La Vénération d’Israël (Exode 20:1-7)

Introduction

L’importance des trois premiers des Dix Commandements ne peut pas être surestimée. Leur récapitulation de notre Seigneur est donnée dans les Evangiles :

« L'un d'entre eux, un enseignant de la Loi, voulut lui tendre un piège. Il lui demanda:

   ---Maître, quel est, dans la Loi, le commandement le plus grand?

   Jésus lui répondit:
   ---Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée.

   C'est là le commandement le plus grand et le plus important. » (Matthieu 22:35-38)

Si le premier, le plus important commandement de la Loi est d’aimer Dieu, et aimer Dieu est expliqué plus complètement dans les trois premiers commandements, nous traitons avec la raison même de la Loi dans cette leçon. Nous pouvons dire alors, que notre étude est cruciale parce ce que le test traite avec la priorité numéro une de l’homme – l’adoration de Dieu.

Parce que l’adoration de Dieu est principale, la fausse adoration est un des plus grands maux que l’homme peut pratiquer. Le culte des idole est un problème sérieux, et pas seulement pour les Israélites du temps de l’Ancien Testament. La dernière phrase de la première épître de Jean (1 Jean 5:21) est un avertissement contre le culte des idoles. Celui-ci est dangereux car il implique l’adoration de démons (1 Cor. 10:20 ; Deut. 32:17), et parce que nous pouvons le faire pensant qu’en fait nous adorons Dieu (Exode 32:1-6 ; 1 Rois 12:28-30).

Un des meilleurs livres écrits ces dernières années est Loving God, par Chuck Colson. Dans l’introduction de ce livre, Colson décrit sa tentative d’apprendre d’après d’autres Chrétiens ce que ca veut dire d’aimer Dieu :

« Le commandement le plus grand de tous, Jésus dit, est ‘Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée’ » J’aurai mémorisé ces mots mais je n’ai jamais vraiment pensé à ce qu’ils voulaient dire en termes pratiques ; Comment appliquer ce commandement ? Je me demandais si d’autres avaient des sentiments similaires. Alors j’ai demandé à des Chrétiens plus expérimentés comment ils aimaient Dieu.

… L’effet cumulatif de mon sondage m’a convaincu que la plupart d’entre nous, déclarés Chrétiens, ne savons pas vraiment comment aimer Dieu. Non seulement nous n’avons même pas pensé à ce que le plus grand commandement veuille dire dans notre existence au jour le jour, nous ne lui avons pas obéi.223

Cela révèle une autre raison pour laquelle notre texte est si important. Non seulement est aimer Dieu notre priorité la plus haute, mais cela en est une dont la réalisation n’est pas bien comprise. La plupart des Chrétiens bien pensants pourraient être capables de vous dire qu’aimer Dieu est le devoir le plus important de l’homme, mais ils ont des problèmes avec la question pratique de comment un tel amour est exprimé.

Il y a une autre raison pour laquelle notre texte est si important aux Chrétiens vivant dans le monde du 20ème siècle. Les avertissements que nous trouvons dans Exode (et en fait dans le Vieux Testament tout entier) concernant l’adoration d’autres dieux et d’idoles semblent être totalement sans rapport. Nous nous sentons aussi en sécurité en écoutant ces paroles que les Chrétiens quelques fois écoutent d’un évangéliste qui prêche le message de l’Evangile – qui, nous pensons, ne s’applique plus à nous.

Une telle conclusion rapide et mal-fondée, comme ça a été signalé par ceux qui avaient pensé plus attentivement à ces choses. Considérez par exemple, ces mots du crayon d’Herbert Schlossberg : « Mais n’importe qui avec une hiérarchie des valeurs a placé quelque chose à son sommet, et quoi que ce soit est le dieu qu’il sert. L’Ancien et le Nouveau Testament appellent de tels dieux, des idoles, et fournissent suffisamment de raisons pour affirmer que les systèmes qui leur donnent de la dépendance sont des systèmes religieux. »224

Le culte des idoles dans son sens large est bien comprit comme n’importe quelle substitution de ce qui est créé pour le créateur. Les gens peuvent adorer la nature, l’argent, l’homme, l’histoire ou les systèmes sociaux et politiques au lieu du Dieu qui les a tous créé. Les auteurs du Nouveau Testament, en particulier, reconnaissaient que la relation n’a pas besoin d’être explicitement une adoration d’un culte ; un homme peut placer n’importe qui ou n’importe quoi au sommet de la pyramide des valeurs, et c’est finalement ce qu’il sert. La finalité de ce service affecte profondément comment il vit. Quand la société autour de lui se détourne aussi de Dieu vers les idoles, c’est une société idolâtres et donc en route pour la destruction.225

La société occidentale, en se détournant de la foi chrétienne, s’est tournée vers d’autres choses. Ce processus est communément appelé sécularisation, mais qui transmet seulement l’aspect négatif. Ces mots impliquent le fait de se détourner de l’adoration de Dieu en ignorant le fait que quelque chose l’a remplacée. Même les athées sont normalement idolâtres, comme Niebuhr disait, parce qu’ils élèvent certains « principes de cohérence » au sens central de la vie et c’est ce qui fournit alors la concentration de l’importance pour cette vie. Le principe de cohérence de Niebuhr correspond à ce que nous faisions référence plus haut, le sommet de la hiérarchie des valeurs. Tous ces principes qui substituent pour Dieu illustrent le concept biblique de l’idole. Ce livre est en gros l’exploration des formes que ces idoles prennent dans l’Amérique de la fin du vingtième siècle… Notre raisonnement, alors, est que le culte des idoles et ses concepts associés fournissent un meilleur environnement pour nous, pour comprendre notre propre société, que de suivre d’autres alternatives.226

Dave Hunt et T. A. McMahon, dans leur dernier livre, La Séduction du Christianisme, ont un chapitre intitulé, « Le Culte des Idoles Christianisée? »227 Quelqu’un pourrait continuer indéfiniment avec les évidences que notre société est devenue fétichiste, mais nous verrons cela plus clairement en avançant dans la leçon.

Quelques Définitions Cruciales

Les prohibitions que nous allons étudier exigent une compréhension du sens de Dieu, « dieux », et « idoles ». Ces termes semblent si communs que nous pouvons penser qu’une définition de chaque n’est pas nécessaire. J’en ai conclu que c’est seulement quand ces termes sont définis que nous pouvons comprendre le sens des trois commandements que nous allons étudier.

LES DIEUX : quand la Bible parle de « les dieux », il y a plusieurs caractéristiques communes à tous. Ce sont ces caractéristiques qui nous permettent de définir les « dieux » un peu génériquement.

