La Pâque et le Fléau des Premiers-nés (Exode 11:1-13:16)

Introduction

Cette semaine passée marqua le 40ème anniversaire du premier bombardement atomique d’Hiroshima. Beaucoup de cérémonies de commémoration furent célébrées, allant d’un service commémoratif pour ceux qui furent tués ou blessés, à des démonstrations protestant l’usage d’armes nucléaires. Soulignant la plupart de ces commémorations, il y eut une réaction à la tuerie des milliers de gens qui n’étaient pas personnellement impliqués dans les actions militaires du japon, incluant beaucoup de femmes et d’enfants.

Pas longtemps avant ça, il y avait eu une forte réaction à la visite de Président Reagan à un cimetière allemand, où quelques soldats nazis étaient enterrés. Beaucoup de monde ressentait qu’il était inapproprié pour notre Président de commémorer la mort de ceux qui étaient impliqués dans les meurtres de masses de Juifs, uniquement basés sur leur race. Là aussi, ceux qui furent tués n’étaient pas seulement des soldats, mais des civils, parmi lesquels nombreux étaient femmes et enfants.

C’est avec de telles protestations à l’esprit que nous devons chercher à interpréter et à appliquer le meurtre de chaque nouveau-né en Egypte, pas seulement des humains, mais des animaux aussi. Notre texte nous informe que le massacre (pas besoin d’utiliser un terme plus euphémique) était dirigé aux Egyptiens seulement, et sans égard pour leur statut social ou économique. Pendant que toutes les familles égyptiennes souffrirent des pertes (Exode 11:5 ; 12:29-30), toutes les maisons Israélites furent épargnées. La nation d’Israël n’a même pas entendu un chien aboyer contre un homme ou une bête (Exode 11:7).

Comment, certains demandent, peut-il être possible de justifier les actions de Dieu ici ? Non seulement des enfants innocents sont massacrés par Dieu, mais l’occasion est la base pour une célébration annuelle pour Israël, une qui doit être observée pour toujours (Exode 12:14, etc.). Pendant que la mort de Juifs et de Japonais innocents est protestée, dans notre texte, Dieu doit être loué, en partie sur la base du massacre des Egyptiens.

Dans notre étude de ce texte, nous allons essayer de faire face honnêtement à ces questions morales. Je dois dire au commencement que les Chrétiens sont obligés de louer et de vénérer Dieu, que nous comprenions Ses actions ou non, et cela parce que Dieu est libre d’agir comme Il veut. Néanmoins, les actions de Dieu ici (et actions similaires ailleurs) sont explicables. Ainsi, nous allons chercher à comprendre le sens et l’application du jugement de Dieu dans nos vies. C’est un Dieu sacré que nous servons, et ce texte nous rappellera ce fait en l’approchant avec révérence et sincérité. Que chacun d’entre nous demande à Dieu de préparer nos cœurs de recevoir sérieusement la leçon de cet incident !

La Structure du Passage

Dans les derniers versets du chapitre 10, Pharaon en colère demande que Moïse et Aaron quittent sa présence, les menaçant de mort s’ils réapparaissent devant lui (v. 28). Moïse dit à Pharaon qu’il a raison, qu’il ne le reverra jamais plus (v. 29). Puis dans le 4ème verset du chapitre 11, Moïse semble se présenter à nouveau devant le roi, en contradiction de l’ordre de Pharaon et de la réplique de Moïse. La solution de cette divergence apparente est d’observer comment ce texte (comme d’autres dans Exode) est structuré.

Plusieurs fois, le récit des évènements est interrompu par des phrases explicatives, qui servent à raconter « comment les évènements arrivèrent » qui sont décrits dans la narration. Dans le chapitre 11, les versets 1-3 et 9-10 sont des explications entre parenthèses.127 Ces phrases qui sont citées ont été dites préalablement aux évènements, mais sont sporadiques pour expliquer pourquoi les choses arrivent comme elles sont décrites. Ainsi, Moïse ne quitta pas Pharaon à la fin du chapitre 10 et retourna devant lui pour lui faire la déclaration des versets 4-8 du chapitre 11. Au lieu de ça, les versets 4-8 sont la réplique finale à Pharaon, faite immédiatement après sa demande que Moïse et Aaron partent. Les versets 1-3 sont cités avant la déclaration de Moïse à Pharaon que tous les premiers-nés d’Egypte seraient tués. Cela explique comment Moïse savait que c’était le dernier fléau, et pourquoi Pharaon rejetterait néanmoins l’avertissement. Cela nous informe aussi que Moïse n’avait rien à dire à Pharaon, excepté ce que Dieu lui avait commandé de dire. Les versets 9 et 10 sont aussi une explication entre parenthèses de pourquoi Pharaon refusa obstinément de tenir compte des avertissements des fléaux.

