Le Cantique de Moïse (Exode 15)

Introduction

Il y a quelques années, un enfant fut tué dans un accident. L’enfant était le fils du prêtre d’une église très libérale. Ses funérailles furent une des occasions les plus tristes parce qu’il n’y avait aucune évidence d’une vraie foi chrétienne de la part de ceux les plus intimement impliqués. Je n’oublierais jamais la chanson* qui fut choisie pour représenter l’affirmation de foi du petit garçon.

La première grande affirmation de foi d’Israël fut aussi exprimée dans un cantique, mais un genre très différent de cantiques. Certains ont intitulé ce cantique, « La Cantique de Moïse ». Puisque ce n’est pas le seul cantique de Moïse (Deut. 32 ; Ps. 90), ce titre est assez définitif, le liant à la traversée de la Mer Rouge par Israël, décrite dans Exode chapitre 14.

L’oppression de 400 ans d’Israël en Egypte que Dieu avait prédit à Abraham (Gen. 15:13-15) se terminait maintenant, réalisée précisément, jusqu’au dernier jour (Exode 12:40-41).155 L’affliction des Israélites fut remarquée par Dieu qui avait fait une alliance avec Abraham pour le bénir à travers ses descendants, les délivrerde l’esclavage et les emmener au pays de Canaan. Envoyant Moïse à Pharaon, Dieu força ce tyran réticent à libérer les Israélites par les dix fléaux accomplis par la main de Moïse. La mort des premiers-nés males des Egyptiens les obligea même a pousser les Israélites à quitter leur cadre de vie, leur fournissant des cadeaux de tous ce que l’Egypte avait de mieux (Exode 12:31-36). Après que les Israélites soient partis, Pharaon et ses officiels changèrent d’idée, et avec le rapport qui les a fait croire que les Israélites vagabondaient, perdus dans le désert, ils les poursuivirent, jusqu'à et même dans la Mer Rouge, où ils furent détruits quand les eaux de la mer se remirent en place (Exode 13:17-14:31).

La délivrance des Israélites et la défaite des Egyptiens est une occasion pour le cantique qui est enregistré dans le chapitre 15 d’Exode. Il semblerait que Moïse ait écrit ce cantique, qui est sans surprise la lumière des autres cantiques qu’il a écrits (Deut. 32 ; Ps. 90). La disposition du cantique est triomphale. Il est une description de la puissance de Dieu, le défendeur d’Israël, mise en évidence par la destruction de l’armée égyptienne et dans la délivrance d’Israël par le moyen de la Mer Rouge. La victoire récente de Dieu à la Mer Rouge est vue comme une garantie de la réalisation de Ses desseins pour Israël dans l’avenir, spécialement dans la défaite de leurs ennemis et leur possession de Canaan.

La structure d’exode 15 est sans surprises. Les versets 1-21 contiennent le « Cantique de Moïse ». Les versets 22-26 décrivent l’incident de Mara, occasionné par la soif des Israélites et l’eau amère qu’ils trouvèrent là. Le verset 27 enregistre l’arrivée des Israélites à Elim, où il y avait de l’eau en abondance.

La Victoire de Dieu sur les Egyptiens à la Mer Rouge (15:1-12)

Généralement parlant, la structure du « Cantique de Moïse » est sans surprises. Il n’y a que deux divisions : (1) Ce que Dieu fit pour Israël en noyant les Egyptiens dans la Mer Rouge (vs. 1-12) ; (2) Ce que Dieu fera sûrement pour Israël dans l’avenir (vs. 13-21). Des distinctions plus fines peuvent être tirées, mais il y a moins d’agrément quand quelqu’un devient plus détaillé dans l’épluchage de la chanson.

Apparemment, Moïse écrivit le cantique,156 et aurait conduit Israël quand ils l’ont chanté. Le premier couplet,

« Je veux chanter pour l'Eternel,
      il a fait éclater sa gloire,
      il a culbuté dans la mer le cheval et son cavalier. » (v.1)

est chanté aussi par Myriam,157 qui conduisait les femmes en chanson avec presque les mêmes mots et en dansant :

« Chantez pour l'Eternel:
      il a fait éclater sa gloire,
      il a culbuté dans la mer
      le cheval et son cavalier. » (v. 21)

Pendant que ce cantique était chanté par tout le monde comme l’expression de louanges et de remerciement à Dieu par Israël pour leur délivrance d’Egypte en traversant la Mer Rouge, les versets 1 et 2 expriment cette louange à la première personne et au singulier. Les pronoms de la première personne « Je » et « mon » rendent cette louange très personnelle.

D’une façon très typique de psaumes, les actions de Dieu sont vues comme évidences de Sa nature et de son caractère. En conséquences, la défaite des Egyptiens est décrite en images poétiques. La délivrance de Dieu est alors vue en relation au caractère de Dieu qui est démontré dans Sa délivrance.