Premièrement, les « dieux » sont l’objet de l’adoration et du service de l’homme. « Les dieux » ont une certaine autorité et une obligation sur les hommes, que les hommes reconnaissent par leur célébration et leur service. La puissance de cette créance sur les hommes est vue par le prix que les hommes sont prêts à payer pour adorer leurs dieux. En certaines occasions, les païens effectivement offraient leurs enfants comme sacrifices aux dieux. La valeur attribuée aux dieux, dans beaucoup de cas, est donc extrêmement élevée.

Deuxièmement, les « dieux » sont des êtres super humains, possédant des pouvoirs bien plus grands que les hommes. Les pouvoirs que les dieux possèdent sont restreints dans certains aspects de la vie. Un certain Dieu peut avoir contrôle sur la fertilité, pendant qu’un autre aura contrôle sur la pluie ou la productivité agriculturale, et encore un autre aura contrôle sur la guerre (comme quand Goliath maudit David aux noms de ses dieux (1 Samuel 17:43). La plupart des dieux opèrent dans certaines limites géographiques (souvent, les frontières d’un pays ou d’un empire, Juges 10:6 ; 2 Rois 17:27-31 ; 18:33-35). Dans l’Ancien Testament, nous voyons des « dieux des montagnes » séparés des « simples dieux » (1 Rois 14:23,28).

Les dieux étaient adorés pour des raisons pratiques. Les dieux ne sont presque jamais adorés pour leur beauté intrinsèque ou leur bonté, mais pour ce qu’ils contrôlent. Les dieux hostiles, capricieux sont adorés pour apaiser leur colère et éviter le déversement de leur furie. D’autres sont adorés largement pour les pouvoirs qu’ils possèdent ainsi que pour les bénéfices qu’ils produisent. En d’autres mots, les dieux sont vus par leurs sujets comme des moyens pour arriver à leurs fins. Il n’est pas étonnant que l’adoration de faux dieux soit appelée de la « débauche » dans la Bible. La relation entre les hommes et les dieux est très semblable à la prostitution. Un prix est payé et un service est rendu, mais il n’y a certainement pas d’amour entre les deux parties.

Troisièmement, les « dieux » sont rarement adorés seuls, mais dans la pluralité. L’adoration païenne veut presque toujours dire une pluralité de dieux. Plus d’un dieu est assumé. Donc les Philistins assumèrent qu’Israël fut délivré des Egyptiens par ses dieux (pluriel, 1 Samuel 4:8), plutôt que par son Dieu (singulier). Il y a une raison plutôt évidente pour que ces païens aient besoin de plusieurs dieux. Puisque chaque Dieu était limité dans son pouvoir et sa fonction, un Dieu différent devait être servit et adoré pour chaque résultat désiré. Un Dieu de guerre doit être adoré pour recevoir une grande force militaire ; un Dieu de fertilité était cru pour produire des enfants ; etc. Alors, les païens avaient déjà tendances à rechercher un nouveau Dieu, qui pourrait produire encore plus de bénédictions (Actes 17:23). Même aujourd’hui, un peuple polythéiste (servant plusieurs dieux) va souvent joyeusement ajouter un nouveau Dieu à leur panthéon de dieux. Après tout, quel mal que ça peut faire ?

Quatrièmement, les « dieux » des religions païennes sont crées par les hommes. Il y a quelques années, n’importe quoi qui avait un tampon « fabriqué au Japon » étaient considérés comme de pâles imitations en comparaison de choses faites aux Etats-Unis. J’ai tendance à penser aux dieux des païens comme ayant un tampon « Fabriqué par les hommes », parce qu’ils furent créés par l’homme, formés à son image, définis selon les préférences et les désirs de l’homme.

En Inde, il n’est pas surprenant de voir que les dieux des gens dans les régions appartenant à des tribus sont des dieux-cobras, singes ou tigres. Dans ces régions intérieures, vous ne vous attendriez pas a trouver des tribus primitives adorant un dieu-requin par exemple. (Cependant, vous ne seriez pas surpris de trouver un peuple marin adorant un dieu-requin). Les dieux que les hommes adorent sont donc ceux qui représentent leurs espoirs et leurs craintes. Une revue brève des dieux de l’Egypte ancienne montrerait la même tendance.

La Bible révèle justement le fait que les dieux du peuple sont le produit de leur imagination et la création de leurs mains (Ésaïe 2:8 ; 17:8 ; 37:19). Les dieux des païens pourvoient à leurs désirs. Les faux dieux et les idoles sont choisis à la place du vrai Dieu, et cela par un choix d’adorer le Dieu qu’ils veulent, comme le premier chapitre de Romains nous apprend clairement.

LES IDOLES : Puisque les dieux sont des fabrications de l’homme, il n’est pas étonnant que le culte de faux dieux utilise presque toujours des idoles. Pendant qu’il y ait un nombre de termes utilisé en référence d’idoles,228 il y a certaines caractéristiques communes que toutes les idoles possèdent.

Premièrement, une idole est utilisée pour représenter un dieu particulier. Cette idole est presque toujours faite par les hommes, plus souvent portant l’image d’une partie de la création. Cela pourrait être un objet inanimé (le soleil, les étoiles, une pierre) ou une créature vivante (un taureau, un poisson, un serpent). L’idole ne représente pas nécessairement le dieu lui-même, mais peut représenter la puissance de ce dieu. Les idoles sont abusées, le plus souvent pour représenter des dieux païens (Ésaïe 42:17), mais d’autres fois elles sont utilisées pour représenter le seul vrai Dieu (Exode 32:1,4,8 ; 1 Rois 12:28).

Deuxièmement, les idoles sont souvent vues comme étant la localisation de la présence et du pouvoir d’un dieu particulier. Pendant qu’une idole puisse être initialement conçue pour être une représentation d’un Dieu, elle peut souvent arriver à être vue comme étant le Dieu lui-même. Car tous les dieux des peuples sont des idoles.

« Car tous les dieux des peuples ne sont que du néant,
      alors que l'Eternel a fait le ciel. » (1 Chro. 16:26 ; Ps. 96:5)

Donc, où que l’idole soit, le dieu est pensé être présent. Dans ce cas l’idole devient plus qu’un moyen d’adorer un dieu, elle devient l’objet du culte – le dieu lui-même (Ésaïe 42:17). Non seulement l’idole devient l’endroit de la présence du dieu, mais elle devient aussi la puissance du dieu. L’idole devient le moyen de déchaîner les pouvoirs magiques du dieu. Par sa présence et ses propres manipulations magiques, l’idole est cru être capable de produire le résultat désiré. L’idole fonctionne comme un genre de « patte de lapin ». Cela peut être vrai d’une idole d’un faux dieu autant qu’une idole du vrai Dieu. Donc, le coffre de l’alliance fut emmené à la guerre comme un instrument presque magique, qui pouvait assurer les Israélites d’une victoire militaire (1 Samuel 4:3 ; 2 Rois 18:4).

