Le Chandelier, les Pains et le Blasphémateur (Lévitique 24)

Introduction

Il y a plusieurs années, j'emmenais nos enfants à l'école quand je vis un policier arrêter une maman juste devant l'école. Bien que j'aie vu ce qu'elle avait fait, je ne comprenais pas ce qu'elle avait fait de mal. Cependant, j'allais le savoir bien vite car le policier m'arrêta juste derrière elle. J'appris alors que j'étais accusé de la même offense qu'elle - j'avais fait un demi-tour illégal. J'étais en colère car je ne pouvais pas comprendre comment faire demi-tour là était illégal. Pour satisfaire mon sens de fair play, je me suis arrêté au même endroit le jour suivant, pour découvrir que beaucoup d'autres automobilistes faisaient exactement la même chose la dame et moi avions fait, manifestement ne sachant pas qu'ils enfreignaient la loi.

J'en eus assez. J'allais aller lutter contre cette injustice au tribunal. A mon avantage, avant mon audience un panneau « interdiction de tourner à gauche » fut placé ainsi qu'un panneau « demi-tour interdit » (incorrectement placé à l'intersection). Quand mon tour arriva, j'ai protesté que l'offense était incorrectement définie et que le panneau était mal placé. Le juge écouta mes objections puis demanda s'il y avait d'autres personnes dans le tribunal avec cette même offense. J'appris que je n'étais pas seul dans mon indignation. Dix autres personnes au moins levèrent leurs mains. Le juge rejeta toutes les accusations. J'avais gagné. Non, nous avions gagné.

Mon cas n'était pas monumental, mais il était important. Premièrement, il démontra que nous avons beaucoup tendance à désobéir les lois que nous ne comprenons pas, et qui ne semblent pas nous concerner, ni notre situation. Les autres et moi, qui avions « tourner à gauche », n'y pensions pas comme un demi-tour, et ainsi ne pensions pas avoir enfreigné la loi. Deuxièmement, la décision que le juge rendit avait une application bien plus grande que juste mon cas, car son jugement trouva tout ceux qui avaient aussi été accuses de la même infraction, non coupables. Une décision de court de justice peut avoir de vastes ramifications.

Les leçons que j'ai apprit de ma brève rencontre avec la loi peuvent aussi être apprises de la Loi de Moïse, comme c'est clarifié dans le chapitre 24 du Livre de Lévitique. Ici, nous trouvons le cas d'un homme qui avait blasphémé, utilisant le nom du Dieu d'Israël. Les Israélites n'étaient pas très surs comment la loi de Dieu contre le blasphème s'appliquait à cet homme, alors ils demandèrent un jugement, que Dieu donna à Moïse. En clarifiant la loi comme elle s'appliquait à l'offense de cet homme, Israël fut instruit comment la loi s'appliquait à eux personnellement. En plus, le peuple de Dieu furent enseigné quelques principes importants qui s'appliquèrent à une gamme bien plus grande d'offenses.

La Tension du Texte

Je ne vous dirais pas (encore) que ce chapitre est si critique que c'est la clef pour comprendre le Nouveau Testament tout entier. Mais je vous dirais que le chapitre est à la fois important et pertinent aux saints du Nouveau Testament. C'est comme ça parce que les principes qui sont à la base de ce chapitre sont ceux qui s'appliquent aux Chrétiens du Nouveau Testament.

La structure de notre chapitre est presque immédiatement apparente. Il y a trois sections distinctes :

Le chandelier (vs. 1-4)

Les pains (vs. 5-9)

Le blasphémateur (vs. 10-23)

J'ai choisi un titre pour ce message qui résume ces trois sections. Le titre est Le Chandelier, les pains, et le blasphémateur.

Si la structure de ce chapitre est claire, sa logique ne l'est pas. Les érudits ont de la peine à expliquer quelle relation ces trois sections du chapitre 24 ont les unes avec les autres, et aussi comment le chapitre 24 entre dans la plus grande section des chapitres 23-25.

« Il n'est pas clair quelles considérations auraient pu provoquer le compilateur à insérer ce matériel entre les régulations pour le fête annuelle (cf. 23) et celles pour l'année sabbatique et l'Année du Jubilée (chap. 25). »132« Les commentateurs ont été incapables de discerner tous rapports évidents entre le matériel dans ce chapitre et ce qui le précède et le suit. »133Notre but sera de trouver le dénominateur commun, la colle littérale qui lie ces trois paragraphes ensemble. Je vous assure, il y en a une, et je crois que notre étude du texte rendra cela clair. Le principe en est un qui a beaucoup d'applications pour le Christianisme contemporain, pour endurer avec moi comme nous travaillons à exposer le point principal de notre texte.