Dans les chapitres 12 et 13, il y a une alternance constante entre (en premier) les instructions que Dieu donna à Moïse, et les mêmes instructions que Moïse transmit au peuple. Il n’y a pas autant d’inquiétude pour l’ordre chronologique que pour poser une fondation historique et théologique pour l’ordonnance de la Pâque. Beaucoup d’efforts ont été faits pour établir le fait que la Pâque soit basée sur l’expérience d’Israël dans le temps et l’espace, et sur la révélation directe de Dieu, faite à et par Moïse. Le but de cette révélation dicte donc sa forme. Puisque le but n’est pas simplement une revue chronologique de l’Histoire, l’ordre chronologique est mis de coté en déférence pour l’explication théologique.

Rappelons-nous que quand nous en venons à la célébration de la Pâque et au fléau des premiers-nés, nous traitons maintenant avec le dixième et dernier fléau que Dieu a amené sur Pharaon et les Egyptiens. Ainsi, ce fléau fut le couronnement, si on peut dire, des fléaux. Le coup final des dix fléaux (il doit encore y avoir la noyade de l’armée égyptienne) qui poussera Pharaon à laisser partir les Israélites.

Le Fléau des Premiers-nés et la Première Pâque

Le dixième et dernier fléau est décrit en plusieurs phases. La première est l’annonce à Pharaon par Moïse que ce fléau va tomber sur toute l’Egypte. La deuxième est les instructions données aux Israélites en ce qui concerne la Pâque, qui est le moyen de Dieu de protéger Son peuple du fléau. Finalement, il y a un récit bref donné du fléau, juste comme Dieu l’avait raconté par Moïse.

La déclaration du jugement à Pharaon : La venue du fléau final (Exode 11:4-8). Comme je comprends la série d’évènements dans les chapitres 10 et 11, Pharaon vient d’exiger que Moïse s’en aille, et le prévient que s’il revient, la mort l’attendrait (10:28). Les versets 1-3 du chapitre 11 nous informent d’une révélation que Dieu avait faite à Moïse quelques temps auparavant, dans laquelle les détails du dernier fléau sont soulignés. Dans les versets 4-8, Moïse raconte l’essence de la révélation à Pharaon, comme cela le concerne. A minuit, Dieu parcourrait l’Egypte, tuant tous les premiers-nés, du propre fils de Pharaon au premier fils né du plus simple esclave. Aucun chagrin ne sera jamais plus grand pour les Egyptiens, et pourtant pas le moindre mal128 ne touchera les Israélites. Après ça, les officiels de Pharaon (qui ont dû être là avec Pharaon durant la confrontation) allèrent voir Moïse, le suppliant de partir, avec les Israélites. Pétant le feu, Moïse quitta de la cour de Pharaon.

La déclaration du jugement à Israël : Instructions concernant la Pâque (Exode 12:1-13,21-23). Le chapitre 12 peut être divisé en quatre grandes sections. (1) Les versets 1-20 contiennent les révélations que Dieu avait faites à Moïse et Aaron. (2) Les versets 21-30, la révélation que Moïse transmit aux Israélites. (3) Les versets 31-42 donnent une vue d’ensemble historique de l’exode, de l’ordre de s’en aller de Pharaon au récit du départ, montrant que les promesses de Dieu furent réalisées selon Son plan – au jour même. (4) Les versets 43-51 concluent avec plus d’instructions pour les Israélites concernant la célébration de la Pâque dans l’avenir, concentrant spécialement sur la participation des étrangers.

Puisque nous n’essaierons pas de couvrir tout le matériel contenu dans le chapitre 12 dans ce message, je veux montrer que la structure du chapitre lie les instructions données par Dieu à Moïse (versets 1-20) aux instructions de Dieu transmises par Moïse (versets 21-30). Dieu voulait que les Israélites (ainsi que les lecteurs du temps du Nouveau Testament) sachent que la fondation de la Pâque fut en accordance avec une révélation divine. Ce n’était pas une fête qu’Israël avait inventée, mais une que Dieu avait créee et très soigneusement prescrite.

Les instructions pour les célébrations de la première Pâque étaient spécifiques, et traitaient avec plusieurs aspects de la fête. Revoyons-les brièvement :

(1) Le temps du repas de Pâque. Un nouveau calendrier religieux fut donné à la nation à ce moment. Puisque la Pâque était le début d’une nouvelle vie, le mois (d’Abib129, 13:4) devait être regardé, à partir de ce moment, comme le premier mois de l’année (Exode 12:1-2). L’agneau de la Pâque devait être acheté ou choisi durant le 10ème jour du mois, et tué au crépuscule130 dans la soirée du 14ème.

(2) L’agneau pascal (12:3-8, 21-23). L’animal pascal devait être un mâle d’un an, soit un agneau ou un chevreau (12:5). Il devait y avoir un animal à sacrifier par foyer, à moins qu’une famille ne soit trop petite pour le consommer tout entier. Dans de telles circonstances, deux familles pouvaient le partager (12:4). Il devait y avoir assez de viande pour chaque personne. Le sang de l’animal devait être badigeonné sur les montants et le linteau des portes de la maison où l’animal devait être mangé (12:7). Ce sang devait servir de signe, qui protègerait les Israélites de l’ange de la mort (12:13,23).