DIEU : Le Dieu d’Israël peut être mieux vu ici en contraste aux « dieux » des païens.

« Premièrement, pendant que les « dieux » des païens sont nombreux, il n’y a qu’un Dieu d’Israël. Pendant que les religions païennes sont presque toujours polythéistes (plusieurs dieux), la religion d’Israël était monothéiste (un Dieu). Dieu ne voulait pas partager Sa gloire avec d’autres. Le Livre de Genèse nous a déjà informé que Dieu est le Créateur de l’univers. Exode déclare que Dieu est le Créateur d’Israël. Il n’y a donc aucun autre dieu excepté le seul vrai Dieu d’Israël. La confession d’Israël fut donc,

« Ecoute, Israël, l'Eternel est notre Dieu, le seul Dieu. » (Deut. 6:4)229

Deuxièmement, pendant que les dieux du royaume des païens sont limités par leurs pouvoirs et leurs territoires d’activité ou d’influence, Dieu est omnipotent, et contrôle tout aspect de la vie. C’est précisément pourquoi Israël avait besoin de faire confiance à Dieu seul, alors que les païens trouvaient nécessaire de servir beaucoup de dieux. Parce que Dieu contrôle tout aspect de la vie de Son peuple, aucun autre dieu en plus de Lui n’est nécessaire.230

Troisièmement, pendant que les dieux semblent avoir besoin d’être poussés à agir, le Dieu d’Israël est un initiateur. Ce fut Dieu qui appela Abraham et fit l’alliance avec lui. De même, ce fut Lui qui agit pour libérer Israël de son esclavage en Egypte. Dieu prit même l’initiative en donnant Sa Loi à Israël. Le travail d’Israël fut d’obéir aux ordres et initiatives de Dieu. Les païens devaient pousser leurs faux dieux impuissants, sans vies à agir.

Quatrièmement, alors que la nature des dieux païens est comme celle de créatures, pouvant donc être représentée par des formes physiques (idoles), la nature du Dieu d’Israël est essentiellement spirituelle, ne pouvant être représentée par aucune forme terrestre ou céleste. Quand Dieu apparut à Israël sur la montagne, Il ne prit aucune forme, et Il ne put être représenté par aucune forme.

« L'Eternel vous a parlé du milieu du feu, vous avez entendu ses paroles, mais vous n'avez vu aucune forme; il n'y avait qu'une voix…

---Vous prendrez bien garde à vous-mêmes, car vous n'avez vu aucune forme le jour où l'Eternel vous a parlé au mont Horeb du milieu du feu.

   N'allez pas vous corrompre en vous fabriquant des idoles, des figures ou des représentations quelconques, d'après le modèle d'un homme ou d'une femme,

   ou le modèle de quelque animal vivant sur la terre, celui d'un oiseau volant dans le ciel

   ou celui d'un animal qui se meut à ras de terre ou encore d'un poisson nageant dans les eaux plus bas que la terre. » (Deut. 4:12,15-18)

Plus que ça, Dieu est l’essence de la perfection, rien crée par l’homme ne pourra jamais rendre justice à symboliser la perfection de Dieu. La création dans sa totalité réfléchit le pouvoir de Dieu ainsi que sa nature divine (Romains 1:20), mais les choses créées sont toujours inférieures au créateur. Dieu se révéla aux hommes par Sa parole (la Loi), par Son peuple (Exode 19:6), et par Ses actions (l’exode d’Egypte, et la scène fantastique au mont Sinaï), mais Sa révélation finale et complète de Lui-même serait en la personne de Son Fils (Jean 1:1-18 ; Hébreux 1:1-4). L’absence d’images visuelles révèle des multitudes sur la grandeur de notre Seigneur. L’arche, survolé par le chérubin, était vide. Rien d’autre que le Fils de Dieu ne pouvait complètement et definitivement révéler Dieu aux hommes.

Cinquièmement, alors que les dieux païens étaient vénérés pour ce qu’ils étaient pensés capables de faire, Dieu est vénéré pour Qui Il est. Le culte païen était matérialiste, la vraie adoration voit Dieu comme la grande Récompense, pas seulement comme celui qui gratifie. Satan ne pouvait concevoir aucune autre explication pour l’adoration de Job, la raison pour laquelle Dieu bénit tellement cet homme (Job 1:8-12). Alors, Dieu éprouva Job, retira ces bénédictions, pour montrer à Satan qu’Il était digne de l’adoration de l’homme, même quand Il envoyait l’adversité dans les vies de Son peuple. De nombreux Psaumes sont les louanges d’hommes qui sont dans la misère, et pourtant qui persistent à louer le Seigneur comme étant Celui Qui est toujours digne de louanges.

Comprendre les caractéristiques essentielles des « dieux » des païens, leur représentation par les moyens d’idoles, et le gouffre énorme entre ceux-ci et le Dieu d’Israël, nous aidera à comprendre les trois premiers commandements, dans lesquels ces différences doivent être appliquées.

Préface aux Dix Commandements (20:1-2)

Les versets 1 et 2 servent comme préface ou introduction à tous les Dix Commandements, mais ils ont une relation spéciale avec les trois premiers, qui sont le focus de notre étude dans cette leçon. Le verset 1 nous informe que Dieu non seulement grava les commandements sur de la pierre, mais qu’Il les dicta et qu’Israël L’entendit. Ces commandements, Dieu voulait que nous le sachions, vinrent directement de Lui.231 Leur inspiration et leur autorité sont donc aussi indiscutables que cette génération d’Israélites a entendu Dieu parler.

Le verset 2 distingue le Dieu des Israélites de tous les autres dieux qui allaient être interdits. Les actions de Dieu dans l’histoire faites pour Israël sont la base pour tout ce qu’IL allait ordonner. En premier, Dieu rappelle à Israël qu’Il est le Dieu qui a agit dans l’histoire, modifiant la course de l’histoire du monde pour remplir Sa promesse à Abraham et aux patriarches, et pour les délivrer de l’esclavage en Egypte. Aucun autre Dieu ne contrôle l’histoire. Ils, selon les paroles des prophètes, sont produits par les hommes, ils ne soutiennent pas les hommes. Deuxièmement, Dieu agit dans l’Histoire spécialement pour le bénéfice et la bénédiction d’Israël. Dieu délivra Israël, et en fit Son propre peuple.