Notre approche de cette leçon sera d'examiner chacun des trois segments du chapitre 24 individuellement. Je vais traiter en premier avec le chandelier (vs. 1-4), puis les pains (vs. 5-9). Puisque ces deux sections sont liées, je ferais une pause à la fin du verset 9 pour faire quelques observations préliminaires. Puis je continuerais sur les versets 10-23, qui traitent avec le blasphémateur. Après avoir fait quelques observations sur cette portion du texte, je chercherais à montrer le rapport entre tous les segments du chapitre. Puis nous tracerons le principe commun de notre passage à travers le Nouveau Testament, puis chercherons à explorer ses implication et applications à nos propres vies.

« Donne-moi de l'Huile Pour mon Chandelier » (24:1-4)

Le chandelier d'or est déjà apparu dans le Pentateuque plusieurs fois (Exode 25:31-40 ; 27:20-21 ; 37:17-24 ; 40:25-26), et cela arrivera encore (Nombres 8:1-4 ; 1 Sam.3 :3). Il fut placé dans le lieu saint pour fournir de la lumière dans l'obscurité du tabernacle. Même durant la journée, les voiles couvrant la tente empêchaient la lumière d'entrer dans le tabernacle. L'accentuation de ces versets dans Lévitique 24 est que la lumière devait brûler continuellement. Quelque chose comme la flamme brûlant à la tombe du Président Kennedy, la flamme de cette lampe ne devait jamais s'éteindre. Les termes clefs dans les versets 1-4 sont « continuellement » et « en permanence », trouvés trois fois (vs. 2,3,4).

En fait, la nation entière joua un rôle dans cette tâche de garder le chandelier allumé. (Ainsi, j'ai utilisé le titre, « Donnez-moi de l'huile pour mon chandelier », probablement le seul support biblique pour le refrain populaire). Les Israélites devaient fournir un ravitaillement constant d'huile raffinée d'olive, qui devait être amené à Moïse (v. 2). Aaron fut donné la tâche de garder le(s) chandelier(s)134allumé(s), spécialement la nuit (« du soir au matin », v. 3). Cela devait être fait en permanence, et ainsi cette tâche serait héritée par les fils d'Aaron (vs. 3-4).

La raison pour le soin continu, attentionné de ce chandelier peut être trouvée en pensant au rôle que ce chandelier joua dans le tabernacle. Il fournissait pratiquement toute la lumière dans le tabernacle. Sans cette lumière, Aaron et les prêtres n'auraient pas assez vu pour accomplir leurs tâches. Et pire encore, ils auraient pu faire des erreurs dans l'obscurité (par exemple, entrer dans le lieux-très-saint !) qui aurait pu être fatal. Une chose aussi minime que ce chandelier était vitale au processus sacrificiel extrêmement important, dont un peu prenait place dans le tabernacle.

Le Pain Hebdomadaire d'Israel (24:5-9)

Dans le palais royal de Londres (on m'a dit) il y a une cérémonie connue sous le nom du « changement de la garde ». Cette cérémonie en est une qui attire beaucoup d'attention, spécialement parmi les touristes. Dans l'ancien Israël, il y avait une cérémonie hebdomadaire du « changement des pains ». Elle se passait une fois par semaine le jour du Sabbat. Douze gros pains135(chaque pain utilisé à peu près 6.5 livres de farine) étaient cuits au four, et le jour du Sabbat ces derniers étaient échangés, remplaçant les vieux pains avec les nouveaux, qui étaient arrangés136sur la table137d'or pur. Ce pain vieux d'une semaine faisait parti de la nourriture sacrée mangée par les prêtres. Bien que le terme « toujours » n'apparaisse qu'une fois (v. 8), il est clair que cet échange des pains devait arriver régulièrement, et sans aucune interruption. Elle, comme l'attention du chandelier, était une question de soin méticuleux.