Avec des touches poétiques dramatiques, l’évènement qui vient juste d’arriver au milieu de la Mer Rouge est décrit. Bien que des forces naturelles soient employées, elles sont vues comme miraculeuses, produites par l’intervention et la participation directe de Dieu. Le Seigneur est dit avoir « jetés (les Egyptiens) à la mer » ( v.4). Ils ont coulé comme une pierre dans les profondeurs158 de l’abîme (v. 5). Les vents sont décrits comme venant du « souffle de Dieu » (v. 8). Les eaux « furent figées » comme « un rempart » (v. 8). La souveraineté de Dieu est évidente par Son control sur les forces de la nature (le vent, les eaux), et par Sa capacité, étant le Créateur de causer la nature à agir anormalement (« eaux figées » comme un rempart).

Dans les versets 9 et 10, la souveraineté de Dieu est vue dans Sa capacité de dominer les Egyptiens, comme un guerrier puissant (v. 3), la plus puissante armée du monde. Pleins d’arrogance, ils poursuivirent les Israélites, sûrs de leur victoire (v. 9). En dépit de leur pouvoir et confiance, Dieu les a simplement anéantis. Ils se sont enfoncés comme des blocs de plomb dans les puissantes eaux (v. 10). Le Dieu d’Israël n’eut aucun problème à se débarrasser de la plus grande armée de la terre.

Les versets 11 et12 résument les implications des actions puissantes de Dieu à la Mer Rouge, concentrant sur la nature et le caractère de Dieu :

« Qui, parmi tous les dieux, ô Eternel, qui est semblable à toi?
      Et qui est, comme toi, paré de sainteté,
      et redoutable, et digne de louanges,
      opérant des prodiges?

   Tu étends ton bras droit,
      et la terre engloutit nos poursuivants. »

La grandeur et la bonté de Dieu sont donc reconnues par les Israélites après avoir réfléchis à la victoire de Dieu sur leurs ennemis, les Egyptiens. Ce qui m’impressionne à propos des conclusions que ce cantique révèle est qu’elles sont les mêmes que les desseins que Dieu a déjà dits dans le Livre d’Exode. Ce que Dieu voulait que Son peuple apprenne des miracles de l’exode est exactement ce qu’ils apprirent, ce qui est indiqué dans le cantique qu’ils chantèrent.

Avant son retour en Egypte, Dieu dit à Moïse que Pharaon ne relâcherait pas les Israélites avant qu’Il ne le force à le faire « avec puissance » révélée en performant des « prodiges » parmi eux (Exode 3:19-20 ; 6:1). Maintenant, après leur passage a travers la Mer Rouge, Israël loua Dieu pour ce que Son « bras droit » avait fait (vs. 6,9,12). Dieu révéla par Moïse qu’Il allait « passer jugement sur tous les dieux d’Egypte » (Exode 12:12). Maintenant, après l’exode Israël déclara,

« Qui, parmi tous les dieux, ô Eternel, qui est semblable à toi? » (Exode 15:11)

Par l’exode, Dieu proclama qu’Israël saurait qu’Il était l'Eternel leur Dieu qui les avait affranchis des corvées que les Egyptiens leur avaient imposées (Exode 6:7). Donc, après la traversée de la Mer Rouge, les Israélites chantèrent,

« L'Eternel est ma force, il est le sujet de mes chants, » (Exode 15:2).

Ce que Dieu chercha à accomplir par les évènements de l’exode, Il l’accomplit, révélé par les louanges de Son peuple dans ce cantique.

La Victoire de Dieu sur les Ennemis d’Israël Dans l’Avenir (15:13-21)

La première partie du « Cantique de Moïse » souligne la défaite des ennemis d’Israël, les Egyptiens. La seconde partie de ce cantique, versets 13-21, est sur la défaite de ceux qui opposeraient Israël dans le futur. En d’autres mots, la première partie du cantique accentue la défaite des Egyptiens, pendant que la seconde partie concentre sur la délivrance d’Israël, spécialement sur celle qui allait venir, la défaite des ennemis qui résisteraient la possession du pays de Canaan par Israël, ce que Dieu avait promit Il leur donnerait.

La version NIV (New International Version) montre clairement le changement de la défaite passée des Egyptiens à la défaite future des ennemis d’Israël en conjuguant constamment les verbes des versets 13 et suivants au futur.159 Donc, pendant que les versets 1-12 exprimaient les délivrances passées de Dieu pour Son peuple, les versets 13-21 décrivent Ses futures délivrances des Israélites.

A juste titre, les Israélites virent les fléaux et leur traversée de la Mer Rouge comme un commencement. Dieu n’avait pas seulement promit de les libérer de l’esclavage égyptien, Il avait promit de les emmener à la terre promise de Canaan. Dans un sens, tout l’exode n’était que de seconde importance, un moyen pour Son peuple de posséder le pays de Canaan :

« C'est pourquoi dis-leur de ma part: «Je suis l'Eternel! Je vous soustrairai aux corvées auxquelles les Egyptiens vous soumettent: je vous libérerai de l'esclavage qu'ils vous imposent, et je vous délivrerai par la force de mon bras et en exerçant de terribles jugements.