(3) Le repas de la Pâque. Le repas de la Pâque était largement fourni par le sacrifice de la Pâque. L’animal devait être rôti au feu tout entier, pas bouilli, ni mangé saignant. Chaque foyer devait manger un repas à l’intérieur de la maison de laquelle la porte fut badigeonnée avec le sang de l’animal. La viande était mangée avec des herbes amères et du pain sans levain (12:8). Le trop de viande ne devait pas être garder jusqu’au lendemain, mais devait être brûlé (12:10). Il n’y aurait pas de « restes » pour le dîner car ils seraient partis depuis longtemps avant qu’un autre repas ne soit servi. C’est pourquoi le repas devait être mangé dans une atmosphère d’anticipation et d’être prêt à partir. Ils devaient manger le repas comme nous mangerions dans un restaurant de l’aéroport, sachant que le départ de notre vol allait être annoncé momentanément. De nos jours, nous aurions nos manteaux sur le dos, et nos porte-documents à la main. Dans ces jours, ils devaient avoir leurs manteaux remonter (pour qu’ils ne trébuchent pas sur eux en se dépêchant), leurs sandales aux pieds, et leurs bâtons en main (12:11).

(4) Les participants de la Pâque. La Pâque était une célébration de société en ça que tout Israël observait le repas, juste comme Moïse leur avait dit (12:28,50). D’un autre coté, le repas était une question de famille. Chaque famille était responsable pour leur propre animal à sacrifier, pour leur propre action de placer le sang sur les montants de la porte, et pour leur propre célébration du repas. Il n’y a aucune mention d’Egyptiens célébrants la première Pâque, bien que cela ait pu être possible, même vraisemblable. Cette possibilité est renforcée par le rapport que quelques Egyptiens avaient fait attention aux avertissements préalables (9:18-21). Aussi, dans les instructions que Dieu avait données concernant l’observance future de la Pâque, les étrangers qui s’étaient placés sous l’alliance avec Abraham (manifestée par la circoncision) furent acceptés avec aucunes discriminations faites entre eux et les (autres) Israélites (12:43-49). Ceux qui ne s’abstenaient pas de manger du pain avec du levain devaient être bannis de la congrégation d’Israël, qu’ils soient ou pas des Israélites par naissance (12:19).

Le récit du fléau de la Pâque (Exode 12:29-30). Il n’y a absolument aucun effet sensationnel ici, mais seulement le récit le plus superficiel de l’accomplissement de la Parole du Seigneur, raconté par Moïse. A minuit, les premiers-nés des Egyptiens furent tués, du roi d’Egypte jusqu’à ceux de ses troupeaux, du premier-né de Pharaon jusqu'à ceux des prisonniers. Les pleurs et gémissements cette nuit-là furent quelque chose qui n’avait jamais été entendus en Egypte. Au même moment, aucun des premiers-nés d’Israël, humains ou bêtes, ne furent frappés. Les promesses de Dieu, pour plaisir ou douleur, de prospérité ou de danger, sont certaines. Pas besoin d’élaborer.

La Pâque et ses Observances Cérémoniales

Le repas initial de Pâque était le premier de célébrations annuelles sans fins (12:14,17,24 ; 13:10). Les instructions concernant la célébration de la Pâque alternent entre le présent et le futur. Ce qu’Israël fit cette première fois fut un prototype pour toutes les observances futures de la Pâque. Nous allons donc maintenant considérer les futures implications de la première célébration de la Pâque, comme elles sont soulignées dans notre texte.

(1) La rédemption des premiers-nés (Exode 13:1-2,11-16). Les premiers-nés de tous les Egyptiens furent tués, pendant que ceux des Israélites furent épargnés. Nous devons reconnaître que Dieu avait le droit (tout comme Il l’a toujours) de tuer les premiers-nés d’Egypte. En fait, Il avait aussi le droit de tuer les premiers-nés d’Israël, ce qui aurait pu arriver s’il n’y avait pas eu la provision de l’agneau pascal et de l’épanchement de son sang. Pour cette raison, Dieu frappa les premiers-nés égyptiens et épargna les premiers-nés israélites. Parce que les vies des premiers-nés Israélites étant épargnées n’était pas une question de mérite, mais de grâce, ils appartenaient à Dieu. Puisqu’IL avait épargné leurs vies, Il les possédait. Le rite de racheter le premier-né est un rappel constant aux Israélites des générations suivantes que les premiers-nés appartiennent à Dieu, et que cela est dû au sauvetage des premiers-nés durant l’Exode. Donc, chaque fois qu’un enfant mâle naissait dans une famille israélite, les parents étaient rappelés de leurs racines et de la raison de leurs bénédictions, et l’histoire de l’exode était racontée à chaque enfant.