Les mots de ce verset rappellent aux Israélites que Dieu les a séparés, les distinguant de tous les autres peuples de la terre. Ils seront donc appelés dans les commandements suivants à répondre à la relation exclusive de Dieu avec eux en l’adorant exclusivement, ignorant tous les autres dieux. Il n’est pas étonnant que la relation de mariage soit utilisée métaphoriquement entre Dieu et Son peuple choisi, Israël. Dans les deux, il y a une relation qui exclue les autres. La liberté que Dieu avait donné aux Israélites était la liberté de Le servir (Dieu 4 :23). Les demandes de ce service doivent maintenant être définies dans les commandements. Ces paroles nous rappellent aussi que le service d’Israël devait être motivé par la gratitude pour ce que Dieu avait fait.

Le Premier Commandement (Exode 20:3)

« Tu n'auras pas d'autre dieu que moi. » Avec ces mots, Dieu ordonne une relation exclusive entre Lui-même et Son peuple.232 Le commandement instruit Israël que Dieu ne permettra pas à Son peuple d’avoir d’autres dieux en plus de lui-même. La déclaration est simple et claire, mais que cela voulait-il dire pour les Israélites ? Pourquoi les Israélites auraient-ils été tentés d’avoir d’autres dieux ? Qu’est ce que cette prohibition devait empêcher ? Nos définitions préliminaires de Dieu et des « dieux » nous fournira un indice pour les réponses à ces questions. Il y a trois principales raisons pour lesquelles les Israélites furent donnés ce premier commandement :

Premièrement, l’histoire d’Israël démontre leur tendance vers les faux cultes. Les Israélites cherchaient fréquemment à servir d’autres dieux en plus de Yahvé, Qui parle dans notre texte. Rachel vola les dieux de la maison de son père quand ils s’enfuirent de sa maison (Genèse 31:19). Israël vécut 400 ans en Egypte, un pays qui avait beaucoup de dieux, et les Israélites continuèrent à essayer de les adorer (Josué 24:14 ; 1 Samuel 8:8). Ce fut pour son refus de Dieu qu’Israël fut envoyé en captivité (Ézéchiel 20).

Deuxièmement, avoir d’autres dieux veut toujours dire oublier Dieu (Josué 24:15-16,20 ; 1 Samuel 8:8). A ma connaissance Israël n’a jamais complètement voulu refuser Dieu en ayant d’autres dieux, mais a simplement voulu ajouter d’autres dieux à ceux qu’ils adoraient. L’Ancien Testament indique constamment qu’avoir n’importe quel autre dieu ou dieux constituait refuser Dieu. La relation des Israélites avec leur Dieu est comme celle d’un homme avec sa femme – c’est une relation exclusive qui n’accepte personne d’autre. Donc, se tourner vers d’autres dieux est appelé adultère dans la Bible.

Troisièmement, avoir d’autres dieux est évidence d’un manque de foi en Dieu. Voilà la raison pour laquelle avoir d’autres dieux est égal à refuser Dieu. Je crois qu’il est important que Dieu interdise le culte d’autres dieux, pas d’un autre Dieu. Ce commandement assume que plusieurs dieux seront adorés, pas seulement un. La raison provient de la théologie païenne, chaque Dieu ayant un certain pouvoir (mais restreint) dans un certain domaine. Pour être protéger de tout, les gens devaient servir beaucoup de dieux. Donc, une fois que quelqu’un venait à douter de la souveraineté de Dieu, l’addition d’autres dieux devienait nécessaire pour assurer cette personne qu’elle ne manquerait de rien et serait protégée par ses dieux. Dieu est donc oublié quand d’autres dieux sont adorés, car nous ne réalisons pas qu’Il est suffisant et digne de confiance si d’autres dieux sont nécessaires pour nous rassurer. Ce commandement suggère donc qu’une fois que nous cessons de faire confiance à Dieu dans tous les domaines de notre vie, nous avons totalement cessé de Lui faire confiance, et nous sommes tournés vers « d’autres dieux ».

Pourquoi est-ce qu’Israël serait tenté de servir d’autres dieux en plus du Seul Vrai Dieu ? Premièrement, à cause de la pression sociale de le faire. Le rapport social normal avec les Cananéens gravitait autour de divinités païennes. Les repas et les fêtes faisaient partis des cultes et des sacrifices païens. Il n’était pas étonnant que Dieu ordonne que les Israélites exterminent les Cananéens et leur interdise d’engager des rapports sociaux (sans parler sexuels) avec eux. Cela les tenterait d’engager dans des activités interdites d’adoration.

Le Deuxième Commandement (20:4-6)

« Tu ne te feras pas d'idole ni de représentation quelconque de ce qui se trouve en haut dans le ciel, ici-bas sur la terre, ou dans les eaux plus bas que la terre.

   Tu ne te prosterneras pas devant de telles idoles et tu ne leur rendras pas de culte, car moi, l'Eternel, ton Dieu, je suis un Dieu qui ne tolère aucun rival: je punis les fils pour la faute de leur père, jusqu'à la troisième, voire la quatrième génération de ceux qui me haïssent.

   Mais j'agis avec amour jusqu'à la millième génération envers ceux qui m'aiment et qui obéissent à mes commandements. » (Exode 20:4-6)

Le premier et le second commandements sont similaires en ce qu’ils traitent avec le sujet de l’adoration d’Israël. Ils sont différents en ce que le premier commandement a des restrictions concernant l’objet du culte (Dieu seul), pendant que le second a des restrictions concernant le moyen d’adorer. Le deuxième commandement interdit l’adoration par des moyens d’ « aides visuelles », plus connus sous le nom d’idoles.233

Puisque nous avons déjà étudié les caractéristiques des idoles, gardons une définition très simple d’une idole : une idole est une représentation symbolique d’un Dieu, déterminé pour l’homme, qui représente souvent la présence et le pouvoir disponible du dieu symbolisé. Il y a plusieurs importantes raisons pour l’interdiction du culte des idoles.

Premièrement, une idole est contraire à la nature de Dieu. Dieu est invisible. Il S’est révélé aux Israélites sans aucunes formes (Deut. 4:12-19). Donc, les formes physiques sont incompatibles avec la nature de Dieu, et ne peuvent être utilisées pour Le représenter.

Deuxièmement, les idoles sont dégradantes pour Dieu, puisqu’il n’y a aucune chose qui puisse faire justice aux perfections du Créateur et le Soutien de l’univers.

