Lui-même en termes de ces bénédictions (dans le pays) avec lesquels les Israélites pieux étaient bien familiers. Pensez à ces mots comme ça :

« ---Si tu savais quel don Dieu veut te faire et qui est celui qui te demande à boire, c'est toi qui aurais demandé à boire et il t'aurait donné de l'eau vive. » (Jean 4:10)

« Le dernier jour de la fête, le jour le plus solennel, Jésus se tint devant la foule et lança à pleine voix:
   ---Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et que celui qui croit en moi boive.

   Car, comme le dit l'Ecriture, des fleuves d'eau vive jailliront de lui. » (Jean 7:37-38)

Cela a du être choquant pour un Israélite, un qui considèrerait à peine abandonner sa ferme, d’entendre ces mots de Jésus, qui prononça une bénédiction sur ceux qui abandonnent les fermes:

« Tous ceux qui auront quitté, à cause de moi, leurs maisons, leurs frères ou leurs sœurs, leur père ou leur mère, leurs enfants ou leur terre, recevront cent fois plus et auront part à la vie éternelle.» (Matt.19:29)

Les fermes étaient les moyens par lesquels les bénédictions de Dieu furent versées sur Son peuple dans l’Ancien Testament. Les ferme ne devaient pas être abandonnées, mais devaient être gardées comme un héritage. Jésus prononça une bénédiction sur ceux qui abandonnent les fermes, et parle de l’héritage d’une personne comme « vie éternelle ». Qu’est-ce qui avait changé ici ? Pourquoi l’accentuation de l’Ancien Testament sur la terre fut-elle si radicalement renversée ?

La raison est que le Seigneur Jésus est venu ; le Messie d’Israël est venu. Le lieu de la résidence de Dieu est maintenant Christ Lui-même, pas un pays, pas un temple, pas un tabernacle (bien que les termes tabernacle et temple sont dits par notre Seigneur, Jean 1:14 ; 2:19). A mon avis, l’évidence est plus qu’abondante de cela.

Dans l’Ancien Testament, spécialement dans le Livre de Deutéronome, les bénédictions d’Israël étaient ressenties comme « repos », alors ses malédictions étaient exprimées en termes de « pas de repos ». Le « repos » devait être donné dans le pays, le malheur devait être éprouvé en dehors du pays. A la vue de la relation de « repos » au pays, pensez à la revendication que notre Seigneur faisait quand Il dit,

« Venez à moi, vous tous qui êtes accablés sous le poids d'un lourd fardeau, et je vous donnerai du repos.» (Matt. 11:28)

Les Juifs étaient sur la terre promise, mais ils n’avaient pas de repos. Jésus leur offrit du repos, en Lui-même, pas dans le pays. Le repos était maintenant quelque chose qui était trouvé en Christ, pas dans une location physique.

De même est la communion, quelque chose qui n’est plus à être limitée à un certain endroit, au pays d’Israël, aux lieux de cultes sur la terre promise, le tabernacle ou le temple. Quand Jésus parla à « la femme près du puits » dans le chapitre 4 de Jean, elle toucha un point tendre de dispute entre les Juifs et les Samaritains, une dispute concernant quelle montagne était l’endroit où Dieu devrait être adoré (Jean 4:20). La réponse de Jésus à cette femme fut que la vénération n’était plus une question d’endroit, mais de personne. La vénération du Père devait être faite par, par les moyens, le Fils.

Ce n’est donc pas l’endroit – le pays saint d’Israël – qui est si important dans le Nouveau Testament, mais la personne de Christ.156Dieu demeure en Lui, et c’est en Lui que nous sommes sauvés, en sécurité, et bénis. Ainsi, les hommes peuvent renoncer à leurs fermes et Le suivre sans perdre la bénédiction de Dieu. En fait, ne pas suivre Christ est perdre Sa bénédiction. C’est pourquoi nous trouvons dans l’église nouvellement fondée, comme décrite dans les premiers chapitres du Livres d’Actes, que quand un croyant était dans le besoin, le peuple vendait leurs possessions (incluant leur propriété) pour subvenir à leurs besoins. Barnabas fut juste un exemple remarquable de ce genre de générosité :

« Aucun d'eux n'était dans le besoin, car ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le produit de la vente

   et le remettaient aux apôtres: ceux-ci le répartissaient alors entre tous et chacun recevait ce dont il avait besoin.