Il y a au moins deux raisons pour lesquelles le changement des pains était important. Premièrement, ces pains faisaient partis des offrandes sacrificielles. Seule une part des pains était offerte, et cette portion, qui serait brûlée, serait accompagnée par de l'encens (v. 7). Manquer de fournir ces pains entraverait le processus sacrificiel, qui était symbolique d'une « alliance éternelle » (v. 8). Ainsi, ces pains étaient extrêmement importants à cause de ce qu'ils symbolisaient. Deuxièmement, ces pains (ou plus précisément ce qu'il restait d'eux) faisait parti de la nourriture qui maintenait et nourrissait les prêtres (v.9). Manquer de fournir le clergé entraverait le processus sacerdotal. Ainsi, les pains devaient toujours être prêts.

Une Leçon du Chandelier et des Pains

Ces deux premiers paragraphes ont plusieurs choses en commun. Tous les deux traitent avec des choses concernant le tabernacle et son ministère sacerdotal. Le chandelier et la table, tous les deux sont fait en or. Tous les deux furent placés dans l'endroit saint à l'intérieur du tabernacle. Tous les deux étaient sujets à une maintenance régulière, une était quotidienne (le chandelier), l'autre était hebdomadaire (les pains). Dans les deux cas, la congrégation entière en faisait partie d'une façon ou d'une autre. Le peuple devait fournir à la fois l'huile pour le chandelier et la farine pour les pains.

L'importance d'entretenir la lumière du chandelier et les pains sur la table souligne un principe très important, un qui est trouvé à la fois dans l'Ancien et le Nouveau Testaments : UN MINISTERE SPIRITUEL EXIGE UN SUPPORT PHYSIQUE.

J'ai autant à commencer par confesser que nous avons un domaine de gérance (superviser par un de nos anciens) qui est appelé « support physique ». Ainsi, la terminologie précise que j'ai employée ici pourrait différer un peu de celle que vous connaissez. Indifféremment de la terminologie, le ministère spirituel et le ministère physique sont très entrelacés. Certaines gens méprisent un ministère qui est « simplement physique », pensant que c'est un genre de « service de deuxième classe ». Notre texte montre que penser cela est faux. Vous ne pouvez pas séparer le ministère physique du ministère spirituel. Dans l'Ancien et le Nouveau Testament le ministère spirituel implique le ministère physique. Après tout, le ministère spirituel de notre Seigneur n'impliquait pas seulement l'enseignement, mais guérir les malades, ressusciter les morts, et nourrir les affamés.

Le ministère « spirituel » de sacrifice qui a lieu en dehors et à l'intérieur du tabernacle exigeait beaucoup d'édifices physiques. Il y avait un autel de laiton, où les sacrifices étaient offerts au feu. Il y avait le tabernacle, avec la table en or et le chandelier. Il y avait le coffre de l'acte de l'alliance et le voile. A part la construction et la maintenance de ces édifices physiques, Dieu n'aurait pas pu habiter au milieu de Son peuple, et les péchés du peuple n'auraient pas pu être expiés par les sacrifices qui furent offerts. La maintenance du chandelier et des pains était si vitale qu'elle nécessitait la participation d'à la fois Moïse, d'Aaron, et de ses fils.

Le ministère spirituel exige le support physique. Le ministère spirituel n'est pas divorcé du royaume physique, mais est, de certaines façons, dépendent de lui. Si ce building n'était pas proprement chauffé ou rafraichi, notre ministère serait grandement entravé. Il y a plusieurs années, nous avions eu un problème avec notre gaz de ville, et n'avions pas de chauffage pendant la partie la plus froide de l'hiver. Nous avons apprit qu'il était très difficile de vénérer pendant que nos dents claquaient. S'il n'y a pas d'électricité, la sonorisation ne marche pas, et il y a trop peu de lumière pour bien voir. Si le toit fuit et le sol est mouillé, quelqu'un pourrait facilement glisser et tomber.

Notre église a un bulletin qui doit être rédigé et imprimé chaque semaine. Nous avons des cassettes qui sont faites aussi chaque semaine, et distribuées aux enseignants de la classe dominicale qui ne peuvent pas assister au service. Nous avons une bibliothèque merveilleuse, contenant à la fois des livres et des vidéos. Les services d'aujourd'hui, bien qu'ils diffèrent des services d'Israël, ont toujours besoin certains édifices physiques, et ceux-ci, je crois devraient être méticuleusement entretenus, avec la reconnaissance que le ministère spirituel exige des édifices physiques, et souffre quand ces édifices ne sont pas proprement entretenus.