Troisièmement, les idoles sont contraires à la nature de la foi. Dans la Bible, la foi est croire en ce qu’il n’est pas visible :

« La foi est une façon de posséder ce qu'on espère, c'est un moyen d'être sûr des réalités qu'on ne voit pas. » (Hébreux 11:1)234

Notre Seigneur reprocha gentiment à Thomas de ne pas croire au témoignage de Sa résurrection sans une preuve visuelle, et prononça des bénédictions sur ceux qui croiraient sans Le voir (Jean 20:29). Ce n’est pas dire qu’il n’y a pas d’évidences visibles de l’existence de Dieu et de Son caractère. Dans le chapitre 1 de Romains, Paul enseigne que ceux qui se sont tournés vers les idoles sont ceux qui ont vu en premier les témoignages de la divinité et du pouvoir de Dieu à travers Sa création (Romains 1:20).

Quatrièmement, les idoles sont contraires au but de Dieu pour l’adoration, qui est de L’adorer en la personne de Son Fils. Dans sa conversation avec la « femme près du puits », Jésus gentiment détourna l’attention de la femme des endroits spéciaux de cultes, et la concentra vers la personne qu’ils devaient adorer par l’Esprit et en vérité (Jean 4:20-24, spécialement v. 24). Dieu interdit intentionnellement l’usage des représentations imparfaites de Lui-même, ayant finalement décidé de Se révéler en le Seigneur Jésus Christ. Je crois que le but final de l’histoire est que tous les hommes se prosterneront devant et adoreront le Fils (Philippiens 2:9-11).

Les conséquences pour violer le deuxième commandement sont sévères:

« … je punis les fils pour la faute de leur père, jusqu'à la troisième, voire la quatrième génération de ceux qui me haïssent. » (Exode 20:5)

Nous pourrions nous demander pourquoi c’est comme ça. Considérez les faits suivants :

(1) La nature de la pénalité est proportionnelle au sérieux de l’offense. Si les conséquences du culte des idoles sont sérieuses, nous devons donc conclure que l’offense est sérieuse.

(2) La punition décrite est le résultat d’un principe d’accusation. Nous sommes des pécheurs par vertu d’être les descendants d’Adam et d’Eve (Romains 5:12-21). Levi, par Abraham, donna une offrande à Melchisédek, et reconnut que la prêtrise de cet homme était plus grande que la sienne (Héb. 7:1-10). Le principe d’accusation veut dire que les enfants partagent les conséquences des actions de leurs pères. Appliqué au culte des idoles, ce péché est passé du père au fils. Ses conséquences viennent par le principe d’imputation.

(3) Cet avertissement signifie que de terribles conséquences pourraient être amener sur les générations futures à cause du culte des idoles. On me dit que la « pluie acide » détruit les forêts en Europe, et que même si la pollution de l’air était arrêtée instantanément et complètement, les résultats dévastateurs de la pollution passée continueraient à détruire les forêts pendant les prochaines 50 années. De façon similaire, les Israélites doivent comprendre le grand mal qu’ils pourraient amener sur leurs descendants en refusant d’obéir le second commandement.

(4) Je crois que la référence spécifique de cet avertissement est à la captivité d’Israël, comme étant le résultat de leur culte des idoles. Il y a beaucoup de passages qui lient la captivité d’Israël à leur culte des idoles et à la fausse adoration.

« L'Eternel ajouta:
   ---Les habitants des villes de Juda et de Jérusalem préparent un complot:

   ils ont commis les même fautes que leurs premiers ancêtres qui avaient refusé d'écouter mes paroles. Eux aussi, ils ont adopté d'autres dieux qu'ils ont adorés; oui, le royaume d'Israël et le royaume de Juda ont transgressé l'alliance que j'avais autrefois faite avec leurs ancêtres.

   C'est pourquoi l'Eternel vous déclare aujourd'hui: Je ferai fondre une calamité sur eux et ils ne pourront pas y échapper: lorsqu'ils m'imploreront, je ne les écouterai pas.

   Alors les habitants des villes de Juda et de Jérusalem pourront aller lancer des appels à leurs dieux auxquels ils offrent des parfums. Mais ces dieux-là ne les sauveront pas lorsqu'ils seront dans le malheur. » (Jérémie 11:9-12 ; Deut. 28:32,41)

« Mais si vous vous détournez, si vous négligez mes ordonnances et mes lois que j'ai établies pour vous, et si vous allez rendre un culte à d'autres dieux et vous prosterner devant eux,

   alors je vous arracherai de mon pays que je vous ai donné, je rejetterai loin de ma vue ce Temple que j'ai consacré pour y être présent, et je ferai en sorte que tous les peuples s'en moquent et ricanent à son sujet. » (2 Chro. 7:19-20)

Nous savons que la captivité de Juda à Babylone dura 70 ans (Jérémie 25:11-12). Assumant qu’une génération est approximativement 20 ans, les conséquences du culte des idoles d’Israël dureraient pendant 3 ou 4 générations. Les évidences semblent alors favoriser la conclusion que la punition spécifique dans le verset 5 dans le chapitre 20 d’Exode est la captivité à Babylone.

(5) La bonne nouvelle est que Dieu annule la malédiction du second commandement de l’alliance mosaïque par la promesse de la nouvelle alliance. Le prophète Jérémie prédit la venue de la nouvelle alliance, au moment où le principe d’imputation (concernant les péchés des pères) sera mis de coté :

« Et, comme j'ai veillé sur eux pour les déraciner et pour les renverser, pour les ruiner et les détruire et pour leur faire du mal, je veillerai sur eux pour construire et pour planter, l'Eternel le declare.

   En ce temps-là, on ne dira plus ce proverbe: «Les pères ont mangé des raisins verts mais ce sont les dents des enfants qui en sont abîmées.»

   Mais chacun périra pour son propre péché. C'est celui qui mangera des raisins verts qui en aura les dents abîmées.

   « Mais des jours vont venir,
      déclare l'Eternel,
      où moi, je conclurai avec le peuple d'Israël
      et celui de Juda.
      une alliance nouvelle

    Elle ne sera pas comme celle que j'ai conclue avec leurs pères
      quand je les ai pris par la main
      pour les faire sortir d'Egypte,
      car cette alliance-là, ils l'ont rompue,
      alors que moi j'étais leur suzerain,
      l'Eternel le déclare.

    Mais voici quelle alliance
      je vais conclure avec le peuple d'Israël:
      Après ces jours,
      déclare l'Eternel,
      je placerai ma Loi au plus profond d'eux-mêmes,
      je la graverai dans leur cœur;
      moi, je serai leur Dieu,
      eux, ils seront mon peuple.