   C'est ainsi que, par exemple, un certain Joseph possédait un terrain. C'était un lévite originaire de Chypre; les apôtres le surnommaient Barnabas, ce qui veut dire «l'homme qui encourage».

   Il vendit son terrain, apporta l'argent et en remit le produit aux apôtres. » (Actes 4:34-37)

Si le saint de l’Ancien Testament voyait le pays de Canaan comme un lieu spécial de la présence et des bénédictions de Dieu, le Nouveau Testament enseigne emphatiquement que la résidence de Dieu et l’endroit de sécurité, paix et prospérité n’est autre que Jésus Christ. Si le saint de l’Ancien Testament se réjouissait d’être dans le pays de Canaan, le saint du Nouveau Testament se réjouissait d’être « en Christ ».

Les grands dangers dont le saint du Nouveau Testament est averti sont ceux qui ont tendances à l’éloigner du sérieux d’être « en Christ ».

« Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi. Ma vie en tant qu'homme, je la vis maintenant dans la foi au Fils de Dieu qui, par amour pour moi, s'est livré à la mort à ma place. » (Gal. 2:20)

« Loué soit Dieu,
      le Père de notre Seigneur:
      Jésus le Christ,
      car il nous a comblés
      des bénédictions de l'Esprit
      dans le monde céleste
      qui, toutes, sont en Christ.» (Eph. 1:3)

« Mais maintenant, par votre union avec le Christ, Jésus, vous qui, autrefois, étiez loin, vous êtes devenus proches grâce au sacrifice du Christ.

   Car nous lui devons notre paix. Il a, en effet, instauré l'unité entre les Juifs et les non-Juifs et abattu le mur qui les séparait: en livrant son corps à la mort, il a annulé les effets de ce qui faisait d'eux des ennemis,

   C’est-à-dire de la Loi de Moïse, dans ses commandements et ses règles. Il voulait ainsi créer une seule et nouvelle humanité à partir des Juifs et des non-Juifs qu'il a unis à lui-même, en établissant la paix.

   Il voulait aussi les réconcilier les uns et les autres avec Dieu et les unir en un seul corps, en supprimant, par sa mort sur la croix, ce qui faisait d'eux des ennemis.

   Ainsi il est venu annoncer la paix à vous qui étiez loin et la paix à ceux qui étaient proches.

   Car, grâce à lui, nous avons accès, les uns comme les autres, auprès du Père, par le même Esprit.

   Voilà pourquoi vous n'êtes plus des étrangers ou des résidents temporaires, vous êtes concitoyens des membres du peuple de Dieu, vous faites partie de la famille de Dieu.

   Dieu vous a intégrés à l'édifice qu'il construit sur le fondement que sont les apôtres, ses prophètes, et dont Jésus-Christ lui-même est la pierre principale.

   En lui toute la construction s'élève, bien coordonnée, afin d'être un temple saint dans le Seigneur,

   et, unis au Christ, vous avez été intégrés ensemble à cette construction pour former une demeure où Dieu habite par l'Esprit. » (Eph. 2:13-22)

« Pour moi, en effet, la vie, c'est le Christ, et la mort est un gain. » (Phil. 1:21)

« Car c'est en lui
      que Dieu a désiré
      que toute plénitude
      ait sa demeure.

   Et c'est par lui
      qu'il a voulu
      réconcilier avec lui-même
      l'univers tout entier:
      ce qui est sur la terre
      et ce qui est au ciel,
      en instaurant la paix
      par le sang que son Fils
      a versé sur la croix. » (Col. 1:19-20)

« Veillez à ce que personne ne vous prenne au piège de la recherche d'une «sagesse» qui n'est que tromperie et illusion, qui se fonde sur des traditions tout humaines, sur les principes élémentaires qui régissent la vie dans ce monde, mais non sur le Christ.

   Car c'est en lui, c'est dans son corps, qu'habite toute la plénitude de ce qui est en Dieu.

   Et par votre union avec lui, vous êtes pleinement comblés, car il est le chef de toute Autorité et de toute Puissance.

   C'est aussi dans l'union avec lui que vous avez été circoncis, non d'une circoncision opérée par les hommes, mais de la circoncision que demande le Christ et qui consiste à être dépouillé de ce qui fait l'homme livré à lui-même.