Puis je vous ferai entrer dans le pays que j'ai juré de donner à Abraham, à Isaac et à Jacob; je vous le donnerai pour qu'il vous appartienne, moi, l'Eternel.» » (Exode 6:6,8)

Le verset 13 commence donc avec un résumé de ce que Dieu allait accomplir pour Son peuple. A cause de Son amour incontestable, Il conduira Son peuple qu’Il a juste libéré, dans Sa « demeure sainte ». Il n’y a que peu d’agrément en ce qui concerne ce qu’est l’expression « demeure sainte » ici. Je doute que sa référence principale soit le temple (Psaume 92:13), qui n’est, jusqu'à présent, pas un élément de l’espoir d’Israël.160 Le cantique pourrait faire allusion à la terre promise de Canaan comme étant la « demeure sainte » de Dieu (Psaume 78:54 ; Esaie 11:9). En relation à la promesse de Dieu à Abraham le signe de Sa présence avec Israël serait qu’Israël vénèrerait Dieu sur « Sa montagne (sainte) » (Exode 3:12, 5), la « demeure sainte » pourrait être Mont Sinaï. Dans tous les cas, je crois que la « demeure sainte » de Dieu est une référence à la terre promise, que ce soit un endroit particulier ou pas (Mt. Sinaï ou le temple) est aussi à l’esprit.

L’espoir exprimé dans le verset 13 exigera la défaite des ennemis d’Israël, les Cananéens, qui résisteront leur entrée et leur possession du pays. Les moyens pour accomplir ça sont regardés comme étant les mêmes que ceux utilisés pour libérer Israël d’Egypte ainsi que de l’armée égyptienne. La défaite des ennemis cananéens d’Israël est donc décrite dans les versets 14-15.161 La défaite des Cananéens était assurée par la défaite des Egyptiens, l’ennemi le plus formidable de tous. Les Cananéens seraient battus plus facilement à cause de la terreur produite par le récit de la noyade de l’armée égyptienne dans la Mer Rouge. Ils sauront que le Dieu d’Israël est un Dieu puissant, un guerrier (v. 3), qui est capable de détruire les ennemis de Son peuple.

Il y a un jeu de mots évident dans la deuxième partie du « Cantique de Moïse », qui copie un peu les mêmes expressions ou images employées pour décrire la défaite des Egyptiens et les appliquent à la défaite des Cananéens. Par exemple, on nous dit que les soldats Egyptiens « avaient coulé comme une pierre » dans la Mer Rouge (15:5). Maintenant, les Cananéens terrifiés sont prédits être « tous pétrifiés » (15:16). Tout comme le bras du Seigneur permit à Israël de traverser la Mer Rouge, les Israélites passeront à travers tous leurs ennemis (15:16).

Les versets 17 et 18 finissent avec une affirmation confiante que Dieu amènera Son peuple dans la terre promise, où Il les installera sur Sa montagne sacrée. Peut-être maintenant la référence du sanctuaire de l’Eternel fait allusion au temple. Au moins cela peut être la réalisation dans le sens que c’est plus spécifique qu’Israël anticipait. Là, l’Eternel règnera sur Son peuple pour toujours. Le Seigneur est maintenant vu, pour la première fois je crois, comme le roi d’Israël. Le traité entre Dieu et Son peuple leur sera transmit du Mont Sinaï. L’exode servira comme la base pour ce traité, comme les premiers chapitres de Deutéronome le rendront clair.

Les versets 19 et 20 tournent de la poésie à la prose, mais ils pourraient encore faire partis du cantique. Ces versets servent à accentuer le fait que l’espoir d’Israël pour l’avenir était directement lié à l’action de délivrance de Dieu à la Mer Rouge. Myriam, une prophétesse et la sœur d’Aaron (sans dire de Moïse), conduisait les femmes qui répétaient le premier couplet du « Cantique de Moïse », ce qui dut être un accomplissement pour une femme qui devait avoir près de 90 ans. A la fois, les hommes et les femmes semblaient avoir chanté chacun leurs parts dans ce merveilleux hymne de louange.

Le « Cantique de Moïse » était manifestement important pour les Israélites qui avaient traversé la Mer Rouge, et qui le chantaient comme c’est enregistré dans notre texte. Il servit comme moyen pour louer Dieu. Il fournit aussi le système pour enregistrer et se rappeler les grandes actions de délivrance de l’Eternel à la Mer Rouge. Il dirigea l’attention d’Israël sur le caractère de Dieu, et il créa de l’espoir et de la confiance en la protection et bénédictions futures de Dieu.

Le « Cantique de Moïse » révèle la grande importance que l’exode avait pour celui qui avait traversé la mer, mais quelle valeur avait cet évènement pour les autres ? Est-ce que l’exode et la traversée de la Mer Rouge étaient seulement de bonnes histoires, sans rapport avec nos vies ? Loin de là, l’exode est un thème qui contamine tout le reste du Vieux Testament, aussi bien que le Nouveau. Pour les saints de toutes périodes, l’exode est à la fois un prototype et une prophétie de la future rédemption de Dieu. Remarquez les allusions suivantes à l’exode ou à la terminologie du « Cantique de Moïse » :

(1) Les évènements de l’exode étaient racontés à la génération suivante des Israélites, comme la base et la motivation pour leur obéissance à la Loi que Dieu avait donnée (Deut. 4 :32-40 ; 7 :17-19).

(2) A la traversée du Jourdain, il y a un parallèle à la traversée de la Mer Rouge (Josué 3 :14-17).

