Les Crimes Capitaux (Lévitique 20)

Introduction

Une façon certaine de commencer une polémique est d’introduire un sujet très controversé dans la conversation. Un sujet qui marche à tous les coups est la peine de mort. Puisque la peine capitale est le thème principal du chapitre 20 de Lévitique, il peut sembler que nous approchons un sujet très sensible. En fait, je veux régler cette question avant même de commencer à étudier notre texte. Je ne pense pas que le chapitre 20 de Lévitique fut enregistré pour convaincre les Chrétiens du 20ème siècle du besoin pour la peine capitale, pas plus que je pense que le but principal de Genèse 1 et 2 est de réfuter la relativement récente théorie de l’évolution.

Il devrait être clair dès le début que l’Ancien Testament en général, et notre texte en particulier, exige la peine capitale dans un certain nombre d’occasions. Cependant, la question est si oui ou non la peine capitale de Lévitique peut être vue comme étant éternelle et universelle, pour que ce que Dieu commandait à Israël d’observer est aussi liant à ceux qui vivent plus tard. Certains maintiendraient dogmatiquement que les textes de l’ancien testament, comme le notre, rendent la peine capitale obligatoire. Cependant méfions nous à être trop intolérant sur la base de notre texte, puisqu’il « prouve » bien plus que nous voudrions espérer. Voulons-nous insister sur la peine capitale pour chaque offense qui est listées ici ? Nous pourrions insister que la parole de Dieu exige la vie du meurtrier, mais insistons nous aussi que celui qui a des relations sexuelles avec sa femme durant son cycle menstruel doit aussi mourir pour un tel péché ?

Le Nouveau Testament ne semble pas suggérer que même des gouvernements païens ont le droit d’exécuter les criminels. Dans Jean 19:11, notre Seigneur impliqua que Pilate avait le droit légal de prendre une vie humaine par la peine capitale. Même l’apôtre Paul semble dire qu’un gouvernement peut « supporter l’épée » pour être capable de prononcer et exécuter la sentence de la peine de mort (Rom. 13:4). Suivant la triple question que j’ai posé la semaine dernière (Est-ce que le Nouveau Testament accepte, rejette, ou révise un enseignement particulier ou commandement de l’Ancien Testament ?), je dirais que le Nouveau Testament « modifie » l’enseignement que nous trouvons dans des textes comme le chapitre 20 de Lévitique.

L’Approche de ce Message

Notre approche de cette leçon sera de commencer par faire quelques observations générales d’ensemble sur le chapitre 20. Puis j’essaierais de faire apparaître quelques « tensions du texte » qui présentent le Chrétien contemporain (ainsi que le saint de l’Ancien Testament) avec quelques difficultés, mais indique aussi l’interprétation du passage. Finalement, regardant à travers le filtre de la révélation du Nouveau Testament, nous chercherons à découvrir comment les principes soulignant la détermination de Dieu de ce que constitue un crime capital peuvent s’appliquer à votre vie et à la mienne.

Le Contexte de Lévitique 20

Le chapitre 20 tombe dans le contexte le plus large des chapitres 18-20, qui stressent le résultat pratique de sainteté dans la vie quotidienne des Israélites. Le chapitre 18 se concentrait principalement sur la famille. Le chapitre 19 approche la sainteté du point de vue du prochain d’une personne, et ici Dieu exige que Sa sainteté soit reflétée par Son peuple aimant leur prochain. Le chapitre 20 suit l’enseignement des deux chapitres précédents en prescrivant le châtiment pour les crimes capitaux interdits qui avaient été soulignés là. La nature sérieuse du châtiment de ces crimes servent à souligner fortement l’importance d’obéir les commandements trouvés dans ces chapitres.