Le blasphémateur (24:10-23)

Quand nous arrivons à la troisième, de loin la plus grande section du chapitre 24, nous trouvons une situation très différente. C'est cette différence qui questionne la continuité des segments qui font ce chapitre. Les deux premiers paragraphes concernent le tabernacle, et l'entretien de deux éléments physiques regardant le ministère sacerdotal et la vénération d'Israël. Ici, nous traitons avec un individu qui blasphème, utilisant le nom de Dieu, qui résulte à la fin par l'action de l'exécution du blasphémateur « à l'extérieur du camp ».

Un jeune homme, dont le père était égyptien et dont la mère était israélite, fut engagé dans une dispute qui en vint aux mains. On ne nous dit pas qui commença le bagarre, ni qui la gagna. A un moment durant l'échange des coups, le jeune homme, à moitié israélite, prononça le nom de Dieu en jurant138contre son adversaire. Il y a une note évidente de mépris pour ce métis. Le nom de son père n'est pas donné, ni sa lignée de famille. Cependant, le nom de sa mère est donné, avec les informations de sa lignée de famille. Puisqu'Israël doit rester une race pure, et ne pas marier un païen, le produit de ce mariage interracial n'est pas présenté favorablement.

Il n'y a pas de question sur le fait que le blasphème était déjà interdit. Les interdictions que les Israélites avait déjà été donnés sont :

« Tu n'utiliseras pas le nom de l'Eternel ton Dieu pour tromper, car l'Eternel ne laisse pas impuni celui qui utilise son nom pour tromper. » (Exode 20:7)

« Celui qui frappe son père ou sa mère sera puni de mort. » (Exode 21 :17)

« ---Tu n'insulteras pas Dieu et tu ne maudiras pas celui qui gouverne ton peuple. » (Exode 22 :28)

Il apparaît comme si ce fut la première violation de la loi interdisant le blasphème. Ainsi, il y aurait quelques questions sur le cas qui ne seraient pas posées plus tard. La première est celle-ci : quelle est la punition pour le blasphème, et comment devait-elle être exécutée ? Bien que le blasphème était interdit par la loi, il n'était pas clair qui (il semblerait que Dieu avait indiqué qu'il punirait le blasphémateur dans Exode 20:7) exécuterait la sentence, ce que la punition serait, et comment elle serait accomplie (il y avait plusieurs façons d'exécuter une personne, aucune desquelles avait été précisée). Deuxièmement, puisque la partie coupable n'était pas un Israélite cent pourcent, est-ce que la loi s'appliquait à lui de la même façon qu'elle s'appliquait à un Israélite ? Le blasphème n'était pas surprenant venant des lèvres d'un païen, et les Israélites auraient pu être plus enclins à voir ce jeune homme comme un païen qu'un Israélite (cela aurait-il pu contribuer à la bagarre ?).

La nature exceptionnelle de ce crime exige un mot de clarification, comme elle l'a fait dans ces autres cas :

En ce qui concerne ceux qui ne peuvent pas observer Passover ? (Nombres 9:6-14)

En ce qui concerne l'homme prit ramassant du bois le jour du Sabbat (Nombres 15:32-36)

En ce qui concerne les filles et l'héritage de leur père (Nombres 27:1-11)

La situation dans chacun de ces cas n'est pas si différente de ce qui arrive dans l'application de la loi aujourd'hui. Quand une loi est passée, une décision judiciaire est exigée pour clarifier l'interprétation et l'application de cette loi. Quand le Congrès passe une loi, les cours, par moyen de décisions spécifiques, relaient l'interprétation et l'application de cette loi. Que nous soyons d'accord ou non avec la décision de la Court Suprême dans le cas infâme de Roe contre Wade, cette décision rendit beaucoup de lois d'état interdisant l'avortement inconstitutionnelles et invalides, légalisant ainsi les millions d'avortements qui ont résulté depuis cette décision. Les décisions judiciaires clarifient le sens et l'application de la loi. La décision de Dieu donnée ici clarifia la loi concernant le blasphème.