(3) L’histoire de l’exode d’Israël et des parties du « Cantique de Moïse » sont fréquemment citées dans les Psaumes.162

(4) D’un bout à l’autre du Livre d’Ésaïe, ainsi que dans quelques-uns des autres prophètes, la délivrance d’Israël de l’esclavage en Egypte était comparée à la délivrance d’Israël et de Juda de leurs captivités des Assyriens et des Babyloniens. Donc, soit par une référence directe ou une allusion, l’exode est constamment utilisé comme symbole et source d’espoir pour la délivrance future d’Israël.163

(5) L’exode était, dans les prophètes du Vieux Testament et dans les Evangiles du Nouveau Testament, un prototype de la plus grande rédemption de toutes, la rédemption des âmes des hommes de l’esclavage du péché, qui fut accompli par le seigneur Jésus Christ, l’Agneau de Dieu (Luc 9:31, où la « mort » dont Jésus parlait avec ses disciples était littéralement Son « exode »).

(6) Dans le Livre d’Apocalypse, la délivrance d’Israël (décrite dans le « Cantique de Moïse ») était vue symboliquement comme la délivrance des saints qui ont souffert (Apocalypse 15:1-4).

L’Histoire biblique n’est pas écrite ici pour nous ennuyer avec des détails sans importances. Elle est écrite pour fournir à notre foi des racines historiques. L’espoir d’Israël regardant l’avenir (Exode 15:13-21) provenait de leur expérience dans l’Histoire, des fléaux et de leur traversée de la Mer Rouge. Alors, notre espoir pour l’avenir est aussi basé sur les actions de Dieu dans le passé, à la fois dans nos expériences, et dans celles de ceux qui les ont vécus (et qui ont fait l’expérience de la main de Dieu) avant nous. Le Vieux Testament est donc une source riche d’Histoire de l’édification de la foi, qui nous assure de ce que Dieu peut faire, basé sur notre connaissance de ce que Dieu a déjà fait. Cela assume, bien sûr, que nous lisions le Vieux Testament avec les « yeux de la Foi », croyant que ces évènements sont arrivés, comme ils sont décrits.

Le « Cantique de Moïse» et l’expérience de l’exode qui est décrite sont une illustration excellente du principe qui est enseigné dans le Nouveau Testament :

« … et notre fierté se fonde sur l'espérance d'avoir part à la gloire de Dieu.

   Mieux encore! Nous tirons fierté même de nos détresses, car nous savons que la détresse produit la persévérance,

   la persévérance conduit à la victoire dans l'épreuve, et la victoire dans l'épreuve nourrit l'espérance.

   Or, notre espérance ne risque pas d'être déçue, car Dieu a versé son amour dans nos cœurs par l'Esprit Saint qu'il nous a donné. » (Rom. 5:2-5)

Ici, Paul nous enseigne que la joie du Chrétien reste, et même grandit, au milieu des épreuves et de la souffrance. Plus les choses deviennent difficiles, plus notre foi est testée. Le plus notre foi testée s’avère être légitime et vivante, le plus d’espoir nous avons pour l’avenir. C’est le test de la souffrance et des épreuves qui prouve que notre foi est bien plus que « la foi des beaux jours », nous donnant donc même une plus grande confiance l’avenir.

Israël arriva à connaître Dieu plus personellement par les résultats des épreuves et des tests qu’ils ont éprouvés en Egypte et dans le désert. Nous aussi arrivons à connaître Dieu plus intimement et plus complètement au milieu des épreuves à travers lesquelles Il nous guide. Et quand nous « traversons » ces épreuves, nous croyons à la réalisation future des promesses de Dieu avec encore plus de certitude, ayant fait l’expérience de Sa fidélité pendant les temps durs de nos vies.

Le « Cantique de Moïse» que les Israélites chantèrent sert aussi à nous rappeler que notre sécurité et notre espoir sont à la fin dépendant du caractère de Dieu. Pendant que leur chanson décrivait les actes de Dieu dans la destruction de leurs ennemis, la chanson décrit le caractère de Dieu. Sa grandeur, Sa bonté, et Sa fidélité sont les bases pour notre foi et notre espoir. En fin de compte, nous faisons confiance à une personne à cause de son caractère, et non pas à cause de son aptitude. Dieu est à la fois capable et est disposé à nous aider dans nos périodes de besoin. Le Dieu du Vieux Testament est le même que Celui du Nouveau Testament, et parce qu’Il ne change pas (Jacques 1:17), nous pouvons faire confiance à Son caractère, démontré dans les vies des saints de l’ancien temps.

Les Protestations d’Israël à Mara (15:22-27)

Le « Cantique de Moïse» ne fut pas écrit pour n’être chanté qu’une fois. Peut-être que les Israélites ont continué à chanter cette chanson en voyageant des bords de la Mer Rouge jusqu’au Désert de Chour. Pendant trois jours ils ne trouvèrent pas d’eau. Cela ne voulait pas dire qu’ils n’avaient rien à boire, mais leurs provisions devaient être limitées, et ils ont dû les rationner très attentivement. Le peuple était sans doute inquiet à propos de leur réserve d’eau en approchant Mara.