(2) La Fête des Pains Sans Levain (Exode 12:14-20 ; 13:3-10). Le premier repas de la Pâque devait consister d’un animal sacrifié rôti, d’herbes amères, et de pain sans levain (12:8). Le départ précipité des Israélites ne permettait pas d’attendre que la levure monte la pâte (12:34,39). La célébration de la Pâque devait commencer la Fête des Pains Sans Levain. Le premier jour de la fête, toute la levure devait être enlevée de la maison. Le premier et le dernier jour, une assemblée culturelle devait se réunir (12 :16). Pendant ces (deux) jours, aucun travail ne devait être performé, excepté cuisiner. Pendant les sept jours, il était interdit de manger du pain au levain. La semaine entière de célébration servait à Israël de se rappeler du jour où Dieu les sortit d’Egypte.

Les Buts des Célébrations de la Pâque (12:21-27,43-49)

Comme la Fête du Pain Sans Levain et la rédemption du premier-né, la Pâque devait devenir une part permanente de la liturgie religieuse d’Israël (12:24-25). Il y avait plusieurs buts pour la célébration de la Pâque, dont certains ne devaient être compris que plus tard. Nous étudierons brièvement les buts principaux de la Pâque.

(1) La Pâque était un mémorial à la libération d’Israël, accomplit par le pouvoir tout puissant de Dieu : « Cette fête sera pour vous comme un signe sur votre main et comme une marque sur votre front pour que la Loi de l'Eternel soit l'objet de vos conversations, car c'est lui qui vous a fait sortir d'Egypte par sa puissance. » (Exode 13:9 ; 13:14,16 ; 3:20)

(2) La Pâque et ses célébrations, la Fête du Pain Sans Levain et la rédemption du premier-né, avaient pour intention de servir de moyen éducatif pour les futures générations d’Israël (Exode 12:26-27; 13:8,14-16). Dieu ordonna que la raison de la célébration soit expliquée aux enfants (13:8). Et, quand un enfant demandait la raison d’une célébration, les parents devaient lui apprendre sa signification (12:26-27; 13:14). Ainsi Dieu désigna ces célébrations comme des opportunités pour instruire. Donc, l’histoire de l’exode devait être racontée, et son sens renforcé. Les « herbes amères » (12:8) aidaient certainement les enfants à gagner quelques stimulations sensorielles dans cet effort éducatif.

(3) Les célébrations de la Pâque étaient des moyens d’incorporer ou d’exclure les étrangers dans l’alliance de Dieu avec Abraham (Exode 12:38,43-49). Ceux qui mangeaient n’importe quoi fait avec de la levure pendant la semaine de la Fête du Pain Sans Levain devaient être exclus de la communauté d’Israël, que cette personne soit un Israélite ou un étranger (12:19). Aucune personne incirconcise ne pouvait prendre part à la Pâque, mais en étant circoncis – en s’identifiant comme faisant partie de l’alliance avec Abraham – même un étranger pouvait participer à la Pâque, avec aucune différence faite entre cet individuel et un Israélite. La circoncision permettait à quelqu’un de participer complètement à la célébration de la Pâque. La Pâque était donc une sorte de ligne de démarcation entre un vrai croyant et un étranger. Puisqu’un nombre d’étrangers accompagnaient les Israélites quand ils sont partis d’Egypte, c’était une distinction nécessaire.

(4) L’Agneau pascal était un modèle, un prototype (un genre) de Messie, l’ « Agneau de Dieu » par qui Dieu amènerait rédemption à Israël et aux étrangers (Exode 12:5-7,46-47). Ce n’est peut-être pas réalisé immédiatement, mais il y a plusieurs similarités entre l’agneau pascal et l’Agneau de Dieu, le Seigneur Jésus Christ. L’agneau sacrifié131 devait être sans défauts (Exode 12:5), tout comme le Seigneur Jésus Christ était pur (1 Pierre 1:19). Ce fut le sang versé de l’agneau qui sauva les premiers-nés d’Israël du fléau (Exode 12:12-13,22-23), tout comme c’est le sang versé par l’Agneau de Dieu qui sauve les hommes du jugement de Dieu (1 Pierre 1:18-19 ; Apocalypse 5:9). Tout comme il ne devait pas y avoir d’os brisés dans l’agneau pascal (Exode 12:46), aucun des os de notre Seigneur ne fut brisé (Jean 19:32-36). Ainsi, le prophète Esaïe, du Vieux Testament, pouvait parler du Sauveur d’Israël comme un agneau :

« Nous étions tous errants, pareils à des brebis,
      chacun de nous allait par son propre chemin:
      l’Eternel a fait retomber sur lui les fautes de nous tous.

   L’a rappe, et il s’est humilié,
      il n’a pas dit un mot.
      Semblable à un agneau mené à l’abattoir,
      tout comme la brebis muette devant ceux qui la tondent,
      il n’a pas dit un mot. » (Ésaïe 53 :6-7)

La Pâque dans le Nouveau Testament (Jean 1:29,36 ; Luc 22:1 ; 1 Cor. 5:1-8 ; Apocalypse 5:6-14)

Jean-Baptiste put ainsi identifier et présenter notre Seigneur comme le Messie d’Israël par les paroles, « ---Voici l'Agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde » (Jean 1:29).