Structure du Chapitre 20

La structure du chapitre peut être vue ci-dessous :

    · Prohibition : Molok et Médiums (vs. 1-6)

    · Exhortation d’être saint : Obéir les statuts de Dieu (vs. 7-8)

    · Prohibition : Péchés contre la famille (vs. 9-21)

    · Exhortation de sainteté : Observer les arrêtés de Dieu (vs. 22-26)

    · Prohibition des Médiums : Doivent être exécutés (v. 27)

Observations de Lévitique 20

Le ton général de ce chapitre, avec quelques-unes des « tensions », devient évident dans les observations suivantes :

(1) Le chapitre prescrit la peine capitale117pour quelques-uns des péchés interdits dans les chapitres 18 et 19.118Il y a une coparticipation entre Dieu et Son peuple Israël en ce qui concerne condamner et exécuter ceux qui sont coupables de ces crimes capitaux. Les hommes doivent coopérer avec Dieu en jugeant les méchants ou ils deviennent complices du crime (vs. 4-5).

(2) Pas tous les crimes capitaux sont mentionnés ici, mais seulement certains. En particulier, ceux qui ont été interdits dans le contexte immédiatement précédent.

(3) Les crimes capitaux mentionnés ici ne sont pas ceux auxquels nous nous serions attendus, ceux que les gouvernements généralement condamnent, tel que « le meurtre », « le kidnapping », et « le viol ».

(4) Les crimes capitaux de ce chapitre ne sont pas ceux qui sont universels, applicables à tous, et ainsi seraient directement applicables à ou liant au Chrétien du 20ème siècle.

(5) Franchement, quelques-uns de ces crimes capitaux sont des offenses que nous doutons vaillent la punition de la peine de mort. Par exemple, une personne peut trouver difficile de concevoir qu’un homme ayant des relations sexuelles avec sa femme durant son cycle menstruel soit coupable d’un crime de la même catégorie que meurtre, adultère, ou inceste.

Les « Tensions du Texte »

Ces observations générales présentent le lecteur attentif avec des questions embarrassantes, que j’appelle les « tensions du texte ». Celles-ci sont des questions qui arrivent au lecteur comme résultat de comprendre ce qui est dit dans le texte. De telles questions sont importantes pour une bonne étude et interprétation de la Bible, car je crois qu’elles sont le moyen de trouver le cœur du sujet enseigné, ou ce que j’appelle le « point principal ». Considérons les tensions que les observations posent au lecteur.

(1) Pourquoi est-ce que quelques offenses apparemment mineures sont considérées comme des crimes capitaux dans le chapitre 20 de Lévitique ? Pourquoi, par exemple, un homme devrait-il être exécuté pour avoir des relations sexuelles avec sa femme, durant son cycle menstruel ? Aujourd’hui, cela est vu aussi simplement comme une question de préférences personnelles et rien de plus. Nous pouvons plus facilement accepter coucher avec la femme d’un autre homme comme un crime capital ; mais la peine capitale pour coucher avec sa propre femme durant la période de son cycle menstruel semble excessivement sévère.

(2) Pourquoi les crimes capitaux mentionnés dans Lévitique 20 sont des crimes capitaux bizarres ? Les offenses mentionnées ici sont celles qui, du moins pour le lecteur du 20ème siècle, semblent être étranges et insolites. Nous nous serions attendus à ce que cette liste de crimes capitaux soit assez différente. Le meurtre, le kidnapping, et le viol sont le genre de péchés que pratiquement chaque gouvernement condamne et punit sévèrement. Mais les péchés mentionnés dans le chapitre 20 ne sont pas de cette sorte.

(3) L’essentiel est ceci : pourquoi ce que Dieu trouve digne de la peine de mort est différent de ce à quoi nous nous serions attendus qu’Il aurait mentionné?

La solution de notre dilemme, de ces « tensions dans notre texte”, est de discerner les principes sur lesquels ces crimes capitaux particuliers plus que d’autres sont sélectionnés. Nous devons, en d’autres mots, discerner le raisonnement divin et rationnel derrière les crimes qui sont appelés capitaux. Ici est la clef pour l’interprétation correcte de notre passage, et la clef de comprendre sa pertinence pour nous.

Le « Point Principal »

Avant d’essayer de répondre aux questions posées par notre texte, nous devons commencer par établir une notion fondamentale : LES CRIMES CAPITAUX REFLETENT UN SYSTEME DE VALEURS.