Voir les eaux à Mara a dû être rendre les Israélites fous de joie. Leur soif, ils pensaient, allait être étanchée et leurs provisions d’eau réapprovisionnées. Quel désappointement ça a dû être de découvrir que les eaux étaient amères, et donc non potables. Leur joie de découvrir de l’eau tourna vite en colère contre Moïse pour les avoir amener à un tel endroit. Comment a-t-il pu autant  se tromper? Ils n’ont pas hésité à placer la responsabilité de cette gaffe sur le dos de Moïse. Ils exigèrent qu’il trouve une solution.

Moïse implora le Seigneur, qui lui montra un morceau de bois, qu’il jeta dans l’eau, la causant de devenir potable. Personne ne connaissait quelle sorte de bois pouvait faire ça. La transformation des eaux de Mara (qui veut dire « amertume », Ruth 1:20) était un miracle. Jeter le morceau de bois dans l’eau a dû être un acte symbolique, comme quand Moïse à lever son bâton au-dessus des eaux de la Mer Rouge.

L’incident à Mara fut divinement crée, un test de la foi d’Israël (v. 25), et un outil d’enseignement (v.26). En protestant contre Moïse, Israël révéla leur manque de foi et la dureté de leurs cœurs. Ils méritaient les mêmes fléaux qui avaient frappés les Egyptiens. Si les Israélites Lui obéissaient (par ça je comprends, obéissaient Moïse) Dieu ne ferait pas tomber les fléaux sur eux. S’ils persistaient à protester la direction de Moïse, le résultat serait que Dieu harcèlerait Son peuple comme Il avait fait aux Egyptiens. Dieu ne tolère pas la désobéissance et l’incrédulité, ni par les Egyptiens, ni par Son peuple. Tout comme l’Eternel « cura » les eaux amères de Mara, les rendant potables, Il curerait Israël, s’ils Luidésobéissaient.

Ayant fait comprendre ce message aux Israélites, Dieu les conduisit à Elim, où il y avait énormément d’eau. Ils campèrent là, et eurent les rafraichissements dont ils avaient besoin fournis par l’eau des sources et l’ombre des arbres (v. 27).

Conclusion

Bien que ce chapitre semble avoir deux récits très différents, il y a une bonne raison pour le fait que Moïse les ait mis cote à cote. Le « Cantique de Moïse» et « les eaux amères de Mara » sont deux récits distincts, mais des récits qui ont une relation directe l’un avec l’autre. Deux observations sont cruciales à notre compréhension de la relation entre les louanges d’Israël dans le « Cantique de Moïse» (vs. 1-21) et les protestations d’Israël à Mara (vs 22-26).

(1) Les Israélites manquèrent de voir la relation entre l’affirmation de leur foi dans leur culte (vs. 1-21) et l’application de leur foi dans leur vie quotidienne (vs. 22-26). Israël venait juste de proclamer sa foi en Dieu comme son guerrier (15:3), mais il furent incapable de Lui faire confiance en ce qui concerne l’approvisionnement d’eau (15:22-26). Que Dieu puisse prendre soin du problème d’eau à Mara n’aurait pas dû être une surprise ! Après tout, Dieu avait libéré Israël et détruit les Egyptiens en contrôlant les eaux de la Mer Rouge. Les vents (que le cantique décrit provenant du souffle de Dieu, vs. 8,10) causa les eaux de s’écarter. Dieu était capable de faire que les eaux se figent comme des remparts de chaque coté des Israélites (v. 8). Dieu causa les eaux de retomber sur l’armée égyptienne, les noyant tous. Si Dieu pouvait faire tout ça avec les eaux de la Mer Rouge, Il pouvait surement prendre soin des eaux de Mara. Israël aurait dû être capable d’appliquer la foi qu’ils affirmaient avoir dans le « Cantique de Moïse» au problème des eaux de Mara, mais ils ne l’ont pas fait.

Par peur de devenir inutilement perturbés par le manque de foi des Israélites, et de devenir un peu fier de nous-mêmes, laissez-moi suggérer que le problème qu’Israël illustre est aussi un des plus grands problèmes des Chrétiens de tous les âges, incluant le nôtre. Nous manquant souvent d’appliquer notre foi en Dieu, résultant d’un évènement, à un autre qui est presque identique. Par exemple, l’alimentation des 5 000 (Marc 6:30-44) aurait dû apprendre aux disciples de faire confiance au Seigneur Jésus de nourrir les multitudes, et pourtant, peu de temps après ce grand miracle, les disciples manquèrent d’appliquer leur foi au problème de nourrir les 4 000 (Marc 8:1-10).

Quand nous nous rassemblons pour vénérer Dieu, nous ne chantons pas le « Cantique de Moïse» mais nous chantons beaucoup d’hymnes qui expriment notre foi en Dieu. Nous chantons, « Great Is Your Faithfulness » (« Grande est Ta Fidélité »), puis continuons notre petit bonhomme de chemin, nous faisant du souci, nous inquiétant à propos de petits détails de nos vies, comme si Dieu n’était pas fidèle du tout. Nous chantons, « It Is Well With My Soul » (« Tout Va Bien Pour Mon Ame »), mais quand une petite complication arrive, notre foi faillit. Nous chantons, « O, For A Thousand Tongues » (« O, Pour Milles Langues »), et puis quand quelqu’un se moque de notre foi, nous perdons notre langue et ne pouvons pas dire un mot concernant notre foi.