    Ils n'auront plus besoin de s'enseigner l'un l'autre,
      en répétant chacun à son compagnon ou son frère:
      Il faut que tu connaisses l'Eternel!
      Car tous me connaîtront,
      des plus petits jusqu'aux plus grands,
      l'Eternel le déclare,
      car je pardonnerai leurs fautes,
      je ne tiendrai plus compte de leur péché. » (Jérémie 31:28-34)

Le principe d’imputation n’est pas seulement mis de coté (concernant les conséquences du péché), il est appliqué positivement pour que, comme les péchés des pères rendaient leurs enfants des pécheurs, maintenant la justesse de Jésus Christ rendra tous ceux qui croient en Lui, par la foi, justes. Pas étonnant que la prophétie de Jérémie puisse promettre que Dieu ne se rappellera plus des péchés d’Israël !

Le Troisième Commandement (20:7)

« Tu n'utiliseras pas le nom de l'Eternel ton Dieu pour tromper, car l'Eternel ne laisse pas impuni celui qui utilise son nom pour tromper. » (Exode 20:7)

Si le premier commandement traite avec l’objet de notre adoration, et le second avec les moyens de notre adoration, le troisième traite avec notre adoration verbale de Dieu.235 Pour déterminer le sens de ce commandement, nous devons d’abord comprendre le sens de deux choses : Premièrement, le concept du « nom du Seigneur », et deuxièmement, le sens du terme « tromper ». Les deux expliqués par Kaiser : « Alors, qu’est ce qui est impliqué dans le « nom » du Seigneur ? Son nom inclut : (1) Sa nature, Son être, et Sa personne (Ps. 20:1 ; Luc 24:47 ; Jean 1:12 ; Apocalypse 3:4), (2) Son enseignement et Ses doctrines (Ps. 22:22 ; Jean 17:6,26), (3) Ses conseils éthiques et moraux (Mic. 4:5). »236

Le « tromper » ou « decevoir » pour lesquelles le nom du Seigneur pourrait être utilisé : (1) Pour confirmer quelque chose qui est faux et déloyal, (2) pour remplir les trous dans nos discours ou prières, (3) pour exprimer une surprise, et (4) pour utiliser ce nom sans but précis ou sans une bonne raison pour son utilisation, que ce soit en prière, dans un contexte religieux ou distraitement invoqué comme dire les grâces à table quand le cœur n’y est pas, sans gratitude. Si le nom du Seigneur est utilisé à la légère, que ferons-nous en périodes de grande détresse ? Proverbes 18:10 déclare,

« L'Eternel est comme un donjon bien fortifié:
      le juste y accourt et il y est en sécurité. »237

Contrairement à la conception populaire de ce commandement, bien plus que des jurons sont interdits. Puisque le nom de Dieu est directement lié à Son caractère, abuser Son nom reflète mal sur Son caractère. Pour illustrer cela à l’extrême, pensez à ce que cela suggèrerait si beaucoup d’Américains appelaient leurs chiens « Reagan » ou « Ronald ». L’usage commun de ce nom diminuerait la dignité du président des Etats-Unis et de sa position. Alors, de même, l’usage commun du nom de Dieu diminue la sainteté de Son caractère.

Les Israélites de l’ancien temps étaient si attentifs à éviter de violer ce commandement, qu’ils refusaient même de prononcer le nom sacré de Dieu. Beaucoup de gens aujourd’hui sont allés à l’autre extrêmité. Ils semblent croire que le plus souvent ils prononcent Son nom, le plus d’amour ils montrent à Dieu et le plus spirituel ils sont parce qu’ils le font. Ainsi, le nom du Seigneur est constamment prononcé dans les conversations de tous les jours. Cela est sans doute vu comme un témoignage de leur foi, fournissant la possibilité d’une opportunité de parler de Dieu avec des amis qui ne sont pas sauvés ou des voisins. Mais si on arrive au point où le nom du Seigneur nous sort de la bouche sans être inciter par notre esprit, alors il devient une déception et une parole qui ne veut rien dire, qui diffame le caractère de Dieu. Ce danger est résumé : « … le Troisième Commandement… interdit l’utilisation commune du nom divin pour cacher la pauvreté de pensées et de sentiments ».238

J’ai résumé ce commandement en une interdiction de « rabâcher le nom divin ». C’est l’usage que les hommes font du nom de Dieu pour sanctifier leur conversation, pour ajouter un peu de sainteté ou de piété à leur existence journalière. Le danger est qu’en associant trop Dieu avec ce qui est commun, ça a tendance à profaner le nom et le caractère du Dieu Qui est l’opposé du commun, Qui est totalement différent, mis à part, et sacré. Nous donnons souvent crédit à Dieu (qui peut être Le blâmons) pour nos décisions et nos actions. Nous disons, « le Seigneur m’a conduit à faire ci ou ça », « Dieu m’a dit que c’était la bonne décision ». Ce que cela veut vraiment dire est, « j’ai décidé de faire ça, et j’ai assumé que c’était aussi la volonté de Dieu ». Mais si notre décision était stupide, Dieu devient alors l’auteur d’une mauvaise décision, ce qui est loin d’être un témoignage favorable de Sa puissance et de Sa grandeur. Prenons soin de faire attention comment nous utilisons le nom de Dieu dans notre conversation.239

Conclusion

Nous savons que ces commandements furent donnés au pays Israël, et donc nous nous attendons à ce qu’il y ait des distinctions faites entre la façon dont ils devaient être appliqués par les Israélites et entre la façon dont nous devrions les appliquer aujourd’hui. Permettez-moi de commencer par signaler une différence dangereuse et une similarité importante entre les applications de l’Ancien Testament et celles qui se rapportent au christianisme contemporain.

La différence importante entre notre texte de l’Ancien Testament et le Nouveau Testament est que Dieu S’est maintenant révélé aux hommes en forme humaine, en la personne de Jésus Christ. Remarquez le contraste, entre ces deux passages, un de l’Ancien Testament, l’autre du Nouveau :

« L'Eternel vous a parlé du milieu du feu, vous avez entendu ses paroles, mais vous n'avez vu aucune forme; il n'y avait qu'une voix… ---Vous prendrez bien garde à vous-mêmes, car vous n'avez vu aucune forme le jour où l'Eternel vous a parlé au mont Horeb du milieu du feu.

   N'allez pas vous corrompre en vous fabriquant des idoles, des figures ou des représentations quelconques, d'après le modèle d'un homme ou d'une femme, » (Deut. 4:12, 15,16a)

« A bien des reprises et de bien des manières, Dieu a parlé autrefois à nos ancêtres par les prophètes.

  Et maintenant, dans ces jours qui sont les derniers, c'est par son Fils qu'il nous a parlé. Il a fait de lui l'héritier de toutes choses et c'est aussi par lui qu'il a créé l'univers.