Les actions qui sont appelées crimes capitaux sont celles qui sont considérées les plus maléfiques, et ainsi reflètent le système de valeur de celui (ou ceux) faisant les lois. Puisque la peine capitale est la plus sérieuse punition que les hommes peuvent exécuter, ces crimes qui sont des crimes capitaux, sont des actes qui sont vus comme étant le pire des maux.

Permettez-moi d’illustrer cela. Dans notre pays, il est possible, même probable, qu’un homme puisse passer plus de temps en prison pour voler que pour meurtre ou viol. Cela suggère que notre société est devenue matérialiste, et que ceux qui volent nos possessions seront sévèrement punis parce que nous estimons trop les choses.

Cela peut être illustré par une autre façon. Pensez aux « crimes » pour lesquels notre société est disposée à mettre une personne à mort. Alors que la punition capitale pour des crimes comme meurtre et kidnapping est grandement opposée par beaucoup, nous mettrons à mort une personne âgée pour le crime de devenir un fardeau pour nous, pour devenir une nuisance. L’enfant qui est né avec une anormalité pourrait être laissé mourir de faim ou avoir une opération nécessaire pour sauver sa vie, différée pour que les parents ne soient pas embêtés avec un enfant « inférieur ». Et pour couronner le tout, nous prononçons un enfant dans l’utérus digne de la peine de mort (et ainsi laissons l’avorteur le tuer) parce qu’il interfère avec la liberté et le plaisir des parents. Notre société a certainement tourné les valeurs de Dieu sens dessus dessous. Les innocents sont mis à mort parce qu’ils sont un inconvénient à notre autonomie, notre liberté, notre plaisir. Nos valeurs deviennent évidentes par ceux que nous condamnons à mort.

La seule conclusion que nous pouvons tirer de ces illustrations est que notre société vénère l’argent, la liberté, et le plaisir. Ce sont là les dieux de l’Amérique du 20ème siècle.

De la même façon, les crimes capitaux du chapitre 20 de Lévitique reflètent le système de valeurs de Dieu. Si, il nous arrive d’être troublé par ce que Dieu condamna comme digne de la peine de mort, alors nous devons reconnaître que notre système de valeurs doit être quelque peu différent de celui de Dieu. Alors, quelles sont les valeurs de Dieu, qui sont la base pour Son choix des crimes capitaux ?

Les Valeurs de Dieu, Vues Dans Lévitique 20

Il y a plusieurs principes évidents dans notre texte qui explique pourquoi les crimes mentionnés sont des offenses capitales, dignes de la peine de mort. Considérons ces principes soigneusement.

La première tension tirée par notre texte était le fait que la punition capitale semble être prescrite pour des offenses qui ne sont pas du tout sérieuses. La solution de ce dilemme est trouvée dans notre premier principe. PRINCIPE UN : DIEU VOIT TOUT LES PECHES COMME UN CRIME CAPITAL, DIGNE DE MORT.

Faisons-y face, vous et moi n’aurions pas condamné un homme à mort pour coucher avec sa femme durant son cycle menstruel. Notre société voit cela comme une question de préférence. Cette offense, qui n’est qu’un méfait dans nos esprits, était un crime pour Dieu, un crime capital, méritant la peine de mort. Notre problème est résolu quand nous venons à voir le péché comme un terrible crime contre un Dieu saint. Quand Adam et Eve mangèrent le fruit défendu, est-ce que cela semblait être un crime si odieux qu’il nécessitait non seulement la mort de ces deux personnes, mais aussi la mort de tous leurs descendants ?

Au milieu de notre consternation que Dieu condamnerait une personne à mort pour ce que nous appellerions une offense minime, n’oublions pas que la Bible dépeint chaque péché comme étant digne de la peine de mort. On nous dit que le salaire que verse le péché est la mort (Rom. 6:23). Il n’y a pas de petits péchés à la vue de Dieu.