   Vous avez été ensevelis avec le Christ par le baptême, et c'est aussi dans l'union avec lui que vous êtes ressuscités avec lui, par la foi en la puissance de Dieu qui l'a ressuscité des morts. » (Col. 2:8-12)

Le grand danger de la vie chrétienne est d’être éloigné de Christ, de ne pas voir en Lui toute l’entièreté, la quantité suffisante, le pouvoir et les bénédictions de Dieu. C’est pour ces raisons que notre Seigneur parla à Ses disciples à propos de l’importance de demeurer en Lui :

« Demeurez en moi, et moi je demeurerai en vous. Un sarment ne saurait porter du fruit tout seul, sans demeurer attaché au cep. Il en est de même pour vous: si vous ne demeurez pas en moi, vous ne pouvez porter aucun fruit.

   Je suis le cep de la vigne, vous en êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, portera du fruit en abondance, car sans moi, vous ne pouvez rien faire. » (Jean 15:4-5)

Demeurer en Christ est demeurer en Dieu et faire l’expérience de la paix et la prospérité (fruit) que Dieu donne par Lui. Les résultats de rester fidèles à Christ sont remarquablement similaires à ceux croyants en Dieu dans l’Ancien Testament, comme souligné par notre Seigneur dans le chapitre 15 de Jean : en observant Ses commandements (15:10) et en aimant les uns les autres (15:12). Aimer Dieu et aimer les hommes, est à la fois une obligation dans l’Ancien et le Nouveau Testament.

Conclusion

J’aimerais conclure avec trois points d’application. Premièrement, permettez-moi de vous rappeler de la grande continuité entre la révélation de l’Ancien Testament et du Nouveau. Ceux d’entres nous qui devons faire une distinction claire entre Israël et l’Eglise (je m’inclus dans ce camp)157ont des fois tendances à regarder le Nouveau Testament seulement en termes de son contraste et « nouveauté », sans reconnaître suffisamment sa continuité, sa similitude ». soyons attentifs de regarder à la continuité d’enseignement et d’application entre les deux testaments.

Laissez-moi essayer d’illustrer mon point en parlant d’un de mes sujets favoris pour un moment – les ordinateurs. J’ai eu un des premiers ordinateurs personnels IBM. Depuis l’achat de ce premier ordinateur, IBM sortit plus tard plusieurs versions, qui sont plus rapides et plus puissantes. Naturellement, je regarde à celles-ci avec beaucoup d’intérêts, avec même beaucoup de désirs. Mais mon point est que le cœur de l’ordinateur, le microprocesseur (un Intel 8088), a changé (j’aime le 80386 !), essentiellement le modèle de ces différents processeurs est si similaire que le même logiciel peut être installé sur toutes les machines. La révélation de l’Ancien Testament est comme ça. Il est surement surpassé par le Nouveau, mais il y a quand même une compatibilité, une similitude. Quelques fois dans nos efforts de stresser de « supériorité » du Nouveau, nous impliquons « l’effet destructeur » de l’Ancien. Ce n’est pas vrai, et il nous prédispose à manquer beaucoup des bénédictions qui pourraient être gagnées par une étude et une médiation de l’Ancien Testament.

Deuxièmement, l’endroit de la bénédiction de Dieu est maintenant une personne, et cette personne est Jésus Christ, alors nous ne serons seulement bénis en Lui. En d’autres mots, nous n’avons que peu de droits de demander à Dieu Ses bénédictions si nous ne sommes pas Son Fils. Le message de l’Evangile est que le pardon des péchés et la vie éternelle sont le résultat d’être « en Christ », qui est en Le recevant comme votre Sauveur, votre porteur de péchés, votre vertu, et votre vie éternelle. Si vous n’êtes pas « en Lui », je vous conseille de mettre votre confiance en Lui aujourd’hui, « d’être renait » (Jean chapitre 3).

Finalement, pour les Chrétiens, nous devrions être rappelés que notre source de bénédictions et de sécurité est Christ et seulement Christ. Satan n’aimerait rien de mieux que de vous distraire et vous diverger de quoi et qui vous êtes « en Lui » vers pratiquement toutes autres choses. Si vous ne sentez pas la proximité de Dieu et de Ses bénédictions, il se peut que ce soit parce que vous avez été séduit par quelqu’un ou quelque chose autre que Christ. Les paroles de notre Seigneur sont claires, bénédictions et prospérité viennent de demeurer en Lui, Celui dans Lequel la présence de Dieu fut manifestée, Celui dans Lequel toutes les bénédictions sont trouvées.