Dieu donna une réponse précise à ces questions, puis suivit avec quelques principes de punition qui s'appliquaient bien plus généralement. La réponse spécifique était que ce jeune homme dut être lapidé jusqu'à ce que mort s'ensuive. Tous les témoins - ceux qui entendirent le blasphème - durent poser leurs mains sur la tête de celui qui devait être mis à mort.139Dans cet acte, je comprends que les témoins s'identifiaient eux-mêmes d'une façon spéciale avec sa mort (Deut. 13:9 ; 17:7). Après tout, ce fut leur action et leur témoignage qui conduisit à l'exécution. La lapidation du blasphémateur devait être réalisée par chaque Israélite. Combien il serait facile de nos jours d'engager quelques camions de pierre de venir et d'enterrer le pécheur sous plusieurs tonnes de pierres. Chaque Israélite devait prendre une pierre et la jeter au coupable, ou au moins sur la pile de pierres sous laquelle il était enterré. S'il y avait deux millions d'Israélites, alors j'imagine qu'il y aurait deux millions de pierres sur cette première pile de pierres. Ainsi, chaque Israélite s'identifiait avec Dieu et Sa loi dans l'exécution du blasphémateur.

Principe de Justice

En plus de la révélation spécifique concernant le destin du blasphémateur, Dieu donna deux principes généraux de peine, qui étaient évident dans ce cas, mais qui devaient aussi gouverner les punitions d'une classe bien plus large d'offenses :140Le châtiment devra être égal au crime. Le châtiment devrait toujours être infligé en proportion au sérieux du crime. Cela, incidemment, est un des sens primaires du mot justice. Le standard, « un _il pour un _il », exprime ce principe. Dans l'ancien Proche-Orient, ce n'était pas le cas.

A travers l'ancien Orient, la peine de mort était imposée pour beaucoup plus de genres de crimes qu'actuellement dans notre société occidentale. Cela s'applique aussi autant à l'Ancien Testament qu'aux systèmes mésopotamiens, mais bien que les lois d'Hammurabi regardent les offenses de propriété et les crimes similaires comme capitales, l'Ancien Testament ne le fait pas. A ses yeux, les péchés contre la famille et la religion sont les plus sérieux, et de là, attirent souvent la peine de mort, alors que les questions économiques sont traitées plus légèrement.141La disproportion dans la punition des agresseurs peut être trouvée plus tard dans l'histoire de l'humanité, autant que dans nos jours :

« Dans des années 1800, l'Angleterre avait cent soixante crimes punissables par la pendaison, incluant certaines aussi triviales que le vol d'un pain »142« Je pensais à cela quand je lisais dans le Gulag Archipelago par Alexander Solzhenitsyn les longues sentences de prisons que les enfants russes recevaient pour voler alors qu'ils avaient faim. »143Le châtiment devrait être administré identiquement, sans tenir compte de la race, statut social ou économique d'une personne. A part du problème avec cette instance spécifique du blasphème était le fait que l'offense était commise par un homme qui était partiellement israélite. La question qui avait besoin d'une réponse était celle-ci : « La loi s'applique-t-elle différemment à un Israélite pur qu'à un étranger ? » La réponse est clairement donnée : « Non ! » Dans les versets 15, 16, et 22 il est clairement dit que, que la partie soit un étranger ou un Israélite, la peine était la même.

Le principe d'égalité dans le châtiment était constamment enseigné dans l'Ancien Testament.144Dans Deut. 17:2 et 7, le principe d'égalité dans le châtiment était appliqué aux hommes et aux femmes. Il était enseigné plus clairement dans le Livre de Nombres :

« L'Israélite de naissance suivra ces prescriptions pour offrir les sacrifices consumés par le feu dont l'odeur apaise l'Eternel.

   Et l'étranger séjournant parmi vous ou établi depuis plusieurs générations au milieu de vous procédera de la même manière que vous pour offrir un sacrifice consumé par le feu dont l'odeur apaise l'Eternel.

   La communauté aura un seul et même rituel, qui s'appliquera aux uns comme aux autres. Ce sera un rituel immuable pour les générations à venir, et il en sera de même pour vous et pour l'immigré, devant l'Eternel.

   Une même loi et une même ordonnance vous régiront, vous et l'étranger qui réside parmi vous. » (Nombres 15:13-16 ; aussi Deut. 29:10-13 ; 31:11-12)

La raison pour l'hésitation d'Israël et pour leur question concernant l'égalité dans le châtiment était établie dans le fait que certaines nations environnantes avaient des châtiments selon des distinctions ethniques et sociales.