  Ce Fils est le rayonnement de la gloire de Dieu et l'expression parfaite de son être. Il soutient toutes choses par sa parole puissante et, après avoir accompli la purification des péchés, il siège dans les cieux à la droite du Dieu suprême. » (Héb. 1:1-3a)

La différence est que dans Sa révélation de Lui-même à Israël dans l’Ancien Testament, Dieu ne prit pas de forme physique, mais quand Il se révéla à Israël dans le Nouveau Testament, Il prit la forme d’un homme (aussi Philippiens 2:6-8), qui révéla l’invisible Dieu aux hommes en un Dieu-homme parfait. L’interdiction du culte des idoles dans l’Ancien Testament était une préparation pour la révélation parfaite de Dieu en Christ dans le Nouveau.

Un de mes amis m’a dit qu’un maitre de l’école du dimanche demanda à son fils de faire un dessin de Dieu. Le petit gamin fut absolument correct de donner au maitre une feuille blanche, car Dieu ne peut être vu et donc ne peut être dessiné. Dans le Nouveau Testament, nous pouvons faire un dessin de Dieu en faisant un dessin du Christ. Bien sûr nous n’avons pas de photos de notre Seigneur et donc le résultat est le même. La différence entre une feuille blanche et un dessin parfait illustre la différence entre l’interdiction du culte des idoles de l’Ancien Testament et la révélation du Christ dans la révélation du Nouveau Testament comme une image de Dieu.

Je dois vous dire, mes amis lecteurs, qui que vous soyez, qu’il n’y a qu’une façon pour vous d’adorer Dieu aujourd’hui, et c’est en L’adorant en la personne de Son Fils, Jésus Christ. Ceux qui essaieront d’adorer Dieu de n’importe quelle autre façon délaisseront le Seul vrai Dieu, et le seul chemin du salut. Si vous voulez adorer Dieu, vous devez adorer Christ, pas comme Celui qui était comme Dieu, mais comme Celui Qui est Dieu, qui mourut à votre place, et fut ressuscité, pour que vous puissiez être sauvé en Lui.

La similarité frappante entre les commandements de l’Ancien Testament concernant le culte et l’enseignement du culte du Nouveau Testament est cela : ils sont tous entièrement basés sur la foi. Tellement souvent nous entendons dire que la Loi est une question de travaux, et que le salut est une question de foi. Mais la seule façon que quelqu’un puisse respecter les commandements est par la foi. Obéissance à la Loi exige la foi. Pour adorer Dieu seul, on doit Lui faire totalement confiance, on doit totalement Le croire capable de subvenir et de protéger Son peuple. Pour vénérer Dieu sans images, on doit croire en Sa parole seule, sans soutiens visuels. Dans les deux Testaments, l’Ancien et le Nouveau, l’obéissance n’est possible que sur la base de la foi. Certaines choses ne changent jamais. La foi est une de ces choses-là.

Le vrai problème alors, entre les faux Dieu et le seul vrai Dieu est cela : Qui devons-nous croire ? Trouver Dieu seul digne de confiance conduit à L’adorer, Lui uniquement, et à Le servir. Trouver Dieu insuffisant et douteux est tourner vers d’autres « dieux » qui feraient ces choses que l’on pense Dieu ne peut pas faire. La question de notre temps est : « En qui ou en quoi croyons-nous vraiment » pour notre salut, pour notre sécurité, et pour nos besoins quotidiens ? Si la réponse à cette question est n’importe qui, ou n’importe quoi, autre que Dieu, nous avons identifié un faux dieu.

Dans beaucoup d’instances, nous avons plus confiance en notre argent qu’en Dieu. Tant que nous avons un compte à la Caisse d’Epargne, nous nous se sentons sécurisés. Quand il n’y a pas d’argent, nous nous inquiètons et paniquons, et faisons tout ce qui est possible pour ouvrir un compte. Le mal ici n’est pas avoir de l’argent, mais compter sur l’argent, plutôt que sur Dieu (1 Timothée 6:17). Il est possible de servir l’argent plutôt que Dieu (Matthieu 6:24).

Dans la culture américaine d’aujourd’hui, j’ai bien peur que le « Dieu » numéro un auquel nous faisons confiance est le « dieu de nos aptitudes intérieures et cachées ». En un mot, le « dieu » de culture moderne est le « dieu » de soi-même. Gloria Steineim a carrément déclaré, «  par l’an 2000, je l’espère, nous élèverons nos enfants à croire en le potentiel humain, pas en Dieu…240 Pour d’autres, notre confiance est en notre éducation ou en notre position ou en la technologie. Si nous faisons confiance en n’importe quoi d’autre, à part Dieu, nous servons un faux dieu. Nous ne pouvons faire confiance à Dieu et à l’argent, à Dieu et à la science, mais nous devons croire en Dieu seul, car Dieu ne partage Sa gloire avec personne d’autre.

Notre culture a ses idoles autant que ses « dieux ». Une idole est le symbole qui indique la présence et le pouvoir d’un dieu particulier (que ce soit le vrai Dieu ou un faux « dieu ».) Une idole nous dit, en fait, que Dieu est là. Certains font des hommes des idoles, qui accepteraient à tort l’obéissance et l’adoration des hommes (Matthieu 23:1-12). Quand ces gens sont autour de nous, nous nous sentons plus près de Dieu ou Lui plus près de nous. Une autre idole est le succès. Etant donne l’enseignement de la prospérité qui est si populaire parmi les Chrétiens aujourd’hui, la prospérité est vue comme l’évidence des bénédictions de Dieu et donc de Sa présence dans la vie de celui qui a prospéré. Ils veulent avoir les évidences extérieures de leur dévotion et de leur vertu. Une dernière idole dans l’église chrétienne est la « spiritualité » - ces évidences extérieures qui sont interprétées comme des évidences de dévotion plus grande. Dans la poursuite de la spiritualité, les hommes cherchent à être vus comme étant spirituels plus qu’ils recherchent Dieu. Cela aussi est le culte d’idoles.

Une autre idole, comme J. I. Packer241 l’a bien indiqué, est le culte de l’idole de la théologie déformée et embrouillée. La théologie nous donne un « film » de mots comme s’il venait de Dieu. Jusqu’au point que notre théologie est incorrecte, nous avons déformé Dieu par définition. Donc, que notre culte des idoles soit par un symbole en bois ou un symbole de mots (fausse théologie), ce n’en est pas moins un culte, avec toutes les conséquences qui l’accompagne.

Pris dans leur ensemble, les trois premiers commandements transmettent un message extrêmement important : la priorité de notre relation avec Dieu et notre adoration. Le fait que les trois premiers commandements traitent avec notre relation avec Dieu nous dit que c’est notre priorité la plus importante. Notre estimation de la grandeur de Dieu est proportionnelle à la mesure de notre foi. La mesure de notre estimation de la grandeur de Dieu est aussi proportionnelle à la qualité et à la quantité de notre adoration. La mesure de notre foi est la base de notre obéissance. Apprenons de ces commandements à chercher à comprendre la grandeur de notre Dieu et à vivre dans la lumière de Qui Il est.