Le point est simplement cela. Il est beaucoup plus facile d’affirmer notre foi dans les services publics qu’il est d’appliquer notre foi dans notre vie quotidienne. Voilà la vraie vérité. Ce n’est pas que nous devons vénérer moins, c’est qu’il nous faut appliquer dans notre vie quotidienne les vérités par lesquelles nous affirmons vivre. Ce n’est pas assez de pouvoir réciter les paroles de Dieu, mais il faut les vivre. Tout comme Dieu conduisit les Israélites aux eaux de Mara, Il nous guide de façon à nous donner amples opportunités d’appliquer notre foi ou au moins de révéler notre manque de foi.

Un des facteurs qui contribue à notre échec d’appliquer notre foi à notre vie quotidienne est que nous avons tendance à créer de fausses distinctions entre ces domaines qui sont sacrés (église, services publics) et ceux qui sont séculiers (le travail, la vie quotidienne). Le résultat est que nous pensons à notre foi comme étant pertinente à nos activités de piété, mais pas à nos activités quotidiennes. C’est mon avis que Dieu fait des distinctions entre les sujets qui sont sacrés et ceux qui sont profanes, mais pas entre les sujets qui sont sacrés et ceux qui sont séculiers. Un coup d’œil plus attentionné à la Loi de Moïse révèlera que la foi d’Israël devait les gouverner et les guider dans les plus petits détails de leur vie (séculière).

(2) Non seulement Israël échoua à appliquer leur foi à leur situation à Mara, ils échouèrent même à voir le problème comme étant spirituel. Dans le texte nous lisons que les Israélites protestaient contre Moïse, pas contre Dieu (v. 24). Ils demandaient que Moïse produise de l’eau pour eux, ils n’ont pas imploré l’Eternel pour avoir de l’eau. C’est mon avis qu’ils n’ont pas vu leurs circonstances comme nécessitant une solution « spirituelle », mais nécessitant seulement une solution « séculaire ». Au moins quand les Israélites étaient piégés entre l’armée égyptienne et la Mer Rouge, ils implorèrent Dieu pour de l’aide (avant de commencer à grommeler contre Moïse, 14:10-12). Ici à Mara, ils confrontèrent immédiatement Moïse, et ignorèrent complètement Dieu.

Ironiquement, les Israélites oublièrent que la colonne de nuée les guidait toujours (13:21-22), et que l’Eternel Lui-même était présent avec eux dans la nuée. S’ils étaient mal guidés, Dieu les guidait dans la mauvaise direction par la nuée. Imaginez les protestations des Israélites, pendant que le nuage planait au-dessus des eaux de Mara. Les Israélites faillirent de comprendre que si Dieu leurs avait promit de les guider sains et saufs d’Egypte au pays de Canaan, tout obstacle qui les ralentirait ou les empêcherait, en était un avec lequel Dieu serait préoccupéet qu’Il surmonterait. Ils ne virent pas l’eau amère comme étant un problème qui inquiéterait l’Eternel, mais Il était concerné parce que l’eau était nécessaire à la survie de Son peuple.

A la Mer Rouge, Israël aurait dû apprendre que Dieu était capable de surmonter tout obstacle (tel que la Mer Rouge qu’Il avait divisée) ou tout adversaire (tel que les Egyptiens, qu’Il noya dans la Mer Rouge – l’obstacle). Donc, pendant que les Israélites chantaient que Dieu allait surmonter leurs adversaires (les Cananéens), ils ne comprenaient pas le fait qu’Il surmonterait aussi tous les obstacles à leur entrée dans Canaan (tel que les eaux amères de Mara).

Combien de fois tombons-nous dans le même piège ? Nous voyons Dieu comme étant seulement préoccupé par les grands problèmes de la vie, ceux qui semblent être spirituels. Mais tout ce qui entrave notre croissance, notre sanctification ou notre capacité de faire ce qu’Il veut que nous fassions est ce qu’Il le concerne, et Il est capable de tout surmonter. Quand nous rencontrons un problème dans nos vies, fréquemment, nous ne considérons pas que ce soit quelque chose qui préoccupe beaucoup Dieu. Immédiatement nous commençons à nous tourner vers les solutions séculières, sans rechercher la solution de Dieu.

Une raison pour laquelle nous échouons à voir nos problèmes comme étant une occasion pour notre foi est que nous sommes habitués à vivre par des principes scientifiques plutôt que par des principes spirituels. La méthode scientifique est une bonne méthode – pour des sujets de science. Mais c’est incompatible quand on vient au sujet de la foi. Ici, la méthode scientifique doit être mise de coté (pas totalement abandonnée, mais mise de coté). Les principes scientifiques sont essentiels pour des buts scientifiques. Par exemple, on ne conçoit pas un avion, on ne le charge pas plein de passagers et espérons simplement qu’il vole. Il doit passer une série rigoureuse de tests et s’avérer fonctionnel et fiable.