L'administration injuste de « justice » est autant un problème aujourd'hui qu'elle l'était dans l'ancien Israël :

Tout comme le pauvre et les minorités sont surreprésentés parmi les victimes, nos prisons sont disproportionnées avec eux. Un auteur écrivit sur cette inégalité dans un livre avec un titre résumant le problème : The Rich get Richer and the Poor get Prison.145

Bien qu'il y eu des réformes importantes dans les procédures de jugement, les évidences restent que la peine de mort est toujours appliquée d'une façon racialement discriminatoire. Une étude récente trouva que la peine de mort est plus souvent imposée quand une personne noire tue une personne blanche. Des blancs qui tuent des blancs sont condamnés à mort un-tiers moins souvent, et seule une petite fraction de gens (noirs ou blancs) qui tue des noirs sont condamnés à mort.146C'est mon avis, que le gouvernement ferait un meilleur travail de traiter les crimes s'il prenait ces deux simples principes plus au sérieux, au point de les appliquer pratiquement et constamment.

Il n'y a aucun gouvernement sur la terre qui fait «  justice » à ces deux principes. Cependant, il est assez intéressant que le Nouveau Testament applique ces principes de l'Ancien Testament à la pratique de la discipline de l'église. Tout comme les parties témoignant dans Israël devaient initier et exécuter le processus de justice (même poser leurs mains sur la tête de la victime, puis jeter la première pierre), la personne qui voit un frère « en faute », doit prendre l'initiative, même au point de suivre le processus (Matt. 18:15-20) ; Gal. 6:1-2). Si la partie coupable refuse de se repentir, alors l'église entière doit « exclure l'offenseur », d'une façon pas si différente des Israélites emmenant l'offenseur « à l'extérieur du camp » (Matt. 18:17 ; 1 Cor. 5). Comme je comprends les Ecritures, si le rebelle du Nouveau Testament refusait de se repentir, la peine de mort était exécutée par Dieu, utilisant peut-être Satan comme instrument de châtiment (1 Cor. 5:5 ; 11:30 ; 1 Tim. 1:20 ; Jacques 5:14-16).

Le Péril de la Profanation

Si notre texte ne nous apprend rien d'autre, il nous apprend le péril de la profanation. Le blasphème est pris plus que sérieusement dans la Bible. Si le châtiment doit être égal au crime, alors le blasphème est l'offense la plus sérieuse. Il y a deux questions que nous devons nous poser. La première est celle-ci : Qu'est-ce que le blasphème ? En bref, nous pouvons dire que, le blasphème est, par la parole ou l'action, la diffamation du caractère et de la gloire de Dieu.

La seconde question suit : comment est-il possible que les hommes puissent blasphémer Dieu ? La Bible nous informe qu'il y a plusieurs façons par lesquelles nous pouvons blasphémer. Parmi celles-ci :

Désobéissance volontaire - Nombres 15:30

Rejeter de la Parole de Dieu - 2 Rois 18:17-25 (Esaïe 37:1 -7,23)

Agir déloyalement contre Dieu - Eze. 20:27 ; 36:20-32

Ne pas donner à Dieu la gloire qu'Il mérite - Rom. 1:18 ; Apoc. 16:9,11

Rejeter l'Evangile - Actes 13:45 ; 1 Tim. 1:13

Le blasphème est diffamer le nom de Dieu, et le caractère et la réputation de Dieu sont reflétés par Son nom(s). La restauration d'Israël par Dieu (Eze. 36:20-32), ainsi que Son salut pour les Païens (Eph. 1, vs. 6,12,14) est pour la louange de Sa gloire, pour l'honneur de Son nom. Ainsi, diffamer le nom de Dieu est se rebeller contre Son caractère et Ses buts.

Ceux qui blasphèment le nom de Dieu aujourd'hui minimisent le sérieux de leurs paroles par les excuses penaudes comme « Oups, je m'excuse ». Peut-être la réalité la plus merveilleuse pour ceux qui blasphèment est cette phrase par l'apôtre Paul, qui, lui-même, fut une fois un blasphémateur (1 Tim. 1:13) :

« C'est pourquoi Dieu l'a élevé
      à la plus haute place
      et il lui a donné le nom
      qui est au-dessus de tout nom,

   pour qu'au nom de Jésus
      tout être s'agenouille
      dans les cieux, sur la terre
      et jusque sous la terre,

   et que chacun déclare:
      Jésus-Christ est Seigneur
      à la gloire de Dieu le Père. » (Phil. 2:9-11)

Ceux qui utilisent le nom du Seigneur en vain, qui blasphèment Son nom, devront un jour s'agenouiller devant Lui et, façon de parler, manger leurs paroles, reconnaissant Son autorité, Sa sainteté, Sa majesté. Quelle chose horrible pour quelqu'un de faire, qui ne L'a par reçu comme Sauveur et Seigneur. Pour ceux qui Lui ont fait confiance, le nom du Dieu est l'objet de nos louanges, qui seront notre occupation éternelle au ciel (Rév. 4 et 5).