La société trouve qu’il est nécessaire de catégoriser les maux, et elle a raison. Cela classifie les crimes en relation aux dommages qui est fait à la société. Voler un morceau de fruit d’un supermarché n’est donc pas vu comme étant aussi destructif à la société que tuer l’épicier. Ainsi, la société catégorise les péchés soit en crimes, soit en méfaits, étant du 1er, 2ème, ou 3ème dégrée. Elle condamne les hommes à payer des amendes pour certains crimes, emprisonne d’autres, et exécute d’autres.

Dieu voit le péché différemment. Dieu regarde le péché non seulement en termes de l’action et de sa conséquence, mais aussi en termes de l’attitude qui est prouvée. Le résultat est que le péché est un acte de rébellion contre Dieu. Il importe peu quelle forme notre rébellion prend, car n’importe quel acte de rébellion contre le Dieu souverain mérite la mort. Alors, pourquoi devrions-nous être surpris, quand Dieu prescrit la peine de mort pour n’importe quel péché, même un que nous voyons comme étant minime ? Nous devrions plutôt considérer la grâce de Dieu de ne pas condamner tout le monde à mort pour notre succession sans fin d’actes de rébellion contre Dieu.

Le fait que tous les péchés sont des crimes capitaux à plusieurs implications importantes. Considérons-en quelques-unes.

(1) Puisque tous les péchés sont des péchés capitaux, tous les hommes ont désespérément besoin de faire l’expérience de la provision de Dieu pour les pécheurs – le pardon à travers la mort de remplacement de Jésus Christ, qui mourut sur la croix, endurant la peine capitale que nous méritons.

Nous pouvons nous décevoir de penser que Dieu nous acceptera dans Son ciel parce que nous sommes moins pécheurs que d’autres, mais Dieu regarde tous les péchés dignes de la peine de mort. Ainsi, sans se soucier comment la société classifie les péchés que nous faisons, Dieu hait tous les péchés et doit, dans Sa sainteté, les punir. Certains semblent être confortés par le fait que Jésus refusa de condamner les hommes durant Sa première venue, refusant même de prendre part à l’exécution d’une femme prise sur le fait d’adultère (Jean 8). C’est parce que Sa première venue n’était pas pour condamner les hommes, mais pour les sauver :

« En effet, Dieu a envoyé son Fils dans le monde non pas pour condamner le monde, mais pour qu'il soit sauvé par lui.

   Celui qui met sa confiance en lui n'est pas condamné, mais celui qui n'a pas foi en lui est déjà condamné, car il n'a pas mis sa confiance en la personne du Fils unique de Dieu. » (Jean 3:17-18)

Cependant, ne nous laissons pas endormir par un faux sens de sécurité, car alors que la première venue de Christ n’était pas pour prononcer la sentence de Dieu sur les hommes, Sa seconde venue l’est. Une lecture du 19ème chapitre du Livre d’Apocalypse rend cela douloureusement et dramatiquement clair. Soyons avertis que tout péché est digne de la mort, que Jésus Christ a enduré la peine de mort à notre place, mais tous ceux qui Le rejettent maintenant comme Sauveur Lui feront face plus tard comme juge et bourreau. Si la peine ultime est la mort éternelle – l’enfer – alors le pire crime est de rejeter Christ, qui est venu pour endurer la punition du péché et pour briser le pouvoir de la mort. Ne rejetons pas Celui qui, seul, sauve.

(2) Le fait que tous les péchés soit des crimes capitaux veut dire qu’aucun pécheur ne devrait se sentir plus vertueux qu’un autre. Il n’y a pas de place pour la satisfaction de soi si Dieu voit tous les péchés comme des offenses capitales. Les scribes et les pharisiens dédaignaient les « pécheurs », qui étaient coupables de ces offenses que les chefs religieux considéraient plus grand que les leurs. Si nous ne sommes pas coupables d’une forme de péché, nous sommes surement coupables d’une autre, et regardé du point de vue de Dieu, le genre de péché dont nous sommes coupables a peu d’importance. Ainsi, aucun pécheur ne devrait se sentir plus vertueux qu’un autre. Comme Jacques présente la chose, être trouvé coupable d’une offense sur un certain point est égal à échouer sur tous les points (Jacques 2:13, spéc. v.10).

