La Grogne des Hommes et la Grâce de Dieu (Exode 17:1-7)

Introduction

Il y a quelques années j’ai vu un film avec Malcolm Muggridge. Se tenant à coté de la concession funéraire familiale dans un cimetière anglais, ce vieux politicien parlait comme s’il allait bientôt joindre les gens de sa famille qui étaient déjà morts. Je n’oublierais jamais la façon dont il comparait ses peurs et désirs de jeunesse avec ceux de ses vieux jours. Il disait que les choses qui lui semblaient les plus désirables dans sa jeunesse, lui semblaient maintenant d’importance bien minimale, alors que les choses qui l’effrayaient dans sa jeunesse s’étaient avérées être les expériences les plus riches de sa vie.

Je crois que Muggeridge avait raison. Ces choses que nous croyons être les plus importantes s’avèrent souvent être l’opposé, alors que les choses qui semblent être indésirables, même douloureuses, s’avèrent souvent être les plus précieuses et profitables. Notre texte est un excellent exemple. Les Israélites regardaient leur manque d’eau à Rephidim comme un désastre et une indication que Dieu les avait abandonnés pour mourir dans le désert. Ils se demandaient si Dieu était ou non avec eux. En réalité, Dieu était avec eux d’une façon qui était au-delà de leur compréhension, une façon qui serait révélée par l’apôtre Paul des siècles plus tard. Ce qui était apparu être une indication de l’absence de Dieu s’avéra être une des plus dramatiques illustrations de Sa présence, provision, et protection. Ecoutons avec attention les paroles de ce texte, car elles offrent des encouragements à chaque saint qui s’est jamais demandé si Dieu était présent lors d’une période difficile.

Massa et Meriba: L’eau sortant du Rocher (17:1-7)

Quittant le désert de Sin où la provision miraculeuse de la manne de Dieu avait commencé (chapitre 16), les Israélites allèrent d’un endroit à l’autre, comme Dieu les guidait. Il est important de noter que Dieu n’était pas pressé d’amener les Israélites au pays de Canaan. Alors que le « vagabondage dans le désert » d’Israël plus tard était le résultat de leur péché à Qadech (Nombres 13-14), le vagabondage ici devait servir de « camp d’entrainement » à Israël. Les évènements du chapitre 17 arrivent alors qu’Israël campe à Rephidim,173 où il n’y avait pas d’eau pour les Israélites, ni leurs troupeaux.

Il est important de noter que c’était Dieu qui guida Israël à Rephidim où il n’y avait pas d’eau. Les Israélites voyageaient, on nous dit, « s’éloignaient étape par étape selon les directives de l’Eternel ». Bien qu’il ne soit pas référé spécifiquement à la colonne de nuée dans notre texte, on nous avait dit auparavant que Dieu guidait toujours Israël pas les moyens de la colonne de nuée (pendant la journée) et de feu (pendant la nuit, 13:21-22). Bien que les Israélites soient sans eau, il était apparent que c’était la volonté de Dieu que ce soit leur dilemme.

Cependant, la réponse d’Israël à ce manque d’eau n’est pas une simple répétition de leurs actions précédentes.174 Décrite ici est une transgression plus grande que celles que nous avons vu jusqu'à présent. Les Israélites auraient dû apprendre à faire confiance à Dieu pour subvenir à leurs besoins, basé sur Sa provision d’eau à Mara (15:22-26) et de cailles et manne dans le désert de Sin (chapitre 16). De plus, les Israélites ont fait plus que de grogner, ce qu’ils avaient fait auparavant. Avant ça, les Israélites s’étaient plaint de Moïse et d’Aaron (15:24 ; 16:2,7-8), mais maintenant ils se queurellaient175 avec Moïse et étaient prêts à le lapider (17:4). Avant, les Israélites demandaient à Moïse ce qu’ils étaient supposés boire (15:24), mais maintenant ils exigeaient que Moïse leur donne de l’eau. Puisque Moïse avait été capable de miraculeusement rendre potable les eaux de Mara et de produire des cailles et de la manne, les gens semblent exiger qu’il performe un autre miracle pour eux. Comme s’il devait prouver qu’il avait l’autorité de Dieu de les guider en produisant miraculeusement de l’eau.

C’était assez mal que les Israélites se querellent avec Moïse et demandent qu’il leur donne de l’eau, mais le texte nous informe qu’ici ils défiaient aussi Dieu. Moïse accusa le peuple de « vouloir forcer la main de Dieu » dans leur querelle avec lui (17:2). Puisque l’autorité de Moïse est due à sa nomination divine (chapitre 3 et 4), se quereller avec lui était en fin de compte se disputer avec Dieu. Cependant la question n’était pas seulement si Moïse avait le droit de continuer à guider son peuple, mais si Dieu était parmi Son peuple. Le défit des Israélites était, « Dieu est-il parmi nous ou pas ? ». Imaginez cette question étant posée quand la colonne de nuée, dans lequel Dieu était présent et par lequel Il révéla Sa gloire et les guida à cet endroit, planait devant eux. La réprimande de Moise (que le peuple voulait forcer la main de Dieu) tomba dans les oreilles de sourds. Ils commencèrent à énumérer leurs souvenirs des « bons vieux jours » en Egypte, comparés à leurs misères et leur mort presque certaine dans le désert (17:3). Incapable de dissuader le peuple, Moïse ne pouvait qu’implorer l’Eternel (17:4).