Le Principe Unificateur de ce Passage

Dans l'introduction de ce message, j'ai dit que j'essayerai d'identifier le « dénominateur commun » de ce chapitre, que la vérité ou principe qui souligne son unité et son point principal. Il est temps pour nous de déterminer ce que ce principe est.

Nous devons commencer par regarder au Livre tout entier et spécifiquement au segment plus grand duquel le chapitre 24 fait parti. Le grand segment est les chapitres 23-24, qui traitent avec les rites religieux de toutes sortes. Une personne peut facilement voir que le Livre, dans son entièreté, traite avec les rites religieux, dans lesquels les prêtres lévitiques jouent un rôle clef. Ainsi, le chapitre 24 doit avoir quelque chose à voir avec les rites religieux.

Dans les versets 1-4 du chapitre 24, le point principal est résumé par les mots « continuellement » et « en permanence » (vs. 2, 3, 4). La flamme des lampes du chandelier doivent brûler continuellement. Dans les versets 5-9, c'est les pains qui doivent être gardés en permanence sur la table d'or, fraichement cuits au four et changés chaque semaine. Cela, aussi, devait être fait continuellement pour qu'il y en ait toujours (v. 8). Nous pouvons dire que les 9 premiers versets concernent le rite d'entretenir les lampes et les pains. Ils devaient tous être surveillés régulièrement, rituellement, sans interruption.

La justice devait aussi devenir une question rituelle, ce qui est le point sous-entendu des versets 10-33. Je veux dire par cela que la décision que Dieu donna, avec les principes gouvernant, fut donnée aux Israélites pour que la justice soit accomplie constamment, de la même façon chaque fois, sans variation, sans déviation, sans cessation.

Dans les trois sections du chapitre 24, les éléments de continuité, de rite rigoureux sont présents. J'aimerais suggérer que dans l'Ancien Testament, la vertu devait être vue (pas entièrement, mais en grande partie) en termes rituels. Les sacrifices étaient des rites religieux, à être réalisés à des moments spécifiques, et de façons précisément définies. La déviation de ces rites avait déjà (chapitre 10) résulté en la mort de Nadab et d'Abihou. La profanation était rituellement prononcée et rituellement purifiée. Maintenant, le chandelier et les pains devaient être rituellement réapprovisionnés. La justice devait être administrée uniformément pour qu'elle soit, en un sens, un rite.

Il faut en convenir, les rites peuvent devenir des activités insensées, des activités poursuivies sans un c_ur ou un esprit sincère :

« Le Seigneur dit encore: «Ce peuple se tourne vers moi,
      mais ce n'est qu'en paroles, et il me rend hommage, mais c'est du bout des lèvres:
      car au fond de son c_ur, il est bien loin de moi,
      et la vénération qu'il me témoigne
      n'est faite que de règles que des hommes lui ont enseignées. » (Esaïe 29:13)

Néanmoins, il y a des rites vertueux et des rites impies. Par « rite » je veux dire ce genre d'activité qui est habituelle, qui est consistante, qui a une certaine prévisibilité. Par exemple, Daniel avait un rite quotidien de prière, même ses ennemis savaient quand il était dans sa chambre en train de prier (Dan. 6:5-11). Le Livre de Proverbes est basé sur le fait que les actions du peuple pouvaient être présagées sur la base de leur caractère. Le sage agira d'une certaine façon, alors que paresseux agira d'une autre façon (prédictible). Notre caractère résulte en certaines habitudes ou rites et ces rites révèlent notre caractère. Ainsi, la « façon » d'un individu est, jusqu'à un certain point, sa conduite rituelle.

Quand le Seigneur réprimanda les scribes et les pharisiens pour leur austérité (Matt. 23), il était apparent que Lui, Lui-même, avait certaines caractéristiques de modèle de conduite :

« Il se rendit aussi à Nazareth, où il avait été élevé, et il entra dans la synagogue le jour du sabbat, comme il en avait l'habitude. Il se leva pour faire la lecture biblique,» (Luc 4:16)

Aller à la synagogue le jour du Sabbat était un rite pour Jésus, comme l'était enseigner (Marc 10:1), et prier (Luc 22:39). Paul avait aussi ses rites (Actes 17:2).