Notre seconde tension de ce texte concerne le fait que les offenses capitales mentionnées dans Lévitique n’étaient pas celles communément définies par la société. En d’autres mots, les crimes capitaux de Lévitique étaient « bizarres », différents des crimes notoires que les gouvernements, presque universellement, condamnent. Cette tension est résolue par LE PRINCIPE DEUX : LA LOI DE DIEU REFUSE DE DIFFERENCIER ENTRE LES PECHES ET LES CRIMES.

Généralement, les gouvernements ne s’occupent pas de questions morales, de péchés, mais plutôt des maux sociaux, des crimes. Comme un de mes amis avait dit une fois : « Il y a beaucoup de crimes qui ne sont pas des péchés, et il y a beaucoup de péchés qui ne sont pas des crimes. »

Ces actes que Dieu identifie comme des crimes capitaux dans le chapitre 20 de Lévitique pourraient aussi être appelés péchés, car dans la Loi de Moïse et dans l’ordre de l’Ancien Testament les péchés sont des crimes. Cependant, ce n’est pas universellement vrai parmi les nations. Normalement les gouvernements font la différence entre les crimes et les péchés. Les gouvernements ne s’ennuient pas avec les péchés (c'est-à-dire, ces actes qui sont contre Dieu) mais avec les crimes (les offenses contre les hommes).

Les crimes capitaux répertoriés dans le chapitre 20 de Lévitique sont ceux que les Cananéens n’auraient pas du tout considérés des crimes. Ainsi, les Israélites auraient été spécialement tentés de faire les choses punies par la peine de mort dans notre texte.

La question ici est la différence entre la légalité, ou entre le crime (que les hommes déclarent être un mal social punissable) et le péché (que Dieu déclare être mal, et ainsi digne de la peine de mort). Dieu accentue spécialement la punition pour ces péchés (agissant contrairement à Sa loi, donnée au mont Sinaï) qui ne sont pas des crimes (selon la loi égyptienne ou celle de Canaan). Le peuple de Dieu est spécialement vulnérable aux péchés qui ne sont pas des crimes, pour deux raisons. La première, les péchés qui ne sont pas des crimes sont des actes que notre culture nous encouragera à commettre. La deuxième, les péchés qui ne sont pas des crimes ne semblent pas avoir des conséquences immédiates (et terribles). Alors, nous sommes plus naturellement enclins à suivre la limite de vitesse que nous le sommes d’éviter la convoitise.

En 1973, la Court Suprême rejeta une loi qui déclarait que l’avortement était un crime. Avant 1973, certaines femmes avaient quand même des avortements, et devenaient coupables à la fois d’un péché et d’un crime. Cependant après 1973, un nombre innombrable de femmes de plus ont eu un avortement, grandement parce que ce qui était une fois un péché et un crime n’est maintenant plus un crime. Quand Dieu fit que les péché étaient aussi des crimes, les Israélites étaient fortement motivés à obéir les lois de Dieu et à éviter les péchés.

Ce genre de vie qui est différent de celui des nations autour d’eux est accentué dans les chapitres 18 et 20 :

    · Ne faites pas ce que les Egyptiens ou les Cananéens font (18:1-5)

    · La profanation guidera vers l’expulsion du pays (18:24-30)

    · Encouragement général d’obéir (20:7-8)

    · Encouragement plus spécifique, avec des références aux maux du pays et à être expulsé du pays à cause des péchés (20:22-26)

Normalement, les péchés et les crimes ne sont pas synonymes. Ce n’était pas vrai dans la théocratie d’Israël, mais c’est généralement vrai, spécialement quand ce gouvernement est essentiellement impie et païen. Dans des cas comme ça, le gouvernement déclare trop souvent que la pratique de la vertu est un crime, comme quand Darius fut convaincu de déclarer la prière illégale (Daniel 6) ou quand les juifs témoignant au nom de Jésus furent déclarés être contre la loi (Actes 15). Dans ce genre de cas, le peuple de Dieu doit être vertueux même quand c’est illégal de l’être.