La réponse de Dieu était que Moïse devrait marcher au devant du peuple. Parmi autres choses, cela indiquait qu’il ne battait pas en retraite. Cela rappelait aussi la congrégation des Israélites que Moïse était leur chef, parce que quand l’eau jaillit du rocher, le peuple devait suivre Moïse pour la trouver. Quelques anciens accompagnèrent Moïse pour être témoins, il semblerait, de ce nouveau miracle. (La dureté du cœur d’Israël les a-t-il empêché d’être témoins ?) Comme il avait été ordonné, Moïse prit son bâton – le même avec lequel il avait frappé le Nil (17:5). L’Eternel promit à Moïse qu’Il se tiendrait devant Lui au rocher176 d’Horeb.177 Moïse devait frapper le rocher, causant l’eau de jaillir. Quand Moïse le fit, de l’eau en jaillit en abondance, prenant soin des besoins des Israélites. Il nomma l’endroit Massa (Epreuve) et Meriba (Querelle), une épitaphe que les Israélites auraient bien voulu supprimer de leur Histoire.

Il y a beaucoup d’érudits qui essaieraient d’interpréter cette provision miraculeuse d’eau comme étant simplement un phénomène naturel. Par exemple, il y a ceux qui suggèrent qu’il y avait un filon d’eau près de la surface du rocher et que Moïse frappa ce rocher par chance au bon endroit, et qu’il décapsula le filon. Cela semble plus comme la description d’une série américaine « Beverly Hillbillies », comment Jeb Clampett accidentellement découvrit du pétrole sous ses terres – un coup de fusil accidentellement tiré dans le sol fit monter le pétrole à la surface.178

Ce que Massa et Meriba veulent dire

L’incident à Massa et Meriba179 est original en deux façons très différentes. Les évènements de ce chapitre sont développés en deux thèmes majeurs dans les Ecritures. Premièrement, Massa et Meriba deviennent une épitaphe de la dureté des cœurs des Israélites (et pas seulement cette première génération) ainsi que ceux des Païens. Deuxièmement, Massa et Meriba est une évidence de la grâce de Dieu et de Sa présence et provision pour Son peuple. Nous allons explorer ces deux thèmes et leur relation l’un avec l’autre.

Massa et Meriba : La Dureté du Cœur de l’Homme

Cet incident est bien plus qu’une occurrence de « folie temporaire de congrégation », comme l’excuse contemporaine du péché est si souvent appelée. Les Israélites n’avaient pas simplement momentanément « perdus la boule ». Malheureusement, cet incident est typique de l’obstination d’Israël. Moïse les informa que c’était typique de leur obstination et de leur rébellion contre Dieu :

« Sache donc bien que ce n'est pas parce que tu es juste que l'Eternel ton Dieu te donne ce bon pays en possession; en fait, tu es un peuple rebelle.

   ---Rappelle-toi --- et ne l'oublie jamais --- combien tu as provoqué la colère de l'Eternel ton Dieu dans le désert: depuis le jour où vous êtes sortis du pays d'Egypte jusqu'à votre arrivée en ce lieu-ci, vous n'avez cessé de lui désobéir.

   Souvenez-vous en particulier à quel point vous avez irrité l'Eternel au mont Horeb[a]: il s'est emporté contre vous au point de vouloir vous exterminer. » (Deut. 9:6-8,24 ; Heb.3:10)

La grogne des Israélites dans le désert était donc un problème persistant, pas rare. De plus, le péché de cette première génération d’Israélites fut presque identiquement reproduit par la seconde génération, quelques années plus tard (Nombres 20:1-13). Le problème de grogner en est un qui est commun à chaque génération, à toute période. Donc, dans le Vieux Testament nous trouvons fréquemment des allusions aux évènements de Massa et Meriba.180 

« Aujourd'hui, si vous entendez sa voix,

   ne vous endurcissez pas comme à Mériba,
      comme au jour de l'incident de Massa dans le désert:

   «Vos ancêtres m'ont défié voulant me forcer la main,
      bien qu'ils m'aient vu à l'action. » (ps. 95:7b-9)

Le Nouveau Testament reprend aussi « Massa et Meriba », faisant de cet incident une leçon pour les Chrétiens d’aujourd’hui (Héb. 3 et 4 ; 1 Cor. 10:1-13). Nous devons donc conclure que les problèmes qui étaient à la base de Massa et Mariba sont universels. Alors, cherchons à explorer la nature du péché des Israélites ainsi que la solution que Dieu a pour ce péché.