Le repas de la Pâque fut naturellement changé en Eucharistie, la Table du Seigneur. Ainsi, dans les récits de l’Evangile, nous trouvons la mort de notre Sauveur correspondant aux sacrifices des agneaux pascals et du repas de la Pâque (Luc 22:1-23). Paul identifie clairement le Seigneur Jésus comme étant l’agneau pascal : « Car nous avons un agneau pascal qui a été sacrifié pour nous, le Christ lui-même » (1 Cor. 5:7). On peut voir que la première Pâque, ainsi que les commémorations annuelless suivantes de la Pâque, était un évènement de grande importance, un qui devait être célébré à partir de ce temps-là.

Conclusion

Ce que le fléau de la Pâque voulait dire pour les Egyptiens

La Pâque et le fléau des premiers-nés avaient plusieurs raisons pour les Egyptiens.

(1) La Pâque et le fléau des premiers-nés étaient une défaite des dieux d’Egypte :

« Je parcourrai l'Egypte cette nuit-là et je frapperai tout premier-né dans le pays, homme et bête, et j'exercerai ainsi mes jugements contre tous les dieux de l'Egypte; je suis l'Eternel. » (Exode 12:12).

Etant le dixième et dernier fléau, le châtiment des premiers-nés d’Egypte prouvait définitivement que les « dieux » d’Egypte n’avaient aucun pouvoir, étaient non-existants, alors que le Dieu d’Israël était tout puissant.

(2) La Pâque et le fléau des premiers-nés furent le coup final, qui força les Egyptiens à laisser partir les Israélites (Exode 3:20 ; 6:1 ; 11:1 ; 12:31-32). Après la mort des premiers-nés d’Egypte, les Egyptiens ne voulaient pas être rappelés de leur chagrin en regardant les Israélites. Ainsi, le fléau final amena les Egyptiens au point où ils, pratiquement, obligèrent les Israélites à partir. Le fléau accomplit précisément ce que Dieu avait l’intention de faire, et ce que Moïse demandait depuis le début.

(3) La Pâque et le fléau des premiers-nés furent une punition appropriée des Egyptiens pour leur oppression d’Israël (Gen. 15:14 ; Exode 1 & 2 ; 7:14). Dieu avait dit à Abraham que le pays oppresseur (que nous savons maintenant est l’Egypte) qui mettrait Israël en esclavage serait puni (Gen. 15:14). Le fléau des premiers-nés était excessivement approprié puisque les Egyptiens cherchaient à tuer tous les bébés mâles des Israélites (Exode 1:22).

(4) La Pâque et le fléau des premiers-nés furent un acte de grâce, autant qu’un acte de jugement. Je crois qu’on peut voir la grâce dans ce fléau final (comme dans les autres), pas seulement envers les Israélites, mais aussi envers les Egyptiens. Les fléaux révèlent l’impuissance des dieux d’Egypte, et la puissance du Dieu d’Israël. Pendant que le récit ne fut pas écrit pour souligner la conversion des Egyptiens (l’accent du récit est placé sur le jugement de l’Egypte, spécialement ses dieux), je pense qu’il y a amples évidences suggérant que quelques Egyptiens furent convertis à la vraie foi du Dieu d’Israël.

(5) La Pâque et le fléau des premiers-nés furent une occasion pour Dieu de manifester Son immense pouvoir :

« Mais voici pourquoi je t'ai laissé en vie: c'est pour te faire voir ma puissance et pour que ma renommée se répande par toute la terre. » (Exode 9:16).

Que vous soyez d’accord ou pas, Dieu est le Créateur de l’univers (en général) et de l’homme (en particulier). En tant que Créateur de l’homme, Dieu est absolument justifié de traiter Sa création comme Il veut (Romains 9). Quand le caractère coupable de l’homme est ajouté à son état de créature, la furie de Dieu est encore plus clairement vue être justifiée.

Ce que la Pâque voulait dire pour les Israélites

La Pâque et le fléau final avaient aussi beaucoup d’importance pour les Israélites.

(1) La Pâque et le dixième fléau servirent de jugement pour les dieux d’Egypte, qui étaient aussi adorés par les Israélites en Egypte (Josué  24:14). Parce que les Israélites vénéraient aussi les dieux d’Egypte, le jugement de ces dieux causèrent le peuple de Dieu de se détourner de leur faux culte, du moins pour un temps. Les débarrasser complètement et pour toujours de leur faux culte était une opération qui prendrait beaucoup plus longtemps, mais c’était au moins un début.

(2) La Pâque était pour Israël une manifestation du pouvoir de Dieu. Une des phrases les plus communément employées en conjonction avec la Pâque est « par sa puissance » (Exode 13:9,14,16 ; 15:6,12 ; 16:3). Le pouvoir de Dieu fut manifesté par la Pâque et les fléaux.