La méthode scientifique exige que chaque fait scientifique soit prouvé, étant performé dans des conditions contrôlées, ayant une évidence fortement empirique, et qui puisse être répété maintes fois. Pour que quelqu’un accepte le récit de la Mer Rouge sur des bases scientifiques, la profondeur de la mer aurait dû être mesurée, la vélocité des vents calculée, et toutes les variantes considérées. Pour prouver que cela soit scientifiquement vérifiable, l’écartement des eaux devrait être répété maintes fois. Et après avoir été prouvé scientifiquement, quelqu’un pourrait prédire que cet évènement arriverait à nouveau s’il était répété sous des conditions identiques. N’importe quel changement dans n’importe quelle variante causerait le scientifique de questionner la possibilité de répéter le phénomène sous des conditions différentes.

La méthode spirituelle est différente. La méthode spirituelle observe ce que Dieu a fait, acceptant l’évènement sur sa valeur nominale, gouverné et qualifié par la révélation divine qui accompagne le phénomène. La méthode spirituelle alors regarde à l’évènement comme une manifestation du caractère de Dieu. Sur la base du caractère de Dieu (étant conséquent aux descriptions bibliques de Son caractère ailleurs), le Chrétien regarde à n’importe quelle circonstance comme une opportunité pour Dieu d’agir de façon à achever Ses desseins en surmontant les obstacles (comme la Mer Rouge ou la dureté des cœurs des hommes) et les adversaires (comme Satan, l’Antéchrist ou les armées des hommes qui ont été déçus et utilisés par Satan). Les variations des conditions ne changent pas le caractère de Dieu, ni ne posent-elles un problème pour le Dieu qui est tout-puissant.

La raison qui nous cause de ne pas voir les circonstances comme des occasions exigeantes une solution spirituelle (et donc exigent aussi de la foi) est parce que nous utilisons la méthode scientifique de raisonnement, plutôt que la méthode spirituelle de raisonnement, qui pense selon la volonté révélée de Dieu et en conformité avec le caractère de Dieu, démontré dans l’Histoire.

Arrivant à la conclusion du message, laissez-moi essayer d’appliquer ce texte à un problème d’aujourd’hui, que je vais appeler le « problème charismatique ». Beaucoup de charismatiques contemporains sont enclins à penser et à enseigner que la vie peut et sera vécue comme si on était au septième ciel. Donc nous devrions nous attendre à ce que les Israélites continuent à faire l’expérience de l’euphorie et de l’optimisme du « Cantique de Moïse». Cependant ce ne fut pas le cas. Dieu n’a pas permit aux Israélites de rester à coté de la mer, chantant leur chanson glorieuse. Il ne les a pas gardés sur la montagne. Au lieu de ça, Dieu conduisit les Israélites dans le désert, les assoiffant et leurs donnant de l’eau amère. Cette situation déplaisante testa la foi et l’endurance des Israélites, et fournit l’occasion pour Dieu d’apprendre à Son peuple une leçon importante. S’attendre à vivre une vie chrétienne comme si on était continuellement au septième ciel n’est pas réaliste, ni biblique. Dieu merci pour les moments de victoires et d’allégresse, mais ne vous attendez pas à ce que les choses restent comme ça toute votre vie.

Maintenant un mot pour mes lecteurs non-charismatiques. Pendant que nous accusons souvent nos frères charismatiques de s’attendre à ce que les miracles et l’extase soient les normes, nous nous contentons souvent d’espérer que les choses arriveront toujours selon les lois naturelles et pratiques, donc nous espérons que les miracles n’arriveront pas. Les Israélites virent la main miraculeuse de Dieu au travail dans leur traversée de la Mer Rouge, et ils s’attendaient à ce que Sa main travaille puissamment et miraculeusement quand ils entrèrent dans le pays de Canaan pour le posséder. Nous, d’un autre coté, nous sommes convaincus que nous ne devrions pas nous attendre à des miracles.

La transformation d’âmes est un miracle. Si nous ne nous attendons pas à ce que Dieu travaille de façon miraculeuse, nous aurions autant à ne pas témoigner et essayer d’évangéliser les égarés. Le processus de sanctification autant que la manifestation de l’Esprit dans les vies des saints pour le travail d’évangéliser est un miracle, et nous ne devons pas chercher à servir le Seigneur sans demander l’aide de Son pouvoir miraculeux de le faire.

Franchement, je ne sais pas ce qui est pire – penser que les miracles devraient être la règle ou penser que les miracles n’existent pas – mais il doit y avoir une balance. L’évènement de l’exode est une manifestation de la puissance miraculeuse de Dieu, utilisée pour achever Ses desseins et pour réaliser Ses promesses. Les Israélites virent les miracles accomplis dans le passé comme une garantie de Son intervention dans l’avenir. Que Dieu nous donne la foi de chercher (mais pas de demander) le miracle dans nos vies, quand il est exigé pour accomplir les desseins et les promesses de Dieu.