(1) les actions d’Israël à Massa et Meriba furent créés pour tester181 Dieu (Exode 17:2,7 ; Deut. 6:16 ; Ps. 106:14). Le manque d’eau d’Israël était par un plan divin, car Dieu testait les Israélites par leur reponse à l’adversité :

« Tu étais dans la détresse: tu m'as appelé,
      et je suis venu pour te délivrer, je t'ai répondu du sein de l'orage,
      et je t'ai mis à l'épreuve près des eaux de Mériba.
      Pause » (Ps. 81:8 ; Deut. 8:2,16).

C’était bien de Dieu de tester les Israélites, car cela révéla la condition honteuse de leurs cœurs. Ça révéla leur volonté et leurs têtes dures et prouva que Dieu les bénissait toujours sur la base de Sa grâce, par leurs travaux. Dieu a le droit de tester Ses créatures, et Ses tests sont toujours pour notre bien (Deut. 8:16).

D’un autre coté, aucune créature n’a le droit de « forcer la main de Dieu ». Le faire est exiger que Dieu Se prouve d’une façon que nous dictons. Dieu S’est prouvé plus que suffisamment dans les miracles de l’exode. Israël ne manquait pas d’évidences ; ils manquaient seulement de foi. Si Dieu était parmi eux, alors qu’Il le prouve en leur donnant de l’eau, là et maintenant. Quelle arrogance ! Si inapproprié ! Si honteux ! La créature exige que le Créateur marche à la baguette.

(2) la demande d’Israël que Dieu prouve Sa présence parmi eux trahit leur manque de foi en Lui. Les Ecritures indiquent que les actions d’Israël à Massa et Meriba trahissaient des cœurs qui étaient endurcis et incrédules :

« ne vous endurcissez pas comme à Mériba,
      comme au jour de l'incident de Massa dans le désert[c]:

   «Vos ancêtres m'ont défié voulant me forcer la main,
      bien qu'ils m'aient vu à l'action. » (Ps. 95:8-9)

Ils ne croyaient pas en Sa promesse. Ils grognaient dans leurs tentes et n’ont pas obéi le Seigneur (Ps. 106:24b-25 ; Héb. 3:12,19).

« Ils se sont dérobés comme leurs pères et ils ont agi sans fidélité.
      On ne pouvait pas leur faire confiance pas plus qu'à l'arc dont la flèche dévie. » (Ps. 78:57)

Satan défia notre Seigneur de prouver qu’Il était le Fils de Dieu en sautant du toit du temple, mais notre Seigneur le réprimanda avec une référence au mal commit par les Israélites en forçant la main de Dieu à Massa et Meriba (Matt. 4:5-7). Satan n’avait pas le droit de défier le Fils de Dieu d’une telle façon, car cela suggérait que Dieu soit si peu fiable qu’Il doit Se justifier. Les chefs religieux juifs défiaient constamment Jésus de Se justifier en leur donnant un signe (Matt. 12:38), un challenge qu’Il refusa d’accepter (Matt. 12:39).

Quand nous demandons que quelqu’un se justifie à nos yeux, nous révélons notre manque de confiance en eux. Par exemple, les U.S.A. et la Russie essayent fréquemment d’arriver à quelque sorte d’accord en ce qui concerne les armes nucléaires. Les Russes continuent à essayer de négocier un agrément sans « inspections à vue ». Les Etats-Unis insistent que de tels « inspections » fassent parties de l’agrément. La raison pour cette insistance est simple – nous ne faisons pas confiance aux Russes. Exiger que Dieu Se justifie trahit notre manque de confiance en Lui. Ce n’est pas Lui qui n’est pas digne de confiance ; c’est nous. Quand nous exigeons que la Russie prouve son intégrité, nous sommes judicieux. Quand nous exigeons une telle preuve de Dieu, nous sommes des fous.

Une illustration magnifique du genre de confiance en Dieu qui ne « force pas la main de Dieu » est trouvée dans Daniel 3. Chadrak, Méchak et Abed-Nego refusèrent de se prosterner devant la statue d’or de Nabuchodonosor, même quand ils furent menacés d’être jeté dans la fournaise. Quand ils parlèrent au roi, ils dirent:

« Si nous sommes jetés dans la fournaise où brûle un feu ardent, notre Dieu que nous servons peut nous en délivrer, ainsi que de tes mains, ô roi!

   Mais même s'il ne le fait pas, sache bien, ô roi, que nous n'adorerons pas tes dieux et que nous ne nous prosternerons pas devant la statue d'or que tu as fait ériger. » (Dan. 3:17-18)

La foi a confiance en Dieu, même quand le résultat semble être fatal.182 Les Israélites auraient dû savoir que Dieu leur avait promis de libérer, pas de les détruire, et qu’Il les avait toujours protégés et prit soin de leurs besoins, peu importe comment les choses semblaient être. Et pourtant, quand ils manquèrent d’eau, ils doutèrent la présence de Dieu et exigèrent un miracle pour que Dieu se justifie une fois de plus.