Reconnaitre la différence entre les péchés et les crimes est vital pour vivre pieusement en Amérique. Dans les années passées, les lois d’Amérique reflétaient la moralité chrétienne, ainsi l’homosexualité était un crime et le divorce n’était pas facilement obtenu. Cependant, maintenant nous vivons dans les jours postchrétiens. Le fait que maintenant les Chrétiens divorcent presque aussi souvent que les non croyants n’est pas autant crédité à la moralité déclinante qu’à la légalité changeante. Je ne suis pas convaincu que les Chrétiens des jours passés restaient plus ensemble par obéissance à Dieu que par respect pour la loi.

Aujourd’hui, les Chrétiens doivent se réveiller au fait que vivre une vie pieuse exige bien plus qu’un citoyen respectant la loi. Si le Chrétien doit être différent comme un qui appartient à Dieu – comme l’ancien et le Nouveau Testament l’exige (Matt. 5:43-48 ; 1 Pierre 2,4) – alors nous devons vivre selon un standard bien plus élevé que les lois de notre pays. Des fois, nous devons même violer certaines lois, si obéir à Dieu l’exige. Le standard du mode de vie américain n’est pas assez élevé pour les Chrétiens. Vivons plus haut que la loi le demande, car éviter le péché l’exige. La loi peut définir ce que le crime est, mais Dieu définit ce que le péché est.

Notre troisième tension dans le texte du chapitre 20 de Lévitique a quelque chose à voir avec la base de Dieu pour identifier certains actes comme crimes capitaux. Cette tension est résolue par LE PRINCIPE TROIS : LES CRIMES CAPITAUX DE LEVITICUS 20 SONT DES VIOLATIONS DE L’ALLIANCE DE DIEU AVEC ISRAEL.

Les crimes dans Lévitique pour lesquels la mort est prescrite sont tous des crimes contre l’alliance de Dieu donné à Israël du mont Sinaï. Le but de l’alliance, Dieu accentuait continuellement, était de séparer Israël des nations autour d’elle, de les distinguer par le moyen de sainteté, comme étant Son peuple (Exode 19:5-6). L’alliance avec Moïse était la définition de la sainteté que Dieu exigeait pour qu’Il puisse vivre parmi ce peuple et pour eux d’être Sa nation sainte. Ainsi, violer cette alliance voulait dire déjouer les buts de Dieu pour Son peuple. Les crimes que Dieu punissait par la mort étaient ceux contre Son alliance.

Pas étonnant que les péchés que Dieu définissait comme crimes capitaux n’étaient pas déclarés des crimes par les Cananéens. Ceux-ci étaient les choses que les Cananéens pratiquaient et promouvaient, et parce qu’ils le faisaient, ils furent expulsés du pays (Lév. 18:1-5,24-30 ; 20:22-26).

Les crimes qui étaient déclarés dignes de la peine de mort dans Lévitique 20 sont ces actes que Dieu appelait auparavant des péchés, et que Son alliance interdisait clairement. La raison pour laquelle toute violation de Son alliance était une offense capitale était que c’était la volonté exprimée de Dieu, la base pour Sa bénédiction ou discipline, le standard pour la sainteté. Que oui ou non l’action apparaissait avoir une grande importance sociale, elle avait une grande signification spirituelle : elle profanerait la terre et le sanctuaire de Dieu, ainsi Lui causant soit de partir, soit d’expulser la nation d’Israël du pays.

Le Peine Capitale Dans le Nouveau Testament

Notre étude de la peine capitale dans Lévitique nous conduit inévitablement au Nouveau Testament, duquel nous dérivons notre quatrième principe. Dans le Nouveau Testament, Dieu est vu exercer la peine capitale sur ceux qui négligeaient Sa nouvelle alliance.

Les mêmes principes que nous avons trouvés dans le chapitre 20 de Lévitique sont trouvés démontrés dans le Nouveau Testament, où Dieu est montré exercer la peine capitale en plusieurs occasions. Quand je parle de « peine capitale » ici, je réfère aux interventions directes de Dieu qui résultèrent en la mort d’individus. Dans ce sens, Dieu « séparait » ces offenseurs.