Si vous n’êtes pas personnellement arrivé à avoir foi en Jésus Christ, notre Seigneur, alors vous n’avez pas fait l’expérience du miracle d’être renait, d’avoir vos péchés pardonnés, votre culpabilité enlevée, et de la joie d’être associé avec Dieu et l’espoir du paradis. C’est seulement quand vous ferez l’expérience de ce miracle de la transformation que vous chercherez à ce que la main miraculeuse de Dieu travaille dans votre vie dans l’avenir.


* Translator’s note: une chanson d’enfant qui n’avait aucun rapport avec Dieu, ni avec la foi chrétienne, démontrant que cet enfant n’avait jamais été enseigné la Parole de Dieu.

155 The reason for the difference between the 400 years given in Genesis 15 and the 430 years given in Exodus 12 is easily explained. God spoke of 400 years of oppression in Genesis 15. During the lifetime of Joseph, the Israelites were not persecuted, and thus Moses writes in Exodus that Israel departed from Egypt 430 years after they had arrived. The difference of 30 years is therefore the time which Israel spent in Egypt in the favor of the Pharaoh who exalted Joseph (cf. Exod. 1:8-9).

156 I have worded this statement carefully because there is no clear statement that Moses actually wrote this song. It is, however, rather strongly implied. Moses and Miriam are the two prominent leaders in Israel’s worship. Both Moses and Miriam are prophets of God, who can give inspired utterance (Exod. 15:20; Num. 12:6-8). This song is sung by the victorious tribulation saints in Revelation 15, where it is called the “song of Moses” (Rev. 15:3). We can, I believe, safely infer that Moses is the author of this song. The motivation for rejecting the Mosaic authorship of the “Song of the Sea” is the belief that some, if not all, of this song was written considerably later than the time of the exodus. The primary reason appears to be the “prophecies” of verses 13 and following, which they choose to view as history, described after the event.

157 It is interesting that Miriam is referred to as “Aaron’s sister” (v. 20), and not as the sister of Moses. On the basis of this statement, some have suggested that Aaron and Miriam had the same father as Moses, but that Moses was the child of another wife. Others, perhaps more reasonably, have understood that this choice of words emphasized the prominence and position of Moses, even though he was the youngest of the three.

158 Davis reminds us that the description of the waters of the Red Sea is not consistent with the drying up of any shallow body of water: “The poetic description of Pharaoh’s defeat further substantiates the concept of a crossing where the water was relatively deep. In verse 5 it speaks of the ‘depths’ having covered the Egyptian army. The Hebrew word for depths … usually carries the sense of oceanic depths, the sea, or an abyss.” John J. Davis, Moses and the Gods of Egypt (Grand Rapids: Baker Book House, 1971), p. 174.

159 This is done even when the verb is actually a past tense. The reason for this is that the past tense is often used to describe a future event, which is certain due to the promise or prophecy of God (this is called, by the grammarians, a “prophetic perfect”). The future is so certain it can be described as already having occurred. In our idiom we would say, “It is as good as done.”

160 Those who would argue for a late dating of this song would argue that the temple is in mind here.

161 It is evident that the utter terror of Israel’s foes, which will cause them to “melt away in terror and dread” (15:15) is not as complete as is here envisioned. That the enemies of Israel did fear is clear from the words of Rahab to the Israeli spies in Joshua 2:9-11 (cf. also Josh. 2:24; 5:1; Deut. 2:25). Nevertheless, the Canaanites did resist Israel, in a way that seems inconsistent with the optimism of this song (cf. Num. 14:14-21; 20:18ff.; 21:4; 22:2ff.; Deut. 2:1, 3, 8). There are at least two possible explanations. First, the text of the song does not speak of immediate and total defeat, but of the fear of Israel which the exodus produced. The fierce resistance of the Canaanites was motivated, no doubt, by this fear. Secondly, Israel’s delay in entering the land would tend to minimize the impact of the Red Sea event. Had Israel attempted to take the land sooner, the defeat of the Egyptians would have had a greater psychological effect on Israel’s enemies.

162 Gispen supplies us with this list of citations from the “Song of the Sea” in the Psalms: “v. 1, cf. Pss. 66:6; 68:18; 106:12; v. 2, cf. Ps. 118:14, 21, 28; v. 3, cf. Ps. 24:8; v. 4, cf. Ps. 136:15; vv. 5-17, cf. Ps. 78:52-54; vv. 5-13, cf. Ps. 77:14-21; vv. 5-10, cf. Ps. 106:11; v. 7, cf. Ps. 78:49; v. 8, cf. Ps. 78:13; v. 11, cf. Pss. 66:3, 5; 78:4, 12; 86:8; vv. 13-17, cf. Pss. 44:2, 4; 74:2; v. 17, cf. Ps. 80:9, 16; v. 18, cf. Ps. 146:10.” W. H. Gispen, Exodus, trans. by Ed van der Maas (Grand Rapids: Zondervan Publishing House, 1982), p. 146.

163 The following are just a few of the passages in Isaiah and other prophets which are dependent upon the exodus account or exodus terminology: Isa. 12 (compare v. 2 with Exodus 15:2); Isa. 43:1-3a, 14-21; 44:24-28; 50:2-3; 51:9-11; 52:3-6, 11-12; Jer. 16:14f.; 23:7f. Hosea (takes up on the theme of Egypt) 7:16; 8:13; 9:3, 6; 11:5, 11.

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