(3) Les actions d’Israël à Massa et Meriba révèlent leur manque de patience. Dieu n’aurait pas permit à Son peuple de mourir de soif, comme ils accusaient. S’ils avaient attendu, Dieu aurait fournit de l’eau pour eux. Leur manque de foi fut manifestée dans leur impatience :

« Mais, bien vite ils ont oublié ses actes,
      ils n'ont pas eu confiance en ses projets. » (Ps. 106:13)

A chaque fois qu’Israël manqua soit d’eau ou de nourriture, Israël agit prématurément. Dieu aurait fournit ce que Son peuple avait besoin en Son temps, mais c’était trop tard en ce qui concernait les Israélites. L’incrédulité est souvent hâtive ; la foi est patiente et endure.

(4) La réponse d’Israël à Massa et Meriba était un acte de désobéissance. La première fois qu’ils eurent soif à Massa (Exode 15:22-26) était une occasion pour Dieu de tester Son peuple (15:25), autant que de leur apprendre :

« ---Si vous écoutez attentivement l'Eternel votre Dieu, et si vous faites ce qui est droit à ses yeux, si vous êtes attentifs à ses commandements et si vous obéissez à toutes ses lois, je ne vous infligerai aucune des maladies dont j'ai frappé les Egyptiens; car je suis l'Eternel qui vous apporte la guérison. » (Exode 15:26)

Quand Israël testa Dieu à Massa et Meriba, Dieu vit leurs actions comme de la désobéissance :

« Ils ont méprisé un pays de rêve
      parce qu'ils n'ont pas cru à sa parole. » (Ps. 106:24 ; Heb. 3:16,18 ; 4:6,11).

La question à laquelle nous devons répondre ici est, « Au juste quel commandement de Dieu les Israélites ont-ils désobéi à Massa et Meriba ? » Les seuls commandements donnés jusqu'à présent étaient généraux (15:26) et ceux qui étaient spécifiquement liés au ramassage et à l’usage de la manne dans le chapitre 16. Je crois que la réponse est dans le premier verset du chapitre 17 :

« Toute l'assemblée des Israélites s'éloigna étape par étape du désert de Sin selon les directives de l'Eternel. »

Notre texte nous informe que la direction que Dieu donna aux Israélites était un ordre. Quand Israël résista Moïse et insista qu’il les avait guidés dans le désert pour les laisser mourir de soif, ils se rebellèrent contre l’autorité de Dieu, et ils désobéirent Son ordre. Dans la leçon précédente, j’avais comparé la grogne des Israélites à la désobéissance. Maintenant, à la vue des commentaires de Dieu sur ce chapitre, je dois confirmer que c’est bien de la désobéissance.

(5) A Massa et Meriba, Israël douta la présence de Dieu parmi eux. Il est incroyable qu’Israël doutait que la présence et le pouvoir de Dieu étaient parmi eux (17:7). Dieu avait prouvé Sa présence et Son pouvoir tant de fois en si peu de temps – à la période de fléaux, à la traversé la Mer Rouge, et dans Sa provision d’eau et de nourriture. De plus, la présence de Dieu était manifestée dans le nuage (13:21-22 ; 16:11). Néanmoins, l’absence d’eau incita les Israélites à suspecter l’absence de Dieu.

Massa et Meriba : Une Photo de la Présence et de l’Autorité de Dieu.

La chose incroyable à propos de cet incident à Massa et Meriba est que Dieu donna gracieusement à Son peuple grognon de l’eau en abondance, par l’intermédiaire du rocher d’Horeb. En dépit du grand péché du peuple, se querellant avec Moïse et en essayant de forcer la main de Dieu, ils reçurent abondamment ce dont ils avaient besoin. A cause de cela, le rocher de Massa et Meriba devint rapidement un symbole de la présence et du pouvoir de Dieu parmi Son peuple. Ce n’est pas étonnant que l’Eternel soit vénéré comme étant le « rocher » d’Israël dans le « Cantique de Moïse» :

« Car je vais proclamer comment est l'Eternel.
      Célébrez la grandeur de notre Dieu!