Adorer un Dieu, c’est avoir une loyauté suprême dans sa vie à laquelle tous ses instincts, ses passions et ses caprices obéissent. Pour que, comme Luther, on puisse se tenir devant d’autres principautés et pouvoirs du monde extérieur et intérieur et refuser de s’incliner, en disant humblement et sans aucun doute, « Je ne peux rien faire d’autres », c’est à dire, « J’obéis à un pouvoir plus grand que vous tous. »242


223 Charles W. Colson, Loving God (Grand Rapids: Zondervan, 1983), pp. 15-16.

224 Herbert Schlossberg, Idols for Destruction (Nashville: Thomas Nelson Publishers, 1983), p. 5.

225 Ibid, p. 6.

226 Ibid, pp. 6-7.

227 Dave Hunt and T. A. McMahon, The Seduction of Christianity (Eugene, Oregon: Harvest House Publishers, 1985), pp. 149-169.

228 “There are fourteen Hebrew words for idols or images, but … ‘idol’ (v. 3) probably refers to ‘gods of silver or gods of gold’ (Exod. 20:23) as well as images carved from stone, wood, and those that later are made from metal.” Walter C. Kaiser, Jr., Toward Old Testament Ethics (Grand Rapids: Academie Books, 1983), p. 86.

229 This is the translation which my former professor and present fellow-elder and friend, Don Glenn, has suggested. Given the context of the heathen worship of a plurality of gods, I think this is the best translation.

230 Because of this fact, I favor the word “besides” rather than “before” in the rendering of verse 3: “You shall have no other gods besides Me” (emphasis mine). I now understand better why the books of Genesis and Exodus go into such great detail in matters such as the creation of the world and God’s dealings in Israel’s history. It is to underscore His infinite power and His concern with every detail of the lives of His people. In Deuteronomy, God’s promises of His future blessings on Israel are also very specific, covering every area of life, those for which pagans looked to many gods to care for. In the portrayal of the life of Christ in the gospels we also see our Lord’s power evidenced in a great diversity of areas, once again showing that He is all that we ever need, and that we need not place our trust elsewhere for any area of our life.

231 “In Hebrew, words is deliberately connected with the verb spoke with which the verse begins. The whole stress is that these commandments are words of revelation from God … It has well been said that the commandments are God’s nature expressed in terms of moral imperatives: and it is significant that God chose to reveal Himself so, rather than in terms of philosophical propositions.” R. Alan Cole, Exodus: An Introduction and Commentary (Downers Grove: InterVarsity Press, 1973), pp. 151-152.

232 “This slightly unusual phrase seems also to be used of taking a second wife while the first is still alive. Such a use, of breach of an exclusive personal relationship, would help to explain the meaning here.” Ibid, p. 153.

233 “The Hebrew word …, which stands back of graven image, comes from the root meaning ‘to carve.’ Strictly and originally the word means a sculptured object. But it also became a general term for image, whether graven or molten (Isa. 30:22; 40:19; 44:10; Jer. 10:14). When used of a molten image it is always with the signification of idol …” J. Coert Rylaarsdam and J. Edgar Park, “The Book of Exodus,” The Interpreter’s Bible (New York: Abingdon, 1952), vol. 1, p. 981.

“The Hebrew word for ‘carved image’ is pesel (from the root pasal meaning to carve wood or stone. A pesel therefore is a figure made of wood or stone) sometimes a representation of Jehovah as in Judges 17:3ff.; whereas, other times it was used for figures of heathen gods (II Kings 21:7).” John J. Davis, Moses and the Gods of Egypt (Grand Rapids: Baker Book House, 1971), p. 201.

There were symbols in Israel’s worship, such as the ark or the covenant, the tabernacle, and the bronze serpent, but these were not to be viewed as representing the nature of God or of being the locus of God’s presence and power. At times, Israel abused these symbols in pagan-like fashion (cf. 1 Samuel 4:3; 2 Kings 18:4).

234 As one reads through the 11th chapter of Hebrews, there is continual emphasis on that which is not seen, but which God has spoken.

235 Kaiser, p. 87.

236 Ibid, p. 88.

237 Ibid

238 Interpreter’s Bible, I, p. 983.

239 Since time will not permit a more complete discussion of this third commandment, I suggest you consider these additional comments on this text: “The third commandment covers all occasions on which the name of the Lord is used, and includes e.g., perjury (cf. Lev. 19:12), swearing, etc. Konig translates Deuteronomy 5:11 ‘with inner insincerity.’ ‘Any pronouncing of the Divine name without heartfelt sincerity is thus prohibited.’ The name is spiritual in nature; even in the absence of images, the name that the Lord has revealed as His makes it possible to have communion with Him, to name Him. That name must be used in a holy manner (cf. the first petition of the Lord’s prayer), that is, it must be kept far from that which is sinful, frivolous, or vain. ‘Name’ has a profound meaning: the revelation of that which can be known of God. … The Lord Himself guards the holiness of His name, as is indicated by the threat that accompanies this commandment.” W. H. Gispen, Exodus, trans. by Ed van der Maas (Grand Rapids: Zondervan Publishing House, 1982), p. 193.

“In later Judaism, this covered any careless or irreverent use of the name YHWH. It was pronounced only once a year by the high priest, when giving the blessing on the great day of atonement (Lv. 19:27). Originally the commandment seems to have referred to swearing a lying oath in YHWH’s name (Lv. 19:12). This seems to be the true meaning of the Hebrew. To bless or curse in the name of YHWH was permissible under the Law (Dt. 11:26); it was virtually a proclamation of His revealed will and purpose to different categories of men. To swear by His name was also allowed then, although forbidden by Christ (Mt. 5:34). Indeed, to swear by His name (and not by the name of another god) was the sign of worshipping Him (Je. 4:2) and was laudable.” Cole, p. 157.

“A deeper reason for the prohibition may be seen in the fact that God is the one living reality to Israel. That is why His name is involved in oaths, usually in the formula ‘as surely as YHWH lives’ (2 Sa. 2:27). To use such a phrase, and then to fail to perform the oath, is to call into question the reality of God’s very existence.” Ibid.

240 Gloria Steinem, “Saturday Review of Literature,” March 1973, as cited by Hunt and McMahon, p. 31.

241 J. I. Packer, Knowing God (Downers Grove: InterVarsity Press, 1973), pp. 38-44.

242 Interpreter’s Bible, p. 981

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