(3) La Pâque et le fléau des premiers-nés étaient la preuve qu’Israël appartenait à Dieu. Quand Moïse parla à Pharaon à propos des Israélites, il dit, « Laisse aller Mon fils pour qu'il Me rende un culte » (Exode 4:23). Le fait que Dieu ait déclaré posséder les premiers-nés, pour qu’ils puissent être rachetés (13:1-2 ; 11-16), prouve le titre de propriété de Dieu sur Israël. Quand Dieu libéra les Israélites, Il le fit pour qu’ils deviennent Ses serviteurs. Comme nous allons voir plus tard, le don de la Loi sur le Mt. Sinaï était basé sur les évènements de l’exode (Deut. 5:6). Les premiers-nés d’Israël appartenaient donc à Dieu, résultat de la Pâque, et Israël tout entier, résultat de l’exode. Israël appartenait à Dieu. Tous les commandements et les exigences que Dieu plaça sur les Israélites étaient basés sur le fait qu’ils étaient un peuple qui Lui appartenait.

(4) La Pâque était une autre preuve de la grâce de Dieu dans les vies de Son peuple. Les premiers-nés d’Israël ne furent pas épargnés parce qu’ils étaient plus dignes ou plus vertueux que les Egyptiens. Comme les Egyptiens, les Israélites étaient des pécheurs, méritant totalement la furie divine. Si Israël avait été digne, il n’y aurait pas eu besoin du sacrifice de l’agneau pascal, dont le sang fut appliqué sur les montants des portes. Les premiers-nés d’Israël furent seulement épargnés par la grâce de Dieu. La provision de Dieu d’un moyen d’échapper était basée sur Sa grâce, pas sur les mérites d’Israël.

Ce que la Pâque veut dire pour les femmes et les hommes non-croyants aujourd’hui

Il n’y a pas d’exemples plus clairs de salut par la grâce dans le Vieux Testament que la Pâque que nous venons juste d’étudier. Chaque personne en Egypte, israélite ou égyptienne, était digne du jugement divin de Dieu. La raison pour laquelle les hommes trouvent le jugement du châtiment des premiers-nés si difficile à justifier est qu’ils ne réalisent pas le sérieux de leurs péchés. J’ai entendu une petite partie d’un programme de télévision l’autre jour où une jeune femme demandait, « Dois-je souffrir le reste de ma vie pour une toute petite indiscrétion ? » Quelle qu’était son « indiscrétion », j’imagine qu’elle serait mieux décrite comme « péché ». Alors, la réponse à sa question devrait être, « Même pour un péché, Dieu est juste de vous condamner, pas pour un temps, mais pour toute l’éternité. » La raison pour laquelle nous avons tant de difficultés avec le sujet de jugement est que nous ne comprenons pas l’immensité de nos péchés. La force avec laquelle les premiers-nés d’Egypte furent frappés devrait nous causer de repenser le sujet du péché.

Notre attitude envers le péché est beaucoup formée par nos propres perspectives et nos expériences. Les ivrognes sont des gens de qui nous pouvons rire, jusqu'à ce qu’ils prennent le volant et tuent un membre de notre famille. Les contrevenants sexuels sont des gens qui ont simplement des orientations ou préférences sexuelles différentes, jusqu'à ce qu’ils molestent quelqu’un qui nous est proche. De même, le culte d’idolâtrie ne semble pas être très sérieux, jusqu'à ce que nous regardions ce mal du point de vue de Dieu. Ignorer Dieu ne semble pas être si sérieux, jusqu'à ce nous comprenions l’importance de Le croire et de Lui obéir.

Une fois que nous réalisons le sérieux du péché, nous devons nous concentrer sur la solution. Tout comme les premiers-nés étaient dignes du jugement divin, et sous son danger, la solution de Dieu doit être crue et suivie. La protection divinement fournie par l’ange de la mort était le sacrifice d’un agneau, dont le sang fut appliqué sur les montants des portes. Tous ceux qui restèrent à l’intérieur des maisons qui avaient le sang de l’agneau sur les montants de leurs portes furent épargnés.

Tout comme les premiers-nés d’Egypte furent en danger d’être frappés par l’ange de la mort, les hommes, femmes, et enfants sont en danger d’atterrir en Enfer pour l’éternité, souffrant la furie éternelle de Dieu (Apocalypse 20:11-15). La solution du problème est une fois encore un Agneau, l’Agneau de Dieu, Jésus Christ, qui a prit nos péchés sur Lui. Il mourut pour nos péchés ; Il prit sur Lui-même la furie de Dieu, pour que les hommes puissent y échapper et puissent recevoir Ses bénédictions promises (Ésaïe 53). C’est ma prière que vous, à ce moment même, acceptiez le salut que Dieu vous offre par le sacrifice de Son Fils, Qui a été élevé de la mort et Qui reviendra sur la terre pour exécuter le jugement sur tous ceux qui ont rejeté Son sacrifice (2 Thes. 1). L’offre de salut est mise sur la table.

Ce que la Pâque veut dire pour les Chrétiens

Le Nouveau Testament enseigne un nombre d’applications pratiques de la Pâque pour les Chrétiens contemporains. Permettez-moi de décrire les grandes lignes de quelques-unes.