   Il est comme un rocher, ses œuvres sont parfaites,
      tout ce qu'il fait est juste. » (Deut. 32:3-4a ; aussi versets 13,15,18)

Psalm 95 commence,

« Venez, crions notre joie en l'honneur de l'Eternel!
      Louons le Seigneur! Acclamons notre rocher car il est notre Sauveur! » (95:1)

Le rocher de Massa et Meriba devint le symbole de la présence de Dieu avec Son peuple. A partir de ce moment là, le « rocher » devint donc un terme fréquemment utilisé pour faire allusion à la fidélité de Dieu en parlant de fournir tout ce que Son peuple avait besoin :

« Il fendit la roche, et l'eau en jaillit.
      A travers la steppe aride, elle coula comme un fleuve,

    car il se souvint d'Abraham, son serviteur,
      et de la promesse sainte qu'il lui avait faite. » (Ps. 105:41-42)

« Je les nourrirais de fleur de froment,
      et je les rassasierais du miel d'abeilles sauvages» » (Ps. 81:17)

Le rocher d’Exode 17 est donc utilisé comme symbole de l’espoir d’Israël pour l’avenir, parce qu’il symbolisait la fidélité de Dieu pour Son peuple dans le passé quand Il promit de leurs être fidèle dans l’avenir :

« Quand il les a conduits à travers le désert,
      ils n'ont pas souffert de la soif
      car il a fait couler pour eux l'eau du rocher;
      il a fendu le roc,
      et les eaux ont jailli. » (Ésaïe 48:21)

Alors que les saints du Vieux Testament regardaient Dieu comme leur « rocher », il y avait encore un sens impénétrable de ce symbole qui fut révélé par l’apôtre Paul après la venue du Christ. Les paroles de Paul sont à la fois profondes et perplexes quand il écrit,

« Ils ont tous mangé une même nourriture spirituelle.

   Ils ont tous bu la même boisson spirituelle, car ils buvaient de l'eau jaillie d'un rocher spirituel qui les accompagnait; et ce rocher n'était autre que le Christ lui-même. » (1 Cor. 10:3-4)

Les Juifs avaient une légende concernant le rocher, qui suivait les Israélites dans le désert, et quelques érudits semblent penser que Paul, en quelque sorte, adopta cette histoire ou la modifia. La clef pour comprendre ce que Paul veut dire quand il parle du Christ comme étant le rocher qui suit Israël est le terme « spirituel (le) », trouvé trois fois dans ces deux versets.

Paul pourrait peut-être spiritualiser le rocher, utilisant le terme « spirituel (le) » pour que l’expérience des Israélites puisse ressembler à celle des Corinthiens. Tous les deux eurent leurs baptêmes (Israël dans le nuage et dans la mer par Moise ; Les Corinthiens dans les eaux de baptême par Christ (1 Cor. 1:13-17 ; 12:12)). Tous les deux avaient aussi leurs « nourritures spirituelles » - les Israélites eurent leur pain et leur eau ; les Corinthiens eurent leur pain et leur vin. D’autres explications de ce texte ont aussi été offertes.183

Dans quel sens doit notre Seigneur être identifié avec le rocher dans le désert ? Je ne crois pas que nous devrions aller jusqu'à dire que notre Seigneur Se soit actuellement manifesté à Israël en rocher. Le Seigneur dit à Moise,

« Quant à moi, je vais me tenir là devant toi sur un rocher du mont Horeb » (Exode 17:6)

Il y a une différence énorme entre notre Seigneur se tenant à coté de ce rocher et Lui étant ce rocher. Néanmoins, notre seigneur était étroitement associé avec le rocher, ce que Paul suggère. Cela aide à expliquer pourquoi Dieu regarda l’action de Moïse quand il frappa le rocher dans Nombres 20 comme un péché très important, si sérieux que cela empêcha Moïse et Aaron d’entrer la terre promise avec la deuxième génération d’Israélites.

Pour ce que nous faisons, il n’est pas nécessaire de connaitre le sens exact des paroles de Paul dans 1 Corinthiens 10. Ce que nous devons comprendre est que Paul nous informe que Dieu était présent avec les Israélites en la personne de Son Fils. Bien que les Israélites croyaient que l’absence d’eau dans le désert était suffisante pour eux de conclure que Dieu les avait abandonnés, Paul nous dit que Christ Lui-même était présent avec eux.

Voici l’ironie de ce passage. Au moment où les Israélites étaient enclins à douter (ou au moins à débattre) la présence de Dieu, le texte nous informe que Dieu était très présent, et le Nouveau Testament va jusqu'à nous dire que Christ était Lui aussi présent. Est-ce que Dieu était présent ? Plus qu’ils n’auraient jamais pus imaginer !

La grande surprise est comment la perception d’Israël, que Dieu était absent, pouvait être si loin de la réalité. Comment les Israélites pouvaient-ils questionner la présence de Dieu parmi eux quand il est si évident qu’Il était présent ? J’aimerais suggérer que les raisons pour lesquelles Israël doutait la présence de Dieu et exigeait Ses provisions sont les mêmes causes de doutes parmi les Chrétiens contemporains. La question est celle-là : « Quelles sont les évidences de la présence et du pouvoir de Dieu, soit dans les temps passés ou aujourd’hui ? » Les réponses qui sont communément admises révèlent le manque de profondeur de notre compréhension biblique et doctrinaire.