Ananias et Saphira furent « séparés » pour mentir au Saint-Esprit en ce qui concernait leur cadeau (Actes 5:1-11). Les légalistes galatiens qui pervertissait l’Evangile étaient prononcés « maudits » par l’apôtre Paul (Gal. 1:6-9). Bien qu’ils ne fussent pas mis à mort, ils furent prononcés dignes de mort. Les saints in Corinthe qui observaient malencontreusement le Repas du Seigneur souffrirent de maladies et de mort pour leur négligence (1 Cor. 11:17-34). Ainsi, celui qui négligeait aussi volontairement, reprochait, et persistait dans son péché était livré à Satan, ce qui, à part de la repentance, aurait conduit à la mort (1 Cor. 5:1-5). En plus, remarquez combien fortement Paul réagit à la conduite de Pierre quand il s’aligna avec le séparatisme des païens, basé sur l’inconsistance de cet acte avec l’Evangile (Gal. 2).

Je soutiens donc, que Dieu regarde la négligence pour la Nouvelle Alliance comme une offense encore plus sérieuse que la négligence de l’Ancienne. C’est précisément le point que l’auteur d’Hébreux :

« En effet, si, après avoir reçu la connaissance de la vérité, nous vivons délibérément dans le péché, il ne reste plus pour nous de sacrifice pour les péchés.

   La seule perspective est alors l'attente terrifiante du jugement et le feu ardent qui consumera tous ceux qui se révoltent contre Dieu.

   Celui qui désobéit à la Loi de Moïse est mis à mort sans pitié, si deux ou trois témoins déposent contre lui.

   A votre avis, si quelqu'un couvre de mépris le Fils de Dieu, s'il considère comme sans valeur le sang de l'alliance, par lequel il a été purifié, s'il outrage le Saint-Esprit, qui nous transmet la grâce divine, ne pensez-vous pas qu'il mérite un châtiment plus sévère encore?

   Nous connaissons bien celui qui a déclaré: C'est à moi qu'il appartient de faire justice; c'est moi qui rendrai à chacun son dû, et encore: Le Seigneur jugera son peuple.

   Il est terrible de tomber entre les mains du Dieu vivant!» (Héb. 10:26-31)

Si c’est une offense plus sérieuse – puis-je dire une offense capitale – de négliger et dédaigner l’alliance de Dieu, soit l’alliance avec Moïse ou la Nouvelle Alliance, alors quelles sont les façons que les hommes sont en danger d’utiliser ? Laissez-moi conclure en suggérant quelques dangers très pratiques.

Dangers du Vingtième Siècle

(1) Le danger de rejeter Christ, celui dont le sang versé a établi la Nouvelle Alliance. Il y a un danger qui est commun à tous les hommes, et c’est de loin le plus dangereux. C’est le danger de rejeter Christ, qui est le moyen et le médiateur de la Nouvelle Alliance. Il mourut, endurant la peine de mort que nous aurions du endurer. Si nous rejetons Christ, nous avons commis le plus grave péché, pour lequel la plus grave punition – la mort éternelle – est justement appropriée. Ne rejetez pas Christ et ainsi, négligeant la Nouvelle Alliance que Dieu a conclu avec les hommes à travers Lui.

(2) Les Chrétiens dédaignent et négligent la Nouvelle Alliance quand ils persistent dans le péché. C’est précisément de cela que l’auteur d’Hébreux les avertit. La grâce facile regarde le sang versé de Christ comme une permission de pécher. Christ mourut pour que les hommes arrêtent de pécher. Persister dans le péché est, dans les mots du texte biblique, « bafouer le Fils de Dieu », et regarder « comme impur le sang de l’alliance par lequel il fut sanctifié » (Héb. 10:29). La punition pour une telle négligence est justement des plus sévères.