(1) Parce que Christ est notre Agneau pascal, nous appartenons à Dieu. Les premiers-nés d’Israël ont dû être rachetés parce que Dieu les avait épargnés, et ainsi ils Lui appartenaient. Bien que seuls quelques-uns de ces Israélites qui étaient en Egypte étaient des premiers-nés, et donc avaient besoin d’être rachetés, nous tous qui croyons en Christ Lui appartenons. Chacun des enfants de Dieu appartient à Dieu, et doit vivre dans la lumière de Lui appartenir.

« Vous ne vous appartenez donc pas à vous-mêmes.

   Car vous avez été rachetés à grand prix. Honorez donc Dieu dans votre corps » (1 Cor. 6:16-20).

« C'est à un grand prix que vous avez été rachetés! Alors, ne devenez pas esclaves des hommes. » (1 Cor. 7:23)

Puisque les premiers-nés des Israélites appartenaient à Dieu, ils devaient les sacrifier (dans le cas d’un animal, excepté pour l’âne, 13:13) ou (dans le cas d’un fils) offrir un sacrifice pour les racheter. Parce que Dieu nous a épargnés de Sa furie par Sa grâce, nous devons nous offrir comme un sacrifice vivant :

« Je vous invite donc, frères, à cause de cette immense bonté de Dieu, à lui offrir votre corps comme un sacrifice vivant, saint et qui plaise à Dieu. Ce sera là de votre part un culte spirituel. » (Rom. 12:1)

Parce que les Chrétiens ont été rachetés par l’Agneau de Dieu, ils n’appartiennent pas à eux-mêmes, et ils doivent donc vivre leurs vies en sacrifice vivant pour Dieu. J’ai bien peur que beaucoup de présentations de l’Evangile n’informent pas les gens de ça quand ils acceptent la foi en Christ, qu’ils cessent de s’appartenir, et qu’ils deviennent la possession du Christ. En fait, tous les hommes appartiennent à Dieu par vertu de la création, et tous les Chrétiens appartiennent (doublement) à Dieu par vertu de la rédemption. Nous ne pouvons pas vivre nos vies indépendamment, autonomes, en tant que Chrétiens, mais nous devons les vivre comme ceux qui ont été achetés à grand prix, comme ceux qui appartiennent à Dieu. Tout comme la revendication de Dieu sur les Israélites fut épelée dans la Loi, donnée un peu plus tard dans l’Histoire d’Israël, les revendications de Dieu sur nos vies, en tant que croyants, nous sont données dans les Ecritures. Faisons bien attention à Ses commandements car nous Lui appartenons.

(2) Parce que Christ est notre Agneau pascal, nous devons vivre nos vies dans la pureté, dans une vie sainte. Dans la première épître de Paul aux Corinthiens, nous lisons,

« Faites donc disparaître tout «vieux levain» du milieu de vous afin que vous soyez comme «une pâte toute nouvelle», puisque, en fait, vous êtes «sans levain». Car nous avons un agneau pascal qui a été sacrifié pour nous, le Christ lui-même.

   C'est pourquoi célébrons la fête de la Pâque, non plus avec le «vieux levain», le levain du mal et de la méchanceté, mais uniquement avec les pains sans levain de la pureté et de la vérité. » (1 Cor. 5:6-8)

Dans le contexte de ce chapitre dans 1er Corinthiens, Paul parlait d’un Chrétien qui vivait avec la femme de son père (5:1). Les Corinthiens n’avaient rien fait pour corriger la situation, et semblaient même être fiers de leur libéralité sur ce sujet (5:2). Paul leur dit qu’il avait déjà agi (5:3-4), et qu’ils devraient faire de même, en expulsant cet homme de l’assemblee.

Le principe sur lequel Paul base son instruction est celui de la relation entre le sacrifice de l’agneau pascal et l’observation de la Fête du Pain Sans Levain. Le sacrifice de l’agneau pascal commença la Fête du Pain Sans Levain. Puisque Christ est notre agneau pascal, et Qu’Il a déjà été sacrifié, les Corinthiens devraient commencer la Fête du Pain Sans Levain, cherchant la levure (un symbole de péché) qui était dans leurs maisons et en s’en debarassant (5:7-8). Ainsi, le fait que Christ soit notre Agneau pascal nécessite que nous maintenions la pureté dans nos vies autant que dans l’église.

(3) La Pâque nous apprend le rôle important joué par les cérémonies religieuses (la liturgie, si vous préférez) dans l’expérience des Chrétiens. Par l’observance annuelle de la Pâque et de la Fête du Pain Sans Levain, Dieu non seulement rappelait à Son peuple Ses actions puissantes du passé, mais aussi les instruisait concernant l’avenir. L’institution de la table du Seigneur (« la communion ») sert le même but. L’observance de la table du Seigneur rappelle aux Chrétiens le salut que notre Seigneur accomplit par Sa mort, Sa mise au tombeau, et Sa résurrection (Luc 22:14-22 ; 1 Cor. 11:17-34). Malheureusement, les Chrétiens en sont arrivés à prendre le souvenir de notre Seigneur à la légère, et ne le font que rarement, et encore comme un genre de parenthèses dans un autre service. Apprenons à valoir et à pratiquer ces temps de souvenir et d’anticipation que Dieu a établis et nous a ordonnés de faire.