Quelles sont les évidences de la présence et du pouvoir de Dieu que nous cherchons dans la vie d’une personne que nous croyons est vertueuse ? Je suggèrerais que nous, comme les dirigeants religieux juifs de l’ancien temps, avons tendances à voir essentiellement les apparences extérieures – succès, popularité, une vie sans épreuves, souffrances et chagrins. Ce n’est pas étonnant que les dirigeants de notre église soient souvent choisis parmi les échelons supérieurs des couches socio-économiques.

Quelles sont les évidences de la présence et du pouvoir de Dieu que nous cherchons dans une église ? La plupart du temps, nous regardons à la taille de l’église, ses employés, et son budget.184 S’il y a une disposition à l’exaltation et que nous partions excités, nos problèmes résolus, nous pensons que Dieu est présent dans cette église. A part l’église de Jérusalem dans les premiers chapitres d’Actes, combien d’églises trouvez-vous dans le Nouveau Testament correspondent à vos standards d’une église « remplie de Dieu » ?

C’est pourquoi il est très difficile de croire que Dieu est présent quand les choses ne vont pas bien. Il est difficile de croire que Dieu guiderait Son peuple ou Son église dans des temps et des circonstances difficiles. Mais quand nous pensons comme ça, nous ne sommes pas différents des Israélites. Nous doutons la présence et le pouvoir de Dieu quand les choses ne vont pas comme nous le voudrions. Nous manquons de comprendre la nécessité et l’importance de l’école de la discipline par laquelle Dieu fait passer tous Ses enfants (incluant même Son Fils, Héb. 5:7-10).

C’est ici que les deux thèmes importants convergent, nous donnant un principe par lequel nous pouvons faire face aux adversités de la vie avec foi, plutôt qu’avec peur, et par lequel nous pouvons faire confiance à Dieu, au lieu de le tester : DIEU REVELE SOUVENT SA PRESENCE PAR LES CIRCONSTANCES DANS LESQUELLES IL SEMBLE ETRE ABSENT. Ce principe est une image des deux thèmes principaux de notre texte : (1) que les Israélites doutaient la presence et le pouvoir de Dieu et exigeaient des preuves ; Et (2) que Dieu était bien plus présent avec Israël à Massa et Meriba que les Israélites pouvaient réaliser. Cela m’amène à généraliser les traitements de Dieu avec Son peuple en signalant que Dieu utilise ces périodes dans lesquelles nous supposons qu’IL est absent pour nous montrer combien Il est réel et avec nous.

Comment pouvons-nous être assurés de la présence et du pouvoir de Dieu avec nous ? Permettez-moi de souligner quelques-unes des assurances que les Chrétiens ont de la présence de Dieu parmi nous, spécialement dans les périodes difficiles :

(1) Le nom de notre Seigneur nous assure de Sa presence parmi nous. Quand notre Seigneur Jésus Christ est venu sur la terre, un bébé dans une mangeoire, on nous dit ce que Son nom voulait dire :

« Tout cela arriva pour que s'accomplisse cette parole du Seigneur transmise par le prophète:

   Voici, la jeune fille vierge sera enceinte.
      Et elle enfantera un fils
      que l'on appellera Emmanuel,
      ce qui veut dire: Dieu est avec nous. » (Matt. 1:22-23)

Le nom de notre Seigneur, « Emmanuel » nous assure que Dieu est avec nous en la personne du Christ, tout comme Paul dit qu’Il était présent avec Israël à Massa et Meriba.

(2) Notre Seigneur est venu sur terre, non pas pour être avec ceux qui étaient aisés, mais pour s’occuper de ceux qui étaient affligés. Quand notre Seigneur fut questionné à propos de Son contact avec les « pécheurs » Il répondit,

« ---Les bien-portants n'ont pas besoin de médecin; ce sont les malades qui en ont besoin. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. » (Marc 2:17)

Et quand le Seigneur Jésus Se présenta au début de Son ministère, Il Se révéla comme la réalisation de ce passage prophétique :

« L'Esprit du Seigneur repose sur moi
      parce qu'il m'a désigné par l'onction
      pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres.
      Il m'a envoyé pour proclamer aux captifs la libération,
      aux aveugles le recouvrement de la vue,
      pour apporter la délivrance aux opprimés » (Luc 4:18, citant Ésaïe 61:1,2)

(3) Dieu contrôle souverainement tous les détails de nos vies. Donc, nous sommes tous où Dieu veut que nous soyons, même quand nous sommes en danger. Nous lisons dans Exode 17:1 qu’Israël « s'éloigna étape par étape du désert de Sin selon les directives de l'Eternel ». Dieu sera avec nous à l’endroit où Il nous guidera.

(4) Dieu utilise les situations d’adversité pour nous attirer plus près de Lui. On nous dit que l’adversité d’Israël fut créée par Dieu pour leur propre bien :

« qui (Il) t'a conduit à travers ce vaste et terrible désert peuplé de serpents venimeux et de scorpions, dans des lieux arides et sans eau où il a fait jaillir pour toi de l'eau du rocher le plus dur.