(3) Les Chrétiens dédaignent et désobéissent la Nouvelle Alliance quand ils refusent d’initier ou de participer à la discipline d’un saint entêté. Comme je comprends la question, la discipline de l’église est la contre partie du Nouveau Testament à la peine capitale de l’Ancien Testament. Dans ce cas, le Chrétien engage la discipline de l’église en réprimandant le/la coupable. Si, après avoir finit la phase de la réprimande (Matt. 18 ; Gal. 6 ; 1 Cor. 5) le saint qui pèche refuse de se repentir, alors l’église doit « se séparer » de lui/elle. A moins que la repentance marche, le processus peut résulter en la mort de l’individu, comme Paul le dit,

« … en vue de la destruction du mal qui est en lui… » (1 Cor. 5:5).

Le saint pécheur ne perd pas son salut,

(«… afin qu'il soit sauvé au jour du Seigneur. » (1 Cor. 5:5)),

Mais il pourrait très bien y perdre sa vie.

Tout comme l’Israélite de l’Ancien Testament négligeait l’alliance de Dieu en manquant de faire quelque chose contre le pécheur (Lév. 20:4-5), le saint du Nouveau Testament fait de même quand il ou elle refuse d’exercer la discipline de l’église.

(4) Nous négligeons l’alliance de Dieu quand nous négligeons ou dédaignons le « signe de l’alliance » du Nouveau Testament – le Repas du Seigneur (Luc 22:14-23 ; 1 Cor. 11:23-26). Le signe de l’Ancienne Alliance était d’observer le sabbat. La violation de cette observance était punie par la mort. Je suis stupéfait à comment il est facile pour les Chrétiens de trouver acceptable de ne pas observer le Repas du Seigneur, le signe de la Nouvelle Alliance. Comment pouvons-nous honorer l’alliance sans observer le signe de l’alliance ? Comment une personne peut aimer sa femme et ne pas avoir de désir d’une union (le signe de cette alliance) sexuelle avec elle ? Nous négligeons la Nouvelle Alliance en nous abstenant de nous souvenir du Repas du Seigneur, le signe de la Nouvelle Alliance. Le contexte du chapitre 10 d’Hébreux immédiatement précédent encourage le Chrétien de ne pas d’oublier de

« … veiller les uns sur les autres pour nous encourager mutuellement… » (Héb. 10:24)

De plus, nous négligeons la Nouvelle Alliance quand nous observons le Repas du Seigneur d’une façon « indigne ». Le 11ème chapitre de 1 Corinthiens nous dit que quelques-uns étaient malades, quelques-uns moururent à cause de la conduite ivre et désordonnée de ceux qui ont observé le Repas du Seigneur, mais d’une façon inappropriée.

(5) Nous négligeons la Nouvelle Alliance quand nous pervertissons les termes de l’alliance – quand nous déformons l’Evangile. Les légalistes d’un coté (Gal. 1:6-8) et les libertins d’un autre (Rom. 6:1 ; 1 Cor. 8-10 ; 1 Pierre 2:16 ; 2 Pierre 2), déformèrent l’Evangile, méprisant ainsi l’alliance, comme Dieu l’avait établie. Ce sont ces choses là qui sont en grand danger du jugement divin.

(6) Nous négligeons la Nouvelle Alliance quand nous manquons de vivre une vie d’un standard plus haut que celui de notre société. Plusieurs fois dans les Ecritures, nous trouvons que Dieu s’attend à ce que le Chrétien vive selon un standard plus haut que les autres autour de lui (Lév. 18:1-5,24-30 ; 20:2-26 ; Matt. 5:43-48 ; 1 Pierre 2:11-25 ; 4). Nous devons vivre des vies différentes pour être « sel » et « lumière » dans notre monde, et pourrions très bien souffrir de la persécution pour le faire (Matt. 5:10-16).

Nous méprisons la Nouvelle Alliance quand nous refusons d’humilier (« mettre à mort) la chair. Dieu a, en Christ, condamné le péché dans la chair. Nous devons humilier nos membres, mettre le péché à mort dans nos vies. C’est le résultat du travail de Christ, et de marcher dans Son Esprit (Rom. 6-8). Ne pas humilier la chair est choisir de suivre Satan et de poursuivre le péché vers son résultat logique et final – la mort (Rom. 8:5-8).

Apprenons à fuir ces choses que Dieu a proclamées dignes de la peine de mort, et vivons dans Son obéissance, honorant Son alliance avec nous.