Tout comme les célébrations de la Pâque (incluant la rédemption des premiers-nés et la Fête du Pain Sans Levain) fournissaient une opportunité d’instruire les enfants concernant le travail de Dieu dans le passé et leurs rapports sur le présent, la table du Seigneur et le baptême nous fournissent des opportunités éducatives que nous n’osons pas négliger.

(4) La Pâque (Passion) de notre Seigneur est un modèle pour les Chrétiens concernant la souffrance. Pendant qu’il est vrai que les Egyptiens ont souffert pour leurs péchés par le fléau des premiers-nés (et aussi par les autres fléaux), nous ne devons pas négliger la souffrance des Israélites durant les 400 ans d’oppression, et même durant les jours qui ont immédiatement précédé l’exode. Certains Chrétiens croient que souffrir ne fait pas partie l’expérience de quelqu’un qui croit en le Seigneur et Lui est obéissant. C’est totalement faux. A la fin, ce n’était pas ces agneaux pascals qui avaient épargné les premiers-nés Israélites, c’était la souffrance et la mort de l’Agneau de Dieu, qui mourut pour tous ceux qui croiraient. La Pâque nécessitait la souffrance du Fils de Dieu. Le montant de ce qu’Il a souffert ne peut être estimé qu’en relation avec la sainteté de Dieu et l’horreur que notre Seigneur éprouva dans le Jardin de Gethsémané quand Il pressentit la croix.

Dans la première épître de Pierre, l’apôtre informe les Chrétiens qui souffrent que la passion, la souffrance du Seigneur Jésus, l’Agneau de Dieu, était un modèle pour la souffrance des saints (1 Pierre 2:16-24). Le Seigneur Jésus, l’Agneau de Dieu, est le modèle pour la souffrance chrétienne, et la façon dont elle doit être traitée.

Paul parle aussi de notre souffrance en termes de « la Pâque ». Dans le 8ème chapitre de son épître aux Romains, Paul parle de la victoire que les Chrétiens peuvent avoir dans la souffrance (8:31-35). Il cite ce passage de Psaume 44 pour montrer que nous, comme Christ, somme appelés à souffrir comme des « moutons » :

«A cause de toi, Seigneur, nous sommes exposés à la mort à longueur de jour.
      On nous considère comme des moutons destinés à l'abattoir. » (Romains 8:36)

Dans le contexte du Psaume 44, duquel la citation est prise, nous apprenons que ces saints qui souffrirent de la façon décrite ci-dessus, étaient ceux qui étaient fidèles à Dieu, pas ceux qui étaient désobéissants. L’agneau pascal est donc un modèle pour les saints, nous montrant que la souffrance innocente fait souvent partie de la volonté de Dieu pour les vertueux et que par la souffrance des saints, les desseins de Dieu seront accomplis.

Ne laissons personne chercher à souffrir de cette façon, mais ne laissons personne oser suggérer que la souffrance dans la vie des saints est inappropriée, le résultat de soit le péché, soit de l’incrédulité. La souffrance de l’agneau pascal est le modèle à suivre pour les saints quand ils souffrent.


127 The NIV takes these verses as parenthetical and indicates so by rendering the text as a past perfect, rather than as a simple past tense. Thus, verses 1 and 9 of chapter 11 begin, “the Lord had said to Moses…”

128 “This is expressed by a proverbial saying, ‘A dog would not move his tongue against man or beast’ (v. 7). The word which is translated ‘move’ … literally means ‘to cut into,’ ‘to sharpen,’ or ‘to bring to a point.’ The allusion here is to the fact that none would bring injury to Israel (cf. Josh. 10:21).” John J. Davis, Moses and the Gods of Egypt (Grand Rapids: Baker Book House, 1971), p. 136.

129 “Another name for this first month of the sacred calendar is Abib (Exod. 13:4; 23:15; 34:18; Deut. 16:1) which literally means ‘ear-month’ because it was at that time that the grain was in the ear. The month of Abib approximates to our month of April. After the Babylonian captivity, new calendar names were adopted and the ancient name Abib was changed to Nisan (cf. Neh. 2:1; Esth. 3:7). From this time onward two calendar reckonings were employed by the Israélites: one for sacred and the other for civil purposes, the first month of each year being in the seventh month of the other though the numbers always from Nisan as the first.” Davis, p. 137.

130 There is considerable discussion and disagreement over the precise time at which the Passover sacrifice was to be slain. It may not be possible to determine with any degree of certainty, nor is it necessary that we do so. For a survey of the different views, cf. Davis, pp. 138-139.

131 We use the term “lamb” aware that the sacrificial animal could have been either a lamb or a goat (Exod. 12:5), but since our Lord was referred to as “the Lamb,” I have chosen to speak of the sacrificial animal as a lamb.

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