   Dans ce désert, il t'a encore nourri en te donnant une manne que tes ancêtres ne connaissaient pas. Il a fait tout cela afin de te faire connaître la pauvreté et de te mettre à l'épreuve, pour ensuite te faire du bien. » (Deut. 8:15-16)

Donc, les difficultés qui arrivent dans nos vies arrivent toutes sous le contrôle souverain de Dieu, créées pour produire (à la fin) ce qui est bon pour nous. L’adversité n’est donc pas une preuve de l’absence de Dieu mais de Sa présence avec Son peuple (Héb. 12:1-13). Alors l’auteur des Psaumes peut dire,

« Avant d'être humilié, je faisais fausse route,
      mais maintenant, j'observe ta parole.

   Que tu es bon et bienfaisant:
      enseigne-moi tes volontés! » (Ps. 119:67-68)

« Il m'était bon d'être affligé
      afin d'apprendre tes préceptes.» (Ps. 119:71)

(5) Dieu promet à Ses enfants qu’Il est toujours avec eux et qu’Il ne les abandonnera jamais.

« allez donc dans le monde entier, faites des disciples parmi tous les peuples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit

   et apprenez-leur à obéir à tout ce que je vous ai prescrit. Et voici: je suis moi-même avec vous chaque jour, jusqu'à la fin du monde. » (Matt. 28:19-20)

Ne tombez pas amoureux de l’argent et soyez content avec ce que vous avez, car Dieu a dit,

« Que votre conduite ne soit pas guidée par l'amour de l'argent. Contentez-vous de ce que vous avez présentement. Car Dieu lui-même a dit: Je ne te laisserai pas: non, je ne t'abandonnerai jamais. » (Heb. 13:5)

(6) L’Esprit de Dieu a été donné pour témoigner de Sa présence intérieure et pour intercéder pour nous, spécialement dans les temps d’adversité.

« En effet, vous n'avez pas reçu un Esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la crainte: non, vous avez reçu l'Esprit qui fait de vous des fils adoptifs de Dieu. Car c'est par cet Esprit que nous crions: Abba, c'est-à-dire Père!

   L'Esprit Saint lui-même et notre esprit nous témoignent ensemble que nous sommes enfants de Dieu.

   Et puisque nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers: héritiers de Dieu, et donc cohéritiers du Christ, puisque nous souffrons avec lui pour avoir part à sa gloire. 

De même, l'Esprit vient nous aider dans notre faiblesse. En effet, nous ne savons pas prier comme il faut, mais l'Esprit lui-même intercède en gémissant d'une manière inexprimable.

  Et Dieu qui scrute les cœurs sait ce vers quoi tend l'Esprit, car c'est en accord avec Dieu qu'il intercède pour ceux qui appartiennent à Dieu.» (Rom. 8:15-17,26-27)

Je suggèrerais que bien que nous ne soyons pas impatients de faire l’expérience de ces périodes d’adversité et de tests, (c’est-à-dire, Dieu nous testant), celles-ci sont souvent les temps où Dieu devient plus présent et plus précieux pour nous. Beaucoup de relations divines furent formées dans le calme et la solitude de nos situations de traversée du désert, quand nous reconnaissons qu’à part l’interventions et les provisions divines, on n’y survivait pas.

Bien trop souvent, nous pensons aux relations en termes : « chaleureuses, agréables », plutôt qu’en termes comme le « désertique ». Nous aimons penser aux relations étant intimes et partagées avec d’autres Chrétiens, et, en partie, elles sont comme ça. Mais pour être très franc avec vous, la plupart des hommes avec lesquels Dieu eut une relation apprirent l’obéissance par des expériences de solitude dans leur vie. Ce fut comme ça pour Abraham, pour Jacob, Joseph, David, et l’apôtre Paul, pour n’en mentionner que quelques-uns.

Faire des disciples est le processus d’être discipliné, étant des élèves et des adeptes de Christ. Généralement parlant, nous arrivons au plus grand niveau de confiance et de foi quand Dieu enlève tout ce en quoi nous comptons et qu’Il ne nous laisse qu’avec Lui. Devenir un disciple n’est pas un processus confortable. Et donc, nous devrions nous attendre à des difficultés, et en même temps, nous attendre à ce que notre Seigneur soit plus près de nous qu’Il n’ait jamais été.

Est-il possible que vous soyez dans une sorte de désert, mes amis, alors même que vous lisiez les mots de ce chapitre ? Si oui, je suggèrerais que Dieu a pu créer cela pour que vous vous rapprochiez de Lui, d’une façon bien plus intime que vous connaissiez auparavant. Peut-être vous n’avez jamais réalisé que Christ est votre Sauveur personnel. Dieu a peut-être enlevé tout le soutien de votre vie, comme Il l’a fait avec Israël, pour que vous puissiez arriver au point où vous n’avez plus personne excepté un gracieux et tendre Dieu auquel vous pouvez faire confiance – d’abord pour votre salut – et puis pour votre sanctification (votre croissance dans Sa grâce).