Les rites religieux sont simplement des habitudes de conduite vertueuse, un modèle de piété. Il est stupéfiant pour moi que les Chrétiens peuvent questionner la valeur des rites vertueux. Nous résistons impitoyablement la théorie d'évolution parce qu'elle maintient que toute la création est le produit du temps et de la chance, insistant que ce que nous voyons est le résultat d'un plan divin et du processus créatif de Dieu. Alors, pourquoi pensons-nous que la sainteté, d'une façon ou d'une autre, évoluera par chance, plutôt que par un plan, une méthode, et une routine ?

C'est mon assertion que beaucoup de ce qui est impliqué dans notre sanctification a à voir avec enlever les rites, les modèles d'habitudes de la chair, et mettre les rites de sainteté. Presque tous les maux entrainent un rite. Comme j'ai appris de mon régime (je l'appelais ma « classe de graisse »), il y a un rite de s'engouffrer. Il y a aussi un rite d'alcoolisme, d'abus de drogue, et de violence (par exemple batteurs de femme et d'enfants).

Tout comme il y a des rites impliqués dans les péchés, il y a des rites impliqués dans la sainteté. Ainsi, nous devons chercher à développer des habitudes compatibles avec une bonne conduite qui deviendra un style de vie. La sainteté n'est pas quelque chose qui devrait arriver seulement une fois de temps en temps, un genre d' « excentricité» dans notre nature spirituelle », mais devrait plutôt être recherchée pour devenir un style de vie. Bien que cela ne sera pas un modèle ininterrompu, cela devrait en être un qui reflète quelques degrés de régularité.

J'ai observé ceux qui ont du talent à ce qu'ils font et de telles personnes ont un genre de rite associé avec leur dextérité. Le menuisier-ébéniste a une certaine façon de faire son travail qui est méthodique. Le chirurgien, de même, suit certaines procédures méticuleusement. Chaque travailleur qualifié que je connais utilise des rites dans la façon ils ou elles font leur travail. Pourquoi devrions-nous, nous qui nommons le nom de Christ, penser que le travail de Dieu ait besoin d'être fait inconsidérément, spontanément, et sans cohérence ?

      Les rites que nous devrions nous efforcer de développer devraient certainement être qdans le domaine de l'étude de la Bible, de la prière, des dons, et du ministère. Les exceptions de nos rites devraient être rares. Cela, je crois, est l'évidence du travail de l'esprit de Dieu, qui produit la discipline dans nos vies plutôt que le désordre.

Gordon MacDonald, dans son excellent livre, Ordering Your Private World, a beaucoup à dire sur la discipline personnelle, mais cette histoire servira à illustrer ce point, et celui de notre texte :

J'ai le souvenir d'un temps quand mon professeur de missiologie au séminaire, Dr. Raymond Buker, m'approcha à la fin d'une réunion où j'ai lu un document sur un problème moral qui brûlait dans les c_urs de la génération étudiante de ce jour. J'ai du le diviser en deux classes ce jour pour préparer la leçon, et ce n'est pas passé inaperçu.

« Gordon », il dit, « l'article que vous avez lu ce soir était un bon article mais il n'était pas super. Voudriez-vous savoir pourquoi ? »

Je n'étais pas sur que je voulais savoir parce que j'anticipais recevoir une dose d'humiliation, mais je dis quand même a Dr. Buker que je voulais entendre son analyse.

« L'article n'était pas super », il dit pointant son index sur ma poitrine, « parce que vous avez sacrifié la routine pour l'écrire. »

Douloureusement, j'ai appris une des plus importantes leçons que j'avais vraiment besoin d'apprendre. Parce que mon temps comme leader Chrétien est généralement une période que j'utilise comme je le veux, il serait très facile d'éviter la routine, les devoirs pas spectaculaires, et faire seulement les choses excitantes qui me viennent. Mais j'ai vécu la plupart de ma vie dans la routine, et Buker avait raison : l'homme ou la femme qui apprend à faire la paix avec les responsabilités et les obligations de la routine feront à la longue les plus grandes contributions.147Que Dieu nous donne, à vous et à moi la grâce de développer les rites vertueux dans nos vies, de développer et de maintenir les routines qui deviennent les habitudes de sainteté, pour que nous puissions Le servir plus fidèlement.

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