Si vous êtes un Chrétien et vous entrez dans une expérience de désert, je vous conseille de faire confiance et d’obéir Dieu, de Le chercher d’une façon intime. Tout comme Dieu créa l’incident de Massa et Meriba pour le bien d’Israël, Il a peut-etre aussi créé votre expérience de désert pour votre bien. Demandez à Dieu de se révéler à votre cœur et votre esprit d’une nouvelle façon, et Il le fera.


173 “Rephidim has been identified with two places. The first is Wadi Feiran which leads up to Mount Sinai. Others have identified it with Wadi Refayid. This latter suggestion seems desirable because the name is similar to the biblical name and it is within several hours’ reach of the wilderness of Sin.” John J. Davis, Moses and the Gods of Egypt (Grand Rapids: Baker Book House, 1971), p. 184.

174 “This is the second of three accounts of murmuring caused by thirst (cf. 15:22-27; Num. 20:1-3): Marah-Massah, Massah-Meribah, and Meribah-Kadesh. … In the first account (15:22-27) Yahweh provides Israel with a law or statute by which to test its faithfulness toward him. This account features the spirit of rebellion in the people. The third account (Num. 20:1-13 …) cites Moses’ own lack of faith.” J. Edgar Park, “Exodus,” The Interpreter’s Bible (New York and Nashville: Abingdon-Cokesbury Press, 1952), I, p. 957.

175 “This verb [quarreled] is the key word of the passage, explaining why the name ‘Meribah’ (‘argument’ or ‘strife’) is used for the place afterwards.” R. Alan Cole, Exodus: An Introduction and Commentary (Downers Grove: Inter-Varsity Press, 1973), p. 134. “The faultfinding with Moses … has the nature of a legal argument. The people challenged Moses to justify his leadership by providing water; rather, they insist their thirst denies the validity of his position. The contention, says Moses, is tantamount to putting the Lord to the proof (cf. 16:7-8). The Hebrew verb … means ‘to test,’ ‘to see’ (or ‘to doubt’) whether one will act in a certain way. It does not imply provoking one to act in a certain way, as the English verb tempt (KJV) now does.” Interpreter’s Bible, I, p. 958.

176 The definite article (the) implies that there is a particular rock referred to here, not just any rock: “The reference is, it seems, to a particular rock on Mount Horeb. It is so interpreted by Josephus (Antiquities III. l. 7) … In I Cor. 10:4, Paul reveals his knowledge of this legend and seems to take it seriously, ‘The supernatural Rock which followed them.’” Interpreter’s Bible, I, p. 959.

177 There is no concensus as to the meaning of “Horeb” or where it was located. For a discussion of this matter cf. W. H. Gispen, Exodus, trans. by Ed van der Maas (Grand Rapids: Zondervan Publishing House, 1982), pp. 166-167.

178 “The only reasonable explanation for this event is that God again intervened miraculously. It is not sufficient to argue that Moses struck a rock accidently and due to the closeness of the water to the surface discovered the answer to his problem.” Davis, p. 185.

179 In the Old Testament and the New (e.g. Psalm 95 and Hebrews 3 and 4) the “Massah and Meribah” include a broader reference than just Exodus 17. Also included would be the later incident in Numbers 20:1-13, which involved the second generation of Israelites.

180 Some of the references to the events or imagery of Massah and Meribah are: Num. 20:1-13; Deut. 6:16-17; 8:15; 32:4, 13, 15, 18; 33:8; Neh. 9:15; Psa. 78:15-16, 35, 56; 81:7, 16; 95; 105:41; 106:7, 13-14, 25, 29, 32; 114:8; Isa. 48:21; 1 Cor. 10:1-13; Heb. 3 and 4.

181 “Testing as used here means to invoke the Lord’s power, not in faith, but with challenge and irreverance, which is precisely what Israel was doing. It was an expression of discontent rather than a prayer.” Gispen, p. 165.

182 Notice, for example, how often death is referred to either directly or by inference in Hebrews 11.

183 Often in 1 Corinthians, the term “spiritual” refers to that which is produced by the Holy Spirit. Spiritual gifts, for example, are the gifts which the Spirit gives. So, too, the spiritual food and drink of the Israelites was the water and manna which God provided, as the “spiritual rock” is likened to our Lord, who miraculously accompanied His people.

184 Gordon MacDonald has recently written, “We assume that the larger the church, the greater its heavenly blessing. The more information about the Bible a person possesses, we think, the closer he must be to God. Because we tend to think like this, there is the temptation to give imbalanced attention to our public worlds at the expense of the private. More programs, more meetings, more learning experiences, more relationships, more busyness; until it all becomes so heavy at the surface of life that the whole thing trembles on the verge of collapse.” Gordon MacDonald, Ordering Your Private World (New York: Oliver Nelson, 1984), p. 16. I highly recommend this excellent book for your reading.